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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Samedi 10 juin 2006

Il n’était pas possible que l’Inspection Générale des Services judiciaires puisse estimer que le juge Burgaud n’avait pas commis de faute professionnelle. Car alors, c’eut été admettre que la commission parlementaire avait fait fausse route et « persécuté » injustement un magistrat. C’eut été affirmer que le scandale d’Outreau n’avait pas vraiment existé et qu’il n’était dû finalement qu’à la fatalité et l’enchaînement des circonstances. C’eut été, enfin, faire la démonstration parfaite que la justice des juges n’était jamais celle des hommes. Toujours, et pour l’éternité, empreinte d’irresponsabilité.

Eh bien si ! l’Inspection générale a « osé », suggérant même que Fabrice Burgaud ne soit pas sanctionné. Elle a ainsi « jugé » que le « fait judiciaire » serait comme le « fait fonctionnaire », jamais coupable, jamais responsable, jamais sanctionné. Et cette triste  conclusion dépasse même le cas très personnel de Fabrice Burgaud.

Enfin, voilà un procès qui a sali des dizaines d’adultes, ruiné des familles, anéanti des vies et on veut nous dire aujourd’hui qu’il n’y a pas de coupables. Voici un jugement qui, par ses erreurs, ses errements, ses approximations et ses « a priori » va coûter des millions d’euros de dédommagements aux contribuables et on nous dit aujourd’hui qu’il n’y a pas de responsables. Car l’institution chargée de tirer les enseignements de tous ces dysfonctionnement semble nous dire que l’autorité judiciaire a failli seulement comme un enfant surpris à faire un croche-pied : « M’sieur, je ne l’ai pas fait exprès ; je ne voulais pas lui faire du mal ».

La bonne excuse du juge, qui ne s’est d’ailleurs volontairement pas excusé, serait, d’après le rapport d’Inspection, que la manière de procéder « n’a pas été guidée par une volonté délibérée de porter atteinte aux droits de la défense… ». Comme si l’absence de « volonté de nuire » pouvait  exonérer de responsabilité professionnelle. Voilà qui devrait faire plaisir à toutes les entreprises du monde engluées dans des contentieux de garanties de bonne exécution. Car les même Burgaud, les même Lesigne, sans toge, ni robe, dans n’importe quelle entreprise privée, auraient, après un tel désastre, été licenciés, sans préavis, ni indemnités.Sans préjuger même des actions en dommages et intérêts intentées contre eux a posteriori.

L’IGSF demande aujourd’hui que les magistrats soient « blanchis ». Il ne tient qu’au Garde des Sceaux qu’il en soit autrement. Pascal Clément peut encore saisir le Conseil supérieur de la Magistrature. Sans d’ailleurs plus d’assurance. Mais cette solution aurait au moins le mérite de sauver les apparences et d’éviter peut-être que, finalement, la catastrophe d’Outreau ne soit la faute… aux jurés.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 9 juin 2006

Balle de match et place au sport avec l’ouverture, aujourd’hui, de la coupe du Monde de football. Désormais, les Français vont devoir s’habituer à voir diminuer les déplacements et la productivité du travail, chaque soir, à partir de 17 h 30. Et par les fenêtres des immeubles, les cours des cités et les jardins des lotissements, on entendra les mêmes postes de télé s’égosiller et nos concitoyens s’échauffer à coups de sandwichs, de demis et d’éclats de voix. Pendant un mois, tous les sentiments nationalistes vont ainsi être exacerbés. Pour le meilleur, espérons-le, et nullement pour le pire. Avec Marseillaise et slogans à l’appui.

A ce sujet, chacun a pu remarquer, sur le car des joueurs tricolores, cette inscription « Liberté, égalité, Jules Rimet » et s’interroger sur sa signification. Chacun, certes, a bien compris qu’il s’agissait de cette façon de rendre hommage, en quelque sorte, au « créateur » de la Coupe du monde. Mais, ce faisant, deux erreurs ont été commises. Car citer seulement Jules Rimet sans y associer Henri Delaunay est commettre tout à la fois une profonde injustice et une erreur historique. Henri Delaunay dirigea en effet, de 1926 à 1928, les travaux d’une commission d’étude sur la création de cette coupe et il en présenta officiellement le projet lors du congrès 1928 de la FIFA à Amsterdam. Soutenu, bien sûr, par Jules Rimet, alors président de la FIFA. La précision n’est pas anecdotique quand on sait qu’Henri Delaunay, déjà à l’origine de la création de la Coupe de France, « récidiva » par la suite puisqu’il fut aussi à l’origine de l’Euro, initialement appelé Coupe d’Europe des Nations. Dommage donc que l’on ait oublié Henri Delaunay qui, il est vrai, ne fut jamais président… de rien du tout.

Enfin, il est sans doute maladroit d’avoir « détourné » une formule universelle et protégée, « Liberté, égalité, fraternité », pour faire « plaisir » à une fédération, à un homme ou à une compétition. Car nul ne peut remplacer sans dégât l’un des termes du triptyque. Chaque mot a sa place et sa destination. Chaque terme a vocation à s’appliquer à chaque geste de la vie. De la main ou du pied. Qu’il soit payant ou gratuit. On ne peut qu’espérer, dès lors, que la fraternité ne sera pas absente du jeu des Bleus, en  particulier, et, plus généralement, de cette Coupe du monde.

Alors ! Il aurait sans doute fallu écrire sur le car des Bleus : « Liberté – Egalité – Fraternité – Jules Rimet – Henri Delaunay ». C’était sans doute trop long sur une ligne. Mais un tel message de paix, de mémoire et d’avenir en valait bien… deux.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 8 juin 2006

Est-il encore possible de faire la part des choses ? Entre fiction et réalité ? Entre jalousie et calomnie ? On peut en douter en lisant le livre de « politique-fiction » signé Dominique Ambiel et Antoine Rault. Le premier cité est en effet l’ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, tandis que le second est, ou plutôt « était », le conseiller du ministre de la Fonction publique, Christian Jacob. Le premier a quitté la scène politique il y a deux ans, après avoir été surpris en train de « rendre service » à une prostituée roumaine de 17 ans, tandis que le second vient d’être « démissionné » pour avoir sans doute manqué, pour le moins, à son devoir de réserve. Il n’en reste pas moins que tous deux connaissent parfaitement le « milieu » pour y avoir bien vécu. Tous deux donnent ainsi un gage de crédibilité à l’histoire qu’ils racontent. Et c’était sans doute l’effet recherché. D’autant qu’ils en rajoutent dans les détails, mêlant victimes et « coupables », possible au probable et morceaux de vérité à soupçons de pacotille. Accréditant l’idée que les allées du Pouvoir ne sont jamais pavées de bonnes intentions.

Dans leur livre « Tsunami sur l’Elysée », prudemment sous-titré « pourvu que ce soit une fiction !», tout le monde n’en prend pas pour son grade, même si Laurent Fabius est qualifié « d’antiquaire du Panthéon » et même si Jacques Chirac est traité de « sénile » par propos rapporté ou « inventé ». Mais Nicolas Sarkozy, dont l’épouse Cécilia aurait été avertie de ses infidélités supposées par une officine privée, et Dominique de Villepin semblent avoir été des morceaux de choix. A ceci près que l’actuel ministre de l’Intérieur fait plutôt figure de cible désignée tandis que l’actuel Premier ministre passe pour l’organisateur patenté, le comploteur en chef.

Aujourd’hui, les auteurs prétendent que leur ouvrage n’est qu’un roman, et que si les personnages existent vraiment, il n’en est pas de même des propos et des comportements. Mais on ne peut guère les suivre sur ce terrain là. Car si leur livre donne l’apparence de l’incroyable fiction, avec notamment un second tour Marine Le Pen - Besancenot lors de l’élection présidentielle de 2007, il procède aussi des pires insinuations. Et s’il est précisé, en avertissement, que cette pièce en trois actes est une farce, on risque tous d’être bien « attrapés » par la véracité des situations.

Quant aux attaques personnelles, elles sont tellement bien ciblées que l’on peut se demander si « Tsunami sur l’Elysée » n’aurait pas dû d’abord s’appeler Tsunami sur… Matignon.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 7 juin 2006

Il aura suffi de rajouter une pincée de Strauss-Kahn, un doigt de Fabius, une « larme » de Mélanchon et une « lichette » de Jack Lang, de bien « touiller » l’ensemble, pour faire un projet acceptable par tous, hier soir, au bureau national du parti socialiste. Officiellement, on parlera désormais de « Réussir ensemble le changement » pour la Présidentielle 2007. On a donc évité la crise ouverte en s’abstenant de pimenter la mixture avec l’encadrement militaire réclamée par Ségolène. Même si, pour lui faire plaisir, on lui aura sans doute accordé la possibilité de mise sous tutelle des allocations familiales. Car la proposition est suffisamment ambiguë pour permettre toutes les interprétations.

Reste à savoir si, en s’autorisant de tels écarts, on aura supprimé toutes les divergences et tous les appétits. Et, surtout, si François Hollande pourra, par ce tour de passe-passe, réussir à faire rentrer la Présidente de la région Poitou-Charentes dans le rang. Rien n’est moins sûr… Car Ségolène Royal possède l’art de la sémantique appris sur les bancs de l’Ena. Elle sait ne pas répondre aux questions précises quand ça la dérange et disserter à l’envi sur le sexe des anges quand ça l’arrange. Elle connaît aussi parfaitement la différence entre un projet partisan et un programme présidentiel.

Aujourd’hui, Ségolène Royal en a peut-être trop fait pour s’arrêter en si bon chemin. D’autant qu’elle bénéficie d’un soutien sans faille dans les sondages. Mais elle attend sereinement le vote des militants sur le projet, à la fin du mois. Quitte à s’autoriser quelques nouveaux « dérapages » bien populaires, mais, surtout, bien préparés. Car, chez elle, contrairement à ce que ses adversaires voudraient laisser croire, tout est pesé et calculé, écrit et corrigé.

Elevée à l’école de François Mitterrand et de Lionel Jospin, elle a gagné ses galons sur le front et s’estime désormais l’égale des « éléphants ». C’est également une fine technicienne. Négligeant l’impatience et la confrontation directe, elle laisse l’arbitrage de ses propos aux sondages. Prête à corriger les petits imperfections au gré des variations. Ce n’est plus le « petit lieutenant » du Premier secrétaire. Elle se sent déjà capitaine et d’aucuns la voient général. Il ne lui manque qu’un coup de pouce pour croire à son « étoile » et forcer tout le monde à la suivre.

Elle serait vraiment trop bête d’accepter l’affrontement. Car, mieux que quiconque, sans doute, elle a compris l’art de la guerre qui est, d’abord, de contourner l’adversaire. Aussi ne prendra-t-elle jamais le risque de faire… cavalier seul.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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