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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mercredi 19 juillet 2006

Un nouveau bilan fait désormais état de plus de 500 morts sur l’île de Java. On est, certes, loin des 220.000 décès enregistrés en décembre 2004 dans l’Océan indien, mais, visiblement, la leçon du Tsunami n’a pas été retenue. La reconstruction des hôtels, des commerces et des résidences a « mobilisé » tous les secours financiers, au détriment, peut-être, des remises en état des habitats plus traditionnels et de la mise en œuvre des moyens de détection et de protection. La priorité a été donnée à l’économie, à la restauration du tourisme et du commerce, à grands coups de subventions publiques et privées, de donations et de publicité, et non pas à la sécurité. Il est vrai que cette dernière ne rapporte rien. Elle coûte…

Deux capteurs « sous-marins » ont bien été installés au large de Sumatra, mais ils sont en panne et hors de l’eau. Quant à la communication prévue en cas d’alerte, elle est toujours à base de télévision et de radio alors que certains villages reculés ne disposent même pas de portable ou d’électricité. Et que chacun s’accorde à penser qu’un système d’alerte à base de sirènes serait bien mieux adapté.

Java n’a pas non plus fait l’objet d’une surveillance particulière car, circonstance « aggravante », l’île ne fait pas partie des grands circuits empruntés par les voyageurs occidentaux. Dès lors, on peut penser que, sans nouvelles alarmantes de disparitions de compatriotes « égarés » dans de telles contrées, les ONG occidentales ne se sont pas bousculées pour créer des centres de dons, organiser des collectes, voire même envoyer des secours sur place. Certes, sous nos latitudes, les vacances d’été battent leur plein avec leur cohorte d’absences, d’effectifs et de moyens réduits. Mais cela n’excuse pas tout, car, le 26 décembre 2004, il y avait aussi Noël et les fêtes de fin d’année.

Aujourd’hui, l’île de Java manque de tout, De pelles mécaniques comme de tronçonneuses. Et ce nouveau drame vient ajouter à la détresse d’un pays déjà victime, en mai dernier, d’un séisme qui a fait 5.800 morts. Pour l’heure, les Nations Unies ont débloqué des premières aides, mais l’on sait déjà qu’elles seront insuffisantes.

Les tsunamis ne sont plus désormais des phénomènes isolés et, statistiquement, compte tenu des menaces sismiques dans cette partie du monde, ils pourraient se reproduire plus souvent. Mais Java n’est pas Phuket. Du moins tant que les occidentaux n’auront pas compris que ce ne sont pas seulement des populations déshéritées que nous secourons, mais aussi l’avenir d’une planète toute entière que nous devons… protéger.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 18 juillet 2006

Il est quand même tout à fait extravagant d’entendre la presse en général, et celle de France en particulier, se gausser de la prétendue « gaffe » du Président Bush. En fait, ce dernier, en déclarant hier à Tony Blair, lors du sommet du G8, « ce qu’ils doivent faire, c’est amener la Syrie à faire en sorte que le Hezbollah cesse de semer la merde, et ce sera fini », fait preuve d’une réelle clairvoyance. Ou d’un vrai courage. C’est selon. Cette « sortie » tranche en tout cas avec la prudence compassée et l’hypocrisie des autres « Grands » de ce monde. Car chacun sait que Bush a raison sur le fond et que le Hezbollah n’existerait pas ou plus sans l’énorme soutien logistique, financier et militaire de l’Iran et, surtout, de la Syrie. Dès lors, qu’importe la forme. Qui vaut mieux que les grands discours et la langue de bois.

Les pays du G8 n’ont pas encore, pour l’instant, réussi à s’entendre sur le concepts de force internationale qu’il faudrait disposer au Liban-sud. Pour les uns, dont Jacques Chirac, il faudrait une force de « coercition », pour d’autres, tels Romano Prodi ou Kofi Annan, mieux vaudrait installer une « force » de stabilisation. Reste que cette dernière existe déjà, sous le nom de Finul et qu’elle a fait largement la preuve, depuis trente ans, de son inutilité et de son impuissance. Reléguée à un rôle d’observation, voire de secours de « dernière » urgence. Quant à la première, prônée par le chef de l’Etat français qui rêve de désarmer le Hezbollah la fleur au fusil,, il faudrait lui donner des moyens humains et militaires que l’Europe répugne pour l’instant à envisager.

En fait, tout le monde, sauf la Grande-Bretagne, se moque des Américains, tout en espérant bien qu’ils se décideront à y aller. Ce qui, finalement, ôterait une belle épine dans le pied de l’Europe et des ses alliés. Mais George Bush n’est pas si fou. Il n’acceptera jamais de déployer ses « boys »  au Liban sans résolution expresse des Nations Unis. Par ailleurs, fatigués d’être sans cesse le gendarme du monde et de se le voir ensuite reprocher, les USA aimeraient bien que, pour une fois, l’Europe mette aussi « les pieds dans le plat ». Et désigne clairement, dans cette affaire » quels sont les agresseurs et leurs soutiens. Or le G8, à défaut de payer de sa personne, s’est surtout payé de mots ou de banalités et contenté d’apartés. Chacun semble désormais « décidé » à  renvoyer la balle au Conseil de Sécurité. Ce qui est, sans doute, de bonne guerre, mais aussi d’une terrible… frilosité.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 17 juillet 2006

Nicolas Sarkozy semble vouloir profiter des vacances de tout le monde, des Français comme du Pouvoir, pour entrer en campagne, livre à l’appui. Profitant en quelque sorte de la canicule et du désoeuvrement, du farniente et du temps de la réflexion. Le ministre de l’Intérieur entre ainsi, un peu par effraction, dans le jardin personnel de chacun, au pays de l’été, des cigales et de l’insouciance. Espérant sans doute que son nouvel ouvrage, dont 500 exemplaires seront dédicacés, trouvera toute sa place au camping des flots bleus comme au Martinez, entre merguez et caviar, sardines ou homards.

Hier soir, sur TF1, le « nouveau » jeune marié d’un amour retrouvé, alliance au doigt, avait tout l’air d’un candidat prêt à sacrifier ses derniers congés pour séduire. Mais, contrairement à d’aucuns qui, comme Giscard, voulait regarder la France au fond des yeux, Nicolas rêve, lui, de la rencontrer en « maillot de bain ». Il est d’ailleurs déjà attendu à Palavas-les-flots, Saint-Rémy-de-Provence et Arcachon, tenant Cécilia par la main.

Son livre sera ce matin dans toutes les bonnes librairies, sur toutes les lèvres et dans tous les esprits. Ses 280 pages d’ambition sincère et de « Témoignage » particulier en feront une base de départ ou un livre de chevet, un réveil-matin ou un somnifère. Mais elles lui auront permis tout autant de prendre du recul que de prendre date. C’est un peu son « 4 novembre 1995 » à lui. Pas de dépêche à l’Afp, ni d’entretien à « La Voix du Nord », mais un livre bien charpenté avec, comme son ex-mentor, la maîtrise de la langue et l’emploi de mots rares. Sans le souci de la contradiction.

L’homme a aussi de l’humour. Parlant de son ouvrage, il a expliqué, hier soir, avoir volontairement négligé l’autocritique. « Il y en a suffisamment qui s’en occupent ». Il a convenu qu’il y avait eu des crises avec Jacques Chirac, comme avec d’autres. « J’ai 51 ans. J’ai passé l’âge de haïr qui que ce soit ». Une dernière phrase qui aurait sans doute fait exploser le détecteur de mensonges, s’il avait été installé, tant on a senti, peu après, combien Nicolas Sarkozy avait été blessé par les commentaires sur sa crise conjugale. N’est pas « Sphinx » qui veut.

Mais c’est certain, l’homme a de l’allant et du répondant. Il lui reste désormais à conquérir du… Président.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 16 juillet 2006

Jacques Chirac a certainement été piqué au vif, mais cela suffira-t-il à lui redonner ce punch qui, semble-t-il, l’a quitté le jour même de son élection ? On peut en douter, même s’il fait partie de ces hommes avec qui l’avenir n’est jamais certain. Toujours est-il que, le jour du 14 juillet, le chef de l’Etat a répondu avec force non seulement aux critiques, mais aussi, et surtout, au « portrait » international que nombre de journaux étrangers lui brossent désormais. Parmi ceux-ci, le plus virulent a été, sans conteste, « The Economist » qui, en début de semaine dernière, lui a décerné un « carton rouge » à la Zidane. Pour l’hebdomadaire britannique,  le Président français « symbolise l’incapacité du pays à se renouveler politiquement ». Il observe aussi que « Jacques Chirac est le « seul homme politique à avoir servi dans des gouvernements sous tous les présidents de la cinquième République depuis De Gaulle », mais que, « après une tentative courageuse, mais avortée » en 1995, il s’est cantonné « à des petites réformettes ». Force est, hélas, de reconnaître que le journal a raison sur tous ces points, y compris même dans sa constatation qui fait du chef d’Etat français « le plus impopulaire » depuis la création des sondages Sofres en 1978.

L’Elysée aurait-il perdu tout contact avec la réalité au fil des ans ? Ce n’est pas impossible lorsque l’on entend le Président se rassurer au fil de ses interventions par des grandes déclarations sur « la France est un grand pays ». Mais force est de constater que les notes préparées par ses conseillers sont l’exacte contradiction de ce qui se dit et s’écrit dans le monde entier. Ainsi, pour « The Economist », il ne fait aucun doute que « sous sa direction, la France a perdu sa place parmi les cinq premières économies mondiales », alors que le Président pense, lui, comme il l’a déclaré vendredi, en faire encore partie. Jacques Chirac semble encore rêver d’une France qui n’existe plus. Pour lui, la France est « l’un des premiers exportateurs mondiaux ». « La France est un pays qui est la première ou la deuxième terre d’accueil des investissements étrangers ». « La France est un pays qui a  la protection sociale la plus élaborée de tous les pays du Monde… La France est un pays qui a une puissance culturelle »… et une « puissance diplomatique considérable »… Mais la méthode Coué du chef de l’Etat ne suffit pas à lui donner crédit. Car, sur le plan des exportations, la France se traîne tandis que l’Allemagne caracole en tête. Par ailleurs, cette très relative « bonne tenue » des exportations françaises n’est obtenue que grâce aux entreprises étrangères installées sur notre sol qui réalisent 45% de ces exportations contre 38,5% pour nos grands groupes nationaux. Enfin, en ce qui concerne la France terre d’accueil des investissements étrangers, ce qui était vrai jusqu’en 2004 ne l’est plus aujourd’hui face aux nouveaux membres de l’Union européenne et à la Chine. Quant au reste, « puissance culturelle, puissance diplomatique », il n’a de force que par les mots utilisés. Tel la grenouille qui « s’étend, et s’enfle, et se travaille », le Président aurait dû relire Jean de la Fontaine pour éviter de s’emballer et donner ainsi prise à la caricature. Hélas, « le monde », disait le fabuliste, « est plein de gens qui ne sont plus… sages ».

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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