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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Dimanche 19 mars 2006

La sécurité n’est désormais plus vraiment assurée. Ni celle des étudiants, ni celle des policiers. Ni celle des commerçants, ni celle des universités. Hier comme jeudi, à Clermont-Ferrand comme à Rennes et à Paris, des éléments incontrôlés ont profité du désordre pour en rajouter. Chaque nouvelle manifestation apporte ainsi son lot de violences, de dégâts et d’interpellations. Chaque protestation est suivie d’affrontements. Et plus la crise se prolonge, plus la France est à la merci d’une bavure ou d’incidents plus graves. Même si toutes les précautions semblent prises et que les policiers en sont les premiers avertis, restant à tout jamais marqués par la mort de Malik Oussekine, matraqué à mort en décembre 1996 pour avoir critiqué le projet Devaquet. Pourtant, l’Etat semble s’enfermer dans une tour d’ivoire de dénégations et d’appels tardifs au dialogue. Comme si le gouvernement jouait sur le pourrissement. Comme si Dominique de Villepin pouvait encore espérer que, demain, les syndicats professionnels et étudiants, de guerre lasse, viennent frapper… à son bureau. Comme si l’appel de la légalité, le CPE faisant loi, devait finir par faire rentrer tout le monde dans le droit chemin.

Mais, quoiqu’il arrive désormais, le CPE n’existe déjà plus pour personne. Ni dans les faits, ni dans la forme. Ni dans l’histoire, ni dans les esprits. Les jeunes et les étudiants n’en veulent pas, les présidents d’université l’ont désavoué, les parents d’élèves l’ont rejeté. Et même la majorité se lézarde à son sujet. Nicolas Sarkozy prend de la distance avec la rue de Varennes. Jean-Louis Borloo plie sous la tâche qui est la sienne. L’ambiguïté du CPE l’oblige à contrôler ou démentir ses propos. Demain, plus un patron n’osera prononcer ce mot.

Le CPE était mal né, il est d’ores et déjà enterré. Mais ses funérailles ne se passent pas dans le calme et la dignité. Opposants décidés par milliers d’un côté, « réflexion » prolongée du Premier ministre de l’autre, le trouble profite au doute et aux extrêmes. Vitrines arrachées, atmosphère enfumée et voitures incendiées servent d’autodafé de la société. Hier, les syndicats ont posé un véritable ultimatum au gouvernement, lui donnant jusqu’à lundi pour réviser son jugement, le contraignant bientôt à ne plus parler du CPE que sous le manteau. Pour avoir refusé de le retirer… plus tôt.  

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 18 mars 2006

L’égalité n’est pas la parité. Et « la France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race et de religion ». Le Conseil Constitutionnel l’a solennellement rappelé jeudi dernier en censurant deux séries de mesures prévues par la loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Ainsi, la loi ne pourra pas imposer des proportions déterminées de femmes ou d’hommes dans « divers organismes et commissions délibératifs publics et privés ». En clair, pas question d’imposer des quotas de 20% de femmes dans les comités d’entreprise, les conseils d’administration, les conseils de prud’hommes ou autres organismes paritaires. Car la compétence n’est pas fonction du sexe et le sexe n’est pas garantie de compétence. On le savait déjà, mais l’entendre déclarer par  les douze membres de cette haute autorité fait mieux respirer. Enfin, il reste à l’espérer… Car les tenants du partage moitié-moitié ne vont sûrement pas désarmer. D’autant qu’ils ont déjà eu gain de cause en ce qui concerne les élections, avec l’instauration de quotas et de sanctions financières pour les partis contrevenants, via la réforme de la Constitution de 1999.

Cette récente censure est cependant passée presque inaperçue, en pleine flambée des manifestations des étudiants et des lycéens. Pourtant, elle est exactement le prélude à ce qui attend sans doute la loi sur le CPE. Car on ne peut pas faire plus de dérogations au Code du travail pour les jeunes et moins de 26 ans que l’on n’en ferait pour les vieux ou les « moyenâgeux ». La Constitution de 1958, dans son article 1, ne permet, en effet, aucune interprétation. On comprend, dès lors, un peu mieux pourquoi le gouvernement n’a pas demandé au Conseil Constitutionnel de statuer d’urgence sur la question.

Ah ! comme ce principe d’égalité est bien gênant pour tout le monde. Il faut dire que la mode n’est plus aux libertés, mais aux minorités et aux quotas. Pour tout et pour rien. Pour la télévision comme pour l’éducation. Pour la fonction publique comme pour  l’instruction civique. En partant du principe que toute minorité, se sentant persécuté ou l’étant par « définition », doit pouvoir prétendre à un juste part du gâteau. A due proportion. Il ne fait alors pas bon être simple Français et se couler dans la masse. Mieux vaut être Breton et en jupon. Car alors, on a toute chance d’être repéré, par discrimination positive, et encouragé à mettre notre chapeau rond.

A tel point que la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, quand elle déclare dans son article premier que « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune », pourrait presque être dénoncée aujourd’hui comme réactionnaire. Alors qu’elle reste, contre vents et marées contraires, un texte ô combien… révolutionnaire.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 17 mars 2006

D’habitude, dans ce genre de situation de blocage, il est de bon ton, en France, de nommer un médiateur. Histoire de poser les problèmes sur la table et d’essayer enfin de les résoudre de façon pragmatique et en laissant tout dogmatisme au vestiaire. Mais, manifestement, dans cette histoire de CPE, personne n’a vraiment envie de résoudre la crise. Ni le gouvernement qui assure sans rire être ouvert au dialogue, alors qu’il a légiféré sans consulter personne, et qui fait désormais de sa fermeté une question d’autorité. Ni les manifestants qui réclament la suppression de la loi sans même vouloir envisager un instant sa suspension ou son amélioration. Et encore moins, hélas, puisqu’il existe, le médiateur de la République !

Oui le CPE est une mauvaise loi, votée à la va-vite, ségrégationniste à l’envie et dérogatoire à l’excès au code du Travail, mais il a le mérite de pouvoir inciter les chefs d’entreprise à embaucher des jeunes de moins de 26 ans, avec ou sans qualification. Et ce peut être un réel progrès. Quant au reste, ce n’est que de la mauvaise littérature. Car, oui, les accompagnements de la loi sur le CPE sont dérisoires et de mauvaise foi. Chacun sait très bien, en effet, que l’on ne pourra pas mettre un référent derrière chaque CPE. Il n’en existe pas et on voit mal le chef d’entreprise bloquer un salarié supplémentaire pour servir de chaperon au nouvel embauché. Quant aux allocations chômage promises en cas de licenciement dans le cadre de ce contrat, elles ne seront jamais signifiantes et encore moins incitatives tant à l’embauche que pour la popularité de la mesure. Enfin, il n’est pas sûr qu’en segmentant ainsi à l’infini le marché de l’emploi, on trouve réponse non seulement au chômage universel, mais aussi au problème des futures cotisations sociales. Le CPE, venant après le CNE, n’est-il pas, en outre, l’annonciateur du CDE, ce contrat « dernière » embauche que l’on promet aux seniors, et la fin inéluctable des contrats de travail à la française et des systèmes de solidarité ? Si oui, autant le dire et l’assumer. Sinon, il est largement temps de se remettre au travail, de mettre cette « mauvaise » loi de côté, puisqu’elle n’est ni comprise, ni admise, que le gouvernement ne veut pas la supprimer, et d’en préparer une autre. Ce ne serait pas la première fois qu’une loi française, régulièrement adoptée, rejoindrait ainsi le placard aux oubliettes. Aussi, l’on aimerait bien entendre d’autres éclats de voix, plus raisonnables, s’associer aux présidents d’université pour sortir des voies étroites de l’affrontement. Car la mobilisation d’hier et celle promise de samedi ne sont en aucune sorte des solutions. Elles ne sont que l’expression d’une attente d’une vraie… considération.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 16 mars 2006

Voici une version inédite, et sans morale, de « la Cigale et de la fourmi » que j’ai reçue hier et qui servira ce matin d’édito. A chacun d’en tirer sa propre réflexion.

VERSION CLASSIQUE
La fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule; elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver.La cigale pense que la fourmi est stupide; elle rit, danse et joue tout l'été. Une fois l'hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie. La cigale grelottante de froid n'a ni nourriture ni abri et meurt de froid. FIN


VERSION FRANCAISE
La fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule; elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver. La cigale pense que la fourmi est stupide; elle rit, danse et joue tout l'été. Une fois l'hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie. La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d'être au chaud et bien nourrie tandis que les autres moins chanceux comme elle ont froid et faim. La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions. Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d'autres vivent dans l'abondance. Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi. Les journalistes organisent des interviews demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu'elle paie "sa juste part". En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l'égalité économique et une loi (rétroactive à l'été) d'anti discrimination. Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide. La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n'a pas assez d'argent pour payer son amende et ses impôts. La fourmi quitte la France pour s'installer avec succès en Suisse. La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée. Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin. L'ancienne maison de la fourmi devenue logement social pour la cigale se détériore car cette dernière n'a rien fait pour l'entretenir. Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens.Une commission enquête est mise en place, ce qui coûtera 10 millions d'euros. La cigale meurt d'une overdose; Libération et l’Humanité commentent sur l'échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales. La maison est squattée par un gang araignées immigrées, le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France. Les araignées organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté.

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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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