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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 6 juin 2006

Il y a quelque incohérence à vouloir créer un « contrat dernière embauche » pour les seniors de plus de 57 ans alors que, à cet âge-là, ils sont dispensés de… recherche d’emploi par les Assedic et l’Anpe. Il y a quelque aveuglement à vouloir faire croire qu’il s’agit juste de compenser quelques trimestres manquants pour permettre d’obtenir des retraites à taux plein alors que le chômage des « vieux » touche en masse les plus de 50 ans. Et que, dès lors, les trimestres défaillants avoisinent plus les… dix ans que les dix-huit mois proposés.

Mais, c’est pourtant la mesure-phare que le gouvernement entend promouvoir ce matin au Conseil économique et social, en s’appuyant sur l’accord cadre signé par les partenaires sociaux le 13 octobre dernier. A croire que le but avoué de cette manifestation est avant tout de saluer le consensus plutôt que de faire œuvre d’imagination.

Officiellement, il est vrai que le taux de chômage diminue avec l’âge et qu’il n’est que de 6% pour les plus de 50 ans. Mais chacun sait que les statistiques sont complètement faussées par les préretraites « aidées » massives de ces dernières années.

C’est vrai qu’il faut changer les mentalités et que la France est sans doute encore le seul pays d’Europe à considérer les plus de 50 ans comme des personnes « âgées », à estimer que les seniors n’ont pas d’expérience à transmettre, qu’ils sont juste bons à faire la sieste et à diminuer le taux de productivité. Mais on peut penser, là aussi, que le secteur public ou semi-public est un des premiers responsables de cet état d’esprit. Aussi, le gouvernement, s’il voulait être encore mieux suivi par les entreprises, devrait pour le moins donner l’exemple et supprimer la retraite à 50 ou 55 ans pour une « certaine » catégorie non négligeable de ses propres agents. Mais il ne faut pas rêver…

Une chose est sûre : mieux vaut entretenir l’activité qu’encourager l’oisiveté. Aussi, à défaut d’être obligé, un jour, d’imposer des « quotas », comme on le fait désormais pour les travailleurs handicapés ou les femmes en politique, il faudrait peut-être réfléchir et innover. Car ce ne sont pas le récent changement de logo de l’agence nationale pour l’emploi, ni le mariage annoncé avec les assedic qui vont « booster » la lutte contre le chômage de cette catégorie de salariés.

Pourquoi ne pas prévoir par exemple des mécanismes qui instaurent plus des contreparties que des subventions ? Ainsi, l’on pourrait imaginer permettre aux entreprises de déduire une partie de leur fiscalité annuelle à concurrence du coût d’un emploi senior créé. Ou reverser, par exemple, un an d’Assedic à la société qui proposerait un CDD d’au moins deux ans à un chômeur indemnisé de plus de 50 ans. On pourrait alors parler de « nourrir » le travail et la valeur ajoutée, et non plus s’activer à compter ou radier les inscriptions à l’Anpe et les dépenses à fonds perdus.

Tout cela nécessite une véritable révolution dans les esprits. Pas obligatoirement du courage, mais du bon sens et l’envie de gagner. Car, pour faire du neuf avec du « vieux », mieux vaut faire simple au lieu de faire… compliqué.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 5 juin 2006

La France est un pays formidable. C’est aussi une « République indivisible, laïque, démocratique et sociale » qui,  selon l’article 1 de sa Constitution, « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens ». C’est ainsi que, ce matin, moins de la moitié du pays ira… travailler. Et, comme d’habitude, la fonction publique, c’est-à-dire les agents de l’Etat et des collectivités territoriales, montrera le « bon » exemple. Les écoles, collèges et lycées seront fermés. Il n’y aura ni cantine, ni garderie. Les administrations feront le pont. Le trafic RATP ou SNCF sera celui du dimanche, c’est-à-dire assuré pour moitié. Les portes des agences EDF seront closes. Et il n’y aura pas de courrier. Tant pis pour les pauvres salariés qui devront faire garder leurs enfants, faire du covoiturage à défaut de prendre le train ou pester contre ce courrier recommandé qui n’arrive pas.

Mais pas question de protester contre cette « solidarité » à deux vitesses instituée par la loi du 30 juin 2004. Car les fonctionnaires « travailleront » virtuellement. Ils perdront une journée de RTT… Quant aux cheminots, ils verront leur temps de travail… annuel rallongé de sept heures, ce qui correspond à quelques poignées de minutes et pincées de secondes quotidiennes. Mais pas question non plus d’accuser les fonctionnaires qui ne sont, finalement, que « victimes » du laxisme de leurs dirigeants. Que faut-il penser en effet d’un pays qui ne parvient même plus à faire appliquer ses lois par son service public ! Et, qui plus est, met des « bâtons dans les roues » à ceux qui tentent de les respecter. En interdisant, par exemple, la circulation des poids lourds.

Aujourd’hui, la seule journée travaillée visant à dégager deux milliards d’euros pour le financement de la prise en charge des personnes âgées et handicapées sera celle des salariés non grévistes et de quelques très rares entreprises citoyennes. C’est ainsi que Total, comme TF1, « offrira » cette journée à ses employés. Car pas moyen de tricher dans le secteur privé. Les entreprises vont, en effet, acquitter une cotisation annuelle de 0,3% versée à la Caisse nationale de solidarité autonome. Mais en sommes-nous tout aussi sûrs pour le secteur public ? Nul doute que la Cour des Comptes nous en donnera bientôt la réponse.

Ce lundi de Pentecôte est l’illustration parfaite de cette fracture sociale que d’aucuns prétendaient corriger. Il est aussi à l’image de notre société, capable tout à la fois de transformer un jour travaillé en jour chômé et de revendiquer plus d’égalité en cultivant les différences. Ce lundi est finalement l’expression navrante d’un pays qui n’est plus… gouverné.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 4 juin 2006

C’est à croire qu’ « elles » ont peur de le manquer. Le 19 juin n’est pourtant, cette année, ni un dimanche, ni un jour chômé. Ni un vendredi, ni un jour férié. C’est bêtement un lundi, tout comme l’accident qui lui aura coûté la vie. Coluche est mort depuis 20 ans, mais plus personne ne « respecte » cette triste date d’anniversaire. Tout le monde court après, ou plutôt avant, de peur que telle ou telle chaîne ne prenne des parts de marché à sa place. Et, surtout, de la juteuse publicité.

France 3 a célébré la mort de l’artiste avec plus d’un mois d’avance sur ses concurrents. Mais une radio périphérique avait déjà donné le ton dès le 25 avril en précisant que c’était complètement légitime puisque Coluche « appartenait à Europe 1 » (sic). Ajoutant cependant : « cela n’empêche pas qu’on fera une deuxième journée en hommage le jour de l’anniversaire de sa mort ». France 3 aussi… le 16 juin.

M6, quant à elle, a programmé une soirée Coluche le 5 juin. TF1 a déjà prévenu les hebdos de télévision qu’elle penserait au grand homme le 9 juin avec un « Top spécial ». Il est vrai que la soirée du 19 juin était déjà réservée pour un match de football de la Coupe du monde. France Inter a prévu une émission le 12 juin. Et l’on attend désormais les dates retenues par Canal +, la Cinq et France 2, pour ne parler que des chaînes historiques. Car les « thématiques, Comédie, Paris-Première et autres ont déjà pris des options. Mais les dates du 13, du 17 et du 18 sont encore libres. Provisoirement !

Ainsi donc, la mode semble prise de « célébrer » l’évènement avant même qu’il ne se produise. Pour de strictes raisons mercantiles. Reste à savoir si cela deviendra une coutume, comme la fête qu’il est de bon ton de souhaiter la veille. Auquel cas, on pourrait proposer d’étaler l’anniversaire de la mort de Jacques Brel sur tout le mois de septembre. Et « Noël » sur tout le mois de décembre. Mais c’est un mauvais exemple car c’est déjà un peu le cas en matière de publicité.

Finalement, il n’y a que les dates anniversaires des grandes guerres ou de la révolution qui ne changent pas ou sont rarement « anticipées ». A croire qu’elles n’intéressent personne en terme de parts de marché. Ni les médias, ni les annonceurs, ni les auditeurs ou téléspectateurs. Sauf pour les… congés.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 3 juin 2006

45% des Français disent souffrir de fatigue visuelle, soit 12% de plus que l’an dernier. C’est ce qui ressort d’un sondage rendu public hier par l’association nationale pour l’amélioration de la vue. Et cette « photographie » chiffrée est tout autant un indicateur de santé publique qu’un baromètre citoyen. Même s’il s’agit avant tout d’impressions plus que de constatations sanitaires, l’alerte est en effet réelle et doit être prise au sérieux.

Sur un plan médical tout d’abord, il faut remarquer que les Français s’inquiètent plus qu’hier de leur bonne vision des choses. C’est ainsi qu’ils ont été 5% de plus cette année, par rapport à l’année dernière, à faire contrôler leur vue. Et la proportion n’est pas négligeable car elle permet aujourd’hui d’affirmer que plus d’un Français sur deux, et pas seulement les porteurs de lunettes, devient soucieux de ses yeux. Il est vrai que notre vision de près est de plus en plus sollicitée. Le travail sur écran, le jeu sur consoles, la conduite automobile ou la télévision sont autant de coupables désignés là où, jadis, cette pathologie concernait surtout les couturières, les brodeuses et les liseuses. Désormais, plus de 20 millions de personnes se plaignent de fatigue visuelle. C’est le nouveau « mal du siècle » qui touche toutes les générations et détrône même le mal de dos.

Enfin, l’actualité quotidienne n’arrange pas les choses et persuade encore plus tout un chacun qu’il a besoin d’éclaircissement. Tant en vision de près qu’en vision de loin. L’avenir reste pour la majorité d’entre nous tout aussi flou que le présent est bouché. Le chômage baisse, mais les créations d’emplois sont rares; le PNB est en hausse, mais la dette des finances publiques aussi ; les réformes sont urgentes, mais toujours différées. Quant aux leaders politiques, ils sont allègrement en train de se « mélanger les pinceaux » et de brouiller les pistes, au grand dam des commentateurs les plus aguerris. Avec, d’un côté, une « Ségolène » qui fait appel à l’armée et, de l’autre, un « Nicolas » qui veut subventionner le culte musulman. C’est le monde inversé. Et les extrêmes de tous bords en restent bouche bée… Bref, 60 millions de Français n’y comprennent plus rien et ont l’impression de « naviguer » dans le brouillard. Quant au crédit de la France à l’étranger, il s’éloigne, lui aussi, à… perte de vue.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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