L’affaire des « régimes spéciaux » et le tollé provoqué tant à droite qu’à gauche viennent à point nommé pour montrer les relations « compliquées » de l’Etat avec ses services publics. Aujourd’hui, chaque camp semble persuadé, à tort ou à raison, d’encourir un échec électoral en tentant de réformer une structure qui pèse si lourd dans l’inconscient collectif. Car mécontenter les fonctionnaires, ou assimilés, c’est risquer de « retourner » un secteur public qui a voté à 74% pour François Mitterrand le 8 mai 1988 et lui a largement permis, comme en 1981, d’assurer sa victoire.
Difficile en effet d’attaquer de front une « corporation » de 5 millions de personnes, sans parler des effets induits sur leurs conjoints ou « leurs » retraités, quand on sait que le partage entre les deux candidats se fait « habituellement », au second tour d’une élection présidentielle, par un différentiel de moins de 2,5 millions de voix.
Toucher donc aux « droits acquis », aux chapelles « administratives », aux corps constitués ou reconstitués, semi-publics ou semi-privés, garantit à coup sûr l’échec d’une candidature. Le Pouvoir le sait, qui en frémit, tout comme l’administration, la Sncf, la Ratp, EDF, les Mines et quelques autres qui en jouissent et qui poussent les feux de la contestations aux moments délicats des scrutins. Rares sont alors les politiques qui prennent le risque de les mécontenter.
La Cour des Comptes va venir heureusement, aujourd’hui, au secours des « futurs probables candidats » transis de peur à l’idée d’amorcer une réforme pourtant nécessaire. Dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, la vénérable institution regrette en effet que les régimes spéciaux n’aient pas été réformés suivant les principes de la loi de 2003. Elle constate, certes, que le régime des industries électriques et gazières et de la Ratp ont fait l’objet d’une modification de leur financement avec, notamment, leur adossement au régime du droit commun, mais que cela n’a eu aucune incidence sur les « droits des affiliés ». Ce qui veut dire, en clair, que la Cour observe que ces régimes, qui accordent des « droits spécifiques » qui constituent des « avantages importants », sont financés pour une bonne partie par des subventions publiques qui seront encore amenées, elles-mêmes, à augmenter dans les prochaines années "en raison de la détérioration de leur situation financière".
Ah ! qu’en termes choisis, ces choses-là sont dites ! Il n’en reste pas moins que, économiquement, les seules questions à se poser aujourd’hui sont : qui va payer, qui va encore payer, qui va toujours payer ? Et les seules questions à se poser demain : qui va pouvoir réformer, qui va pouvoir réformer le premier, qui va enfin pouvoir réformer ? Autant y répondre tout de suite avant de mettre… le bulletin dans l’urne.
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Bien sûr, l’idéal serait que tout le monde puisse partir en retraite à 50 ou 55 ans, voir le montant de sa pension aligné sur la rémunération des six derniers mois et la durée de ses cotisations diminuée. Bien sûr, les syndicats ont raison dans l’absolu de protester et d’exiger un alignement de tout le monde sur le haut, plutôt que vers le bas. Mais que n’ont-ils su ou voulu le faire, en son temps, pour les salariés du privé qui, aujourd’hui, doivent cotiser pendant au moins 40 ans pour un revenu aligné sur les 25 meilleures années ?
Eh oui ! c’était une farce ! « Il faut savoir garder le sens de l’humour » a dit hier la belle. L’humour « juste » sans doute, fait d’humiliation, de prétention et de cynisme. Un de ces "humours" que l’on apprend à l’ENA et qui consiste à déstabiliser son adversaire et à l’empêcher de répondre pour mieux le rouler par terre. Puis, après, bien après, quand les flonflons de la fête se sont tus, que les projecteurs se sont éteints,
11 septembre 2001 ! Cinq ans déjà, comme si c’était hier ! 3.000 victimes ! Et le monde tremble encore ! On a beau ne plus vouloir y penser, chasser ces terribles images de son esprit, éviter les journaux, fuir les infos à la radio, l’ombre des tours jumelles hante toujours notre mémoire. Jamais «liberté » n’aura été autant attaquée. Jamais, carnage n’aura été autant délibéré. Jamais l’occident n’aura été autant défié. Et pourtant !
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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