
La réunion aujourd'hui des vingt-cinq ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne, à propos de la crise Palestinienne, va permettre de se faire une idée des convictions de chacun. Et, surtout, elle va dire si l'Europe a les moyens de ses ambitions et le courage de... ses actes. Car, dans cette affaire, les mots ne suffisent plus. D'autant que le Hamas a, lui, largement déclaré, ce week-end, qu'il ne désarmerait pas et ne reconnaitrait pas Israël. Cette fermeté contraste ainsi singulièrement avec un certain flottement européen. Car, si l'on excepte la position claire, hier, d'Angela Merkel, la chancelière allemande, force est de reconnaître que ses partenaires se montrent plus "prudents"ou, disons-le, moins explicites.
Paris fait même dans la finasserie en faisant observer que le Hamas n'avait pas inscrit l'idée de la destruction d'Israël dans sa plate-forme... électorale pour les Législatives. Espérant ainsi nous faire croire que le programme de gouvernement du Hamas annule en quelque sorte, par omission, la charte fondamentale de ce même parti. Notre Quai d'Orsay est ainsi fait, plein de spécialistes de la sémantique et de la rhétorique, plus adeptes des figures de mots que des figures de pensée, voyant au moindre propos violent des signes... d'encouragements. Bref, Paris semble nous dire, à chaque fois, que "cela aurait pu être pire". Et que le pire n'est pas... certain. Bref, que le terrorisme et la démocratie seraient compatibles tant que le sang ne coule pas encore. Enfin, Paris, dit-on, exclut tout "ostracisme". Mais est-ce une raison pour oublier ses fondamentaux ? La France aura été la première puissance occidentale à s'implanter au Proche-Orient. Elle en aura aussi été la première expulsée durant la seconde guerre mondiale, par le Liban et la Syrie. Et, si le général De Gaulle, avec courage, a su lui redonner quelques lustres en condamnant notamment l'annexion de Jérusalem, et si François Mitterrand n'a eu de cesse de rappeler le droit du peuple israélien et du peuple palestinien à une patrie, il ne faudrait pas aujourd'hui se laisser aller à un compromis honteux fait de subventions non accordées mais pas supprimées. Car le courage, le vrai courage, lui, ne... se monnaye pas.
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