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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Jeudi 14 septembre 2006

L’affaire des « régimes spéciaux » et le tollé provoqué tant à droite qu’à gauche viennent à point nommé pour montrer les relations « compliquées » de l’Etat avec ses services publics. Aujourd’hui, chaque camp semble persuadé, à tort ou à raison, d’encourir un échec électoral en tentant de réformer une structure qui pèse si lourd dans l’inconscient collectif. Car mécontenter les fonctionnaires, ou assimilés, c’est risquer de « retourner » un secteur public qui a voté à 74% pour François Mitterrand le 8 mai 1988 et lui a largement permis, comme en 1981, d’assurer sa victoire.

Difficile en effet d’attaquer de front une « corporation » de  5 millions de personnes, sans parler des effets induits sur leurs conjoints ou « leurs » retraités, quand on sait que le partage entre les deux candidats se fait « habituellement », au second tour d’une élection présidentielle, par un différentiel de moins de 2,5 millions de voix.

Toucher donc aux « droits acquis », aux chapelles « administratives », aux corps constitués ou reconstitués, semi-publics ou semi-privés, garantit à coup sûr l’échec d’une candidature. Le Pouvoir le sait, qui en frémit, tout comme l’administration, la Sncf, la Ratp, EDF, les Mines et quelques autres qui en jouissent et qui poussent les feux de la contestations aux moments délicats des scrutins. Rares sont alors les politiques qui prennent le risque de les mécontenter.

La Cour des Comptes va venir heureusement, aujourd’hui, au secours des « futurs probables  candidats » transis de peur à l’idée d’amorcer une réforme pourtant nécessaire. Dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, la vénérable institution regrette en effet que les régimes spéciaux n’aient pas été réformés suivant les principes de la loi de 2003. Elle constate, certes, que le régime des industries électriques et gazières et de la Ratp ont fait l’objet d’une modification de leur financement avec, notamment, leur adossement au régime du droit commun, mais que cela n’a eu aucune incidence sur les « droits des affiliés ». Ce qui veut dire, en clair, que la Cour observe que ces régimes, qui accordent des « droits spécifiques » qui constituent des « avantages importants », sont financés pour une bonne partie par des subventions publiques qui seront encore amenées, elles-mêmes, à augmenter dans les prochaines années "en raison de la détérioration de leur situation financière".

Ah ! qu’en termes choisis, ces choses-là sont dites ! Il n’en reste pas moins que, économiquement, les seules questions à se poser aujourd’hui sont : qui va payer, qui va encore payer, qui va toujours payer ? Et les seules questions à se poser demain : qui va pouvoir réformer, qui va pouvoir réformer le premier, qui va enfin pouvoir réformer ? Autant y répondre tout de suite avant de mettre… le bulletin dans l’urne.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 13 septembre 2006

Bien sûr, l’idéal serait que tout le monde puisse partir en retraite à 50 ou 55 ans, voir le montant de sa pension aligné sur la rémunération des six derniers mois et la durée de ses cotisations diminuée. Bien sûr, les syndicats ont raison dans l’absolu de protester et d’exiger un alignement de tout le monde sur le haut, plutôt que vers le bas. Mais que n’ont-ils su ou voulu le faire, en son temps, pour les salariés du privé qui, aujourd’hui, doivent cotiser pendant au moins 40 ans pour un revenu aligné sur les 25 meilleures années ?

Cette affaire des régimes spéciaux empoisonne depuis trop longtemps la République pour qu’elle ne soit pas enfin abordée. Même si François Fillon n’était pas, sans doute, le plus qualifié pour mettre le « feu aux poudres ».

Cette histoire de retraite à deux ou trois « vitesses » ce n’est pas la révolte des « droits perdus » contre les « droits acquis ». Ni même une simple question d’équité entre citoyens salariés et citoyens protégés, entre le plus grand nombre et les plus syndiqués. C’est seulement, et uniquement, une… nécessité. L’allongement de la durée de la vie et l’augmentation massive des « inactifs » fait en effet planer sur nos têtes et celles de nos enfants soit une augmentation de la durée du travail, soit une hausse des cotisations, soit la fin du système de retraite par répartition. Et peut-être même les trois à la fois. Or, la logique suivie jusqu’ici voudrait que, encore une fois, les « régimes spéciaux » soient épargnés ! Pour la seule raison qu’ils savent donner de la voix, bloquer à répétition les services publics ou appeler à la révolution.

Il est temps, voire grand temps, de remettre le problème sur la table, même s’il ne s’agit pas, comme certains osent parfois le dire, d’abolir des « privilèges ». Tous les contribuables ne peuvent pas indéfiniment payer, à coup de subventions d’Etat, pour que les agents de la SNCF, de la RATP, des Mines et des transports, ainsi que les marins, puissent aller tranquillement « cultiver leur jardin » quand les autres se font « ponctionner » au nom de la solidarité entre générations.

Le risque est fort, certes, de provoquer cinq millions de salariés qui, sans autre réflexion, iront demain  « chanter » dans les rues et, après-demain, bourrer les urnes de leur irritation. Il est en effet de ces belles intentions qui font perdre les élections. Et la gauche « altruiste et courageuse », celle qui est de tous les combats qui lui apportent des voix, fussent-ils au détriment de la société toute entière, n’en attendait sûrement pas moins pour attiser le chaudron et promettre, la main sur le cœur, qu’elle ne touchera… à rien.

Finalement, le plus grand défaut de François Fillon, c’est d’avoir aujourd’hui le courage de dire ce qu’il n’a jamais eu, hier, le courage… de faire.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 12 septembre 2006

Eh oui ! c’était une farce ! « Il faut savoir garder le sens de l’humour » a dit hier la belle. L’humour « juste » sans doute, fait d’humiliation, de prétention et de cynisme. Un de ces "humours" que l’on apprend à l’ENA et qui consiste à déstabiliser son adversaire et à l’empêcher de répondre pour mieux le rouler par terre. Puis, après, bien après, quand les flonflons de la fête se sont tus, que les projecteurs se sont éteints, lui rendre grâce « sur répondeur » en lui affirmant qu’elle valait « mieux que la question qu’on (lui) avait demandé de poser ». Magnanime ! Pour couronner le tout.

C’est tout l’art du débat que de provoquer ainsi, pour mieux piquer. L’offenseur joue l’offensé, et le tour est joué.

La jeune Brestoise n’en revient toujours pas. « Je me suis sentie humiliée »…« Elle a dit au Monde qu’elle m’avait parlé comme une mère à un jeune, mais j’ai déjà une mère et elle ne me parle pas comme ça, heureusement » a expliqué Nolwenn Yven. Mais peut-être était-ce le langage d’une… « grand-mère » acariâtre et agressive ? Voilà en tout cas, désormais, un beau sujet de réflexion pour le Mouvement des jeunes socialistes et une expérience à méditer pour la jeune militante. La rose a ses épines quand on veut la « cueillir » à froid. La rose n’est pas toujours « l’étoile solennelle » de Garcia Lorca. Et elle ne vit bien souvent que ce que vivent les roses, selon François de Malherbe, « l’espace d’un matin ».

Mais l’heure est aux indulgences. Et que celui qui ne s’est jamais énervé lui jette la première pierre. Sachons raison garder et conserver en mémoire l’image sainte et pieuse que la Madone de Poitiers veut bien donner d’elle-même. Sur papier glacé ou sur toutes les estrades. De France et d’Italie, comme bientôt d’Espagne. Oublions le ton cassant, le rire condescendant pour ne retenir que l’allégorie. Car « c’est manifester du respect aux jeunes que de leur dire d’aller au bout de leur idées » a précisé hier la belle.

Avouons cependant que, même comme excuses, c’est un peu… « juste ».

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 11 septembre 2006

11 septembre 2001 ! Cinq ans déjà, comme si c’était hier ! 3.000 victimes ! Et le monde tremble encore ! On a beau ne plus vouloir y penser, chasser ces terribles images de son esprit, éviter les journaux, fuir les infos à la radio, l’ombre des tours jumelles hante toujours notre mémoire. Jamais «liberté » n’aura été autant attaquée. Jamais, carnage n’aura été autant délibéré. Jamais l’occident n’aura été autant défié. Et pourtant !

Cinq ans après, Ben Laden court encore, les intégristes sèment toujours la mort et le monde libre récolte leur tempête. La Grande-Bretagne, déjà lourdement éprouvée en juillet 2005 par quatre attentats-suicide dans le métro, vient de démanteler un complot « aérien » de grande ampleur. L’Allemagne a évité le pire de justesse fin juillet grâce à la défaillance des détonateurs de deux bombes dissimulées dans des wagons. Quant à l’Espagne, elle ne se remet toujours pas des attentats de Madrid qui, le 11 mars 2004, ont fait 191 morts et près de 2.000 blessés dans plusieurs trains de banlieue.

Chacun sait désormais que le terrorisme est dissimulé partout et qu’il choisit toujours des cibles innocentes. Ou, plutôt, qu’il ne choisit pas et se contente d’appuyer sur le bouton. Nul n’ignore plus qu’il ne s’abrite pas obligatoirement sous des identités étrangères et qu’il vise indifféremment croyants et incroyants. Le fanatisme islamiste d’Al-Quaïda n’a que faire de la nationalité des victimes ou de leur religion. Des femmes enceintes, des vieillards ou des enfants. Il ne vise qu’à éclabousser de sang les symboles de la démocratie qu’il juge impurs à ses yeux. Comme si les tours jumelles ou les trains de travailleurs madrilènes avaient une âme. Une âme… damnée que des « fidèles » illuminés voudraient exorciser.

C’est sans doute ce qui rend cette lutte difficile. George Bush en a fait une « croisade » électorale alors qu’il fallait en faire une traque internationale. Il en a fait un outil personnel alors qu’il fallait en faire une cible universelle. Des hommes ont bien été arrêtés, interrogés en secret, enfermés sans droits, ni légalité, mais ils n’ont jamais été jugés et n’ont rien révélé publiquement de leurs terribles secrets. « Interdisant » peut-être au monde de savoir un jour contre qui il devait avant tout se protéger.

Certes, il n’est jamais trop tard, mais l’on a parfois l’impression que chaque pays a renoncé devant l’absurde. Que chaque nation s’est « pelotonnée » sur elle-même, trop « heureuse », l’émotion passée, d’avoir échappé à la tragédie. Trop « peureuse » pour combien… de temps.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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