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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Samedi 2 septembre 2006

Petite association deviendra grande. C’est tout le mal que l’on peut souhaiter d’abord à « La Diagonale » qui s’est réunie cette semaine en séminaire d’été (encore !) durant trois jours à l’ombre des volcans d’Auvergne, dans l’Allier. Pourtant, le challenge que s’est fixé ce nouveau cercle de réflexion ne manque pas de paradoxes.

Qualifiés par les uns de « faux-nez de l’UMP », par les autres « d’aigris du socialisme », et finalement intriguant tout le monde, ces femmes et ces hommes, qui se décrivent comme « de bonne volonté », se laissent qualifier plus volontiers de « Sarkozistes de gauche ». En clair, ils pensent que gauche et droite ont toutes deux failli dans leur mission de rénovation de la société et, sans renier  leurs valeurs humanistes et progressistes, ils estiment aujourd’hui que seul Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Intérieur UMP, est capable d’incarner avec courage et détermination  la rupture et la réforme. Mais, à en juger par le succès de leur seconde réunion publique, l’idée a déjà fait son chemin et est jugée suffisamment crédible. Jeudi soir, à Vichy, la salle était comble pour venir écouter, réunis sur la même estrade, Claude Malhuret, fondateur de Médecins sans frontières, ancien Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Philippe Sauvannet, ancien secrétaire fédéral du parti socialiste de l’Allier, Bernard Spitz, Conseiller d’Etat et plus proche collaborateur de Michel Rocard quand il était Premier ministre, Brice Hortefeux, actuel ministre des Collectivités territoriales et ami de « trente-et-un » ans de Nicolas Sarkozy et, bien sûr, les membres fondateurs de « la Diagonale » qui les avaient invités. L’ensemble était en effet suffisamment disparate pour poser questions et assurer… la réflexion.

Cette volonté de concilier « l’apparent inconciliable » est certainement à saluer dans notre société éternellement figée entre deux blocs et bien prompte à excommunier tous ceux qui prêchent une large utilisation des « compétences » hors de toutes dénonciations sectaires et dogmatiques. Pour autant, « La Diagonale » ne s’est pas privée de distinguer la notion « d’ordre » prônée tant par Ségolène Royal que par Nicolas Sarkozy. Si elle s’est en effet félicitée d’entendre ce dernier évoquer le nécessaire retour à l’ordre républicain, elle s’est inquiétée du retour à l’ordre moral souhaité par la Présidente de la région Poitou-Charentes et même étonnée du silence gêné du PS à ce sujet.

Les fondateurs de « la Diagonale » ont réaffirmé que leur volonté n’était pas d’adhérer à l’UMP, ni même de fonder un club des « déçus des socialistes », mais de construire avec le candidat qui leur semble le mieux à même de le faire, une société libérale, sans être libertaire, ni liberticide, dans une économie moderne et soucieuse des grands équilibres qui place toujours l’homme au centre de ses préoccupations. Vaste programme, vaste utopie diraient certains ! Pas si sûr, si l’on observe la vague de ralliements politiques en cours, à gauche comme à droite, et la prise au sérieux de ce mouvement par nombre de caciques apparemment installés. La tentative n’est pas nouvelle, certes, mais elle a aujourd’hui l’avantage d’être, sans doute, sans… parti pris.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 1 septembre 2006

Les responsables de l’exécutif seraient bien inspirés de s’inquiéter de la différence de perception qui existe entre la publication des « bons » chiffres du chômage et leur ressenti par la population. Car force est de constater que, malgré le son du clairon officiel, le citoyen met toujours l’emploi au centre de ses préoccupations. A croire qu’il n’est guère convaincu par la baisse annoncée ou qu’il est désormais intimement persuadé que les chiffres sont éternellement… truqués. Ainsi, selon l’enquête barométrique 2006 des ministères de l’Emploi et de la Santé, rendue publique hier, 43% des Français estiment encore que le chômage est la priorité des priorités, devant la pauvreté et même devant la délinquance et l’insécurité.

Ce « décalage » est, certes, bien dans la tradition gauloise de notre pays, mais il traduit, par son ampleur, une fracture si forte qu’aucun remède classique ne semble capable de la réduire. Pour bien faire, on a aujourd’hui l’impression que, seule, la désignation d’un cabinet d’experts indépendants sera susceptible de ressusciter un jour la confiance des Français sur un audit chiffré de la situation. Il est vrai qu’on leur a tellement menti, caché la vérité, qu’ils sont persuadés d’être à tout jamais manipulés par des chiffres qui intègrent, disent-ils, formation ou stages parkings, prennent en compte CDD d’un mois ou d’une journée, excluent étudiants ou non-salariés et rayent parfois pré-retraités ou chômeurs de longue durée qui ne sont plus indemnisés et n’ont plus « d’intérêt » à pointer.Sans parler des déçus de l’ANPE qui, après quelques semaines, voire quelques années de fréquentation, sont désormais persuadés de sa structurelle inefficacité.

Les jeunes générations sont même, sans doute, encore plus sévères envers cette « communication » qu’ils jugent très théorique au regard de leur situation, de celle de leurs copains, de celle de leur parents ou de leurs amis.

Mais il est quand même des raisons d’espérer. Selon l’enquête barométrique précédemment citée, l’on s’aperçoit en effet, que si les attentes vis-à-vis de l’Etat providence sont toujours aussi fortes, une tendance lourde semble se dégager sur la prise en compte « personnelle » des problèmes sociaux. 46% des personnes interrogées attendent certes toujours un effort de l‘Etat protecteur, mais 39% du public, soit un chiffre en hausse de quatre points par rapport à 2002, pensent aussi que ce rôle appartient aussi aux individus et aux familles. En clair, aide-toi et le ciel (ou plutôt l’Etat) t’aidera. Ce qui peut traduire, c’est selon, soit un problème définitif de confiance, soit la certitude que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Et c’est toujours comme cela que débutent… les grandes révolutions.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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