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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 18 septembre 2006

Benoît XVI a peut-être été mal « inspiré » en englobant, par citation interposée, tous les musulmans dans le même culte apparent de la violence. Mais ses regrets devraient suffire amplement à désamorcer la crise. Las ! L’époque est aux excuses, à cette exigence des « excuses » qui confinent à l’humiliation. Chaque « offensé »  veut désormais que « l’offenseur » se prosterne à ses pieds et demande pardon, implorant grâce de ses péchés et compassion de son bourreau. Il en est ainsi de tout, du sermon de Ratisbonne comme des propos de François Fillon, des projets officiels comme des constats de la Cour des Comptes. A chaque instant de notre vie, nous frôlons désormais « l’excommunication », châtiments à l’appui. On ne peut plus parler de la Corse « tranquille » sans risquer une explosion, évoquer le droit des Israéliens à vivre en paix sans s’attirer une volée de missiles, affirmer la nécessité d’un Etat Palestinien sans se voir, comme au Liban, « couper les ponts », écrire enfin comme Salman Rushdie sans risquer sa vie. On ne peut plus vouloir réformer sans « se faire couper le courant », comme Jean-François Copé. Dernier avertissement avant de se faire couper la tête.

Désormais, il faudra s’habituer à dire les « vérités » tout bas, sous le manteau, sur des blogs complices ou sur des sites réservés avec code d’accès et clé d’entrée. Il va falloir se taire pour ne pas risquer cette nouvelle manie des « autocritiques » sur place publique. S’habituer à susurrer quelques idées entre amis pour éviter que toute nouvelle soit déformée. On se croirait revenu au temps du pilori, avec pancarte du délit accrochée autour du cou. On pourrait y lire : « a voulu réfléchir sans permission » ou « s’est permis de citer un auteur que l’on ne connaît pas », ou encore « dit du mal des assassins de son père » ou enfin « a parlé en langue étrangère ». Le « crime » est alors consommé, condamné avant d’être jugé. Les petits potentats, ainsi encouragés par la lâcheté d’un monde tétanisé par la violence et orphelin de tout repère, se croient désormais tout permis et crient plus fort que tout. Parce qu’ils ne comprennent rien à rien, ou si peu, ils s’autorisent à commenter, à juger, à punir. Sans nuance et sans appel. Au secours ! Mao et Staline sont de retour, mais, cette fois, à l’échelle planétaire.

Et puis, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. L’important à notre époque actuelle n’est pas tant ce que la personne a dit, mais ce que « les autres » ont compris ou « entendu ». L’heure est désormais à la dictature du « ressenti » plus qu’à l’écoute des agressions. Bientôt, il faudra aussi baisser les yeux pour éviter d’être accusé d’avoir « montré » du mépris ou du désintérêt. Sous peine  d’avoir à s’en excuser et à s’en repentir jusqu’à l’éternité. On fera comme les animaux, préférant se sentir le derrière que se fixer dans les yeux et, à tout moment, protéger nos arrières plutôt qu’imaginer des jours… plus glorieux.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 17 septembre 2006

« Ne pas se plier à l’opinion », mais « incarner le PS », pour l’un. Ne pas opposer « les citoyens » aux « experts d’en haut » et rassembler tout le monde grâce aux « débats participatifs » pour l’autre. Le « grand oral » de Lens a vite tourné au duel à fleurets mouchetés. Mais on n’en saura guère plus tant les duettistes ont pris mille précautions pour ne pas toucher là ou cela fait mal et « désespérer » la gauche dans ce qu’elle a de plus précieux. A savoir qu’elle veut croire, contre tout sondage et baromètre, qu’elle est toujours l’avenir de l’« uomo socialibus », héritière de Jaurès, Blum et Jules Ferry. Oubliant que, un jour de 2002, à force de mélanger Trotski et Mitterrand, de ménager la chèvre et le choux, de se compter sans se rassembler, elle dut se résoudre à regarder la France voter.

Dès lors, les grandes réformes ont été tout juste « effleurées »  et pas un mot, ou presque, n’a été prononcé sur ce service public qui, aujourd’hui, se sent attaqué dans ses retraites ou ses sureffectifs. Les candidats du PS ont voulu, hier, brosser leurs électeurs dans le sens du poil. Sans allusions aux militaires, à l’école des parents et au service minimum. Sans illusions sur des applaudissements qui, dans moins d’un mois, laisseront place pour tous, sauf pour un, aux félicitations polies et aux manifestations de dépit. Sans faire de vagues, certes, mais sans provoquer non plus ce tsunami de réflexions et de projets pour relever la France et ses habitants.

Hier, les « 101 » propositions de François Mitterrand n’ont pas trouvé de prolongations chez Jospin, Royal, Fabius et les autres. On s’est borné finalement au petit « carnet rose » de François Hollande, qui peine à faire recette en librairie. Bien « torché », mais bien mal illustré. Chacun s’est attaché à vouloir convaincre les adhérents dans une démarche de parti pris et d’arrière-boutique. Mais cette sorte de primaires à l’américaine n’avait rien d’une fête. Et, s’il n’est pas sûr que cela suffise pour espérer battre Nicolas Sarkozy, on sait déjà qu’il en faudrait bien plus pour séduire la… France.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 16 septembre 2006

Sous les Mérovingiens, Lens avait pour nom « Lenna cas » qui signifiait « forteresse des sources ». Cela risque encore d’être un peu le cas, aujourd’hui, avec la réunion au  « sommet » des candidats PS à l’investiture pour la Présidentielle. Car on n’a jamais vu « débat » si encadré et « sources » si bien gardées. Chacun aura vingt minutes pour « défendre » son projet et organiser à sa manière un contact avec les militants, par micro ou questions posées dans l’urne. Et tout le monde sera appelé à « défiler » religieusement, sans « croiser le fer », par ordre alphabétique. Sauf Ségolène Royal qui passera la première, pour cause d’invitation à Madrid ! La députée des Deux-Sèvres a décidément toujours une bonne excuse en réserve dans sa poche. Comme les bons ou les mauvais élèves. Une excuse d’une urgence incontestable et invérifiable qui fait de la madone de Poitiers une météore des évènements. Car elle brille toujours, même par son absence. Le même coup finalement qu’à La Rochelle. Mais cela vaut mieux, parfois, que de risquer, comme à Pontivy,  une « extinction » de voix.

Lens « joue » à guichets fermés. C’est désormais ici une habitude, tant sur tapis vert que sur moquette rose. Mais les querelles devraient rester feutrées. Pas question de jeter les tricheurs ou les mauvais perdants dans la Deûle, ni même de précipiter qui que ce soit du haut des fortifications aujourd’hui disparues. Mais il y a fort à parier que, à l’issue du débat, l’ancien moulin à vent qui dominait jadis les remparts portera la nouvelle bien au-delà des frontières du département.

Aucun sujet n’est interdit, mais on ne parlera guère des propos qui fâchent ou qui risquent de le faire, notamment de ces « régimes spéciaux » et de cette fameuse retraite des mineurs que portèrent avec succès quelques députés du coin, d’Emile Basly à Arthur Lamendin.

Les plus férus d’histoire rappelleront sans doute ce que fut jadis la guerre entre les « unitaires » et les «  réformistes », après l’échec du congrès de Lille, pour illustrer la « campagne » d’aujourd’hui entre « Jospinistes », « Royalistes » et autres sous-lieutenants.

Et si, en secret, Lens et ses militants rêvent surtout d’une union sacrée, comme en 1935 pour assurer le triomphe du Front populaire, nul n’oserait encore parier sur ce qui relève toujours de... l’utopie.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 15 septembre 2006

FEU

Tremblez  « veaux, vaches, cochons, couvées ! Tremblez « régimes spéciaux, retraites dorées, grévistes à vie ». Le nouveau « Zorro » est arrivé, ou presque. Et tout s’agite autour de lui. L’UMP se demande bien quelle mouche a piqué Nicolas Sarkozy tandis que la gauche ne sait plus à quel Jospin se vouer. Chacun est débordé sur ses extrêmes et voit poindre une « révolution » qu’il n’a ni envisagé, ni encadré, ni même souhaité. Car, de son côté, la CGT-cheminots fourbit ses armes et prépare ses calicots pour le mois prochain. On pourra notamment y lire « Solidarité avec les retraités », « Public-privé, même combat », « Sauvons nos retraites », à défaut d’y comprendre « 37 annuités pour tout le monde » et « départ à 75 ans pour nos enfants ».

Le comique de la situation, si tant est qu’il y en ait un, c’est que Dominique de Villepin s’annonce déjà  comme le meilleur défenseur des « Droits acquis ». Le Premier ministre dédramatise la situation à coup de communiqués. Il assure partout, et même plus loin, que les « régimes spéciaux » ne sont pas la priorité du gouvernement, qu’il n’y a rien dans la feuille de route à ce sujet et qu’il ne faut pas « monter certains Français contre d’autres ». L’homme du CPE pur et dur devient aujourd’hui l’homme du compromis, compréhensif et bon enfant, nouvel apôtre de la non-violence en politique et de la concertation jusqu’à épuisement. Il rappelle que, à propos des retraites, « il y a un rendez-vous prévu en 2008 qui doit faire l’objet d’une très large concertation, d’un très large dialogue. Il est très important de tirer à chaque étape les leçons de l’expérience… ». Bref, Dominique de Villepin préfère reporter les échéances et perdre encore deux ans plutôt que s’attaquer, comme le recommande la Cour des Comptes, à ce dossier explosif. C’est sans doute de bonne guerre. Après moi, le déluge ! Sauf que le « déluge » pourrait bien prendre tout le monde de vitesse.

Au train où vont les choses, le Premier ministre va devoir gérer et tenter d’éteindre le feu que d’autres que lui ont allumé. Mais il risque une fois de plus de ramer à contre-courant si l’on en juge par le sondage CSA – Le Parisien Libéré qui, aujourd’hui, nous apprend que près de 60% des Français, dont, parmi eux, 53% de fonctionnaires et 63% de salariés du Privé, sont pour une réforme « rapide » des « régimes spéciaux ».

L’épreuve de force est donc engagée et, de son issue dépendra désormais la Présidentielle.Tant mieux finalement. Pour une fois que, avant d’être élus, des hommes politiques nous parlent d’équité, de sacrifices, de courage, de liberté et de restauration de la République et qu’ils affirment vouloir les mettre en pratique, contre vents et marées, au risque de perdre des voix,… chacun, de tous côtés, se prend à… rêver.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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