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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 11 décembre 2006

La Turquie fait de la résistance. Et Bruxelles ne sait plus sur quel pied danser. Mais ce qui pourrait être une chanson de Jacques Brel tourne aujourd’hui à la querelle sans fin. Et à la tragi-comédie d’un processus d’adhésion à l’Union européenne qui n’en est pas vraiment un et qui promet de s’éterniser au fil des ans. Ce matin, les ministres européens des Affaires étrangères vont tenter de nouveau de trouver un accord sur les « sanctions » à imposer à la Turquie pour son intransigeance vis-à-vis de Chypre. Les « 25 » cherchent en fait la bonne formule pour punir la Turquie sans en avoir l’air. Par une sorte de mesure spectaculaire mais indolore, exemplaire mais peu contraignante. Il s’agit donc en l’espèce de ne pas décevoir, ni de désespérer, ni même de condamner ou d’exiger. Pour, on ne sait, quel intérêt supérieur.

Ainsi, alors même qu’elle devrait être d’une rigueur totale quant aux conditions d’entrée en son sein, l’Europe semble chercher, elle-même, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes, une « porte de sortie » pour la Turquie. Une « excuse » permanente qui laisse un de ses membres éventuels ne pas respecter la forme et le fond des traités. Alors même que le fait pour la Turquie de toujours refuser de mettre en œuvre le protocole d’Ankara, signé en 2005, qui lui impose d’ouvrir ses ports et aéroports aux chypriotes grecs, devrait l’exclure définitivement. Sans autre forme de procès.

L’Union européenne perd chaque jour un peu plus de sa crédibilité parce qu’elle étreint mal ce qu’elle veut trop embrasser. Trop soucieuse d’être aussi grosse que le bœuf américain, elle n’est qu’une grenouille en passe d’exploser. Car elle ne maîtrise plus grand-chose aujourd’hui. Ni ses contours, ni son avenir. Prête à bien des exceptions, sur les libertés et les compétences comme sur la géographie. L’Europe fait en réalité la démonstration quotidienne qu’elle est à réinventer et à reconstruire. Ce qu’un référendum nous avait déjà appris et que l’on a parfois, par on ne sait quel mystère, tendance à oublier et à ne pas… respecter.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 10 décembre 2006

Il est quand même étonnant que, en France, les informations essentielles mettent plusieurs heures, voire plusieurs journées, avant de nous parvenir. On a ainsi appris, hier soir, que 13 fûts contenant 200 litres de produits toxiques, de l’isopropanol et du toluène, ont été perdus en mer lors de la tempête de vendredi. Ce ne sont certes que « gouttes d’eau » dans la mer, mais on peut imaginer aisément que la flore et la faune de cette zone comprise entre le Cotentin et le sud de la Bretagne ne soient pas du même avis. Quant aux bateaux qui auront la malchance de les rencontrer au travers de leur route, on parlera à leur sujet de mauvaise "fortune" et de triste coïncidence. Alors que cet accident était statistiquement prévisible et mathématiquement inévitable.

Plus largement, ce nouvel « incident » pose, une fois encore, la question du transport des produits dangereux. Qui ne sont jamais à l’abri, par route, par fer, par mer ou par air, d’une défaillance humaine ou d’une catastrophe naturelle. L’idéal serait, bien sûr, de ne pas les fabriquer. Mais, quitte à s’en servir, on devrait au moins savoir s’en débarrasser sur place, sans risquer « d’empoisonner » les autres de ses propres défaillances, qu’elles soient de traitement ou de prévision.

Les 3.000 litres d’isopropanol qui se promènent ainsi en Atlantique, par la faute d’une cargaison mal arrimée sur le pont du cargo suisse « Safmarine Léman », n’avaient pas leur place au large de nos côtes. Ils ne représentent en effet aucune réelle valeur marchande, mais seulement un étrange commerce. Du même style que celui qui vient de toucher mortellement la Côte d’Ivoire. Où allaient-ils, après le Portugal, d’où venaient-ils et que faisaient-ils vraiment sur ce cargo en provenance d’Anvers ? Ils auraient dû être traités en amont, sur place et sur leur site de leur production, au lieu de s’offrir une croisière aux risques des populations rencontrées. Il en est de même pour tous ces styles de produit, y compris pour l’amiante dont on vient de finir de calculer le tonnage sur le Clemenceau. Chacun en aura la surprise d’ici quelques jours.

Les bonnes âmes auront beau dire que, avec la nouvelle législation, et notamment la Convention de Bâle si souvent violée, de plus en plus de pollueurs paieront leurs défaillances au prix fort, il n’est pas sûr que l‘impact de cette mesure soit suffisante pour rassurer les populations. Car l’argent n’achète pas tout. Ni les odeurs nauséabondes, ni la détérioration pour plusieurs décennies du milieu naturel, ni la contamination des fonds marins. Il ne restitue pas, ne rénove pas et ne répare rien. Il ne rembourse, finalement, et encore, que la… différence.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 9 décembre 2006

« Fumer » va devenir « prohibitif » aux Etats-Unis. Bientôt, il ne restera plus un seul espace de « liberté » aux accros de l’herbe à Nicot. Ni au travail, ni dans les lieux publics, ni en voiture et ni même, parfois, chez eux. De plus en plus de complexes résidentiels demandent en effet à leur locataires de signer un contrat affirmant non seulement qu’ils ne sont pas fumeurs, mais aussi qu’ils ne recevront pas de fumeurs chez eux. Enfin, dans plusieurs Etats, comme la Louisiane, l’Arkansas et le Texas, il est strictement interdit de fumer en voiture lorsque l’on transporte des enfants de moins de six ans. Et, pour faire bonne mesure, la « chasse aux fumeurs » est désormais ouverte aux portes des entreprises comme en Ohio où les autorités recommandent de ne pas fumer à moins de six mètres d’une entrée d’immeuble ou d’un porche d’hôtel. Et ces dernières sont encore plus restrictives dans l’Etat de Washington.

La santé a changé de camp. Elle vit « retranché ». Car ce n’est pas tant les fumeurs que l’on veut protéger contre leur gré, ce sont les autres, « victimes » passives d’un « vice » qu’ils n’ont ni désiré et encore moins mérité. La société semble désormais avoir compris qu’elle n’arrivera pas à convaincre les derniers irréductibles, ces descendants des Indiens qui se servaient du tabac comme calmant. Même à coups de patchs gratuits, d’incitations monétaires ou de pâtes à mâcher. Aussi, si elle veut bien les laisser se condamner à leur triste sort, elle a pris le parti de protéger ceux qui n’y sont pour rien et qui deviennent, au fil des temps, de plus en plus nombreux.

Alors, elle protège, elle surprotège pour ne rien avoir à se reprocher ou à se faire reprocher. Elle se met en quête de tout réglementer, l’air que l’on respire comme l’air que l’on aspire. Les friteuses n’ont qu’à bien se tenir, tout comme les cheminées d’entreprise. Le droit à l’oxygène devient « constitutionnel ». Et l’intolérance s’érige en système de pensée et d’action. Reste à savoir où l’on va parquer les « contrevenants ». Car, à force de tous les priver d’espace, on se dirige forcément vers ce « meilleur des mondes » qui nous obligera bien un jour à tous… circuler masqués.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 8 décembre 2006

Quand la tempête menace, la France retient son souffle. Il en est ainsi de politique comme de la météorologie. Aujourd’hui, alors que des pointes de vent jusqu’à 140 Km/h sont attendues en Loire-Atlantique et en Vendée et que tout le monde rentre bâche et salons de jardin, chacun se « barricade » dans un attentisme prudent. Attendant avec impatience que l’on nous annonce enfin un week-end plus calme et plus respectueux.

Même Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal vont sans doute éviter d’en rajouter une « couche », soucieux sans doute de ne pas en faire trop ou, peut-être, conscients d’en avoir fait déjà bien assez. Car, cette semaine encore, les deux favoris de la Présidentielle ont largement fait parler d’eux, l’un sur l’Iran et la Banque centrale européenne en malmenant bien des Traités, l’autre à la télé et sur… Paris-Match par une sorte de « juste retour des choses » qui fera grincer bien des dents.

Mais, pour l’un comme l’autre, et contrairement à ce qui se passe sur nos côtes, il s’agit de tempêtes dans un verre d’eau. Personne n’imagine en effet un seul instant voir la France se mettre au ban de la Communauté internationale en décidant d’autorité de ne plus respecter les traités qu’elle a signés. Tout comme nul n’ignore que l’article élogieux sur Nicolas Sarkozy dans l’hebdomadaire du fils Lagardère sonne comme une sorte d’acte de contrition, un an après le péché. La réalité est sans doute plus nuancée et bien plus complexe. Bien loin des provocations sur papier glacé et des déclarations tapageuses, à l’emporte-pièce.

La stratégie marketing de leur campagne leur commande d’occuper le terrain. Mais ils ont fait plus encore, cannibalisant le débat et ne laissant que quelques miettes à leurs adversaires. Seuls, peut-être, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen « résistent » encore. Mais pour combien de temps ? Quant aux autres, des souverainistes vertueux de Philippe de Villiers aux antilibéraux « déchirés » entre Clémentine Autain et Marie-George Buffet, ils en sont encore à chercher leur premier souffle. Et ils vont tenter, ce week-end, bien maladroitement de voler la vedette au Téléthon. Comme si la politique pouvait encore rivaliser avec gratuité et… solidarité.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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