Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné, hier, quatre jeunes voyous à un mois de prison ferme et trois mois avec sursis pour un vol de croissants d’une rare violence. L’équipée sauvage avait « débarqué » mi-septembre, de très bonne heure, en plein magasin, criant et vociférant, se servant dans les rayons, insultant le commerçant et terrorisant toutes les personnes présentes. Heureusement pour le boulanger et sa jeune vendeuse, la scène avait été filmée par des caméras de surveillance et quinze minutes d’extraits ont été projetés à l’audience. Ce qui n’a pas permis aux défenseurs des délinquants, au casier déjà largement fourni, d’invoquer la clause « d’impérieuse nécessité », cette faim qui vous tenaille et conduirait parfois, selon une jurisprudence établie, à se servir sans payer. Mais les avocats de la défense ont quand même essayé de minimiser les faits, l’un parlant d’une simple affaire d’incivilités, l’autre estimant que le ministère public faisait le jeu du « délire sécuritaire actuel ». Mais de quel délire s’agit-il ? S’agit-il de celui d’une société qui permet tout par lâcheté ou veut donner des excuses à tout par fausse « humanité » ? ou s’agit-il de celui des hommes qui ne trouvent plus le courage d’appeler les agressions par leur nom.
Hier, le tribunal a voulu dire le Droit, hors de toute pression ou « compassion », malgré l’absence de témoignage de la jeune vendeuse et, même, de la déclaration signée du boulanger, par peur des représailles. Il a voulu expliquer que l’on ne pouvait jouer impunément avec la dignité et la liberté des autres. Mais, ce faisant, il n’a pas été au bout de sa démarche. Les juges n’ont en effet assorti leur condamnation d’aucune mesure de protection envers les témoins ou d’interdiction de fréquenter le quartier. Dès lors, on peut imaginer sans peine que, dans quatre jours, la préventive couvrant presque la totalité du mois de prison ferme, les jeunes voyous iront narguer leurs « victimes ». Mais nul n’en a parlé, personne ne l’a évoqué. Tout le monde le sait, mais personne n’a de véritable réponse à apporter. Finalement, pourrait-on dire avec cynisme, le boulanger n’a qu’à, lui, changer de quartier.
Mais il y a « pire » encore. Car le tribunal correctionnel de Grenoble a assorti ses condamnations d’une « obligation de travailler ». Sans rire, mais à…pleurer. Avec, sans doute, cette certitude intime qu’elle ne sera pas respectée et cet aveuglement prétendument citoyen qui lui permet, désormais, de s’en… laver les mains.
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Le « drame » de cette affaire est sans doute qu’il va tout de même falloir choisir. Qu’importe que la tenue de ce « débat » ait été « à l’honneur du parti socialiste » comme l’a déclaré un peu benoîtement, hier soir, François Hollande, il n’en demeure pas moins qu’il y a toujours deux candidats de trop. Et si chacun s’accorde à penser, ce matin, que la prestation des prétendants a été, somme toute, équilibrée, cela complique encore un peu plus la tâche des électeurs. Cela démontre aussi, hélas, qu’il n’y a pas une « tête » qui surnage, une intelligence qui se détache, une candidature qui s’impose ou un « homme d’Etat » qui se révèle.
La proposition d’Eric Raoult d’appeler aux « témoignages », moyennant récompenses et gratifications, pour retrouver les auteurs d’agressions contre les policiers, n’est pas aussi farfelue qu’elle n’y paraît. Elle pourrait même être « généralisée », n’en déplaise aux bonnes âmes qui habitent les beaux quartiers, à tous les actes de violence urbaine. La méthode n’est certes pas « jolie-jolie » et manque un peu de panache. Mais les cambriolages nocturnes, le racket des petits vieux, les vols de voiture ou d’accessoires, les « tournantes » de banlieues n’ont désormais plus rien de ces petits « jeux interdits » que l’on pratiquait jadis en sous-bois ou au clair de lune. Et l’angélisme ne doit plus avoir cours, ni en Seine-Saint-Denis, ni ailleurs.
On n’en parle plus guère ou presque et pourtant, 35 ans après la « visite » d’Alan Shepard, la Lune excite toujours les convoitises et fait travailler les ingénieurs. Elle fascine chaque soir et matin d’autant plus que chacun a le vague sentiment qu’elle n’a pas été explorée en profondeur. Que l’on n’a pas mesuré avec exactitude l’ampleur des renseignements qu’elle pouvait fournir pour d’autres explorations plus lointaines. Et que l’homme a tout juste « posé le pied » sur son mystère. Alors qu’elle recèle des richesses inconnues et potentielles qui feront les pays riches de demain.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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