Il n’était pas possible que l’Inspection Générale des Services judiciaires puisse estimer que le juge Burgaud n’avait pas commis de faute professionnelle. Car alors, c’eut été admettre que la commission parlementaire avait fait fausse route et « persécuté » injustement un magistrat. C’eut été affirmer que le scandale d’Outreau n’avait pas vraiment existé et qu’il n’était dû finalement qu’à la fatalité et l’enchaînement des circonstances. C’eut été, enfin, faire la démonstration parfaite que la justice des juges n’était jamais celle des hommes. Toujours, et pour l’éternité, empreinte d’irresponsabilité.
Eh bien si ! l’Inspection générale a « osé », suggérant même que Fabrice Burgaud ne soit pas sanctionné. Elle a ainsi « jugé » que le « fait judiciaire » serait comme le « fait fonctionnaire », jamais coupable, jamais responsable, jamais sanctionné. Et cette triste conclusion dépasse même le cas très personnel de Fabrice Burgaud.
Enfin, voilà un procès qui a sali des dizaines d’adultes, ruiné des familles, anéanti des vies et on veut nous dire aujourd’hui qu’il n’y a pas de coupables. Voici un jugement qui, par ses erreurs, ses errements, ses approximations et ses « a priori » va coûter des millions d’euros de dédommagements aux contribuables et on nous dit aujourd’hui qu’il n’y a pas de responsables. Car l’institution chargée de tirer les enseignements de tous ces dysfonctionnement semble nous dire que l’autorité judiciaire a failli seulement comme un enfant surpris à faire un croche-pied : « M’sieur, je ne l’ai pas fait exprès ; je ne voulais pas lui faire du mal ».
La bonne excuse du juge, qui ne s’est d’ailleurs volontairement pas excusé, serait, d’après le rapport d’Inspection, que la manière de procéder « n’a pas été guidée par une volonté délibérée de porter atteinte aux droits de la défense… ». Comme si l’absence de « volonté de nuire » pouvait exonérer de responsabilité professionnelle. Voilà qui devrait faire plaisir à toutes les entreprises du monde engluées dans des contentieux de garanties de bonne exécution. Car les même Burgaud, les même Lesigne, sans toge, ni robe, dans n’importe quelle entreprise privée, auraient, après un tel désastre, été licenciés, sans préavis, ni indemnités.Sans préjuger même des actions en dommages et intérêts intentées contre eux a posteriori.
L’IGSF demande aujourd’hui que les magistrats soient « blanchis ». Il ne tient qu’au Garde des Sceaux qu’il en soit autrement. Pascal Clément peut encore saisir le Conseil supérieur de la Magistrature. Sans d’ailleurs plus d’assurance. Mais cette solution aurait au moins le mérite de sauver les apparences et d’éviter peut-être que, finalement, la catastrophe d’Outreau ne soit la faute… aux jurés.
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Balle de match et place au sport avec l’ouverture, aujourd’hui, de la coupe du Monde de football. Désormais, les Français vont devoir s’habituer à voir diminuer les déplacements et la productivité du travail, chaque soir, à partir de 17 h 30. Et par les fenêtres des immeubles, les cours des cités et les jardins des lotissements, on entendra les mêmes postes de télé s’égosiller et nos concitoyens s’échauffer à coups de sandwichs, de demis et d’éclats de voix. Pendant un mois, tous les sentiments nationalistes vont ainsi être exacerbés. Pour le meilleur, espérons-le, et nullement pour le pire. Avec Marseillaise et slogans à l’appui.
Est-il encore possible de faire la part des choses ? Entre fiction et réalité ? Entre jalousie et calomnie ? On peut en douter en lisant le livre de « politique-fiction » signé Dominique Ambiel et Antoine Rault. Le premier cité est en effet l’ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, tandis que le second est, ou plutôt « était », le conseiller du ministre de la Fonction publique, Christian Jacob. Le premier a quitté la scène politique il y a deux ans, après avoir été surpris en train de « rendre service » à une prostituée roumaine de 17 ans, tandis que le second vient d’être « démissionné » pour avoir sans doute manqué, pour le moins, à son devoir de réserve. Il n’en reste pas moins que tous deux connaissent parfaitement le « milieu » pour y avoir bien vécu. Tous deux donnent ainsi un gage de crédibilité à l’histoire qu’ils racontent. Et c’était sans doute l’effet recherché. D’autant qu’ils en rajoutent dans les détails, mêlant victimes et « coupables », possible au probable et morceaux de vérité à soupçons de pacotille. Accréditant l’idée que les allées du Pouvoir ne sont jamais pavées de bonnes intentions.
Il aura suffi de rajouter une pincée de Strauss-Kahn, un doigt de Fabius, une « larme » de Mélanchon et une « lichette » de Jack Lang, de bien « touiller » l’ensemble, pour faire un projet acceptable par tous, hier soir, au bureau national du parti socialiste. Officiellement, on parlera désormais de « Réussir ensemble le changement » pour la Présidentielle 2007. On a donc évité la crise ouverte en s’abstenant de pimenter la mixture avec l’encadrement militaire réclamée par Ségolène. Même si, pour lui faire plaisir, on lui aura sans doute accordé la possibilité de mise sous tutelle des allocations familiales. Car la proposition est suffisamment ambiguë pour permettre toutes les interprétations.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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