La Turquie fait de la résistance. Et Bruxelles ne sait plus sur quel pied danser. Mais ce qui pourrait être une chanson de Jacques Brel tourne aujourd’hui à la querelle sans fin. Et à la tragi-comédie d’un processus d’adhésion à l’Union européenne qui n’en est pas vraiment un et qui promet de s’éterniser au fil des ans. Ce matin, les ministres européens des Affaires étrangères vont tenter de nouveau de trouver un accord sur les « sanctions » à imposer à la Turquie pour son intransigeance vis-à-vis de Chypre. Les « 25 » cherchent en fait la bonne formule pour punir la Turquie sans en avoir l’air. Par une sorte de mesure spectaculaire mais indolore, exemplaire mais peu contraignante. Il s’agit donc en l’espèce de ne pas décevoir, ni de désespérer, ni même de condamner ou d’exiger. Pour, on ne sait, quel intérêt supérieur.
Ainsi, alors même qu’elle devrait être d’une rigueur totale quant aux conditions d’entrée en son sein, l’Europe semble chercher, elle-même, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes, une « porte de sortie » pour la Turquie. Une « excuse » permanente qui laisse un de ses membres éventuels ne pas respecter la forme et le fond des traités. Alors même que le fait pour la Turquie de toujours refuser de mettre en œuvre le protocole d’Ankara, signé en 2005, qui lui impose d’ouvrir ses ports et aéroports aux chypriotes grecs, devrait l’exclure définitivement. Sans autre forme de procès.
L’Union européenne perd chaque jour un peu plus de sa crédibilité parce qu’elle étreint mal ce qu’elle veut trop embrasser. Trop soucieuse d’être aussi grosse que le bœuf américain, elle n’est qu’une grenouille en passe d’exploser. Car elle ne maîtrise plus grand-chose aujourd’hui. Ni ses contours, ni son avenir. Prête à bien des exceptions, sur les libertés et les compétences comme sur la géographie. L’Europe fait en réalité la démonstration quotidienne qu’elle est à réinventer et à reconstruire. Ce qu’un référendum nous avait déjà appris et que l’on a parfois, par on ne sait quel mystère, tendance à oublier et à ne pas… respecter.
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Il est quand même étonnant que, en France, les informations essentielles mettent plusieurs heures, voire plusieurs journées, avant de nous parvenir. On a ainsi appris, hier soir, que 13 fûts contenant 200 litres de produits toxiques, de l’isopropanol et du toluène, ont été perdus en mer lors de la tempête de vendredi. Ce ne sont certes que « gouttes d’eau » dans la mer, mais on peut imaginer aisément que la flore et la faune de cette zone comprise entre le Cotentin et le sud de la Bretagne ne soient pas du même avis. Quant aux bateaux qui auront la malchance de les rencontrer au travers de leur route, on parlera à leur sujet de mauvaise "fortune" et de triste coïncidence. Alors que cet accident était statistiquement prévisible et mathématiquement inévitable.
« Fumer » va devenir « prohibitif » aux Etats-Unis. Bientôt, il ne restera plus un seul espace de « liberté » aux accros de l’herbe à Nicot. Ni au travail, ni dans les lieux publics, ni en voiture et ni même, parfois, chez eux. De plus en plus de complexes résidentiels demandent en effet à leur locataires de signer un contrat affirmant non seulement qu’ils ne sont pas fumeurs, mais aussi qu’ils ne recevront pas de fumeurs chez eux. Enfin, dans plusieurs Etats, comme la Louisiane, l’Arkansas et le Texas, il est strictement interdit de fumer en voiture lorsque l’on transporte des enfants de moins de six ans. Et, pour faire bonne mesure, la « chasse aux fumeurs » est désormais ouverte aux portes des entreprises comme en Ohio où les autorités recommandent de ne pas fumer à moins de six mètres d’une entrée d’immeuble ou d’un porche d’hôtel. Et ces dernières sont encore plus restrictives dans l’Etat de Washington.
Quand la tempête menace, la France retient son souffle. Il en est ainsi de politique comme de la météorologie. Aujourd’hui, alors que des pointes de vent jusqu’à 140 Km/h sont attendues en Loire-Atlantique et en Vendée et que tout le monde rentre bâche et salons de jardin, chacun se « barricade » dans un attentisme prudent. Attendant avec impatience que l’on nous annonce enfin un week-end plus calme et plus respectueux.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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