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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Jeudi 19 octobre 2006

Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné, hier, quatre jeunes voyous à un mois de prison ferme et trois mois  avec sursis pour un vol de croissants d’une rare violence. L’équipée sauvage avait « débarqué » mi-septembre, de très bonne heure, en plein magasin, criant et vociférant, se servant dans les rayons, insultant le commerçant et terrorisant toutes les personnes présentes. Heureusement pour le boulanger et sa jeune vendeuse, la scène avait été filmée par des caméras de surveillance et quinze minutes d’extraits ont été projetés à l’audience. Ce qui n’a pas permis aux défenseurs des délinquants, au casier déjà largement fourni, d’invoquer la clause « d’impérieuse nécessité », cette faim qui vous tenaille et conduirait parfois, selon une jurisprudence établie, à se servir sans payer. Mais les avocats de la défense ont quand même essayé de minimiser les faits, l’un parlant d’une simple affaire d’incivilités, l’autre estimant que le ministère public faisait le jeu du « délire sécuritaire actuel ». Mais de quel délire s’agit-il ? S’agit-il de celui d’une société qui permet tout par lâcheté ou veut donner des excuses à tout par fausse « humanité » ? ou s’agit-il de celui des hommes qui ne trouvent plus le courage d’appeler les agressions par leur nom.

Hier, le tribunal a voulu dire le Droit, hors de toute pression ou « compassion », malgré l’absence de témoignage de la jeune vendeuse et, même, de la déclaration signée du boulanger, par peur des représailles. Il a voulu expliquer que l’on ne pouvait jouer impunément avec la dignité et la liberté des autres. Mais, ce faisant, il n’a pas été au bout de sa démarche. Les juges n’ont en effet assorti leur condamnation d’aucune mesure de protection envers les témoins ou d’interdiction de fréquenter le quartier. Dès lors, on peut imaginer sans peine que, dans quatre jours, la préventive couvrant presque la totalité du mois de prison ferme, les jeunes voyous iront narguer leurs « victimes ». Mais nul n’en a parlé, personne ne l’a évoqué. Tout le monde le sait, mais personne n’a de véritable réponse à apporter. Finalement, pourrait-on dire avec cynisme, le boulanger n’a qu’à, lui, changer de quartier.

Mais il y a « pire » encore. Car le tribunal correctionnel de Grenoble a assorti ses condamnations d’une « obligation de travailler ». Sans rire, mais à…pleurer. Avec, sans doute, cette certitude intime qu’elle ne sera pas respectée et cet aveuglement prétendument citoyen qui lui permet, désormais, de s’en… laver les mains.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 18 octobre 2006

Le « drame » de cette affaire est sans doute qu’il va tout de même falloir choisir. Qu’importe que la tenue de ce « débat » ait été « à l’honneur du parti socialiste » comme l’a déclaré un peu benoîtement, hier soir, François Hollande, il n’en demeure pas moins qu’il y a toujours deux candidats de trop. Et si chacun s’accorde à penser, ce matin, que la prestation des prétendants a été, somme toute, équilibrée, cela complique encore un peu plus la tâche des électeurs. Cela démontre aussi, hélas, qu’il n’y a pas une « tête » qui surnage, une intelligence qui se détache, une candidature qui s’impose ou un « homme d’Etat » qui se révèle.

Hier soir, Ségolène, Dominique et Laurent ont joué leur partition avec un égal « talent » et pris bien soin d’éviter tout faux-pas éliminatoire. L’une a été très « régionaliste », l’autre très « économiste » et le dernier « plus socialiste que lui tu meurs ». Mais l’idéal eut été de les « mélanger », de trouver un « clone » qui puisse dire tout à la fois que les 35 heures « ont parfois abouti à une régression pour les salariés », qu’il faut « stabiliser la dette d’ici cinq ans », « corriger les effets des délocalisations et ré industrialiser » et, enfin, pénaliser « les contrats précaires et les temps partiels subis ».

Car le projet du parti socialiste était décliné, hier soir, de façon un peu particulière. A géométrie variable, sans humeur, sans saveur et sans contradictions. Ce qui ne veut pas dire sans « contrefaçons ». L’idéal était, certes, que « la guerre des Trois n’ait pas eu lieu ». Et de ce point de vue là, c’est une vraie victoire. Mais doit-on s’en satisfaire ou doit-on le regretter ?

Le PS, visiblement, ne veut pas de « victimes » et redoute une confrontation qui puisse tourner au déchirement. Il sait que seule l’addition des voix de chacun peut conduire à la victoire. Mais cette attitude, qui fait la part belle à la juxtaposition des idées, manque certainement un peu de courage et prive en tout cas les militants de ce contrat d’adhésion nécessaire à toute mobilisation. Avec le risque, en permettant à chacun des prétendants d’afficher ses différences jusqu’au bout du bout de la campagne interne, sans compromis possible, d’enraciner à jamais dans l’esprit des gens l’idée qu’il pourrait y avoir trois voix possibles à gauche. Et d’entraîner finalement tout le monde dans une voie… sans issue.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 17 octobre 2006

La proposition d’Eric Raoult d’appeler aux « témoignages », moyennant récompenses et gratifications, pour retrouver les auteurs d’agressions contre les policiers, n’est pas aussi farfelue qu’elle n’y paraît. Elle pourrait même être « généralisée », n’en déplaise aux bonnes âmes qui habitent les beaux quartiers, à tous les actes de violence urbaine. La méthode n’est certes pas « jolie-jolie » et manque un peu de panache. Mais les cambriolages nocturnes, le racket des petits vieux, les vols de voiture ou d’accessoires, les « tournantes » de banlieues n’ont désormais plus rien de ces petits « jeux interdits » que l’on pratiquait jadis en sous-bois ou au clair de lune. Et l’angélisme ne doit plus avoir cours, ni en Seine-Saint-Denis, ni ailleurs.

« C’est pas cool » vont dire les délinquants chevronnés, les « rois » de la capuche et de l’agression dissimulée. C’est vrai, mais cela ne l’a jamais été. Sauf, peut-être, pour les plus forts sur les plus faibles, les plus âgés sur les plus jeunes, les plus violents sur les plus désarmés.

Quand on sait maintenant qu’il y a eu plus de 2500 agressions de policiers sur les six premiers mois de l’année, on a envie de connaître les caches « d’armes » des petits voyous, de savoir où ils se retrouvent, de connaître leurs plans et leurs numéros de portable et de les suivre à la trace pour éviter qu’ils ne se « perdent » encore plus dans le dédale de la délinquance urbaine.

Cet appel à la délation, prônée hier par le député-maire du Raincy, pourrait même, sans doute, être financé intégralement par les saisies d’argent liquide, les prises de drogue, les primes d’assurance et les… économies faites sur les dégradations d’édifices publics ou privés.

Ce serait faire finalement œuvre de salubrité et guérir le mal par le mal en permettant aux plus cupides des bandes armées de dénoncer les plus violents d’entre eux. Car on a toujours plus fort que soi. Il s’agirait en quelque sorte de créer l’insécurité à la source. Jusqu’à ce que la « source » soit… tarie. D’obliger les « petites frappes » de toute nature à se cacher encore plus, à s’isoler, à faire des trafics sans pouvoir en profiter, sans pouvoir s’acheter une nouvelle voiture, des « pompes » à 500 euros, un costume de chez Smalto ou la nouvelle Nintendo, sans pouvoir partager ou… faire confiance.

On doit pouvoir ainsi rêver d’un monde meilleur, d’une utopie qui voudrait qu’il fasse bon circuler la nuit à pied à Venissieux. Mais, pour cela, il faut d’abord arrêter de voir la vie comme une bande dessinée et passer son temps à déguiser les bandes de banlieue en « Robin des Bois » modernes. Car elles n’ont de modernité que l’extrême générosité avec laquelle elles s’attaquent à toute forme d’autorité et aussi bien aux riches qu’aux… pauvres.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 16 octobre 2006

On n’en parle plus guère ou presque et pourtant, 35 ans après la « visite » d’Alan Shepard, la Lune excite toujours les convoitises et fait travailler les ingénieurs. Elle fascine chaque soir et matin d’autant plus que chacun a le vague sentiment qu’elle n’a pas été explorée en profondeur. Que l’on n’a pas mesuré avec exactitude l’ampleur des renseignements qu’elle pouvait fournir pour d’autres explorations plus lointaines. Et que l’homme a tout juste « posé le pied » sur son mystère. Alors qu’elle recèle des richesses inconnues et potentielles qui feront les pays riches de demain.

Aussi, en coulisses, les grandes nations préparent de nouveaux vaisseaux de conquête. Le Japon, l’Inde et la Chine prévoient, dit-on, le lancement, dès l’an prochain, d’engins de reconnaissance très perfectionnés pour étudier les sols et les minerais. Quant aux Etats-Unis, ils ont déjà prévu de retourner sur site, mais pas avant 2008.

Il est, certes, difficile de distinguer dans ces effets d’annonce ce qui relève du mythe ou de la réalité. L’intoxication et l’espionnage règnent en effet en maîtres dans cette « exploration » scientifique. On sait seulement que l’Inde et La Chine ont de nombreux progrès à faire, notamment dans le domaine des « lanceurs », pour pouvoir prétendre envoyer, sinon des vols habités, des sondes orbitales de deuxième génération. Mais, là encore, comme dans le domaine de la recherche atomique, l’avenir nous réserve sans doute bien des surprises. Reste qu’il est dommage de constater l’inexplicable absence ou l’incroyable silence de l’Europe sur ce sujet.

Cette nouvelle course vers l’espace pourrait remplacer avantageusement cette course vers l’armement dans lequel s’épuisent en pure perte les pays pauvres. Il faudrait trouver enfin un moyen de les intéresser à cette lune qui brille toujours « dans les ténèbres ». A relireTintin ou Victor Hugo pour qui « la lune était sereine et jouait sur les flots ». Car, contrairement à la bombe, seul l’espace est toujours porteur… d’avenir.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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