La sécurité n’est désormais plus vraiment assurée. Ni celle des étudiants, ni celle des policiers. Ni celle des commerçants, ni celle des universités. Hier comme jeudi, à Clermont-Ferrand comme à Rennes et à Paris, des éléments incontrôlés ont profité du désordre pour en rajouter. Chaque nouvelle manifestation apporte ainsi son lot de violences, de dégâts et d’interpellations. Chaque protestation est suivie d’affrontements. Et plus la crise se prolonge, plus la France est à la merci d’une bavure ou d’incidents plus graves. Même si toutes les précautions semblent prises et que les policiers en sont les premiers avertis, restant à tout jamais marqués par la mort de Malik Oussekine, matraqué à mort en décembre 1996 pour avoir critiqué le projet Devaquet. Pourtant, l’Etat semble s’enfermer dans une tour d’ivoire de dénégations et d’appels tardifs au dialogue. Comme si le gouvernement jouait sur le pourrissement. Comme si Dominique de Villepin pouvait encore espérer que, demain, les syndicats professionnels et étudiants, de guerre lasse, viennent frapper… à son bureau. Comme si l’appel de la légalité, le CPE faisant loi, devait finir par faire rentrer tout le monde dans le droit chemin.
Mais, quoiqu’il arrive désormais, le CPE n’existe déjà plus pour personne. Ni dans les faits, ni dans la forme. Ni dans l’histoire, ni dans les esprits. Les jeunes et les étudiants n’en veulent pas, les présidents d’université l’ont désavoué, les parents d’élèves l’ont rejeté. Et même la majorité se lézarde à son sujet. Nicolas Sarkozy prend de la distance avec la rue de Varennes. Jean-Louis Borloo plie sous la tâche qui est la sienne. L’ambiguïté du CPE l’oblige à contrôler ou démentir ses propos. Demain, plus un patron n’osera prononcer ce mot.
Le CPE était mal né, il est d’ores et déjà enterré. Mais ses funérailles ne se passent pas dans le calme et la dignité. Opposants décidés par milliers d’un côté, « réflexion » prolongée du Premier ministre de l’autre, le trouble profite au doute et aux extrêmes. Vitrines arrachées, atmosphère enfumée et voitures incendiées servent d’autodafé de la société. Hier, les syndicats ont posé un véritable ultimatum au gouvernement, lui donnant jusqu’à lundi pour réviser son jugement, le contraignant bientôt à ne plus parler du CPE que sous le manteau. Pour avoir refusé de le retirer… plus tôt.
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L’égalité n’est pas la parité. Et « la France assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race et de religion ». Le Conseil Constitutionnel l’a solennellement rappelé jeudi dernier en censurant deux séries de mesures prévues par la loi relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Ainsi, la loi ne pourra pas imposer des proportions déterminées de femmes ou d’hommes dans « divers organismes et commissions délibératifs publics et privés ». En clair, pas question d’imposer des quotas de 20% de femmes dans les comités d’entreprise, les conseils d’administration, les conseils de prud’hommes ou autres organismes paritaires. Car la compétence n’est pas fonction du sexe et le sexe n’est pas garantie de compétence. On le savait déjà, mais l’entendre déclarer par
D’habitude, dans ce genre de situation de blocage, il est de bon ton, en France, de nommer un médiateur. Histoire de poser les problèmes sur la table et d’essayer enfin de les résoudre de façon pragmatique et en laissant tout dogmatisme au vestiaire. Mais, manifestement, dans cette histoire de CPE, personne n’a vraiment envie de résoudre la crise. Ni le gouvernement qui assure sans rire être ouvert au dialogue, alors qu’il a légiféré sans consulter personne, et qui fait désormais de sa fermeté une question d’autorité. Ni les manifestants qui réclament la suppression de la loi sans même vouloir envisager un instant sa suspension ou son amélioration. Et encore moins, hélas, puisqu’il existe, le médiateur de la République !
Voici une version inédite, et sans morale, de « la Cigale et de la fourmi » que j’ai reçue hier et qui servira ce matin d’édito. A chacun d’en tirer sa propre réflexion
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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