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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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Commentaires

L’humour corrézien a bon dos. Surtout lorsque l’on redit tout haut et tout fort ce que l’on prononce tout bas quelques instants plus tôt. Or Jacques Chirac est tout sauf un imprudent, tout sauf un inconscient, tout sauf un vieillard sénile. L’ancien Président de la République a voulu donner le « dernier » coup de pied à l’âne, samedi, à Sarran, en Corrèze. Il a ainsi bien volontairement indiqué trois choses : d’abord qu’il ne votera pas Sarkozy en 2012, puis qu’il appelait toujours Alain Juppé, décidemment « le meilleur d’entre nous » , à avoir plus d’ambitions, et, enfin, qu’il considérait François Hollande comme « le meilleur d’entre eux », parlant des socialistes.

Nicolas Sarkozy appréciera ce dernier tour de piste.

Cette déclaration « assassine » laisse en tout cas présager une campagne électorale du même style. Avec des petites déclarations et des grandes accusations. Certes comme à l’habitude, mais avec en plus, cette année, des suspicions de turpitudes, de conflits d’intérêts, de mœurs débridés et de comportements scandaleux. Entre un procès DSK et des révélations à la « Luc Ferry ».

La République semble périodiquement découvrir avec stupeur que ses élus ne sont pas au-dessus de tout soupçons et qu’ils sont capables de se « manger entre eux ». Ce n’est pourtant pas nouveau, mais c’est tristement permanent. A droite comme à gauche. Et rien, vraiment rien ne permet d’entrevoir un changement. Car le métier politique est tellement source d’enrichissement qu’aucun politique ne songera un jour à le réformer. Il suffit seulement d’attendre son tour. Et tant pis pour les impatients qui n'ont pas d'humour. Ils risquent alors, comme Nicolas Sarkozy, de ne faire qu’un petit tour et puis…..

Jean-Paul Busnel

Avec la simple suppression du bouclier fiscal, la grande réforme fiscale promise jadis par le candidat Sarkozy a été remise sine die par le Président du même nom. Sauf que plus tard sera sans doute trop tard et que, une fois de plus, rien ne sera résolu. Car nous avons, en France, la fiscalité la plus compliquée et la plus bête du monde, faite de strates de toutes les grandeurs, de niches en tout genre et d'abattements tout aussi spectaculaires que stupides. Et, au regard de ces recettes qui ne suffisent plus, d'années en années, à payer les intérêts de la dette, on oublie toujours l'essentiel, à savoir diminuer les dépenses.

Ainsi, nos 101 départements disputent toujours la vedette à notre vingtaine de régions, engraissant nombre d'emplois publics ou territoriaux qui ne produisent rien. Nous avons toujours et encore près de 1.000 parlementaires contre moins de 500 aux USA pour un pays six fois plus grand que la France. Nous entretenons toujours l'illusion, chère payée, de proximité avec nos 36.000 communes et leurs milliers de districts, communautés de communes ou autres pays. Qui délèguent à leur tour, et à tour de bras, leurs compétences en matière d'eau, d'assainissement, etc...

La bonne fortune des Français serait de connaître enfin un homme politique vertueux qui déciderait une fois pour toutes, comme toute famille avisée, de ne pas dépenser plus que ce qu'll gagne. Et si possible de mettre de l'argent de côté. Malheureusement, cet homme politique n'est pas encore.... né.

Ce qui n'est pas le cas des contribuables.

 

Il va être temps de se remettre autour d'une table pour discuter du monde que nous construisons. Et pour remettre l'homme au coeur de nos préoccupations, de toutes nos préoccupations. Bien avant nos problèmes de croissance, de pouvoir d'achat, d'augmentations, de loisirs ou de corporations. Le décalage croissant entre l'homme et la société n'est en effet plus tenable. Quand on entend Renault s'afficher, hier, comme "victime" probable d'une manipulation au sujet de son affaire d'espionnage industriel, on a envie de pleurer avec les trois cadres qui ont été livrés à la pâture médiatique. Ainsi, sans aucune vérification solide, il serait donc possible, en France, de tuer professionnellement, socialement, humainement, des hommes ou des femmes. Rien qu'en les nommant. En les désignant. C'est à la fois plus simple et plus propre qu'une... lapidation. Tout aussi efficace et tout aussi barbare. Et la "victime" serait celui qui se trompe et non plus celui qui serait... achevé.

Une lettre anonyme aurait suffi pour Renault. Une lettre de licenciement suffit pour d'autres. Une lettre de cachet existait dans d'autres temps. La mort civile se fait toujours par courrier ou par e-mail.

A l'homme de s'en... débrouiller. Mais ce "tant pis pour lui" n'est plus acceptable. Demain, c'est-à-dire dans six mois, deux ans au plus tard, nous n'aurons sans doute plus, en France, une armée de fonctionnaires, mais une armée de... chômeurs. Plus de 4 millions selon les chiffres cachés. Et chacun, apparemment, de se satisfaire de voir tant de gens inemployés, parfois indemnisés. Certains de ces chômeurs, certes, s'en accommodent, mais combien d'autres s'en cachent ? Et l'on continue à discourir de l'air du temps, de la météo qui fraichit, de la neige qui ne veut plus tomber, des retraites-chapeau à gogo, des sur-salaires mérités et des délocalisations obligées.

Mais, dans une vraie patrie des droits de l'homme, on devrait moraliser les marchés financiers, limiter les hautes rémunérations à 20 fois le salaire minimum et redistribuer le solde en autant d'emplois. On devrait encadrer la hausse des prix et des services. Il ne s'agirait pas de revenir à une société collectiviste, mais de redonner à chaque être humain le droit d'exister. En recherchant et en trouvant le juste milieu entre les "trop nourris" et les "pas assez"...

Il va bien falloir, un jour, rediscuter du monde que nous construisons. Pour en faire un monde bien différent de celui que nous... vivons.

Il est quelquefois des "bonnes nouvelles" qui passent inaperçues. Ou presque.... Ainsi, personne n'a vraiment remarqué que le gouvernement avait créé hier une nouvelle "prime" pour favoriser le retour à l'emploi des "plus de 45 ans". Ces "vieillards", pour 70% des DRH selon un sondage IFOP, vont ainsi pouvoir proposer leur CV accompagné d'un chèque de 2.000 euros. Autant dire une... "fortune" pour les recruteurs et les entreprises.

Cette nouvelle prime "à la casse" a quelque chose de pathétique pour notre société française, patrie soi-disant des droits de l'homme et seul pays d'Europe à donner le droit au travail à seulement 38% des plus de 55 ans.

Que fait-on des autres ? Il sont au chômage, indemnisé trois ans au maximum. Il sont en arrêt-maladie. Ils se terrent chez eux sous anti-dépresseurs. Ils attendent la retraite, cette retraite déjà amputée qui recule à chaque fois qu'ils avancent en âge. Ils sont en sursis de tout. Du travail, de la vie, de l'espoir. Ils sont nulle part. Et pendant ce temps, on distribue des postes de conseillers spéciaux à des managers spécieux de 69 ans. A France Télécom ou ailleurs. Et pendant ce temps, on indemnise grassement des mandats electoraux.... Et pendant ce temps, on reproche aux jeunes leur manque d'expérience. Trop plein d'un côté, pas assez de l'autre....

A votre bon coeur Messieurs-dames, 2.000 euros pour travailler. 2.000 euros pour prime d'activité. Ce n'est pas cher... payé. 

 

Citation du jour

sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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