La Société Générale, mal conseillée sans doute par ses avocats et ses assureurs, a fait le choix du "bouc émissaire" dans la crise qui la frappe. Elle s'est empressée de désigner un coupable "idéal" en la personne d'un jeune trader pour le moins imprudent. Mais, se faisant, dans la plus complète des précipitations et après quatre jours de "réflexions", elle a manqué de discernement et, aujourd'hui, l'affaire lui revient en pleine tête, tel un boomerang.
Le "responsable mais pas coupable" de la Société Générale n'a pas convaincu. Même si, au passage, il a complètement "fusillé" son management et entraîné l'éviction de plusieurs directeurs de salles de marché. Chaque jour qui passe amène des éléments nouveaux. L'on apprend ainsi que les "positions" exorbitantes et frauduleuses du jeune trader étaient, semble-t-il, équilibrées quand elles ont été découvertes. Et ce serait finalement la banque qui, en vendant précipitamment les positions sur un marché flottant à la baisse, aurait entraîné les pertes de près de 5 milliards d'euros.
Le reste est à l'image de cette communication de crise, désastreux. Daniel Bouton se retrouve aujourd'hui sur un siège éjectable pour avoir manqué de la plus élémentaire prudence et de la plus nécessaire humilité. Sa diatribe vengeresse sur un jeune salarié de 31 ans a manqué de mesure et de discrétion. Son désir de vouloir "rassurer" les actionnaires et petits porteurs a tourné à la démonstration enfantine et a entraîné la suspicion sur tout le groupe.
Les dégats risquent d'être considérables. Ils le sont déjà pour l'image de la banque françaises à l'étranger. Ils ne font ni rire, ni sourire car ils sont la preuve de la faillite des organismes de contrôle interne de la Société Générale. Ils sont aussi la démonstration d'une déplorable gestion de crise. Sans parler de la communication qui va avec.
Jean-Paul Busnel
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La mise en scène de Carla Bruni ne doit rien au hasard. En fin connaisseur des médias et de la communication en général, Communication de crise comprise, Nicolas Sarkozy a effectué ce que l'on appelle un "déplacement latéral" de l'actualité. Mis sur la sellette avec la visite officielle de Kadhafi, le chef de l'Etat se devait de reprendre la main. Il l'a fait de fort charmante manière.
L'affaire EADS est "exemplaire" en ce qui concerne la mauvaise gestion de crise. On peut en effet très longuement s'interroger sur cette stratégie du silence employée quand plus d'un millier de cadres et une vingtaine de dirigeants sont mis en accusation publiquement. Ne rien dire, et, dans cette affaire, rien n'a vraiment été dit, c'est accréditer l'accusation de délits d'initiés et faire accroire que nombre de dirigeants se sont remplis les poches à bon compte, c'est-à-dire sur le dos de la Caisse des Dépôts et, en final, sur le dos des contribuables. Dès lors, toutes les rumeurs vont bon train et la "chasse à l'homme cupide" ne fait que commencer. Avec son lot d'injustices et de diffamations.
Les Antilles françcaises peuvent se faire du souci. Un silence pesant règne en effet sur place et en métropole depuis les grandes révélations des pollutions massives aux pesticides. Et ce n'est pas de bonne augure à quelques semaines du début de la grande saison touristique. Car les touristes peuvent se poser légitimement des questions quant à la sécurité alimentaire et sanitaire en général. Et personne, étrangement, n'y répond.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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