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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mercredi 1 mars 2006

Youssouf Fofana semble couler des jours « heureux » à Abidjan. En tout cas moins risqués qu’à Paris. Le « Barbare » de Bagneux, qu’il faut appeler comme tel et non plus « présumé » puisqu’il a reconnu les faits avec sérénité, semble désormais partager son temps entre interview à la télévision, déjeuner avec sa compagne et  discussion courtoise avec la Direction de la police judiciaire ivoirienne. On attendait son retour en France sous 48 heures, puis sous un ou deux jours. On nous promet désormais quelques semaines. Il semble qu’il faille attendre encore plus longtemps, en dépit des affirmations rassurantes et diplomatiques des autorités des deux pays.

Youssouf Fofana est bien, en effet, Ivoirien malgré son passeport français. Même si personne n’ose encore le dire ou l’affirmer. Car le code de la nationalité de ce pays mélange adroitement droit du sol et droit du sang. Permettant ainsi d’employer l’un quand il arrange et l’autre quand il dérange. Cette « complémentarité » fut même source de la quasi-guerre civile des dernières élections. Or l’article 7 de ce code, de par la loi du 14 décembre 1961 modifiée par la loi du 21 décembre 1972, ratifiée par le Parlement en décembre 2004 dans le cadre des accords de paix de Marcoussis, prévoit explicitement que « est Ivoirien, l’enfant légitime ou légitimé né à l’étranger d’un parent ivoirien ». Et pour enfoncer le clou, si besoin, l’article 82 de ce même code prévoit que « tout individu peut intenter devant la juridiction compétente une action dont l’objet principal et direct est de faire juger qu’il a ou qu’il n’a pas la nationalité ivoirienne ». Autant dire que Youssouf Fofana, ressortissant français, mais naturellement Ivoirien, ne va pas se priver de la protection inespérée de sa bi nationalité. Même s’il l’ignorait sans doute lui-même avant d’être arrêté. Mais, depuis hier, nombre d’avocats du barreau d’Abidjan se sont empressés de l’en informer. Il ne reste plus à Youssouf Fofana qu’à en saisir le Procureur de la République. Ce qu’il devrait faire d’autant plus rapidement qu’il entretient déjà des rapports de proximité très étroits avec la justice ivoirienne et que, non jugé donc non coupable présumé, il peut difficilement être extradé.

On aurait tort de croire que tout cela n’est que vile procédure et que Laurent Gbagbo est étranger à ce gigantesque pied de nez, ou bras d’honneur, qui se profile. Le Président « socialiste » peut trouver en effet dans cette affaire l’occasion rêvée d’exalter cette « ivoirité » qu’il revendique à tout propos et de justifier son surnom de « boulanger », dû à sa réputation de rouler ses adversaires dans la farine. Quant au racketteur criminel Youssouf Fofana, il est devenu à son tour, sans le savoir, en prévision de l’élection présidentielle d’octobre prochain, une simple… monnaie d’échange.

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 28 février 2006

Après réflexion, l’expulsion de Philippe de Villiers, dimanche, lors de la manifestation contre le racisme et l’antisémitisme, a quelque chose d’imbécile et d’indécent. Imbécile parce que la rue n’appartient à personne, pas plus à « SOS racisme » qu’au Front National ou au Parti Communiste, et pas moins non plus. Imbécile aussi parce que l’on ne peut pas appeler « tous les citoyens français à marquer leur rejet de l’antisémitisme et du racisme » pour ensuite vouloir les « sélectionner » ou les trier. Imbécile enfin parce que l’on doit toujours savoir pardonner à la « brebis égarée » si elle a décidé de rentrer dans le rang. A moins de considérer que tel autre parti, hier élitiste ou stalinien, doive le rester pour l’éternité. Cette mise à l’écart est également indécente parce qu’elle fait fi de la mémoire et que si l’on veut toujours respecter l’Histoire, il aurait fallu expulser nombre de donneurs de leçons oublieux de leurs propres persécutions.Tant chez les militants présents qu’au sein des partisans criants.

Bref, cette triste aventure rappelle finalement la répartie pleine d’humour que Roberto Benigni faisait à son fils, dans le film « La vie est belle », en voyant l’ignoble affiche « interdit aux juifs et aux chiens », et que l’on pourrait ainsi plagier : la manif de dimanche dernier était interdite aux araignées, aux Wisigoths et au de Villiers. Par la volonté souveraine de quelques petits chefs et de quelques autres mouvements habilités à décerner par on ne sait quelle autorité, qui un certificat de bonne moralité, qui un permis de bien manifester.

Mais la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, c’est bien plus qu’un défilé et que des paumes ouvertes « touche pas à mon pote » comme publicité. C’est plus qu’un slogan, c’est bien moins qu’une vengeance, ce sont des actes plutôt que des cris. C’est une manière de penser, d’être et d’exister.

D’aucuns diront, à tort ou à raison, que Philippe de Villiers n’était là que pour parader et se servir de cette manifestation comme tribune. Mais c’était aussi le cas de toutes les personnalités présentes, de Nicolas Sarkozy, « interdit » il n’y a pas si longtemps de Martinique, à Lionel Jospin, en passant par Françoise de Panafieu et tant d’autres. Il fallait d’abord être vu, même si l’on était venu parce que l’on était convaincu ou l’inverse.

On peut ne pas être d’accord avec Philippe de Villiers. On peut ne pas l’aimer. Mais on n’a pas le droit d’en faire stupidement un paria de la liberté. Aussi, s’il est un reproche qu’il faut faire également à toutes les autres personnalités de ce défilé, c’est sans doute de ne pas avoir su aller le chercher. De ne pas avoir voulu l’intégrer. Car, dans cette histoire, au lieu de se grandir, ils se sont tous « écrasés ».

A confondre sectarisme et humanisme, on se trompe de combat. A opposer aujourd’hui nationalisme et communautarisme, on ne sert que l’extrémisme de demain, qu’il soit costumé ou… encapuchonné. 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 27 février 2006

Près de 63 millions d’euros pour la filière avicole victime de la grippe aviaire. Et ce n’est sans doute qu’un premier geste. Il faut y rajouter la lutte contre le chikungunya avec 4 millions d’euros pour les Réunionnais les plus vulnérables. 22 millions pour la réponse sanitaire et la prévention et 60 millions pour les entreprises nécessiteuses de cette île de l’océan Indien. Bref, le portefeuille de l’Etat semble désormais grand ouvert. Et ce n’est plus un Premier ministre que l’on reçoit un peu partout, mais un Père Noël ambulant. Dominique de Villepin multiplie les euros comme un autre, jadis, multipliait les pains. Il sort de son panier des petites coupures par millions et les distribue au gré de ses déplacements. Quant à l’ampleur des sommes en question, « déguisée » et minimisée par la nouvelle parité, elle ne semble pas effrayer l’opinion.

Pourtant, voilà un homme généreux que les plus pauvres et les plus malheureux seraient bien inspirés d’inviter de toute urgence. Dans les Assedic de quartier comme dans les banlieues défavorisées, dans les zones inondées comme dans les régions asséchées. Qui ne rêverait pas, en effet, d’être désormais vacciné, piqué, voire décontaminé à coups de subventions, crédits à taux zéro et exemptions de charges ou d’impôts. Qu’ils s’agissent des chômeurs en fin de droit comme des petits employeurs étranglés, des vignerons en mal de surproduction comme des ostréiculteurs sinistrés.

Mais d’où vient cet argent ? De quel budget voté par l’Assemblée ou de quel fonds secrets ? Quelle est donc cette « cagnotte » qui n’attendait qu’une grippe et qu’un moustique pour être distribuée ? Et qui, en prime, au milieu de toute cette détresse, peut s’offrir des « danseuses » tel le tour du monde du Clemenceau.

Personne, bien sûr, ne peut reprocher à un Etat digne de ce nom de pratiquer la solidarité.De venir au secours de ses populations dans la détresse ou dans le besoin. A condition, toutefois, que cette solidarité soit réellement financée. Qu’elle ne soit pas un nouveau tour de passe-passe comptable ou le débit différé de promesses inconsidérées qu’il faudra bien un jour payer. Par taxation d’office, impôt ou autre CSG.

A un an de l’élection Présidentielle, cette débauche de moyens ne manque pas d’interroger quand on connaît l’état de nos finances publiques. Et cette distribution gratuite frise le surendettement quand on sait que, chaque année, désormais, le quatrième trimestre de l’Etat n’est plus… assuré, sauf par des emprunts bancaires.

Ce procès n’aurait sans doute pas lieu d’être si le gouvernement nous disait aujourd’hui ce qu’il compte économiser pour faire face à ces nouvelles « libéralités ». Sur quels crédits, la Recherche, la Défense ou l’Education, il compte rogner. Sur quelles priorités, il compte différer. Cela aurait au moins le mérite de la clarté, ne ferait sûrement pas plaisir à tout le monde, éviterait les grands écarts et donnerait un vrai sens à cette… générosité.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 26 février 2006

Le réveil a été difficile ce matin au Salon de l’Agriculture. Non pas tant parce que les exposants avaient la « gueule de bois » ou que les vaches et les taureaux étaient passablement énervés, mais parce que  tout ce beau monde était en retard sur l’horaire. Le coq n’avait pas chanté sur la Porte de Versailles et, pour la première fois de l’histoire de ce salon, le son de la pendule avait remplacé le caquetage des gallinacés.

Mais c’est ainsi. Pendant dix jours, il va falloir s’habituer à conjuguer veaux, vaches, cochons sans… couvées. A ignorer l’aviculture sans jamais cesser d’en parler. A manger des cuisses de poulet tout en se contentant de regarder les affiches.

Car, quoiqu’il arrive, et quelles que soient les performances de nos élevages de viande, la grippe aviaire sera au « menu » du salon. On l’a bien vu, hier, avec la visite du Président de la République qui a d’ailleurs été égal à lui-même. Compatissant pour l’Ain, encourageant pour les autres, Jacques Chirac a exhorté les Français à acheter du poulet, avec la même passion qui l’amena, jadis, via sa marionnette, à leur proposer des pommes. Il a ainsi distribué conseils culinaires et poignées de main salutaires, joignant le geste à la parole et consommant à pleine bouchée deux ou trois spécimens du pays de Bresse.

Plus vrai que vrai. On se serait cru chez les Guignols de l’Info.

Les professionnels vont devoir s’habituer à cette difficile absence aussi étrangement présente. Obligatoire à la pause déjeuner et inexistante dans les allées. Car, même s’ils voulaient l’oublier, ils seront, chaque jour, rattrapés par le poulet. Chacune des soixante personnalités annoncées voudra en effet y goûter et y aller de son propre couplet sur le sujet. On saura ainsi, par exemple, si Ségolène Royal préfère l’aile ou la cuisse, si Nicolas Sarkozy a une préférence ou non pour le croupion et si Jack Lang garde un faible pour la carcasse. Nul ne voudra être en reste. Nul ne sera avare de solutions. Et s’il y a fort à parier que, cette année, la croupe de la Charolaise sera un peu dédaignée, ce sera, espérons-le, pour la bonne cause, pour sauver tant la filière que... notre santé.

 

 

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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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