Présentation

  • : La Communication de crise
  • jpbusnel
  • : Société
  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Calendrier

Mars 2006
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Commentaires

Mercredi 15 mars 2006

Notre pays a marqué une petite pause, hier, dans la querelle entre partisans et opposants du CPE. Certes, le Président de la République est intervenu, apportant sans réserve son soutien à son Premier ministre. Mais ce « sans réserve » du chef de l’Etat est en lui-même inquiétant. N’avait-il pas, en effet, de la même manière,  adopté jadis « sans réserve » la proposition de Dominique de Villepin lui enjoignant de dissoudre l’Assemblée ? Quant à l’Opposition, elle a mis tout son espoir dans la soumission au Conseil Constitutionnel d’une loi qu’elle juge discriminatoire, espérant que les juges, comme hier le Conseil d’Etat pour le Clemenceau, obligeront Paris à revoir sa copie.

Pendant ce temps, les étudiants vont d’AG en AG pour préparer la grande manifestation de jeudi, en attendant celle de samedi. La France est-elle donc entrée dans une « longue marche » qui préfigure le chaos? Certains en rêvent. Et, paradoxalement, ils ne sont pas si éloignés des tenants de l’ordre. Ils s’en rapprochent même, suivant la formule du « rien à perdre et tout à gagner ». Aussi faut-il se méfier.

Car les « illuminés de l’apocalypse » n’auront jamais qu’un credo : il faut que cela change pour, demain, en profiter. Chacun doit donc, et en ce moment plus particulièrement, faire la part des choses entre les bonnes intentions et les douces illusions. Chacun doit aussi participer au débat et donner de la voix.

Au besoin même en ressortant notre fameux principe de précaution, celui-la même avancé par les deux camps pour justifier leur position. Envers, d’un côté, un CPE qui ne servirait que les mauvais patrons et leur donnerait prétexte à exploiter et licencier et, de l’autre, un CPE panacée qui permettrait une première expérience sans risque ni précarité. Et de plaider alors, pour un temps limité, le confinement de la… loi. Le temps de la soigner, de la vacciner ou même, si besoin, de la supprimer.

Ce qui serait, n’en doutons pas, une seconde chance extraordinaire pour rappeler les hommes à leurs engagements et à leurs obligations. Et leur faire mémoire de leurs mensonges ou de leurs démissions.

Car le découragement n’est jamais porteur d’Histoire. Il n’est qu’un rendez-vous raté. Et que dire de l’affrontement sinon qu’il n’est jamais porteur de solutions. Quant au chômage, au centre du débat d’aujourd’hui, il n’est que la négation de la création et de la solidarité des hommes. Alors, de grâce, évitons d’appeler de nouveau à cette démission coupable des institutions qui préfèrent bien souvent  « nourrir » l’exclusion que la combattre. Et osons toucher aux « grands équilibres » qui ne sont, de toutes façons, que châteaux d’argile devant les… jeunes générations.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 14 mars 2006

Mao n’a plus la cote ou bien la Chine perd de sa personnalité. C’est selon.Toujours est-il que l’effigie du Grand Timonier, fondateur de la République populaire, pourrait bientôt disparaître de certains billets de banque. Quelques grandes coupures de la  monnaie de Pékin s’apprêtent ainsi à faire peau neuve. Et si cette réforme en filigrane ne s’appelle pas encore une révolution, cela y ressemble étrangement. Car il est prévu de remplacer l’auteur du petit livre rouge par des portraits de Deng Xiaoping ou de Sun Yat-Sen. Ce qui, pour le moins, est un comble, le premier ayant présidé aux grandes réformes économiques et à l’ouverture de la Chine au monde tandis que le second, déjà en vogue sur les dollars de Taiwan, était le père de la nation et le fondateur du Kuomintang. Bref, deux opposants en quelque sorte, puisque l’un, mis à l’écart lors de la Révolution culturelle, sera à l’origine du ralliement officiel de la Chine à « l’économie de marché ».Ce qui lui vaudra d’ailleurs le surnom de « petit » Timonier. Tandis que l’autre aura, certes, jadis, proclamé la première République, mais surtout présidé aux destinées d’un parti nationaliste qui, chassé par les communistes, devra aussi se réfugier à Formose, l’ancêtre de Taiwan.

Le yuan ne sera donc bientôt plus ce qu’il était. Respirant un peu le français à son recto ou à son verso puisque Deng Xiaoping fut élève au collège de Bayeux et quelques années salarié chez Renault, à Billancourt. Même s’il reste aujourd’hui plus connu pour avoir commandé le… massacre des étudiants sur la place Tian Anmen. Quant à Sun Yat-Sen, qui mit fin à la dynastie Qing, il a toujours attiré notre sympathie, ayant été en quelque sorte le premier grand révolutionnaire de son pays, célébrant, tel Robespierre, la création d’une Assemblée constituante.

Mais la grande leçon à retenir de ce réveil monétaire de la Chine séculaire est sans doute la volonté de ce pays de vouloir faire cohabiter ces trois effigies dans les mêmes supermarchés et dans tous les porte-monnaie. Avec un pragmatisme que n’aurait pas renié Mao, lui qui disait que « la vérité doit s’inspirer de la pratique. C’est par la pratique que l’on conçoit la vérité. Il faut corriger la vérité d’après la pratique ».  Mais ce grand écart n’est pas donné à toutes les nations. L’Occident compte ainsi peu de pays qui oseraient  s’afficher sans repentance excessive pour leur Histoire, mais uniquement soucieuses de leur…mémoire.

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 13 mars 2006

Difficile de ne pas en convenir, Dominique de Villepin a de l’estomac. Car, confronté pendant près de dix minutes, hier soir sur TF1, au choc des mots comme au choc des images, avant de pouvoir intervenir, c’est à peine s’il a froncé le quart de la moitié d’un sourcil. Il ne s’est ni voûté davantage, ni interrogé plus avant sur cette mobilisation contre le CPE. Convaincu par sa propre conviction, rassuré par ses propres certitudes, connaissant par cœur sa partition, le Premier ministre n’a pas eu l’ombre d’une hésitation. « La loi s’appliquera, mais je souhaite compléter les garanties qui sont apportées par de nouvelles garanties qui doivent être négociées avec les partenaires sociaux ». En clair, cela veut dire que la loi restera la loi. Qu’elle n’est même pas « à prendre ou à laisser ». Qu’elle ne sera ni suspendue, ni retirée, ni même améliorée. Seuls, les décrets d’application pourront prévoir des compléments dans les modalités d’exécution comme, par exemple, un raccourcissement du délai de deux ans, l’instauration d’un tuteur référent, un complément de rémunération avec une formation en cas de licenciement et la mise en place d’une procédure régulière d’évaluation du dispositif. Mais, en précisant hier soir, ces quelques points, le Premier ministre a, semble-t-il, voulu également tracer la feuille de route des éventuelles rencontres de ses ministres avec les organisations syndicales. Et en fixer très exactement les… limites.

Le ton était certes alerte et passionné, mais c’était à croire que Dominique de Villepin, droit dans ses bottes et regard fixe à la télé, avait pris quelques cours avec Alain Juppé.

La France doit donc se préparer à quelques turbulences supplémentaires. A l’université comme au lycée. Dans les transports comme sur le pavé. Car le chef du gouvernement n’a laissé aucune porte entrouverte, aucun interstice réel de négociation, aucune bribe de modification. Il s’est montré plus radicaliste que le plus dur des syndicalistes qui soient. Seul détenteur de la vérité, affirmant, par la vertu du « je » plusieurs fois répété, comprendre personnellement « l’inquiétude qui s’exprime » et rester « à l’écoute des Français ». Refusant d’avance tout compromis ou sursis, tout en se prétendant « homme d’écoute et de dialogue », Dominique de Villepin a désormais mis toute son autorité dans la balance du CPE. Un peu seul et sans partage dans l’exercice du pouvoir, il lui reste désormais à prouver qu’il n’est plus seul … à y croire.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 12 mars 2006

Jean Lasalle a disparu de l’actualité. Il n’y sera resté que deux jours depuis mardi. Il aura suffi d’une prise de la Sorbonne un peu musclée et du décès suspect du « tsar » dictateur de toutes les Serbies pour lui ôter toute notoriété. Et, aujourd’hui, nul ne sait plus si le député est toujours à l’Assemblée, assis sur une banquette rouge, à l’ombre de Jean Jaurès, dans la salle des Quatre-Colonnes. S’il s’y rend toujours le week-end et les jours fériés ou s’il fait une pause dans sa localité. Et s’il s’apprête à « entamer », ce matin, son sixième jour sans déjeuner. Mais qu’importe qu’il soit là ou ailleurs. Et qu’importe la solitude de son combat sans nom. Car Jean Lasalle sait fort bien que les caméras reviendront si, par bonheur, il parvient à tenir bon. Et si, presque moribond, il arrive encore à chanter, comme en 2003, du haut de l’hémicycle, ses montagnes et sa vallée, son bonheur sera presque complet. Le mieux serait quand même qu’il puisse sauver l’emploi de « sa » chère vallée d’Aspe qu’il ne se résoudra jamais à « voir crever ».

Fou, pour les uns, courageux pour les autres, ce Béarnais au grand coeur croit pouvoir amadouer les industriels de Toyal Europe par son Carême forcé. Ce Tartarin des Pyrénées, qui n’est pas de Tarascon, pense pouvoir convaincre les Japonais de Toyo d’abandonner leur projet de délocalisation. Et le hara-kiri alimentaire du petit maire de Lourdios-Ichère a l’allure des croisades guerrières d’autrefois. Même si l’on se prend parfois à sourire en le voyant, tel Don Quichotte, agiter ses grands bras et condamner cette société d’abandon et de consommation qui veut que tout le monde s’abaisse en vertu des grandes spéculations et des petites soumissions.

Mais son combat n’amuse plus vraiment désormais. Il dérange. Le Président de l’Assemblée, Jean-Louis Debré, lui a même fait part de son intention de lui interdire le Palais-Bourbon. Car, à ce stade de l’opposition et de la privation, Jean Lasalle inquiète et tracasse. Les autres députés comme ses propres administrés.

A-t-on déjà vu un Parlementaire préférer la qualité de vie des hommes à l’amélioration de la production ? A-t-on déjà vu un élu de la Nation se priver de manger pour tenter de sauver des emplois de salariés ? « Un peu de tenue » a réclamé le président du groupe UMP. Car on ne peut pas imaginer voir Jean Lasalle s’effondrer inanimé près des journalistes et des télés. Même si, depuis longtemps, cette salle des Quatre-Colonnes est réservée aux grandes confidences et aux petites contrariétés. Mais, surtout, le plus grave, pour chacun d’entre nous, serait sans doute d’être tenté d’admettre qu’il a… raison.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

.

Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

Blog : Humour sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus