Michèle Alliot-Marie aurait mieux fait de rien dire, de se taire et de rentrer dans le rang. Car il est de ces ralliements qui font éclater de rire, de ces soutiens qui font froid dans le dos et de ces engagements de la « 25ème heure » qui sentent « la soupe populaire ». Au nom de la "realpolitik" bien sûr. Ainsi, la ministre de la Défense, après avoir fait monter la « mayonnaise » pendant des mois, exacerbé les tensions, alterné menaces et déclarations, affirme aujourd’hui qu’elle veut aider Nicolas Sarkozy à « rassembler ». Après avoir tout fait pour diviser. Et ses déclarations, hier soir, sur « France 2 », avaient un rien de pathétique. On y voyait cette femme d’appareil, tel un général assiégé et au bord du gouffre, dresser le drapeau blanc de la reddition en prétendant que sa stratégie avait payé. On y contemplait une femme dite « d’honneur » qui, faute d’avaler son chapeau, prétendait se sacrifier « pour servir l’intérêt général ». C’est beau comme de la menthe à l’eau ! « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » disait Lautréamont ! Beau comme la France ! Beau, mais si peu vrai, comme le pensait Boileau !
Voilà donc un nouveau discours à « installer » demain porte de Versailles, mais qui n’est pas plus crédible que l’ancien. Et qui, en définitive, pourrait même être embarrassant.
Car comment faire confiance à de tels politiques qui aiguisent les poignards en coulisses et, faute d’exécutants, finissent par s’embrasser à qui mieux mieux en se tapant dans le dos ? Comment croire demain à leurs discours de la morale et aux intentions pures.
L’élection présidentielle a toujours ceci d’intéressant qu’elle révèle les tempéraments, qu’elle montre les caractères trempés et qu’elle douche les autres. Elle a toujours excité les appétits, mais elle nécessite surtout des estomacs au dessus de la moyenne tant elle oblige les candidats à avaler des couleuvres. Et ce serait encore bien pire si l’on devait parler des… électeurs.
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Nicolas Sarkozy va devoir rapidement trouver la parade sous peine de perdre les élections. Car ce n’est pas une simple candidate qu’il a devant lui, c’est une sorte d’aigle à deux têtes dont l’une inquiète et l’autre rassure. C’est d’ailleurs fort bien joué. Ainsi, François Hollande a sitôt fait de s’en prendre aux riches, de promettre une hausse des prélèvements et la fin du « bouclier fiscal » que sa compagne joue l’apaisement et charge Dominique Strauss-Kahn d’établir un diagnostic sur l’efficacité de la dépense publique. Ségolène Royal apparaît donc comme « la » solution entre les positions dogmatiques des uns et des autres, tant de la part du PS que de celle de l’UMP, « le » seul compromis possible, « la » seule alternative crédible. Ce qui lui permet de briller à bon compte et de corriger le sectarisme de certaines propositions. Bref, la candidature socialiste aujourd’hui, c’est un peu Madame « Carotte » et Monsieur « bâton », l’un étant au service de l’autre.
La question des retraites et des régimes spéciaux risque bien d’empoisonner la campagne électorale car, jamais traitée au fond, elle revient inlassablement dans l’actualité. Elle sera ainsi, une nouvelle fois, aujourd’hui, au centre de toutes les discussions avec la remise au Premier ministre du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites. En clair, le C.O.R. constate que la situation est plus dégradée que prévu et qu’il y a nécessité de rééquilibrer les comptes. Il prône notamment une augmentation de la durée effective de cotisation et une « mise à plat des différentes niches fiscales et surtout sociales ». Enfin, il plaide pour un retour à
Tout est désormais très clair. Dominique de Villepin et Jean-Louis Debré feront tout ce qui est en leur possible pour faire perdre Nicolas Sarkozy. Le premier ne cache pas d’ailleurs qu’il se verrait bien confier un poste d’ambassadeur juste avant ou après l’élection présidentielle. Au pire, il donnerait des cours de relations internationales. Quant au second, il lorgne sur la place de président du Conseil Constitutionnel, même s’il s’en défend. Dès lors, sans soucis du lendemain, quel que soit ou quelle que soit « le » vainqueur du scrutin, ils multiplient peaux de banane et chausse-trappes, déclarations assassines et sous-entendus affligeants.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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