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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 2 juin 2006

Révolution de palais chez Vinci. Peut-être ! Certes, un vent de moralité et de « bonne gouvernance » semble souffler sur les conseils d’administration des grandes entreprises du CAC 40. Et la confirmation à son poste de Xavier Huillard entraînant, par conséquence, la démission du président Antoine Zacharias montre en tout cas que les actionnaires seront plus regardants désormais sur les salaires de leurs dirigeants. Même si, dans ce cas d’espèce, il aura fallu une lettre de « dénonciation » du directeur général contre son supérieur, adressée à chacun des membres du conseil, pour que l’affaire éclate au grand jour.

Mais, ne nous trompons pas et ne nous leurrons pas. Cette « révolution » chez Vinci n’a été acquise que par deux voix de différence sur seize. Ce qui laisse supposer que sept administrateurs étaient pleinement d’accord avec les pratiques que dénonçait pourtant le numéro 2 du groupe dans son courrier. Pour eux, il n’était pas exorbitant que leur Président bénéficie d’un luxueux pied-à-terre parisien de 50 millions d’euros et d’un confortable salaire, se soit « gavé » largement de stock options, prétende à une retraite complémentaire de 13 millions d’euros et puisse s’octroyer, avec la complicité du « comité des rémunérations », une prime de huit millions d’euros pour avoir négocié le dossier de rachat des autoroutes du Sud de la France. Ils étaient même d’accord pour révoquer le « dauphin » indiscipliné qui, en quelque sorte, « crachait dans la soupe ».

Xavier Huillard déclarait, hier, au Parisien Libéré, qu’il réalisait « maintenant avoir été le paravent honnête d’un homme qui a progressivement entrepris de s’enrichir au-delà de toute raison sur le dos de Vinci ». Il indiquait aussi être tombé en disgrâce parce qu’il avait tenté de s’opposer à une nouvelle prime. Cette dernière affirmation laisse donc entendre que sa « complicité » avait des limites sonnantes et trébuchantes. Car Xavier Huillard, ancien de Polytechnique et des Ponts et Chaussées, faisait partie du groupe depuis dix ans et n’ignorait sans doute rien des pratiques de son mentor. Il avait été débauché de la concurrence à prix d’or. Certes, iI venait juste, depuis janvier, d’être nommé Administrateur Directeur général, mais il était auparavant…Directeur général délégué.

Aujourd’hui, le bon peuple va trouver matière à se rassurer par cet épilogue heureux. Alors qu’il semble bien que ce soit surtout le mariage annoncé de Vinci et de Nexity, par le biais du nouveau dirigeant pressenti Alain Dinin, qui ait fait reculer les administrateurs. La balance a ainsi pesé du bon côté plus en raison de l’inquiétude d’un rapprochement qu’à cause de la… moralité d’un dirigeant.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 1 juin 2006

Ségolène Royal se dévoile peu à peu, au gré de ses déplacements en province et dans les départements. Toujours avec pudeur, certes, mais sans retenue, ni concessions. Et, au fil des jours, il apparaît que la candidate a bien l’intention de frapper les imaginations en reniant la langue de bois. Son « ordre juste » ayant laissé les commentateurs et futurs électeurs un peu sur leur faim, elle est entrée, hier soir, en Seine Saint-Denis, un peu plus dans le vif du débat. Critiquant Nicolas Sarkozy pour son « impuissance » en matière de sécurité, elle a exigé « beaucoup plus » de fermeté. Mais, comme si cela ne suffisait pas, elle a détaillé ses propos, prônant une école des parents obligatoire pour les familles « dépassées » et un internat musclé « de proximité » pour les gamins « qui pourrissent la totalité d’un établissement scolaire ». Elle a également réclamé l’invention de « systèmes massifs de prise en charge des jeunes au premier acte de délinquance », pour les plus de 16 ans, et pratiquement réclamé un « pion » dans chaque classe pour aider les professeurs. Ce qu’elle a appelé le système de « tuteur des collégiens », deux adultes dans chaque classe au lieu d’un, « l’enseignant qui transmet le savoir et un adulte qui établit la discipline ».

Voilà un discours qui va réjouir les tenants de l’ordre et de la mise au pas. Même Nicolas Sarkozy devrait être séduit. Ainsi, quand Ségolène affirme que « il faut revenir à une République du respect, où chacun est à son poste et où chacun est dans son rôle », elle est parfaitement en phase avec le discours du président de l’UMP. On pourrait même presque dire qu’elle va… plus loin. Et que son engagement la place désormais à l’extrême-droite de la gauche. Ce qui ne veut pas dire au « centre ». Car même François Bayrou n’aurait pas osé aller jusque là.

Ah ! Ségolène n’est pas fille de militaire pour rien ! Elle a d’ailleurs publiquement regretté l’abandon de la conscription. Mais la présidente de la région Poitou-Charentes, avec ses idées arrêtées, brouille les pistes et risque d’empoisonner le climat au sein de son propre camp. Car, enfin, les Fabius, Strauss-Kahn, Lang, Jospin et autres candidats non déclarés n’avaient pas, semble-t-il, l’intention d’entonner dans leur programme l’air de l’ordre nouveau et du cantonnement républicain. On en plaindrait presque François Hollande qui apparaît désormais bien mal placé pour rétablir une quelconque discipline dans tout ce fatras d’ambitions et de déclinaisons.

Pendant ce temps, les « Verts », empêtrés dans leurs bulletins de vote marqués au crayon de couleur Cochet ou Voynet, comptent, recomptent et n’arrêtent plus… de compter.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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