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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Dimanche 23 novembre 2008

La crise au PS dépasse l'imagination et même la simple.... intelligence. Il n'est ni question de valeurs, ni question de programme ou de projets, mais propos de leadership et comptages  de boutiquier. L'image est pitoyable. Le résultat est désastreux. Certes, l'une des candidates est plus médiatique que l'autre, mais elle en use et en abuse à... l'écoeurement. Elle profite de la faiblesse de ses interlocuteurs-journalistes pour dire tout et n'importe quoi. Comment ainsi peut-on lui laisser affirmer, sans sourciller, qu'elle représente 50% des militants socialistes, voire plus, alors qu'il n'y a eu que 58,87% de votants à ce scrutin.

La réalité est plus médiocre. Ni Martine Aubry, ni Ségolène Royal n'attirent les foules. Et, quelle que soit la triomphatrice, elle ne sera le porte-drapeau que d'un peu plus de 25% de la totalité des militants. Ce qui est, somme toute, bien peu pour incarner le rassemblement et bien maigre pour parler d'un nouveau souffle.

Mais, pire, derrière l'image d'un vote partisan, il est des sourires à la Brutus qui ne trompent pas et des invectives d'arrière-cour, même si des mots comme fra-ter-ni-té peuvent encore créer l'illusion.

Le parti socialiste, comme les autres partis d'ailleurs, souffre d'un manque cruel de "grand timonier". Alors, les "sous-lieutenants" se déchirent et s'imaginent des destinées. Chacun cherche alors à séduire plus qu'à convaincre et à surfer sur l'utopie participative des citoyens. Mais, si Pierre Mendes France, Clemenceau, Gambetta, René Cassin, et Charles De Gaulle étaient uniques et n'avaient point besoin d'artifices, n'est pas non plus Poujade qui veut.

L'une manque de populisme, l'autre pas. L'une prétend incarner la rupture et la jeunesse, l'autre le renouvellement dans la continuité. A vrai dire, elles sont sans doute aussi mal placées l'une que l'autre. Car, l'ambition leur ronge les ongles et le pouvoir leur empoisonne les sangs. Mais, aujourd'hui, le PS n'a que faire d'un Premier secrétaire. Fut-il en jupon. Il lui faut d'abord un bon... médecin.

Jean-Paul BUSNEL

Par La crise n'est pas une fatalité
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Mardi 11 novembre 2008
Il se passe pour la grammaire française ce qui s’est déjà passé, il n’y a pas si longtemps, pour la lecture. Les enseignants jurent qu’ils n’y sont pour rien si les Français conjuguent mal et que, finalement, tout va pour le mieux dans cette matière. On en sait un peu plus, heureusement, depuis la remise, en 2007, du rapport Bentolila au ministre de l’Éducation. Hélas, nous ne voyons toujours pas venir les réformes promises

Mais, il ne fait plus aucun doute pour personne, aujourd'hui, sauf pour quelques attardés, que les jeunes élèves « s’attachent » désormais moins au phrasé et à la forme de leurs écrits. À tel point que l’on se demande parfois s’ils ont appris un jour ce qu’était le « complément d’objet direct placé avant » et s’il est toujours d’actualité de ne pas faire de phrases sans verbe. 
Être ou savoir, telle est toujours la question de conjugaison dans les familles, mais beaucoup moins, semble-t-il, sur les bancs de l’école. 
Il suffit de lire les lettres de demande de stages ou d’emploi, les cartes postales envoyées aux grands-parents ou les dissertations d’avant ou d’après-bac pour « apprécier » le vent de liberté qui s’est abattue sur la grammaire de nos aînés. Au point presque de détruire l’oeuvre de
Jules Ferry qui voulait, en généralisant la pratique scolaire de la grammaire, « unifier » l’orthographe au sein de la Nation. 
Hélas, il y a, sous notre latitude, autant de réformateurs que d’enseignants qui, sous prétexte d’intelligence, en oublient les règles de base et les fondamentaux. 
Aujourd’hui, si l’on en juge par les livres mis à disposition de nos chères têtes blondes, il est devenu iconoclaste de dire qu’un nom sert à nommer, qu’un pronom c’est « pour le nom » et que « un participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le mot auquel il se rapporte si ce mot est placé avant ». Car c’est vouloir faire trop simple là où il est de bon ton de complexifier.
 

Les résultats sont là. Et les faits aussi, honteusement précis et tristement douloureux. 
Aujourd’hui, à la fin du CM2 (la dernière classe du cycle d'approfondissement qui précède l'entrée
au collège) en France, le quart des élèves ne sait pas lire. Et la majorité d’entre eux ne maîtrise ni l’orthographe, ni la grammaire, ni les conjugaisons. Sans parler du reste. 
Il faut donc en finir une bonne fois pour toutes avec certains idéologues qui professent que c’est « l’élève qui construit lui-même ses savoirs ». Car, faute de structures pour eux-mêmes, ces « éducateurs » inversent les facteurs pour les autres. 
Le linguiste Alain Bentolila les connaît bien pour les avoir déjà dénoncés depuis de longues années. Il sait tout le mal qu’ont pu causer tous ceux qui font des « rappeurs » de nouveaux Baudelaire, s’émerveillent devant la pseudo-culture des cités et le langage « fleuri » des quartiers.
La grammaire, la simple grammaire, celle des débutants et des laborieux, celle des besogneux et des méritants, celle de nos pères et de nos enfants, attend un peu plus de... vertu.
 

 
Par La crise n'est pas une fatalité
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Vendredi 7 novembre 2008

Après avoir tué la croissance, en maintenant des taux d’intérêt élevés, la Banque Centrale Européenne est désormais en train de tuer l’épargne. Elle vient en effet d’abaisser de nouveau ses taux directeurs, pour la deuxième fois en un mois. Ainsi, après avoir empêché les consommateurs d’emprunter, pour éviter l’inflation, elle veut les contraindre désormais à dépenser pour combattre la récession. Ce qui, finalement, reviendra à leur faire payer deux fois la crise des subprimes. : d’abord en contraignant les Etats à « puiser » dans leurs impôts pour venir à l’aide des marchés et renflouer les banques, puis en « ruinant » la rémunération des petits épargnants pour réduire la dette des mêmes banques. Cette vision purement « mécanique » de l’économie et ultra-capitaliste, puisqu’elle vise uniquement à protéger les lobbies financiers et l’actionnariat bancaire, est désastreuse à plus d’un titre. Elle démontre, s’il en était encore besoin, que notre système de société ne sera jamais vertueux et qu’il tendra toujours à protéger les plus riches. Pire encore, elle conforte l’idée d’une irresponsabilité complète des donneurs d’ordre contre qui l’on attend toujours vainement quelques sanctions.

On croyait que la BCE n'avait de raison d'être que pour sauver l'Europe des citoyens en stabilisant les monnaies. Or elle n'existe que pour sauver la monnaie en stabilisant les banques d'Europe.
Décidément, « Keynes » se fait attendre et la régulation des marchés prend du retard. L’urgence d’un code de conduite s’impose chaque jour un peu plus. Mais, avec ce nouveau coup de la BCE, tout semble indiquer qu’il ne sera adopté que lorsque les banques seront enfin sorties d'affaire et leur « dette » effacée par l’effondrement du taux de l’épargne. Bref, chaque jour coûte un peu plus cher au particulier, aux petits entreprises, aux salariés et un peu moins au secteur financier.

Sauf que c’est sans doute faire une grossière erreur historique que de croire que ce sont les banques seules qui pourront relancer la croissance et la… société.
Jean-Paul BUSNEL

Par La crise n'est pas une fatalité
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Samedi 25 octobre 2008

« Je n’arrête pas de naviguer, mais je ne sais pas ce que je ferai après ». Norbert Sedlacek fait partie de ces quelques « petits budgets » et sans-grades qui, le 9 novembre prochain, s’élanceront sans complexe, comme les autres skippers plus célèbres, à l’assaut de l’Everest des mers. L’Autrichien du « Vendée Globe » sait bien qu’il n’a aucune chance de gagner, mais, à la barre de son vieux Nauticsport Kapsch, le premier 60 pieds autrichien, il « veut » boucler son tour du Monde. Q’importe son classement et le nombre de jours. C’est pour lui une question d’ « aboutissement ».

L’ancien conducteur du métro de Vienne a déjà été le premier Autrichien à effectuer le tour de l’Antarctique à la voile. A l’énergie, comme la première fois où il avait fait le tour du monde en construisant son bateau. Aussi, sept ans après, et fort d’une première expérience avortée dans le Vendée Globe 2004 pour cause d’avarie de quille, il pense être enfin prêt pour réaliser son rêve. Sa notoriété ayant grandi au pays, plus d’ailleurs sous la rubrique « aventure » que sous la rubrique « sport », il a eu moins de soucis pour boucler son budget de 750.000 euros. Et, aujourd’hui, il attend sereinement les dernières vérifications et l’heure du départ sur les pontons de Port-Olona. Sans impatience, mais avec détermination. « Je ne crains pas la solitude » dit-il « car au bout de trois semaines de mer, on se sent bien et on prend ses habitudes ». Norbert Sedlacek profitera aussi de ses quelques temps libres pour perfectionner son parler français. « J’ai emmené un dictionnaire, des cassettes et un logiciel interactif pour bien prendre l’accent ». Il pensera aussi sûrement à son fils qui reviendra de Tahiti à la barre de son « Oasis III » et qu’il croisera peut-être au cap Horn.

Pourtant, on cherche en vain les  photos de famille dans son carré. Mais rien, à part un autocollant de sa mascotte. « Il y a 100% d’humidité dans le bateau après trois semaines de mer . Tout serait vite abîmé ». Il est vrai que l’aluminium condense beaucoup. Alors Norbert Sedlacek garde ses portraits chéris dans son ordinateur. Et dans son cœur.

Mardi dernier, il est allée faire quelques courses aux Sables-d’Olonne et a ramené quatre petites bouteilles de Champagne et quatre petites bouteilles de vin rouge. « Ce sera pour marquer les étapes » dit-il. « Une bouteille pour fêter le passage de l’Equateur. Une autre pour Noël. Une pour la nouvelle année ». Une quatrième sera également débouchée pour fêter son anniversaire, le 27 janvier prochain. « Une autre pour le Cap Horn », poursuit-il avant d’enchaîner « une pour le retour à l’Equateur et, enfin, une grande pour l’arrivée aux Sables-d’Olonne ». Quant à la huitième, celle dont il n’a pas encore parlé, « elle sera pour les jours de grande déprime ou d’incident ». Dans ces moments-là, qu’on lui souhaite rares, il écoutera aussi sa musique à fond, hard-rock et heavy métal au programme. Sinon, si la mer lui en laisse le loisir, l’homme se laissera volontiers bercer par de la musique classique ou, mieux encore, « par Dido et Madonna ».

Question nourriture, Norbert ne compte pas profiter de la course pour faire de la grande cuisine. Il adore les céréales très énergétiques que l’on consomme au petit-déjeuner. « Je pars aussi avec 40 kg de pâtes chinoises ». « Et avec toutes les épices ». Histoire de se mitonner des pâtes à toutes les sauces. Le skipper autrichien redevient néanmoins sérieux quand il évoque les passages difficiles et, notamment, les icebergs et les glaces flottantes. Il se méfie beaucoup de ces rencontres brutales précédées parfois d’un brouillard à couper au couteau. « Tout change et peut changer très vite autour de soi ». Mais chaque jour sa peine. Et, pour l’heure, il faut d’abord ranger les voiles. Quant à son avenir…, tant sur mer que sur terre, il est encore trop tôt pour y penser. On en reparlera peut-être après les « 110 ou 120 jours » qu’il compte mettre pour « boucler la boucle » dit-il avec un large sourire.

Jean-Paul Busnel

Article paru dans "Le Courrier du Vietnam" du 24 octobre 2008
Par La crise n'est pas une fatalité
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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