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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Commentaires

Samedi 13 janvier 2007

Michèle Alliot-Marie aurait mieux fait de rien dire, de se taire et de rentrer dans le rang. Car il est de ces ralliements qui font éclater de rire, de ces soutiens qui font froid dans le dos et de ces engagements de la « 25ème heure » qui sentent « la soupe populaire ». Au nom de la "realpolitik" bien sûr. Ainsi, la ministre de la Défense, après avoir fait monter la « mayonnaise » pendant des mois, exacerbé les tensions, alterné menaces et déclarations, affirme aujourd’hui qu’elle veut aider Nicolas Sarkozy à « rassembler ». Après avoir tout fait pour diviser. Et ses déclarations, hier soir, sur « France 2 », avaient un rien de pathétique. On y voyait cette femme d’appareil, tel un général assiégé et au bord du gouffre, dresser le drapeau blanc de la reddition en prétendant que sa stratégie avait payé. On y contemplait une femme dite « d’honneur » qui, faute d’avaler son chapeau, prétendait se sacrifier « pour servir l’intérêt général ». C’est beau comme de la menthe à l’eau ! « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » disait Lautréamont ! Beau comme la France ! Beau, mais si peu vrai, comme le pensait Boileau !

Voilà donc un nouveau discours à « installer » demain porte de Versailles, mais qui n’est pas plus crédible que l’ancien. Et qui, en définitive, pourrait même être embarrassant.

Car comment faire confiance à de tels politiques qui aiguisent les poignards en coulisses et, faute d’exécutants, finissent par s’embrasser à qui mieux mieux en se tapant dans le dos ? Comment croire demain à leurs discours de la morale et aux intentions pures.

L’élection présidentielle a toujours ceci d’intéressant qu’elle révèle les tempéraments, qu’elle montre les caractères trempés et qu’elle douche les autres. Elle a toujours excité les appétits, mais elle nécessite surtout des estomacs au dessus de la moyenne tant elle oblige les candidats à avaler des couleuvres. Et ce serait encore bien pire si l’on devait parler des… électeurs.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 12 janvier 2007

Nicolas Sarkozy va devoir rapidement trouver la parade sous peine de perdre les élections. Car ce n’est pas une simple candidate qu’il a devant lui, c’est une sorte d’aigle à deux têtes dont l’une inquiète et l’autre rassure. C’est d’ailleurs fort bien joué. Ainsi, François Hollande a sitôt fait de s’en prendre aux riches, de promettre une hausse des prélèvements et la fin du « bouclier fiscal » que sa compagne joue l’apaisement et charge Dominique Strauss-Kahn d’établir un diagnostic sur l’efficacité de la dépense publique. Ségolène Royal apparaît donc comme « la » solution entre les positions dogmatiques des uns et des autres, tant de la part du PS que de celle de l’UMP, « le » seul compromis possible, « la » seule alternative crédible. Ce qui lui permet de briller à bon compte et de corriger le sectarisme de certaines propositions. Bref, la candidature socialiste aujourd’hui, c’est un peu Madame « Carotte » et Monsieur « bâton », l’un étant au service de l’autre.

Le ministre de l’Intérieur, quant à lui, incarne complètement les idées qu’il a initiées dans le parti dont il est le Président. La droite pure et dure et la rupture obligatoire, qu’elle soit « tranquille » ou pas. Ce qui, certes, évite les dissensions ou les dérapages, mais ce qui en réduit aussi singulièrement la portée. Enfin, ce qui semblait, hier encore, un avantage, pourrait bien devenir un inconvénient. Nicolas Sarkozy doit en effet savoir mieux que quiconque que ses seuls militants ou sympathisants ne suffiront pas pour le faire élire. Il va donc devoir composer un vrai programme de Président pour ratisser plus large, et, d’une même foulée, s’extraire d’un programme de parti. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, ou n’en donne pas l’impression tant il est englué par son propre appareil, qui va le plébisciter dimanche, et par le gouvernement dont il est ministre.

Il lui faudrait donc, semble-t-il, retrouver une certaine liberté, comme celle dont use et abuse avec talent sa concurrente et même un troisième « larron » nommé François Bayrou. Ce dernier progresse en effet chaque jour un peu plus, en dénonçant notamment la « machine à promesses », à son détriment et au risque de lui faire tout perdre. Mais cette « liberté » retrouvée passera obligatoirement par une démission de la présidence de l’UMP ou du gouvernement.

La gauche a donc aujourd’hui quelques longueurs d’avance question stratégie. Mais l’essentiel, comme toujours en ce qui concerne la Présidentielle, est de tenir… la distance.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 11 janvier 2007

La question des retraites et des régimes spéciaux risque bien d’empoisonner la campagne électorale car, jamais traitée au fond, elle revient inlassablement dans l’actualité. Elle sera ainsi, une nouvelle fois, aujourd’hui, au centre de toutes les discussions avec la remise au Premier ministre du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites. En clair, le C.O.R. constate que la situation est plus dégradée que prévu et qu’il y a nécessité de rééquilibrer les comptes. Il prône notamment une augmentation de la durée effective de cotisation et une « mise à plat des différentes niches fiscales et surtout sociales ». Enfin, il plaide pour un retour à  « l’égalité de traitement » entre les cotisants.

Bref, tout le monde a bien compris que les régimes spéciaux, Sncf, EDF-GDF, Ratp, mineurs, marins, clercs de notaire, militaires, parlementaires, sont montrés du doigt. Ils le sont d’autant plus qu’ils sont déficitaires pour la plupart et font appel au régime général ou à l'impôt pour combler leurs pertes.

La CGT a certes en partie raison quand elle affirme que les régimes spéciaux ne sont qu’une goutte d’eau dans le problème des retraites. Et qu’une éventuelle remise à plat ne suffira pas à combler le trou. Mais elle minimise à dessein les chiffres des personnes concernées, oublie quelques rentes de situation et, surtout, s’arc-boute dans une position de défense catégorielle bien loin de l’équité républicaine. Pour sa part, Force Ouvrière met en garde ceux qui veulent « monter les salariés les uns contre les autres », ce qui est l’éternel argument éculé, voire la menace à peine voilée, pour dissuader quiconque de réformer.

En clair, les syndicats, dont les plus gros bataillons se comptent bien évidemment parmi les régimes spéciaux et dans la fonction publique, veulent que l’on ne touche à rien et que le simple « pékin » continue à payer encore longtemps, par solidarité, pour que le roulant Sncf puisse partir à 50 ans. Mais on ne peut pas d’un côté avaliser la nécessité de faire travailler plus longtemps les seniors et « graver dans le marbre » un système qui permet à quelques-uns de cotiser moins, de partir plus tôt et de gagner plus. Ce qui dépasse l’entendement. C’est bien cette contradiction qu’il faudra résoudre. A moins de vouloir, encore une fois, reporter toutes nos dettes sur les… générations futures.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 10 janvier 2007

Tout est désormais très clair. Dominique de Villepin et Jean-Louis Debré feront tout ce qui est en leur possible pour faire perdre Nicolas Sarkozy. Le premier ne cache pas d’ailleurs qu’il se verrait bien confier un poste d’ambassadeur juste avant ou après l’élection présidentielle. Au pire, il donnerait des cours de relations internationales. Quant au second, il lorgne sur la place de président du Conseil Constitutionnel, même s’il s’en défend. Dès lors, sans soucis du lendemain, quel que soit ou quelle que soit  « le » vainqueur du scrutin, ils multiplient peaux de banane et chausse-trappes, déclarations assassines et sous-entendus affligeants.

C’est la revanche du serpent à plumes dirait Coluche. Les deux fidèles de Jacques Chirac n’ont jamais digéré la trahison de certains avec la candidature d’Edouard Balladur. Ils n’aiment pas non plus les manières à la hussarde d’un Nicolas Sarkozy qui n’est issu ni du sérail, ni de la basse administration. Enfin, pour eux, mettre un « Hongrois » à la tête du pays, c’est un peu trahir les institutions. Et ils préfèrent aujourd’hui risquer de faire perdre leur camp que de perdre leur âme en soutenant quelqu’un qui les a humiliés, négligés ou attaqués en justice. « Les hommes du Président » se jouent ainsi un film dans lequel ils volent la vedette à l’acteur principal qui ose s’attaquer à leur maître vieillissant. Quant à Jacques Chirac, il regarde benoîtement ce jeu d’échec, au-dessus de la mêlée soi-disant, mais, en réalité, étroitement impliqué, « coupable » d’attiser le feu alors qu’il pourrait facilement l’éteindre.

Pourtant, cette « haine » ordinaire, cette politique de la « terre brûlée » commencent à agacer dans les rangs de l’UMP qui voient s’approcher la date des élections, Présidentielle et Législatives, avec une légitime inquiétude. Et ils l’ont fortement manifesté, hier, lors de leur bureau politique, à l’Assemblée. Chaque député, chaque ministre sait en effet que tout est lié et qu’une défaite à l’un des scrutins risque bien d’engager l’autre.

Heureusement, l’effet Juppé est venu contrebalancer quelque peu l’effet désastreux de cette querelle au sommet. L’ancien Premier ministre , qui vise à retrouver une place, toute sa place, sur l’échiquier politique français, a ainsi fait preuve d’un pragmatisme certain en ralliant hier Nicolas Sarkozy. Les deux hommes sont certes très différents, mais aucun n’est assez fou pour refuser de collaborer ensemble. Reste à savoir si cela sera… suffisant.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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