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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 8 janvier 2007

Et si Ségolène Royal n’était qu’un « produit » de consensus fabriqué par quelques socialistes pour pallier leur divergences criantes ? Si elle n’était qu’un leurre destiné à détourner l’attention des médias d’un Nicolas Sarkozy omniprésent et peu rassurant. Si elle n’était que l’instrument d’une mini-révolution de société ? Si elle n’était qu’un clone, parfois mal réglé, qui allait tout faire « exploser », la République comme la pensée unique ? Toutes ces questions méritent d’être posées au lendemain d’un week-end touristique en Chine qui, déjà, fait jaser. Passe encore que la candidate invente des mots comme « bravitude », sans doute pour permettre à ses hôtes de mieux la traduire, mais qu’elle confonde droits de l’homme et droits humains dépasse l’entendement. Au point que certains de ses soutiens se demandent aujourd’hui s’ils ne font pas fausse route au pays de Mao.

Il y avait ainsi, hier, dans "Le journal du Dimanche", une féroce caricature de la Madone du Poitou signée Wolinski. Le dessinateur, cet ancien de l’Humanité que l’on ne peut taxer de « béni oui oui », avait inventé avec son crayon une conférence de presse et il résumait en quelques mots les propos de Ségolène Royal par trois « bulles » féroces. « Pourquoi je suis en Chine ? Posez la question aux Chinois ». « Qui vais-je rencontrer. C’est aux Chinois de l’annoncer ». « Mon opinion sur la Chine ? C’est celle du peuple chinois ».

Cela faisait, comme aurait dit Coluche, plus vrai que vrai, plus blanc que blanc. Le dessinateur, en trouvant le trait « juste », renvoyait finalement tout le monde à ses chères études. Dos à dos. « Les gens de droite ne croient qu’aux conneries qu’on leur a apprises. Les gens de gauche ne croient qu’aux conneries qu’ils ont découvertes ». Et quelle découverte !

Mais, pourtant, qu’elle avait fière allure, Ségolène, tout de blanc vêtue, sur la muraille de Chine ! On aurait dit une apparition, un mirage, un rêve, une image, une icône. Elle réunissait sur elle tous les adjectifs et les qualificatifs. Vierge immaculée d’un marigot politique où elle baigne pourtant depuis trente ans, « Papesse » de toutes les religions et de toutes les espérances, il ne lui manquait que la « ségomobile » du vicaire de Rome et la canne du marcheur de Solutré.

Mais pour que l’image soit parfaite, encore aurait-il fallu qu’elle se taise. Car c’est là que le bât blesse. Toujours et encore. Il faudrait finalement qu’elle enregistre ses déclarations avec la voix d’une autre ou qu’elle prétexte une extinction de voix. Elle parlerait alors par gestes. Ce qu’une partie de la France semble encore attendre pour pouvoir enfin se… prosterner.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 7 janvier 2007

Il n’y a pas d’injustice à voir l’œuvre de Vauban préférée à celle de Le Corbusier comme candidate à l’inscription au patrimoine de l’Unesco. Car non seulement le grand architecte du roi Soleil a quelque ancienneté à prévaloir sur  le créateur de la cité Radieuse, mais, en plus, il a proliféré sur tout le territoire à une époque où il n’était pas si facile de voyager. Ah, si Vauban nous était conté, il nous emmènerait dans un véritable tour de France des réalisations, de Briançon à Besançon, via Mont-Dauphin, Mont-Louis, Saint-Martin-de-Ré, Camaret, Arras, Longwy et quelques autres ! Il nous promènerait de courtines en caponnières, d’escarpes en fossés diamants et de gorges en banquettes. A tel point qu’on lui prête mille choses encore, comme le fort Napoléon dans l’archipel des Saintes, ce chef d’œuvre de l’architecture militaire du XIXème siècle dont il n’est pour rien. Mais l’on ne prête qu’aux riches et l’on ne compte plus désormais les constructions « à la Vauban ».

Mais le plus remarquable, chez ce bâtisseur, fut sans doute Vauban lui-même. Quelle homme fut en effet ce petit gentilhomme de Bourgogne qui passa toute sa vie, entre places fortes et sites fortifiées, à construire ce que les autres rêvaient de détruire et d’asservir. Saint-Simon le décrivait comme un « homme de médiocre taille, assez trapu, qui avait fort l’air de guerre… Il n’était rien moins : jamais homme plus doux, plus compatissant, plus obligeant, mais respectueux sans nulle politesse, et le plus avare ménager de la vie des hommes, avec une valeur qui prenait tout sur soi, et donnait tout aux autres… ».

Ce bronchiteux chronique, ce spécialiste de « la cochonnerie », qui écrivit un livre fort sérieux sur le sujet où l’on pouvait ainsi connaître la production d’une truie pendant dix ans, s’intéressait à tout. Au point de publier douze volumes intitulés « Oysivetés », d’inventer une fiscalité au taux unique de 10% sur tous les revenus, véritable scandale, et de proposer, bien avant l’euro, une monnaie unique européenne.

Comme bien d’autres précurseurs avant lui et après lui, Vauban ne fut pas toujours admiré. Il déclencha cabale et jalousies. Mais il mourut Maréchal de France, ce qui lui valut d’être doublement enterré, son corps à Vézelay et son coeur aux Invalides. Tel un patrimoine dispersé ! Toute une histoire et toute une œuvre qui devraient passionner l’Unesco et contribuer à son… universalité.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 6 janvier 2007

L’Eglise catholique polonaise peut désormais dormir sur ses deux oreilles. Elle a désormais à sa tête un expert du renseignement, un petit prodige du déguisement et un artiste de la dénégation. Monseigneur Wielgus a été officiellement adoubé hier comme archevêque de Varsovie par son prédécesseur Monseigneur Glemp. Et, enfin touché par la grâce, le nouvel impétrant a reconnu en soirée avoir été un ancien agent de la police secrète communiste, ce qu’il niait depuis déjà fort longtemps.

L’homme a donc attendu d’être officiellement désigné pour reconnaître enfin son « péché » et jouer les grands réconciliateurs. Si ce n’est pas de la haute stratégie, cela y ressemble vraiment. Car, dans une lettre distribuée aux fidèles, le nouvel archevêque confesse cette « erreur » comme il déclare l’avoir déjà « confessée au Saint-Père » et demande, « avec le cœur repenti », au clergé et aux fidèles de le « recevoir en frère qui veut unir et non diviser ».

Stanislas Wielgus avait été recruté il y cinquante ans alors qu’il était étudiant. Mais, preuve sans doute de ses bonnes dispositions, il avait suivi également « une formation spéciale pour agents ». Pour le reste, difficile pour l’instant d’en savoir plus sur ses 20 ans de collaboration « pieuse » et active, en tant qu’enseignant, au sein de la jeunesse de ce pays. Les archives ne sont pas toutes publiques et, secret de la confession oblige, le pape Benoît XVI refuse d’aller au-delà du communiqué qu’il avait publié le 21 décembre dernier et dans lequel il affirmait lui confier, « en pleine conscience », l’archidiocèse de Varsovie. Enfin, pas question de gâcher la fête qui verra demain l’ancien recteur de l’université catholique de Lublin, Stanislas Wielgus, entrer d’un pas alerte et conquérant dans la cathédrale de Varsovie et recevoir les honneurs de tous les prélats ainsi que du chef de l’Etat Lech Kaczynski.

Chacun attend sans doute avec impatience l’homélie du saint homme. Mais comment croire en la sincérité d’un archevêque, historien de surcroit, qui, au début du mois dernier, dénonçait encore une campagne de « calomnies » lancée contre lui ? Autant s’en remettre à… Dieu.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 5 janvier 2007

L’homme ne manque pas d’aplomb, mais le procédé est détestable. Non content d’avoir manqué de souffle, pour le moins, lors de son quinquennat, le président de la République a délivré, hier, un véritable discours-programme lors de ses vœux aux forces vives de la Nation. Et, en puisant sans vergogne dans les idées des uns et des autres, de la baisse de l’impôt sur les sociétés à la sécurité sociale professionnelle en passant par la participation des salariés, il a renvoyé socialisme et libéralisme dos à dos. Faisant un peu comme s’il voulait tracer une feuille de route impérative à ses successeurs. Qu’ils soient d’ailleurs de gauche ou de droite. Donneur de leçons à l’éternité des candidats sans jamais avoir eu le courage, en douze ans, de les mettre en œuvre ou de les appliquer.

D’aucuns diront que Jacques Chirac prépare sa sortie, mais on ne peut d’abord que regretter qu’il n’ait pas réussi son entrée. Et qu’il n’ait pas eu toutes ces bonnes idées plus tôt. Mais ne soyons pas dupes. Toutes ces « élucubrations » ne sont que baratin et poudre au yeux destinés aussi bien à contrer Ségolène qu’à mordre Nicolas. Le Président « mine » en quelque sorte le terrain, entretenant le suspense sur son éventuelle candidature, à 74 ans, et le mystère sur le bulletin qu’il déposera dans l’urne. En digne cousin ou petit neveu de Machiavel.

Jacques Chirac ne se fait pas, semble-t-il, à l’idée d’être hors-jeu dans la campagne présidentielle qui s’annonce. Ni d’être le spectateur de son propre déclin. Alors, tel un politicien « éclairé », le Président délivre des messages, philosophe à l’envi sur la société et ses évolutions possibles, plaide pour plus de justice et de modernité et cherche à « baliser » le terrain à quatre mois de l’échéance finale.

« Plus socialiste que lui, tu meurs » pourrait-on dire à entendre Jacques Chirac évoquer la nécessité pour les salariés de bénéficier des profits qu’ils ont contribué à créer et à prendre des « engagements » pour cinq ans. Mais il est bien tard, en cette fin de règne, pour redécouvrir le gaullisme et la participation, le socialisme de Jaurès et le pragmatisme à la Angela Merkel.

Le Président donne finalement l’image de quelqu’un qui ne supporterait pas qu’un autre que lui réussisse à sa place. Alors, il place la barre très haut, assigne des objectifs, stimule tous les appétits et multiplie les promesses. Sans ne plus tenir compte de rien, ni de la « faillite » du pays, ni de l’état désastreux de son service public. Sans se préoccuper de savoir si l’ensemble est réaliste ou si tout n’est qu’utopie. Il lui importe seulement de prendre le peuple à témoin. Histoire de pouvoir dire… demain qu’il était bien le meilleur… aujourd’hui.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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