Comment sauver quelqu’un malgré lui ? C’est désormais tout le challenge des avocats de la défense de Zacarias Moussaoui dans ce procès qui entame sa dernière semaine d’audience en Virginie. Après, le sort de ce jeune Français de 37 ans sera entre les mains du jury. Avec une seule alternative, la mort ou l’enfermement à vie.
Le pire est sans doute que l’on ne parvient pas à ressentir la moindre compassion pour l’accusé. Même si l’on pressent que le « costume » de terroriste patenté dont on l’a affublé est bien trop grand pour lui. Mais Zacarias Moussaoui a tellement forcé le trait qu’il est devenu un symbole d’Al-Qaida sans même que l’on soit sûr qu’il en ait jamais été un instrument. L’homme est en effet une énigme depuis son arrestation en août 2001 dans le Minnesota. Il a multiplié les versions, nié les évidences et, surtout, insulté copieusement les Etats-Unis et la mémoire des 3000 victimes du « 11 septembre ». Il a sans cesse provoqué son tribunal et les témoins depuis ce jour où il a décidé de plaider coupable et de « s’accuser » d’actes de terrorisme, de piraterie aérienne, de destruction d’avions, d’utilisation d’armes de destruction massive, d’assassinat de fonctionnaires américains et de destruction de propriété. Six chefs d’accusation pour celui qui, emprisonné à l’époque des attentats sur le World Trade Center, n’avait pu voir la tragédie qu’à la télé.
Il ne pouvait bien évidemment en être responsable directement. Mais aurait-il pu les éviter s’il avait parlé ? L’accusation le prétend. Sans trop y croire peut-être, mais elle y est encouragée par les insultes continuelles, les aveux « extraordinaires » et l’absence de regrets de celui qui s’afficherait presque comme un fidèle lieutenant d’Oussama Ben Laden. Alors qu’il n’était sans doute qu’un apprenti terroriste raté, en panne de visa et d’idéal, incapable d’apprendre à voler seul malgré 57 heures de cours en Oklahoma et guère plus doué dans sa seconde école de pilotage du Minnesota.
Ses avocats vont sans doute vouloir plaider la démence, la schizophrénie ou la mythomanie, faire entendre des témoins de moralité, venus de France, et raconter sa triste enfance pour tenter de lui donner un brin d’humanité. Mais Zacarias Moussaoui est parti pour tout faire échouer. De peur qu’on le prive encore de cette mort qu’il semble espérer de tout son être. En quête de cette prétendue immortalité qu’il a lue dans les livres ou les bandes dessinées. Désireux d’être au moins un martyr de sa foi, faute d’en avoir été un combattant zélé.
Finalement, compte tenu de la tournure de ce procès, la justice idéale voudrait qu’il soit aussi privé de mourir et condamné à méditer… pour l’éternité.
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L’Italie a ceci de comparable à la France qu’elle se complaît dans l’immobilisme et les vieilles solutions. Ainsi elle rappelle au pouvoir Romano Prodi, chassé il y a sept ans et aujourd’hui vainqueur à l’arraché des dernières élections législatives. Mais le chef de file de cette gauche aussi disparate qu’un certain « programme commun » ne rentrera pas en fonction véritablement avant la fin mai. Comme si le pays, fortement divisé par le scrutin et lourdement handicapé par une récession structurelle, pouvait encore se permettre de perdre plus d’un mois en tergiversations. La procédure est ainsi faite que, même si sa victoire est reconnue officiellement par la Cour de cassation italienne, « il professore » devra encore attendre d’être chargé par le président de la République de former un nouveau gouvernement. Or le chef de l’Etat actuel, dont le mandat expire à la mi-mai, a déclaré qu’il laisserait ce soin à son successeur qui, bien évidemment, n’est pas encore… nommé.
L’enquête du dernier numéro du journal « Le Point » sur l’Education nationale en France est intéressante à plus d’un titre. Elle met notamment en lumière l’incapacité des hommes à se comprendre et à parler la même langue selon qu’ils sont honnêtes ou partisans. Avec d‘un côté, Jacques Marseille, professeur à la Sorbonne, qui défend une certaine idée de l’éducation et de l’instruction et, de l’autre, Gérard Aschieri, Secrétaire général de la FSU, qui défend une certaine idée de l’institution et de la corporation. Ainsi, quand Jacques Marseille assène des chiffres effrayants, tel ce nombre de 160.000 élèves qui sortent chaque année sans diplôme du second cycle du secondaire, Gérard Aschieri répond qu’il fait « dire autre chose aux chiffres ». Notamment à ceux qui révèlent que depuis trente ans, la dépense intérieure d’éducation a quasiment « doublé en euros constants alors que les effectifs scolarisés n’ont augmenté que de 8% ». Il affirme alors « que l’administration de l’Enseignement remplit une mission d’intérêt général et ne peut pas être rentable au sens strictement comptable ». Et, pour donner plus de poids, du moins le pense-t-il, à son affirmation, il pose la question « faut-il fermer toutes les options rares, et décider que tous les jeunes Français n’apprendront plus que l’anglais, l’allemand et l’espagnol »?
Tout est bien qui finit bien. Pour Toyal, pour la vallée d’Aspe et pour le député Jean Lassalle. Enfin, si l’on peut dire. Car Toyal va devoir modifier ses plans et renoncer à Lacq dont la situation géographique était sûrement bien meilleure que celle d’Accous. La vallée d’Aspe, quant à elle, va conserver ses emplois de proximité, mais devra faire de coûteux investissements pour espérer garder l’usine pour longtemps. Notamment pour éviter que des effluves chimiques ne viennent perturber l’oxygène proche du Parc National des Pyrénées. Certes, l’Etat s’est engagé à l’aider les différents partenaires, mais le conseil général y sera certainement de son porte-monnaie. Enfin, dernier " bénéficiaire ", Jean Lassalle, même s’il a désormais stoppé sa grève de la faim, ne sera sûrement pas d’attaque, demain, pour manger des chocolats.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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