Et si Ségolène Royal n’était qu’un « produit » de consensus fabriqué par quelques socialistes pour pallier leur divergences criantes ? Si elle n’était qu’un leurre destiné à détourner l’attention des médias d’un Nicolas Sarkozy omniprésent et peu rassurant. Si elle n’était que l’instrument d’une mini-révolution de société ? Si elle n’était qu’un clone, parfois mal réglé, qui allait tout faire « exploser », la République comme la pensée unique ? Toutes ces questions méritent d’être posées au lendemain d’un week-end touristique en Chine qui, déjà, fait jaser. Passe encore que la candidate invente des mots comme « bravitude », sans doute pour permettre à ses hôtes de mieux la traduire, mais qu’elle confonde droits de l’homme et droits humains dépasse l’entendement. Au point que certains de ses soutiens se demandent aujourd’hui s’ils ne font pas fausse route au pays de Mao.
Il y avait ainsi, hier, dans "Le journal du Dimanche", une féroce caricature de la Madone du Poitou signée Wolinski. Le dessinateur, cet ancien de l’Humanité que l’on ne peut taxer de « béni oui oui », avait inventé avec son crayon une conférence de presse et il résumait en quelques mots les propos de Ségolène Royal par trois « bulles » féroces. « Pourquoi je suis en Chine ? Posez la question aux Chinois ». « Qui vais-je rencontrer. C’est aux Chinois de l’annoncer ». « Mon opinion sur la Chine ? C’est celle du peuple chinois ».
Cela faisait, comme aurait dit Coluche, plus vrai que vrai, plus blanc que blanc. Le dessinateur, en trouvant le trait « juste », renvoyait finalement tout le monde à ses chères études. Dos à dos. « Les gens de droite ne croient qu’aux conneries qu’on leur a apprises. Les gens de gauche ne croient qu’aux conneries qu’ils ont découvertes ». Et quelle découverte !
Mais, pourtant, qu’elle avait fière allure, Ségolène, tout de blanc vêtue, sur la muraille de Chine ! On aurait dit une apparition, un mirage, un rêve, une image, une icône. Elle réunissait sur elle tous les adjectifs et les qualificatifs. Vierge immaculée d’un marigot politique où elle baigne pourtant depuis trente ans, « Papesse » de toutes les religions et de toutes les espérances, il ne lui manquait que la « ségomobile » du vicaire de Rome et la canne du marcheur de Solutré.
Mais pour que l’image soit parfaite, encore aurait-il fallu qu’elle se taise. Car c’est là que le bât blesse. Toujours et encore. Il faudrait finalement qu’elle enregistre ses déclarations avec la voix d’une autre ou qu’elle prétexte une extinction de voix. Elle parlerait alors par gestes. Ce qu’une partie de la France semble encore attendre pour pouvoir enfin se… prosterner.
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Il n’y a pas d’injustice à voir l’œuvre de Vauban préférée à celle de Le Corbusier comme candidate à l’inscription au patrimoine de l’Unesco. Car non seulement le grand architecte du roi Soleil a quelque ancienneté à prévaloir sur
L’Eglise catholique polonaise peut désormais dormir sur ses deux oreilles. Elle a désormais à sa tête un expert du renseignement, un petit prodige du déguisement et un artiste de la dénégation. Monseigneur Wielgus a été officiellement adoubé hier comme archevêque de Varsovie par son prédécesseur Monseigneur Glemp. Et, enfin touché par la grâce, le nouvel impétrant a reconnu en soirée avoir été un ancien agent de la police secrète communiste, ce qu’il niait depuis déjà fort longtemps.
L’homme ne manque pas d’aplomb, mais le procédé est détestable. Non content d’avoir manqué de souffle, pour le moins, lors de son quinquennat, le président de la République a délivré, hier, un véritable discours-programme lors de ses vœux aux forces vives de la Nation. Et, en puisant sans vergogne dans les idées des uns et des autres, de la baisse de l’impôt sur les sociétés à la sécurité sociale professionnelle en passant par la participation des salariés, il a renvoyé socialisme et libéralisme dos à dos. Faisant un peu comme s’il voulait tracer une feuille de route impérative à ses successeurs. Qu’ils soient d’ailleurs de gauche ou de droite. Donneur de leçons à l’éternité des candidats sans jamais avoir eu le courage, en douze ans, de les mettre en œuvre ou de les appliquer.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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