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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 6 novembre 2006

30 jours ! Les avocats de Saddam Hussein disposent, à partir d’aujourd’hui, de trente jours pour convaincre la juridiction d’appel de modifier la sentence et sauver la tête de leur encombrant client. C’est bien peu quand tout le monde, d’orient en occident, à quelques rares exceptions près, réclame « le » châtiment exemplaire. Les uns pour se venger des humiliations quotidiennes, de l’invasion du Koweït, d’un régime de terreur qui utilisait la torture comme banale procédure. Les autres pour exorciser tous ces vieux démons qui les ont poussé à faire la guerre, pour « excuser » ce manque criant d’armes de destruction massive qui leur ont servi d’alibis et, enfin, pour atténuer cette tenace odeur de pétrole qui flotte continuellement sur le Golfe.

Pour l’honneur de tous, il vaudrait mieux que le dictateur de Bagdad obtienne un semblant gain de cause. Que la commission d’appel trouve, parmi les milliers d’irrégularités constatées, quelques « virgules » qui manquent au dossier et qu’il soit rejugé puis, de nouveau, condamné. Car, pour sauver la « farce », il faudrait épuiser toutes les voies de recours pour enfin se convaincre, de guerre lasse, que, seule, une exécution capitale permettra au pays de tourner la page.

Mais que l’on ne se trompe pas ! Ce n’est pas en supprimant le bourreau que l’on rétablira la paix assassinée dans cette région du monde ! Saddam Hussein, quoique l’on en dise, n’a jamais été le « chaînon manquant » qui poussait Sunnites et Chiites à s’entretuer. Avec lui, disparaîtra sans doute une certaine forme cruelle et sanglante de nationalisme. Mais pour laisser place à quoi ? A un féodalisme qui exécute à tout bout de champ, sacrifie femmes et enfants et tente de se justifier à chaque prière du vendredi ? A un confessionnalisme d’un autre âge où l’on assassine sans pitié ni remords ceux qui n’ont pas la même foi pour les « convertir » et leur assurer un paradis éternel ? Sans doute les deux à la fois. Car l’image des Talibans, jadis encensés, en Afghanistan, hante notre sommeil plus sûrement désormais qu’un Saddam Hussein. Mais il était écrit que l’Irak, pays recréé de toutes pièces par les Britanniques après la première guerre mondiale, retournerait à ses origines abbâssides. Sauf que, à cette époque, cette autre dynastie des califes arabes, qui avait détrôné les Omeyyades, avait aussi fait de Bagdad un brillant centre de… civilisation.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 5 novembre 2006

Faire parler les morts, c’est, avec l'air du temps, la dernière trouvaille politique à la mode. L’ultime recours d’une société en panne d’idoles et d’idolâtrie et, en quelque sorte, l’appel de détresse que l’on adresse à tous les anciens combattants de la terre. Mais s’il suffisait de faire dire aux morts n’importe quoi, gerbes à la main, de déposer fleurs et couronnes sur leur stèle ou leur tombe et de prononcer quelques « Pater » ou autres « Ave » pour s’attirer leur bénédiction ou celle de leurs « orphelins », ce serait quand même trop facile. Pourtant, d’aucuns ne résistent pas à la tentation en ces temps difficiles où la politique est incertaine et la victoire aléatoire. Alors, tous les moyens sont bons. On fait appel aux sentiments, à la mémoire des gens et au supplément d’âme des vivants. Ne reste plus qu’à s’habiller en noir et à porter, avec tristesse et affliction, le deuil de la République.

Pour une « primaire », c’est donc vraiment une « primaire ». Car lorsque l’on entend un candidat à la candidature s’exclamer « Je revendique cette lignée mitterrandienne et j’en suis fière », on réveille, en même temps que l’ancien Président, l’affaire de la Francisque et celle du Rainbow Warrior, les écoutes de l’Elysée et la mémoire de Pierre Bérégovoy. Pour ne parler que de ces quatre exemples d’ordre « juste » que l’Histoire a déjà figés pour l’éternité.

Et quand, hier, à Narbonne, on entend « le » même candidat socialiste se comparer, moustache en moins, à Léon Blum, « éclaireur, visionnaire et homme d’action dont l’héritage nous inspire et nous oblige », on croit rêver et penser que la rénovation prônée prend décidément un sérieux « coup de vieux », nous ramenant à toute volée au Congrès de Tours de 1920. Léon Blum, c’est vrai, préconisait « l’assainissement moral du pays ». Il écrivait aussi, quelques années plus tôt, dans « Du mariage », en 1907, que l’opinion publique devait admettre pour la femme ce qu’elle admet pour l’homme, à savoir l’acquisition de relations sexuelles avant le mariage. Autre temps, autres mœurs et revirement, mais l’homme fut vraiment trop important, toute sa vie, par son courage et son cheminement, pour qu’un candidat d’opportunité veuille aujourd’hui, tout seul, se l’approprier dans son immensité.

Faire parler les morts et profiter, ce week-end, de ce qui n’était pas vraiment un temps de Toussaint, c’est croire à jamais, comme le disait le mystique Auguste Comte, que « ce sont les morts qui dirigent les vivants ». Et ce n’est guère porteur… d’avenir.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 4 novembre 2006

Le marathon de New York, qui se disputera demain dans la ville du même nom, n’est plus une course, c’est une consécration. Ce n’est même plus une épreuve, c’est le dernier salon où l’on court, le passage obligé de tout apprenti porteur de dossard, la « récompense » de tout athlète qui se respecte. Pour comprendre, il faut avoir vécu les « embouteillages » du pont de Verrazano, la traversée de Brooklyn au pas de course et l’entrée triomphale sur Manhattan après le Queensboro Bridge. Et quel bonheur d’atteindre enfin Central Park, ampoules aux pieds, fier d’avoir été applaudi par « le monde entier » qui, du quartier polonais au dernier rond-point italien, a pris définitivement racine dans cette ville cosmopolite. Transformant ainsi 42,195 kilomètres de souffrances en autant de bonheur. Du moins à ce que l’on raconte.

Mais n’a pas le droit de suer et s’épuiser qui veut ! Ne peut craquer, pleurer ou s’effondrer, devant deux millions de spectateurs, celui qui n’a pas pris toutes ses dispositions. Le marathon de New York se mérite. Et, plus qu’une carte d’identité, c’est presque un passeport qu’il faut désormais pour y participer. Avec visa obligatoire. A moins que l’on ne soit invité ou tiré au sort, prédestiné, en quelque sorte, à se faire piétiner par quelques 80.000 pieds. A moins que l’on n’ait payé cher, et d’avance, le droit de se faire transporter sur place, avec quelques amis, chambre à coucher et visite de la ville assortie.

Demain, sur le pavé de « Big Apple » quelques chanceux auront même, peut-être, le plaisir de doubler Lance Amstrong, « anonyme » dans la foule, comme des milliers de « François Pignon »,  mais, paraît-il, déjà bien entraîné. Ils croiseront sûrement quelques vedettes suant sang et eau pour vouloir s’épargner quelques mètres. Mais ils éviteront, c’est promis, de succomber à la tentation de la cannette, cette boisson qui tue à mi-parcours plus sûrement que tous les discours.

Ce matin, ils en rêvent déjà, avec 24 heures d’avance, même s’ils savent qu’ils termineront à plusieurs milliers de foulées du vainqueur. Mais qu’importe le résultat final,  le Marathon de New York est tellement magique qu’il se vit toujours avant même que le départ ne… soit donné. C’est déjà cela de... gagné.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 3 novembre 2006

La guerre était déjà « larvée » entre Bombardier et Alstom, elle est désormais totale. Le groupe français avait déjà reproché au groupe canadien d’avoir usé de sa position dominante pour emporter les marchés des métros de Montréal et de Toronto, il l’accuse désormais d’avoir « triché » sur l’appel d’offres international du Transilien SNCF. Et il a sorti, hier, la «  grosse artillerie » en demandant en référé à la justice administrative« la suspension de la signature du marché ». Mais cette réaction ressemble fort à celle d’un mauvais perdant. D’autant que Anne-Marie Idrac, la nouvelle présidente de la SNCF, a précisé récemment que 5.000 critères avaient été définis pour ce marché et que Bombardier avait parfaitement « joué » sur ces critères, notamment sur la qualité de service et la performance. Enfin, Bombardier a fait une offre inférieure de 9%, ce qui représente, somme toute, pour un contrat de cette envergure, une « économie » à terme d’au moins 28 millions d’euros. Une « paille » !…

Alstom sait, bien sûr, tout cela. Tout comme le groupe n’ignore pas que, par le jeu de la sous-traitance, il devrait récupérer de nombreuses heures de travail et s’assurer de juteuses retombées. Le 25 octobre dernier, les Canadiens se sont même largement « engagés » à associer les Français à ce gigantesque contrat industriel. Mais Alstom a besoin de taper du poing, de montrer qu’il existe et qu’il… résiste. D’appeler à une sorte de « révolution » protectionniste pour convaincre partenaires et amis qu’il a tout fait pour garder le travail au pays, quel qu’en soit le prix. Tout ce tintamarre est plus, en fait, à usage interne qu’externe. Car les syndicats d’Alstom, CGT en tête, ne décolèrent pas. Le staff dirigeant de l’entreprise a, en effet, du mal à faire comprendre que la société puisse être choisie d’un côté comme « mieux-disante » en Chine, avec un contrat de 500 locomotives de fret, et, de l’autre, refusée comme trop chère en France. A moins que le groupe n’ait tablé à tort sur la fibre nationaliste pour asseoir son projet et surgonfler sa facture.

Patrick Kron, le Pdg d’Alstom, doit enfin rassurer les banques après la tempête de 2003. Certes, les comptes sont redevenus plus conformes, mais l’endettement de l’entreprise reste préoccupant et le redressement non garanti.

Il n’en demeure pas moins que cette action en justice fragilise plus encore l’image du groupe à l’extérieur qu’elle ne le conforte. Elle montre qu’Alstom ne fait pas plus confiance aux entreprises publiques ou semi-publiques de son pays qu’à ses concurrents. Semant ainsi partout le doute. Et que la société, peu encline à perdre des contrats, usera de tous les moyens pour les perturber. Comme s’il était plus aisé, plus simple et moins coûteux, de gagner des appels d’offres en étant… procédurier.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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