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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Samedi 15 juillet 2006

Personne n’en parle, mais tout le monde y pense. Que ce soient Israël, l’ONU, le Liban ou le G8, tout le monde sait que la clé du Proche-Orient est en Syrie. Et tous les regards se portent en coulisses vers le fils d’Hafez Al-Assad qui a, en quelque sorte, repris la croisade anti-Camp David de son père en finançant et en armant de façon plus subtile tant le Hamas que le Hezbollah Chiite. Bachar, que Jacques Chirac, a, un temps, courtisé, croyant trouver en lui un allié plus « compréhensif », n’a en réalité jamais vraiment cédé un pouce de terrain à la diplomatie. Le jeune président a toujours cru que l’offensive américaine sur l’Irak était en fait le prélude à une attaque sur Damas. Que la Syrie faisait l’objet d’un « encerclement » et qu’il lui fallait donc s’y préparer. Quitte à multiplier les autres fronts et à « alimenter » la résistance irakienne pour retarder l’échéance. Voire alimenter l’ensemble de la résistance Chiite « régionale ». Quitte, là encore, à faire un mariage de circonstance avec l’Iran. Pour faire finalement du Liban une zone « tampon » apte à le protéger.

L’assassinat de Rafic Hariri au Liban, probablement par la main de Damas, aura été un avertissement « sans frais » que les Occidentaux n’ont pas assez pris au sérieux. Tout comme ils n’ont pas cillé lors du faux-vrai départ des troupes syriennes vers la Bekaa, gage apparent de bonne volonté tout en demeurant retrait de pacotille.

Reste que cette nouvelle crise au Proche-Orient pourrait être une aubaine pour Poutine qui rêve de reprendre la main dans cette région du monde. Certes, la Russie a perdu beaucoup de son influence, mais, depuis plus d’un an, elle multiplie les initiatives visant à redorer son blason. Même si cela est passé, en mai 2005, par la vente de missiles anti-aériens à la Syrie, la veille d’une visite officielle de Vladimir Poutine en Israël. Même si cela se poursuit par la construction d’une centrale nucléaire à Bouchehr, en Iran, Mais, aujourd’hui, à Saint-Pétersbourg, plus personne, plus aucun « Grand », n’est en mesure de faire mieux. Alors, quitte à manipuler des allumettes, autant laisser Poutine… se brûler en premier.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 14 juillet 2006

A quelques heures des flonflons qui vont envahir ce matin, au pas cadencé, les Champs-Élysées et la plupart des communes de France, il n’est pas étonnant de constater que le « service militaire » retrouve une certaine jeunesse parmi le public. Selon "Valeurs actuelles", près de 60% des Français le regrettent. Et ce sentiment est le plus fort chez les plus de 35 ans. On sent bien en effet, depuis quelque temps, chez nos concitoyens, un profond désir de retour à l’ordre républicain, de réhabilitation de « valeurs » tels que la discipline, l’autorité, la laïcité et le respect. On entend de plus en plus de discours regrettant l’absence de structures favorisant le brassage social et l’intégration. Car l’école, hélas, n’est plus considérée comme un creuset suffisant d’éthique et de rassemblement. D’autant qu’elle ne prépare pas, ou si peu, les jeunes adultes à la dimension sociale du monde économique et industriel qui les attend.

Certes, il est toujours de bon ton de décrier « paquetage et fourragère ». La gauche « bobo » s’en est même fait longtemps une spécialité et, aujourd’hui encore, selon le même sondage, 52% des électeurs de gauche affirment que la conscription ne leur manque pas. Elle leur manque d’autant moins que, bien souvent, les plus virulents en ont été exemptés. Mais on constate, là aussi, que leur majorité est devenue bien… faible. Comme s’ils se mettaient, eux aussi, à découvrir, avec le temps, que la « chienlit », comme disait De Gaulle, n’a jamais nourri la République. Elle ne l’a, en tout cas, jamais « rassemblé ». Et, désormais, les « ghettos de société » n’ont jamais été aussi nombreux. Au détriment de cette « mixité » nécessaire prônée par l’ensemble des philosophes et humanistes.

Finalement, la plus grande bêtise du président de la République actuel aura peut-être été de supprimer le service militaire en 1996. Car, depuis dix ans, la France n’arrête plus de se déchirer et la fracture sociale de s’élargir. Le culte de la « différence » s’exprime au grand jour, que ce soit par le voile ou les démonstrations de « force », dans les rues ou sur les stades. Racisme et antisémitisme renaissent ainsi des conséquences perverses du prosélytisme et de l’ignorance.

Reste qu’il n’est pas forcément utile de réarmer la jeunesse d’un pays pour réveiller les consciences et rétablir les comportements. La conscription pourrait être civile, utile, mixte et pacifique. De nombreux candidats à l’élection présidentielle de l’an prochain l’ont déjà inscrit dans leur programme. Sincèrement ou opportunément. Mais cette réforme, seule, ne sera pas suffisante. Si l’on veut demain rassembler la France et ses enfants, il faudrait peut-être aussi modifier cette Marseillaise qui hurle à tue-tête, hier, comme aujourd’hui, sur le parvis de Paris, "qu’un sang impur abreuve… nos sillons".

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 13 juillet 2006

« L’excuse de provocation » existe en Droit français. Mais elle est strictement réglementée pour éviter des débordements disproportionnés. Pour éviter justement la loi des cités. « Œil pour œil, dent pour dent » ou la « la loi du talion » et bien d’autres. En effet, elle est toujours invoquée pour justifier l’injustifiable. « Il m’a fait une queue de poisson sur l’autoroute », « il a insulté ma mère », « elle m’a traité d’impuissant », « il m’a regardé de travers » et j’en passe. Les prétoires sont pleins de ces histoires qui finissent mal et prouvent que l’être humain n’a pas toujours toute sa tête. Au point de se comporter comme un animal blessé et de « mordre » au moindre mal.

L’excuse de provocation est aussi rarement… reconnue. Tout simplement pour éviter que les guerres ne débutent et ne s’arrêtent jamais. Car il n’y a finalement pas de si grande différence entre le comportement d’un Zidane sur le terrain et celui d’un gouvernement israélien sur le territoire libanais. Dans les deux cas, il s’agit, dit-on, d’une question « d’honneur », de fierté, d’orgueil national et de « justice », sans aucune autre échappatoire. Au lieu de dire à Materazzi, comme jadis on l’aurait dit en classe, « toi, je te retrouve à la récré », Zidane a préféré se laisser aller tout de suite à sa petite vengeance, mettre immédiatement en péril son équipe et ternir une finale mondiale. Bref, faire « payer » la planète entière pour avoir la satisfaction, voire la certitude, de ne pas laisser un « crime » impuni, que l’arbitre n’avait pas entendu. De la même manière, Israël bombarde Beyrouth, au risque de tuer des populations civiles, pour se venger d’un Hezbollah sanguinaire et insaisissable que le Liban ne punit pas.

« Si je ne l’avais pas fait, c’était lui donner raison » a dit le capitaine des Bleus pour justifier le fait qu’il ne regrettait pas son geste. Que sa mère ou sa sœur étaient une « p… » ? Ou qu’il aille se faire « enc… » ? Piètre justification. Materazzi ne connaît sûrement ni l’une, ni les autres, ni la mère, ni la sœur de Zidane et encore moins les mœurs sexuelles du Marseillais. Enfin, peut-on le supposer… Mais, en digne macho sicilien, qui n’aurait jamais rien entendu de tel, dans les banlieues de la Castellane ou d’ailleurs, ni des « nique ta mère » par paquets de douze, ni même des « fils de p…. » par milliers, il s’est brutalement offusqué de ce l’on pouvait non seulement oser lui tirer le maillot, mais aussi l’insulter.

Zidane, comme Israël, plaide la « légitime » défense. Et demande que l’on punisse Materazzi. « Il faut sanctionner le vrai coupable, et le vrai coupable est celui qui provoque ». L’homme est ainsi de chair et de sang, de bêtise et de contradiction. Comme tous ceux qui se réclament du Droit après l’avoir copieusement bafoué.  Sauf que pour l’un, la page est déjà presque tournée, alors que pour les autres, la guerre vient de… recommencer.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 12 juillet 2006

Exclure des grâces présidentielles du 14 juillet les condamnés pour violences conjugales, c’est bien. C’est même un signe fort en direction d’une société multiculturelle où la place de la femme semble « stagner » dangereusement. Car, aujourd’hui, en France, une femme meurt tous les quatre jours de mauvais traitements. Soit près de huit par mois. Soit deux de plus que lors de la précédente étude réalisée en 2001. Et encore faut-il savoir que ne sont pas comptabilisées les « disparitions » inexpliquées et les cas de suicide enregistrés chez les femmes battues.

Mais cette leçon de morale civique tourne à la « grimace » et à la contorsion quand, dans le même temps, le Président « gracie » les auteurs des violences sportives ou les auteurs de violences économiques et politiques. On ne peut en effet prétendre incarner la justice en glorifiant un sportif, fusse-t-il de renom, qui s’est rendu coupable, la veille, d’un coup de tête sur un adversaire. Il y a alors des mots déplacés comme « admiration » qui sonnent mal à l’oreille de tous, des jeunes sportifs comme de ces arbitres du dimanche qui passent leur week-end à se faire insulter sans réagir et à séparer des joueurs qui confondent terrain de football et ring de boxe. Pour les mêmes raisons.

Etrange pays où un international est adulé et félicité par le chef de l’Etat quand un « sans-grade » en crampons, officiant en fin fond de district, se verrait « excommunier » à vie, notamment par son club et sa fédération, pour le même geste envers un joueur adverse.

On ne peut non plus affirmer faire œuvre d’équité et donner des leçons au monde entier quand on gracie un ancien champion d’athlétisme, député de surcroît, qui, en quelque sorte, a « puisé dans la caisse » et s’est enrichi personnellement au gré d’un emploi fictif, chantage à l’obtention de marchés publics. Surtout pour lui permettre de « représenter » son pays au sein des instances olympiques.

Le « bavardage » présidentiel perd alors tout son crédit et ne devient plus qu’une parole d’opportunité, de basse politique. Le fait du prince dans toute sa splendeur. Une « faveur » supplémentaire et discrétionnaire. Selon l’humeur du jour et les caprices du temps. Tout le contraire de la République dont on se prétend le défenseur. Pas étonnant, dès lors, que, selon le CSA, 68% des Français se désintéressent totalement de ce que va pouvoir dire Jacques Chirac lors de son allocution du 14 juillet. La parole du Président est devenue un non-évènement. Ce constat n’est pas seulement lourd de sens pour les institutions, il est aussi tristement « exemplaire » pour… le pays.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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