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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 10 novembre 2006

L’information est devenue tellement superficielle et « mondaine » en France que, si l’on sait depuis deux jours que les Etats-Unis ont porté les démocrates au  Congrès, l’on ne sait toujours pas ce que cela va changer concrètement. D’autant que, visiblement, la victoire de l’opposition dans les deux chambres n’a pas modifié radicalement la  « posture » de George W. Bush. On entend dire simplement que Le Président va pouvoir désormais consacrer la majorité de son temps à laisser un nom à la postérité. Et que cette défaite républicaine va lui faciliter le « boulot ». D’autres estiment que  démocrates et républicains vont devoir travailler ensemble. Et que le fruit de leurs cogitations communes devrait plutôt « servir » le Président, englué dans le conflit irakien et un colossal déficit budgétaire. George Bush, explique-t-on en France, va devoir composer avec Nancy Pelosi, future présidente de la Chambre des représentants. Car, comme l’a dit hier Harry Reid, futur vice-président démocrate du Sénat, « c’est le temps du changement, le temps de la coopération entre partis, le temps d’un gouvernement ouvert et transparent et le temps d’obtenir des résultats ».

Le « temps des cerises » aussi. Car la marge de manoeuvre des démocrates est étroite. Notamment sur le plan financier. Et question changement à la Maison-Blanche, on risque d’être rapidement « servi ». On aurait tort, en effet, de vouloir comparer ce qui se passe aux Etats-Unis à l’aune de nos institutions politiques. Nous sommes, dans un régime présidentiel où l’absence de possibilités de révocations réciproques fait qu’il ne sera jamais question de véritable « cohabitation ». Même si l’exécutif  tiendra compte, bien évidemment, de l’opposition. En commençant, bien sûr, par « remercier » quelques boucs émissaires. Donald Rumsfeld a été le premier, mais il ne sera pas le dernier. Histoire de bien montrer que le « pouvoir », véritable « cadeau » empoisonné aujourd’hui, a bien changé de main.

Alors, ce qui est surtout étonnant à remarquer depuis deux jours, c’est la prodigieuse « flexibilité » avec laquelle les hommes politiques de ce grand pays prennent la mesure de leur défaite. Ainsi George W. Bush, qui avait très largement ignoré, « snobé » et dénigré ses adversaires pendant six ans, leur tend aujourd’hui la main, leur rend hommage et les invite même, comme hier, à déjeuner.

Finalement, George W Bush aura réussi le prodige de réaliser par deux fois le « doublé » au Congrès. En 2002, il avait tout gagné, devenant ainsi historiquement l’égal de Franklin Roosevelt et de Bill Clinton, et, en 2006, il a tout perdu. Mais, comme le pire n’est jamais certain, ce chef d’Etat élu par « accident » devant Al Gore en 2000 et réélu en 2004 par « croisade » contre Ben Laden, à défaut d’incarner le Président « magnifique » que l’Amérique réclamait, aura peut-être obtenu le seul titre qu’il convoitait. Avec deux ans d’avance. Celui de Président… honorifique.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 9 novembre 2006

Voilà un échec qui, comme il est l’habitude en France, ne veut pas porter son nom. Et pourtant il est retentissant. La grève à la SNCF, programmée et annoncée avec forces déclarations depuis plus d’un mois, a réuni hier à peine 30% de cheminots. Et sans doute beaucoup moins si l’on enlève les « permanents » qui sont justement payés pour empêcher les autres de l’être. Ce qui veut dire, concrètement, que plus de deux travailleurs sur trois ont préféré se rendre à leur poste plutôt que d’obéir « religieusement » au mot d’ordre syndical. Ce qui est, pour le moins, le signe d’une faible mobilisation, quoiqu’en dise la CGT, et si l’on veut bien se rappeler que ce mouvement avait été lancé par six syndicats sur huit. Pour autant, des milliers d’usagers ont, encore une fois, fait les frais de ce bras de fer continuel entre les organisations syndicales et la direction. Et cela suffit pour gâcher la vie de tout le monde, qu’elle soit économique ou familiale.

Reste que si le but était de tester la nouvelle Présidente, eh bien c’est raté ! Anne-Marie Idrac sort renforcée de ce conflit. D’autant plus qu’elle avait confirmé, deux jours avant la grève, qu’il n’était pas question de filialiser le fret et de dénoncer le « caractère intégré » de l’entreprise publique SNCF. Mais, sans doute prisonnière des ses banderoles et calicots, l’intersyndicale « amputée » n’a pas su arrêter le « convoi » à temps.

Ce fut donc, une nouvelle fois, une grève pour rien. Sauf que, en permettant aux syndicats de se compter, elle les aura peut-être incité à méditer sur leur perte croissante de représentativité. Faut-il d’ailleurs s’en plaindre ou s’en féliciter ? Car, c’est finalement la question essentielle que l’on doit se poser désormais. Au chapître des points positifs, on retiendra que les cheminots ont enfin compris, pour la plupart, que ce n’est pas en bloquant le fret que l’on trouvera le meilleur moyen de le faire avancer. Ils ont également voulu montrer, dans leur ensemble, que, si l’on voulait encore se servir d’eux comme des pions politiques sur le vaste échiquier d’une Présidentielle incertaine, il ne faudrait pas trop compter sur eux.

Cette prise de conscience est, certes, tout à l’honneur des cheminots, mais elle fragilise aussi les individus dans une société qui se cherche. Car, dans un monde qui avance à pas de géant et a tendance à laisser les plus faibles au bord de la route, il est bon que des organisations sociales se préoccupent plus de l’humain que de la « machine ». Il est nécessaire que des voix indépendantes puissent se faire entendre, au sein de chaque entreprise, non pour la ralentir, protéger des acquis dépassés sur des contraintes désormais inexistantes, ou la conduire à sa perte, mais pour l’obliger, sans que cela ne soit une vaste utopie, à prendre en compte les vraies valeurs d’une vie en société. Quitte à transformer définitivement des rapports de force à la Zola en rapports d’échange et de partenariat.

Il y a donc urgence à réformer les relations sociales et syndicales dans notre pays. Pour que chacun puisse y trouver… profit.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 8 novembre 2006

La cause est désormais « entendue ». Et l’on saura bientôt si « la » France socialiste des militants, si la France de "ces gens là", comme aurait dit Jacques Brel, "pense plus avec sa tête qu’avec son c…". Car la dernière confrontation « organisée » et télévisée, hier soir, entre les trois prétendants à la candidature PS à la Présidentielle a été éloquente. Certes, question « image », il n’y a pas photo. Et l’on doit toujours préférer les petits tailleurs blancs, les yeux délicieusement maquillés et le sourire engageant au « petit » cravaté bedonnant, légèrement voûté, ou au « grand » chauve un peu apprêté. Mais, question compétence, il y avait deux « tailles » de différence. En fait, il n’y a pas eu débat. Hier soir, il y avait, d’un côté, la connaissance et, de l’autre, la légèreté. Au final, cependant, un seul candidat sur trois a été d’une nullité affligeante sur presque tous les dossiers, d’une méconnaissance criante et d’une banalité « désarmante », déniant par exemple à l’Iran le droit de développer son nucléaire civil, semblant ainsi vouloir condamner ce pays à la bougie pour… l’éternité. Pour l’Irak, le même constat s’impose et montre qu’il ne suffit pas de rencontrer le président Talabani, au détour des grands salons d’un hôtel parisien, pour délivrer une expertise « éclairée » sur le conflit en cours. Enfin, en ce qui concerne l’Europe, cette grande idée de Jean Monnet, le consensus semble régner désormais pour proposer à la Turquie de se revoir, comme le chante Patrick Bruel avec talent, dans dix ou 20 ans. Voire aux calendes grecques. Et d’accepter alors le… vote du peuple français.

On peut, bien sûr, ne pas être d’accord avec l’un des deux autres prétendants, ni même avec tout le monde, mais on se doit, hélas, de remarquer que les moins gâtés par la nature l’ont sans doute plus été par la réflexion. Sans oublier la détermination qu’ils ont montré et qu’il faut avoir pour présider et refuser de « parler » avec un mouvement terroriste comme le Hamas qui prône quotidiennement la destruction de l’Etat voisin et le génocide à l’état pur.

Ce débat a sans doute fait la démonstration, par la « preuve », que l’on ne peut s’improviser volontiers chef d’Etat, même en ayant fait l’ENA. Car cette manière singulière de répondre à côté quand les questions dérangent ou de les occulter, quand elles inquiètent, témoigne d’une très grande capacité à ne jamais rien faire, sauf à surfer sur l’air du temps et les sondages du moment.

Demain, 218.711 militants PS vont devoir choisir entre la « séduction » et la conviction, entre l’improvisation et les certitudes, entre les vœux pieux et l’action. Une chose est sûre également, cette « leçon » de politique devrait profiter à Nicolas Sarkozy qui n’est pas à l’abri qu’on ne lui mette, en janvier, une « Sharon Stone » des beaux quartiers, toutes proportions gardées, au travers de la route. Il serait de la même manière empêtré.

Et les militants en seraient tout aussi… troublés.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 7 novembre 2006

Avec Airbus malade, c’est surtout la sous-traitance qui va… mourir un peu. L’annonce faite, hier, par le consortium européen, de sa volonté de réduire de 80% le nombre de ses fournisseurs, ne lui laisse, en effet, guère d’illusions. Mais la manière même de « confirmer » le programme d’économie, via un simple directeur de « département », avait hier quelque chose de déplaisant, de méprisant et d’inquiétant à la fois. Comme si la perspective de couper  les « vivres » à près de 2.500 sociétés en Europe , soit à plus de 6.500 entreprises de deuxième ou troisième « niveau », et sans doute à 100 fois plus de « sous-salariés » ne méritait pas mieux qu’un « communiqué ». Pas mieux qu’une déclaration à l’emporte-pièce qui consiste finalement à faire payer à d’autres ses propres erreurs de gestion. Et guère plus qu’une « fuite » dans la presse économique, comme ce fut le cas hier, dans le « Financial Times Deutschland ».

Ce sont ainsi des régions entières, près de Toulouse, Saint-Nazaire et Hambourg, pour ne citer que ces trois villes, qui vont avoir à souffrir des errements de jeunesse d’un programme par ailleurs fascinant. Car si l’Airbus A-380 a aujourd’hui du plomb dans l’aile, cela tient plus à un partage industriel délicat et peut-être mal appréhendé qu’à des approvisionnements défaillants.

Il y a, certes, comme partout, des économies à faire en rationalisant les méthodes et en centralisant les choix. Mais, en l’occurrence, en ne voulant garder que le cinquième de ses « partenaires » extérieurs, dont certains font plus de la moitié de leur chiffre d’affaires avec l’avionneur, il ne s’agit plus seulement d’économies, mais d’avis de décès. Dès lors, l’argument utilisé, pour « l’exemple », hier, par le directeur de la communication d’Airbus, à savoir qu’il y avait « huit ou neuf fournisseurs pour les vêtements de travail » et que cela avait « un coût élevé », ne faisait plus sourire. La rationalisation budgétaire mérite sans doute, en effet, meilleure présentation que « le coup de la salopette ».

D’autant qu’il n’est pas dit, alors que tout le monde le sait, que nombre d’activités vont pouvoir ainsi être « délocalisées » au Maroc ou ailleurs. Mais le propre d’un avion n’est-il aussi de nous faire descendre de notre nuage ? Demain, par le jeu de la mondialisation, des mains-d’œuvre étrangères à bon marché et de la parité euro-dollar, Airbus ne sera plus seulement européen, mais aussi un peu Africain. La rançon… de la gloire.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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