Le "corbeau" a enfin parlé. Mieux, il a ouvert son bec et ne parvient plus à le refermer. Après avoir crié à la dénonciation calomnieuse, il multiplie désormais les déclarations. Hier, au Parisien Libéré, aujourd’hui au Figaro et à Libération. Non seulement, il a fourni la première liste de 70 comptes Clearstream au juge van Ruymbeke, mais il est aussi celui qui a envoyé la seconde. Avec, cette fois, 895 comptes « référencés » dont celui présumé de Nicolas Sarkozy alias Nagy et Bosca. Décidément, cet homme-là était bien informé. Cet ancien diplomate, polytechnicien de formation, énarque distingué, promotion « Charles de Gaulle » et compagnon de route d’Alain Juppé, de Laurent Fabius, de Louis Gallois et de Dominique Perben, a décidément la langue bien pendue. Cet ami de feu Jean-Luc Lagardère et de l’actuel Premier ministre, présenté parfois comme « honorable correspondant » de la DGSE et de la DST, éminent membre du « Siècle », n’a pas mis bien longtemps pour « passer à table » et livrer à la presse « hors d’oeuvre et plat de résistance ».
Reste maintenant à passer au dessert et à trouver le renard qui a su si bien flatter ce corbeau au point de l’amener à se brûler les ailes.
Tout le travail des juges Pons et d’Huy va consister à démasquer celui qui a tout manigancé avec brio. Celui qui a su tout à la fois appâter de Villepin et nuire à Sarkozy. Séduire un magistrat chevronné et contourner les services secrets. Faisant promettre le silence aux uns tout en livrant ses petites confidences aux autres. Manipulant ministères et hommes d’affaires et compromettant tout le monde.
Du bel ouvrage en somme. Une superbe machination à déguster sans modération, avec un doigt de « Rondot » et un zeste de soupçon. Mais dans quel but ? Car l’histoire est trop compliquée, le mécanisme trop alambiqué, pour n’avoir été qu’une arme anti-Sarkozy.
Jean-Louis Gergorin a déjà prévenu qu’il ne livrerait pas le nom de sa « source ». Mais peut-on encore lui faire confiance ? Lui qui a déjà tout « déballé » avent même d’être entendu par les juges. Une chose est sûre : s’il était bien placé pour être le corbeau de cette affaire, il est bien trop bavard et imprudent pour en être le renard. Condamné pour toujours à n'en être que… l’âme damnée.
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Quand le dérisoire l’emporte sur l’essentiel, on parle forcément de télévision. De ces psychodrames à répétitions qui agitent le « paysage » et défont les émissions. Hier Thomas Hughues, aujourd’hui Ardisson. L’un pleure, l’autre non. Quant au téléspectateur, il
Place au sport. Au vrai. A ce combat que l’on dit à la loyale entre les onze du Barça et ceux d’Arsenal. A cet étalage de talents sur tapis vert et gazon français. Où driblles courts et passes en profondeur le disputent aux petits et aux grands ponts. Ce soir, l’Europe, la France, et pas seulement le stade du même nom, auront la tête ailleurs. Oubliés Clearstream et le gouvernement. Les tacles appuyés de Nicolas Sarkozy et les démentis trop polis de Dominique de Villepin. Effacée définitivement des mémoires la motion de censure qui ne sert à rien et les vitupérations de supporteurs partisans à l’excès. Ecartés du jeu les appels à l’arbitre de François Hollande et les passes en retrait de François Bayrou. Et toutes ces défaillances de la politique qui n’ont jamais fait gagner une équipe.
C’est un vieux « Clem » tout rouillé, tout ridé, qui s’apprête à entrer en rade de Brest. Sans tambours, ni trompettes. A peine salué par les mouettes et les beaux mariniers. Tout à la fois symbole d’une défaite et d’une déroute avancée. Monstre de métal oublié, rongé par les mers et les procéduriers, monument d’impéritie d’un ministre, de toute une administration, et gouffre de gaspillage pour toute une société.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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