Notre pays a marqué une petite pause, hier, dans la querelle entre partisans et opposants du CPE. Certes, le Président de la République est intervenu, apportant sans réserve son soutien à son Premier ministre. Mais ce « sans réserve » du chef de l’Etat est en lui-même inquiétant. N’avait-il pas, en effet, de la même manière, adopté jadis « sans réserve » la proposition de Dominique de Villepin lui enjoignant de dissoudre l’Assemblée ? Quant à l’Opposition, elle a mis tout son espoir dans la soumission au Conseil Constitutionnel d’une loi qu’elle juge discriminatoire, espérant que les juges, comme hier le Conseil d’Etat pour le Clemenceau, obligeront Paris à revoir sa copie.
Pendant ce temps, les étudiants vont d’AG en AG pour préparer la grande manifestation de jeudi, en attendant celle de samedi. La France est-elle donc entrée dans une « longue marche » qui préfigure le chaos? Certains en rêvent. Et, paradoxalement, ils ne sont pas si éloignés des tenants de l’ordre. Ils s’en rapprochent même, suivant la formule du « rien à perdre et tout à gagner ». Aussi faut-il se méfier.
Car les « illuminés de l’apocalypse » n’auront jamais qu’un credo : il faut que cela change pour, demain, en profiter. Chacun doit donc, et en ce moment plus particulièrement, faire la part des choses entre les bonnes intentions et les douces illusions. Chacun doit aussi participer au débat et donner de la voix.
Au besoin même en ressortant notre fameux principe de précaution, celui-la même avancé par les deux camps pour justifier leur position. Envers, d’un côté, un CPE qui ne servirait que les mauvais patrons et leur donnerait prétexte à exploiter et licencier et, de l’autre, un CPE panacée qui permettrait une première expérience sans risque ni précarité. Et de plaider alors, pour un temps limité, le confinement de la… loi. Le temps de la soigner, de la vacciner ou même, si besoin, de la supprimer.
Ce qui serait, n’en doutons pas, une seconde chance extraordinaire pour rappeler les hommes à leurs engagements et à leurs obligations. Et leur faire mémoire de leurs mensonges ou de leurs démissions.
Car le découragement n’est jamais porteur d’Histoire. Il n’est qu’un rendez-vous raté. Et que dire de l’affrontement sinon qu’il n’est jamais porteur de solutions. Quant au chômage, au centre du débat d’aujourd’hui, il n’est que la négation de la création et de la solidarité des hommes. Alors, de grâce, évitons d’appeler de nouveau à cette démission coupable des institutions qui préfèrent bien souvent « nourrir » l’exclusion que la combattre. Et osons toucher aux « grands équilibres » qui ne sont, de toutes façons, que châteaux d’argile devant les… jeunes générations.
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Mao n’a plus la cote ou bien la Chine perd de sa personnalité. C’est selon.Toujours est-il que l’effigie du Grand Timonier, fondateur de la République populaire, pourrait bientôt disparaître de certains billets de banque. Quelques grandes coupures de la
Difficile de ne pas en convenir, Dominique de Villepin a de l’estomac. Car, confronté pendant près de dix minutes, hier soir sur TF1, au choc des mots comme au choc des images, avant de pouvoir intervenir, c’est à peine s’il a froncé le quart de la moitié d’un sourcil. Il ne s’est ni voûté davantage, ni interrogé plus avant sur cette mobilisation contre le CPE. Convaincu par sa propre conviction, rassuré par ses propres certitudes, connaissant par cœur sa partition, le Premier ministre n’a pas eu l’ombre d’une hésitation. « La loi s’appliquera, mais je souhaite compléter les garanties qui sont apportées par de nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux ». En clair, cela veut dire que la loi restera la loi. Qu’elle n’est même pas « à prendre ou à laisser ». Qu’elle ne sera ni suspendue, ni retirée, ni même améliorée. Seuls, les décrets d’application pourront prévoir des compléments dans les modalités d’exécution comme, par exemple, un raccourcissement du délai de deux ans, l’instauration d’un tuteur référent, un complément de rémunération avec une formation en cas de licenciement et la mise en place d’une procédure régulière d’évaluation du dispositif. Mais, en précisant hier soir, ces quelques points, le Premier ministre a, semble-t-il, voulu également tracer la feuille de route des éventuelles rencontres de ses ministres avec les organisations syndicales. Et en fixer très exactement les… limites.
Jean Lasalle a disparu de l’actualité. Il n’y sera resté que deux jours depuis mardi. Il aura suffi d’une prise de la Sorbonne un peu musclée et du décès suspect du « tsar » dictateur de toutes les Serbies pour lui ôter toute notoriété. Et, aujourd’hui, nul ne sait plus si le député est toujours à l’Assemblée, assis sur une banquette rouge, à l’ombre de Jean Jaurès, dans la salle des Quatre-Colonnes. S’il s’y rend toujours le week-end et les jours fériés ou s’il fait une pause dans sa localité. Et s’il s’apprête à « entamer », ce matin, son sixième jour sans déjeuner. Mais qu’importe qu’il soit là ou ailleurs. Et qu’importe la solitude de son combat sans nom. Car Jean Lasalle sait fort bien que les caméras reviendront si, par bonheur, il parvient à tenir bon. Et si, presque moribond, il arrive encore à chanter, comme en 2003, du haut de l’hémicycle, ses montagnes et sa vallée, son bonheur sera presque complet. Le mieux serait quand même qu’il puisse sauver l’emploi de « sa » chère vallée d’Aspe qu’il ne se résoudra jamais à « voir crever ».
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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