Présentation

  • : La Communication de crise
  • jpbusnel
  • : Société
  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Calendrier

Février 2006
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28          
<< < > >>

Commentaires

Jeudi 9 février 2006

Il n’est jamais bon de s’acharner sur un homme à terre. Mais force est de reconnaître que l’audition, hier , du juge Burgaud n’a en rien servi la vérité, ni redonné un peu d’humanité à une Instruction qui, décidemment, aura été « bâclée » jusqu’au bout. Certes, le jeune magistrat aura  reconnu des doutes et « peut-être », selon ses propres termes, « des erreurs d’appréciations », mais il n’aura jamais avoué… s’être trompé. Les pistes qu’il a suivies n’ont jamais été fausses, elles sont seulement revenues… « négatives ». Finalement, la sémantique apprise sur les bancs de l’ENM a eu bon dos. Elle lui aura permis en tout cas d’éviter les coups et de «survivre» à un désastre judiciaire qui ressemble de plus en plus à un fiasco personnel.

Mais, de cette débâcle, le grand public n’aura pas eu vraiment connaissance. Ou si peu. Car il aura fallu attendre l’extinction des lumières du direct par les chaînes généralistes et une heure bien tardive pour sortir Fabrice Burgaud de ses laborieuses réponses. Il aura aussi fallu toute la pugnacité du rapporteur de la commission d’enquête parlementaire pour sortir le juge d’une leçon bien apprise. Il aura fallu, enfin, aborder les deux dernières thématiques d’un ordonnancement bien policé, pour lézarder quelque peu le front bien lisse d’un magistrat qu’on aurait cru tout juste sorti du lycée. Dès lors, face aux questions sur ses méthodes d’investigation ou ses relations humaines, les silences ont été pesants, les non-réponses ont été criantes et les arguties procédurales, prononcées d’un ton mécanique, d’une pauvreté affligeante.

En près de sept heures d’audition, Fabrice Burgaud a montré un zeste de compassion et un brin de regrets. Mais, enfermé dans sa certitude d’avoir « effectué honnêtement » son travail, tout en assumant « totalement » la responsabilité de l’instruction qu’il a mené, il n’a, en réalité, formulé aucun remords ni, semble-t-il, imaginé un seul instant présenter des excuses. Ni aux « acquittés », ce qui est un peu inhumain, ni même, ce qui est plus effrayant, à la… société.

 

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback trackbacks (2)    recommander
Mercredi 8 février 2006

La relative faiblesse de la mobilisation, hier, contre le Contrat Première Embauche (CPE) montre bien que l’heure n’est plus aux certitudes. Et que les clichés n’ont plus vraiment droit de « cité ». Aujourd’hui, pour la grande majorité des citoyens, ainsi que pour l’essentiel des jeunes en mal d’emploi, il semble bien que le pragmatisme doive l’emporter sur le dogmatisme. Ainsi que l’expérimentation sur l’exclusion. Alors il n’est pas étonnant qu’il y ait eu, hier, à l’exception de quelques milliers d’étudiants et de lycéens politisés et les traditionnels professionnels syndiqués, si peu de monde à battre le pavé. Même si d’aucuns accusent déjà les vacances scolaires, les prochains partiels et pourquoi pas la RTT, d’avoir « volé » à la jeunesse le loisir de manifester. Ce coup de semonce, à défaut de constituer une déferlante, n’en demeure pas moins un sérieux avertissement.

En déduire pour autant que le Premier ministre a gagné son pari serait une grave erreur. Dominique de Villepin doit, en effet, se garder de tout triomphalisme. Il a tellement promis dans cette affaire, autant à la télé que dans les travées de l’Assemblée, qu’un échec du CPE serait aussi le sien. Il sera donc jugé aux résultats. Et c’est sans doute mieux ainsi. Car s’il réussit, il n’aura plus rien à craindre de… Sarkozy. Ni des autres d’ailleurs. Pour la première fois, peut-être, depuis bien longtemps, un homme politique engage vraiment son avenir sur la réforme qu’il initie. Ce qui est sans risque et « pain bénit » pour la démocratie. Et, pour la première fois, peut-être, depuis bien longtemps, la population dans sa très grande majorité semble encore lui accorder un petit crédit. Ce qui est un progrès contre la démagogie. Toutes les démagogies.

Le CPE aurait-il des vertus consensuelles cachées ? Non, mais il est sans doute l’un des derniers recours pacifiques d’une génération tourmentée certes par l’exclusion, mais qui veut tout tenter avant de se… révolter.

 

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 7 février 2006

Les manifestations exaltées de ces derniers jours dans le monde musulman donnent raison avec tristesse à cette lecture de Guy de Maupassant : "le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit "amuse toi". Il s'amuse. On lui dit "va te battre avec le voisin". Il va se battre. Puis on lui dit "vote pour la République". Et il vote pour la République".

    Le peuple devient ainsi lui-même, parfois, sa propre caricature. L'heure est alors aux manipulations de toutes sortes par des contrepouvoirs en mal de légitimité, instituant partout la précarité de situations comme la précarité d'opinions.
    Aujourd'hui, en France, cette précarité sera partagée dans la démocratie, dans la rue comme à l'Assemblée. Elle ne sera pas seulement celle, dénoncée et réelle, du contrat première embauche. Elle sera aussi celle du mouvement syndical lycéen, étudiant, ouvrier qui va vouloir se compter. Elle sera enfin celle d'un Premier ministre dont l'échec dans l'épreuve ne serait pas pardonnée. Dès lors, les enjeux de la journée dépassent  très largement la question du CPE. On en vient à l'épreuve de force politique où tout un chacun veut l'emporter. On en vient à oublier que le coeur du problème réside plus dans le manque de formation et d'expérience d'une jeunesse désorientée que dans l'absence de CDD. Que la première des faiblesses réside sans doute dans l'éducation. Et qu'il faut d'abord se battre pour... trouver une solution. 
    Reste donc à espérer que le chômage des jeunes, tel des caricatures, ne devienne pas, seulement, ici comme ailleurs, prétexte à guerre de... religion.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 6 février 2006
C'est déjà presque un... aveu. "Nous ferons la réforme de la Justice dont notre pays a besoin" a dit, hier soir, Dominique de Villepin, sur Europe 1. Et le Premier ministre d'ajouter que le choix de transparence oblige aujourd'hui à remettre en question un certain nombre de mécanismes, de procédures, à rechercher des garanties, à préciser certaines responsabilités. C'est donc même presque de la repentance... présumée.
    La Justice est donc "coupable". D'ailleurs, l'opinion publique l'a condamnée. Le résultat du sondage CSA paru dans Le Parisien, est sans ambiguité puisque "65% des Français auraient peur de la Justice s'ils devaient avoir affaire à elle". Signe des temps, ce qui jadis aurait rassuré, inquiète désormais.
    Le procès de la justice est donc ouvert au delà même de l'affaire d'Outreau et du juge Burgaud. Et la pire nouvelle sans doute pour elle est que l'on ne lui confiera point le soin de s'auto-réformer. D'autres érudits, parlementaires, experts puis gouvernement, s'en chargeront. Pour éviter sans doute ce qu'il y a de plus "horrible au monde", comme le disait François Mauriac, "une justice séparée de la charité". Mais ne nous trompons pas. Une telle justice exigera non seulement des hommes et des moyens, mais aussi l'avènement de nouveaux serviteurs du Droit, "véritables gardiens des promesses de la démocratie" selon la belle expression du juge Antoine Garapon. Ces parangons de vertus, plus soucieux d'équité que de statut, devront s'intéresser au justiciable, l'informer de ses droits, lui expliquer la procédure, lui permettre de s'exprimer et lui garantir un procès dans des délais raisonnables.  Une vraie révolution judiciaire en quelque sorte puisqu'elle consistera, d'abord et avant tout, à rappeler la Justice à... ses devoirs.
 
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

.

Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

Blog : Détente sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus