L’information est devenue tellement superficielle et « mondaine » en France que, si l’on sait depuis deux jours que les Etats-Unis ont porté les démocrates au Congrès, l’on ne sait toujours pas ce que cela va changer concrètement. D’autant que, visiblement, la victoire de l’opposition dans les deux chambres n’a pas modifié radicalement la « posture » de George W. Bush. On entend dire simplement que Le Président va pouvoir désormais consacrer la majorité de son temps à laisser un nom à la postérité. Et que cette défaite républicaine va lui faciliter le « boulot ». D’autres estiment que démocrates et républicains vont devoir travailler ensemble. Et que le fruit de leurs cogitations communes devrait plutôt « servir » le Président, englué dans le conflit irakien et un colossal déficit budgétaire. George Bush, explique-t-on en France, va devoir composer avec Nancy Pelosi, future présidente de la Chambre des représentants. Car, comme l’a dit hier Harry Reid, futur vice-président démocrate du Sénat, « c’est le temps du changement, le temps de la coopération entre partis, le temps d’un gouvernement ouvert et transparent et le temps d’obtenir des résultats ».
Le « temps des cerises » aussi. Car la marge de manoeuvre des démocrates est étroite. Notamment sur le plan financier. Et question changement à la Maison-Blanche, on risque d’être rapidement « servi ». On aurait tort, en effet, de vouloir comparer ce qui se passe aux Etats-Unis à l’aune de nos institutions politiques. Nous sommes, dans un régime présidentiel où l’absence de possibilités de révocations réciproques fait qu’il ne sera jamais question de véritable « cohabitation ». Même si l’exécutif tiendra compte, bien évidemment, de l’opposition. En commençant, bien sûr, par « remercier » quelques boucs émissaires. Donald Rumsfeld a été le premier, mais il ne sera pas le dernier. Histoire de bien montrer que le « pouvoir », véritable « cadeau » empoisonné aujourd’hui, a bien changé de main.
Alors, ce qui est surtout étonnant à remarquer depuis deux jours, c’est la prodigieuse « flexibilité » avec laquelle les hommes politiques de ce grand pays prennent la mesure de leur défaite. Ainsi George W. Bush, qui avait très largement ignoré, « snobé » et dénigré ses adversaires pendant six ans, leur tend aujourd’hui la main, leur rend hommage et les invite même, comme hier, à déjeuner.
Finalement, George W Bush aura réussi le prodige de réaliser par deux fois le « doublé » au Congrès. En 2002, il avait tout gagné, devenant ainsi historiquement l’égal de Franklin Roosevelt et de Bill Clinton, et, en 2006, il a tout perdu. Mais, comme le pire n’est jamais certain, ce chef d’Etat élu par « accident » devant Al Gore en 2000 et réélu en 2004 par « croisade » contre Ben Laden, à défaut d’incarner le Président « magnifique » que l’Amérique réclamait, aura peut-être obtenu le seul titre qu’il convoitait. Avec deux ans d’avance. Celui de Président… honorifique.
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Voilà un échec qui, comme il est l’habitude en France, ne veut pas porter son nom. Et pourtant il est retentissant. La grève à la SNCF, programmée et annoncée avec forces déclarations depuis plus d’un mois, a réuni hier à peine 30% de cheminots. Et sans doute beaucoup moins si l’on enlève les « permanents » qui sont justement payés pour empêcher les autres de l’être. Ce qui veut dire, concrètement, que plus de deux travailleurs sur trois ont préféré se rendre à leur poste plutôt que d’obéir « religieusement » au mot d’ordre syndical. Ce qui est, pour le moins, le signe d’une faible mobilisation, quoiqu’en dise la CGT, et si l’on veut bien se rappeler que ce mouvement avait été lancé par six syndicats sur huit. Pour autant, des milliers d’usagers ont, encore une fois, fait les frais de ce bras de fer continuel entre les organisations syndicales et la direction. Et cela suffit pour gâcher la vie de tout le monde, qu’elle soit économique ou familiale.
La cause est désormais « entendue ». Et l’on saura bientôt si « la » France socialiste des militants, si la France de "ces gens là", comme aurait dit Jacques Brel, "pense plus avec sa tête qu’avec son c…". Car la dernière confrontation « organisée » et télévisée, hier soir, entre les trois prétendants à la candidature PS à la Présidentielle a été éloquente. Certes, question « image », il n’y a pas photo. Et l’on doit toujours préférer les petits tailleurs blancs, les yeux délicieusement maquillés et le sourire engageant au « petit » cravaté bedonnant, légèrement voûté, ou au « grand » chauve un peu apprêté. Mais, question compétence, il y avait deux « tailles » de différence. En fait, il n’y a pas eu débat. Hier soir, il y avait, d’un côté, la connaissance et, de l’autre, la légèreté. Au final, cependant, un seul candidat sur trois a été d’une nullité affligeante sur presque tous les dossiers, d’une méconnaissance criante et d’une banalité « désarmante », déniant par exemple à l’Iran le droit de développer son nucléaire civil, semblant ainsi vouloir condamner ce pays à la bougie pour… l’éternité. Pour l’Irak, le même constat s’impose et montre qu’il ne suffit pas de rencontrer le président Talabani, au détour des grands salons d’un hôtel parisien, pour délivrer une expertise « éclairée » sur le conflit en cours. Enfin, en ce qui concerne l’Europe, cette grande idée de Jean Monnet, le consensus semble régner désormais pour proposer à la Turquie de se revoir, comme le chante Patrick Bruel avec talent, dans dix ou 20 ans. Voire aux calendes grecques. Et d’accepter alors le… vote du peuple français.
Avec Airbus malade, c’est surtout la sous-traitance qui va… mourir un peu. L’annonce faite, hier, par le consortium européen, de sa volonté de réduire de 80% le nombre de ses fournisseurs, ne lui laisse, en effet, guère d’illusions. Mais la manière même de « confirmer » le programme d’économie, via un simple directeur de « département », avait hier quelque chose de déplaisant, de méprisant et d’inquiétant à la fois. Comme si la perspective de couper
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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