Il est des combats « dérisoires » qui font sourire, mais qui réconcilient avec le genre humain. Ils montrent en tout cas que la mondialisation peut parfois avoir ses limites dès lors qu’elle touche à la fierté, voire à l’orgueil national. Il en est ainsi avec l’affaire Burberry qui, de l’autre côté de la Manche, tourne désormais à l’affaire d’Etat. Avec comparution en février devant une commission de la Chambre des Communes, menaces à peine voilées de « bannissement » et mobilisation quasi générale des « enfants de la marque ».
Thomas Burberry, le créateur, doit s’en retourner dans sa tombe. A double titre. L’apprenti-drapier de Basingstoke, n’aurait sans doute jamais imaginé un tel enracinement dans les consciences collectives, mais il n’aurait sans doute aussi jamais voulu, en 1856, s’installer en Chine. Comment aurait-il pu, en effet, songer, même l’espace d’un instant, faire fabriquer sa gabardine, son Tielocken, son trench et son tartan écossais dans l’Empire du Milieu ? Mais, les « héritiers » du groupe, qui ne sont ni les fils, jadis incapables, ni le groupe Great Universal stores, qui a désormais quitté la maison après 50 ans d’un actionnariat majoritaire fidèle, sont, semble-t-il, guidés par un mauvais génie. En l’occurrence, ils veulent délocaliser l’usine galloise de polos, installée àTreorchy . Avec, en prime, 300 ouvriers sur le carreau. L’affaire ne ferait pas si grand bruit si la firme n’avait fêté l’an dernier, avec faste, ses 150 ans d’existence. Et si elle n’était pas « fournisseur officiel » de la Reine, tout autant un label qu’une reconnaissance et une distinction.
Le projet de la direction a déjà été repoussé de trois mois, mais il menace encore. Alors, tout le monde fait pression, ouvriers, acteurs, comédiens et parlementaires. Même le Prince Charles est sorti de son flegme habituel pour s’enquérir de savoir si le gouvernement ne pouvait pas faire quelque chose. Enfin l’Eglise d’Angleterre « agite » ses millions d’actions comme autant de menaces face à ce crime de lèse-majesté qui choque tout autant le bas peuple que la royauté. La marque va devoir « prouver » qu’elle est déficitaire en restant au pays de Galles et non pas qu’elle peut gagner plus d’argent en vendant son âme à l’étranger. L’affaire est désormais devenue une question de déontologie. Mais tout porte à croire que « Burberry - London » ne sera jamais "Burberry - Pékin".
Et il y a quelque chose de réconfortant de voir que, comme nous, parfois, mieux que nous, souvent, les Anglais puissent être autant… cocardiers.
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Une nouvelle fois, la Cour des Comptes met en lumière l’extrême différence entre la générosité des donateurs et l’emploi de leurs dons. Et, surtout, le manque criant d’information des donateurs. Mais, pire encore, après examen des comptes de 32 organismes ayant concouru à l’aide aux victimes du tsunami, elle constate que moins de la moitié de ces organisations méritent un satisfecit. Principales critiques : affectation top lente des dons et financement d’opérations… sans lien avec la catastrophe.
Le plus dur, les premiers jours, c’est de changer de date sans se tromper de chiffres. C’est d’être obligé de réfléchir là où l’on s’était habitué à ne plus penser. 2006, cela faisait parfois plus jeune, plus riche et plus facile. Il en est toujours ainsi avec les années paires. Avec 2007, il va falloir tout réactualiser, les CV, les présentations, les contrats, les négociations et les calendriers. Et puis s’habituer… A la hausse du forfait journalier hospitalier comme aux nouveaux tarifs des cliniques privées. A la refonte du barème de l’impôt sur le revenu comme à la hausse programmée de l’assurance habitation. Mais, paradoxalement, la liste des augmentations est un peu plus courte que d’habitude, enfin moins importante que prévu. Rien du côté de la Poste. Rien non plus question SNCF ou question métro. Aucun frémissement en provenance de gaz de France ou d’EDF. Il y a bien un bruit qui court sur l’augmentation possible du prix de l’abonnement France Telecom, mais personne n’a encore eu le courage de le confirmer. Et la redevance télé, hein ! Aucun bruit non plus de ce côté-là. C’en est même inquiétant. Enfin, question Sécu, pas trop d’inquiétude sinon la satisfaction relative de voir le plafond augmenter.
Bonne année ! Puissions-nous tout oublier de 2006, jusqu’au discours convenu de Jacques Chirac, hier soir, pour repartir enfin du bon pied ! Et aborder l’année nouvelle avec un tas de bonnes résolutions. Comme ne plus fumer, par exemple, avant que la loi ne nous l’interdise. Comme ne plus dépasser la vitesse autorisée avant qu’un PV ne nous sanctionne. Comme, enfin, travailler à la sueur de son front, avant que « les 35 heures » ne nous fassent crier grâce.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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