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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Jeudi 3 août 2006

Décidément, l’atmosphère est « empoisonnée » en Ukraine. Le héros de la « Révolution orange », l’homme à l’écharpe de couleur et au visage boursouflé par « on ne sait » quel virus étranger, « notre » Viktor Iouchtchenko national, « sanctifié » avant l’heure par les pays occidentaux, va nommer son pire ennemi Premier ministre. Au nom d’une prétendue « realpolitik ». Certes, le pays était sans majorité au Parlement depuis le mois de mars, date à laquelle Viktor Ianoukovitch, l’autre Viktor, a obtenu le plus de sièges et mené une stratégie d’union payante avec deux autres partis dont le versatile parti socialiste, mais la « pilule » est dure à avaler. Oubliés donc les belles promesses de l’hiver 2004, les accents « gaulliens » de la place de « l’Indépendance », la résistance contre Moscou, l’invalidation pour fraude de l’élection de Ianoukovitch et l’organisation d’un « troisième » tour présidentiel inédit. Le vrai courage aurait voulu que le Président dissolve le Parlement ou… s’en aille. Mais le courage n’est pas une vertu politique. Même si certains veulent le faire croire en insistant sur le fait qu’il en fallait à Viktor Iouchtchenko pour rendre son adversaire Viktor Ianoukovitch de nouveau « présentable ». Comme si le « tricheur de Kiev » avait radicalement changé. Comme si l’on pouvait encore oublier les grandes déclarations du style « les électeurs ukrainiens sont parvenus à une élection honnête » ou « je m’engage à détruire le système de corruption » et à défendre « la liberté d’expression et l’indépendance des médias ». Mais, deux ans après, le président ukrainien a « passé la main » et déçu nombre de ses partisans. Il a, certes, quelques excuses, un fils « décadent », une femme dépensière, son désamour avec la « belle Ioula » aux tresses envahissantes, et il pourrait même déclarer : « le gaz russe m’a tuer », mais il lui a manqué ce supplément d’âme qui fait la différence entre les grands hommes et les « porteurs d’eau ».

L’Ukraine va donc connaître à son tour la « cohabitation », cette sorte de perversion des institutions qui, ici comme ailleurs, ou même chez nous, prétend vouloir rassembler ce qui, auparavant, est divisé. En fait, là encore, il ne s’agit que de garder le pouvoir, contre vents et marées. Au risque de tromper les électeurs et de brouiller un peu plus les cartes.

L’homme qui voulait amarrer l’Ukraine à l’Europe a donc changé de cap et de destination. Mais, compte tenu de ce qu’il a peu prouvé, l’Ukraine n’est pas encore sortie de…. l’impasse.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 2 août 2006

Fidel Castro sera-t-il rétabli, le mois prochain, pour prononcer, à La Havane, l’ouverture du quatorzième sommet du mouvement des pays non-alignés ? Rien n’est moins sûr. Mais ce serait un réel coup dur pour Cuba qui doit, en principe, à cette occasion, prendre pour trois ans la présidence de ce mouvement, qui fort de 29 Etats en 1955 en compte aujourd’hui plus de 115. Tout est d’ailleurs prévu pour célébrer avec faste cette désignation. Avec notamment la création d’un site Internet et, surtout, la présence des Russes en tant qu’observateurs, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour une organisation sud-sud qui se voulait et se veut toujours indépendante de la bipolarisation est-ouest. Mais il est vrai que le bloc soviétique est bien mort et que les « Grands » de demain ont désormais pour noms, outre les Etats-Unis bien sûr, l’Inde et la Chine.

Toujours est-il que la maladie de Fidel Castro arrive au plus mauvais moment. D’autant que les non-alignés vont vouloir faire bloc autour de l’Iran, dont ils légitiment les recherches d’enrichissement nucléaire à des fins civiles, et du Liban pris actuellement sous les bombes israéliennes. Le président algérien Bouteflika a d’ailleurs été le premier à réagir, hier, en envoyant ses vœux de prompt rétablissement à Fidel Castro. « Sachez que nous avons besoin de vous, de votre sagesse et de votre compétence »… Abdelaziz Bouteflika, qui, contrairement à l’Egypte, n’est pas, semble-t-il, candidat à la prochaine présidence tournante, craint peut-être un infléchissement du mouvement des non-alignés avec le « passage de témoin » à Raul Castro. Le frère de Fidel, instruit lui aussi chez les Jésuites, est certes souvent considéré comme plus dur et plus sanguinaire, mais il est également plus pragmatique. Dans l’ombre du « Lider maximo », le numéro 2 du régime a ainsi déplacé progressivement sa maîtrise du pouvoir militaire sur la sphère économique. L’armée est aujourd’hui très présente dans les transports et le tourisme, comme si elle préparait la transition du communisme vers un capitalisme d’Etat. A la chinoise ou à la vietnamienne.

Il y a, certes, encore loin de la Coupe aux lèvres et rien ne se fera avant les « funérailles officielles » de Fidel, mais tout semble se mettre en place, en coulisses, pour éviter une rupture brutale en cas de « malheur » ou, pire, une annexion occidentale. L’armée cubaine fait bonne garde autour de Raul Castro. Pas tant d’ailleurs vis-à-vis de l’extérieur que face à « l’ennemi »… intérieur.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 1 août 2006

Un dernier Conseil des ministres, et puis s’en va. Le gouvernement prend aujourd’hui ses quartiers d’été. Ou plutôt devrait. Car la persistance de la canicule sur le front sud-est de la France va maintenir le ministre de la Santé aux arrêts. Même punition pour les ministres des Armées et des Affaires Etrangères qui, guerre du Liban oblige, vont devoir garder l’oreille, et pas seulement l’oreille, collée au « poste ». Décidément, l’été 2006, qui s’annonçait comme un été de salutaire tranquillité pour la majorité au pouvoir, avant la grande épreuve des élections, risque de se réduire comme « peau de chagrin » à quelques jours de repos.

Adieu les cocotiers, les voyages somptueux payés en espèces et autres vahinés. Jacques Chirac, fidèle depuis deux ans à sa nouvelle ligne de conduite d’austérité, met le cap sur Brégançon. Le chef de l’Etat en sera réduit à bronzer caché et à serrer la main de quelques paroissiens à la sortie de l’office du dimanche. Et, comme s’il voulait se venger de cette immobilité forcée, il a demandé hier à son gouvernement « que de nouvelles mesures efficaces pour doper les créations d’emploi soient étudiées au cours de l’été ». A bons entendeurs, Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher, salut. Et jolis devoirs de vacances en perspective pour les conseillers techniques et membres de cabinet. Dominique de Villepin, pour sa part, posera sa tente à Dinard, mais le Premier ministre assure qu’il ne prendra aucune pause. Sauf, peut-être, pour apparaître en caleçon de bain dans les pages intérieures de Paris-Match. Quant à Nicolas Sarkozy, il a jeté son dévolu sur le bassin d’Arcachon, mais fera aussi, sans doute, quelques incursions, pour signer son livre, dans le Midi et à La Baule où il compte de nombreux amis. Pour le ministre de l’Intérieur, ces vacances rimeront avec romance. Tout à ses retrouvailles avec Cécilia, il prendra une grande respiration avant le grand bain de la rentrée. Et il ne viendrait à l’idée de personne de le lui reprocher. Ni même d’oser lui en faire la remarque. Le ministre d’Etat a, en effet, pris une autre dimension au cours des douze derniers mois. En fait, il a fait sienne la célèbre formule de Laurent Fabius à propos de François Mitterrand,« lui, c’est lui, moi c’est moi », et l’applique « à la lettre » dans ses rapports avec Jacques Chirac. Il suffit pour s’en convaincre de lire la page 222 de son livre « Témoignage ». Aussi, tout à son amour retrouvé, il est désormais comme en apnée. Toujours loyal, avec... lui-même, mais jamais aux ordres.

Cet été, Nicolas Sarkozy sera sans doute le ministre du gouvernement le moins à plaindre et le moins stressé. Avec, bien sûr, le ministre des Sports. Le seul finalement qui peut prétendre ne s’être jamais… dopé.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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