Le Makalu est resté silencieux depuis le 28 janvier. Et, hier, à Katmandou, les derniers espoirs se sont envolés avec le retour bredouille du second hélicoptère de secours. Jean-Christophe Lafaille, guide de haute montagne et professeur à l’ENSA, a donc choisi de rester éternellement sur le cinquième plus haut sommet du monde. Au plus près des étoiles, de "ses" étoiles aux noms prestigieux et inquiétants d’Annapurna, de Shisha-pangma, de Daulaghiri, de Nangat Parbat, de Broad Peak et de tant d’autres.
Reinhold Messner était son maître et l'Himalaya sa passion. Jean-Christophe Lafaille savait qu'il défiait le temps et les tempêtes, qu'il n'était qu'un "géant" de la montagne en sursis, mais c'était aussi un de ces Chamoniards têtus, digne héritier du Lyonnais Maurice Herzog, qui se jouait des vents et des éléments comme d’autres des déferlantes et des courants.
Il collectionnait les ascensions en solitaire, interprétait les couloirs neigeux tel un virtuose, passait indifféremment de la « Divine Providence » au Grand Pilier d’Angle à la face Sud du Fou et accumulait les exploits dans des endroits dont les noms seuls font frissonner. Jamais prétentieux, ce petit bonhomme par la taille savait communiquer son enchantement au retour d’une course. Il parlait alors de ce « moment magique » qui fait que l’on est à la fois « terriblement fragile et immensément puissant ».
On ne saura jamais si Jean-Christophe Lafaille est parvenu au sommet du Makalu. Mais qu'importe puisqu'il a atteint son but et rejoint les Pierre Beghin, Benoît Chamoux, Chantal Mauduit et Eric Escoffier au paradis blanc, fier sans doute de s'être toujours aventuré là où, comme le disait encore Messner, "aucun être n'est jamais allé, là où personne ne peut plus vous suivre, ni vous... comprendre".
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La dernière route maritime du Clémenceau prend des allures d'épopée fantastique. Notre porte-avions n'en finit pas, en effet, de susciter allers-retours et controverses. Vendu d'abord aux Espagnols en 2003 pour être désamianté, mais "détourné" au large de la Sicile alors qu'il prenait la direction d'Izmir, ramené ensuite à Toulon puis renvoyé en Inde sans être sûr d'y arriver, voilà désormais l'ancien fleuron de notre flotte freiné par Bruxelles et suspecté d'être un "déchet" ambulant par la Commission européenne.
La bataille de chiffres que se livre la classe politique en France au sujet du chômage devient désormais intolérable et inacceptable. Plus personne ne sait qui croire. Et plus personne ne fait plus confiance à... personne. Mardi, le gouvernement Villepin nous annonce un neuvième mois consécutif de baisse du chômage et 300.000 emplois CNE signés. Mais, hier, l'Office européen des statistiques tempère le "triomphalisme" ambiant en ne voyant dans ce recul qu'un effet du traitement social et du nettoyage statistique.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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