La disparition, dans la nuit de lundi à mardi, d’un petit David de 14 mois est à l’image de notre société d’aujourd’hui. Inexplicable et inexpliquée. Inexplicable d’abord, parce que chacun devine bien qu’un nourrisson ne peut voler ou « s’envoler » de ses propres ailes. Tout comme on ne peut comprendre qu’une société puisse progresser sans règles et sans modèle. Inexpliquée, enfin, car, quels que soient les « alibis » de la mère, et sans vouloir déjà « l’accuser », on ne peut excuser la légèreté avec laquelle elle semblait s’occuper de son enfant. Tout comme on ne peut accepter de légitimer, un jour de plus, la violence ordinaire à l’intérieur de nos cités.
Mais, visiblement, le petit gosse de Redon ne valait guère plus qu’une poubelle et encore moins qu’une cigarette. Couché tout habillé à 18 h 30 et « oublié » toute une nuit. A l’égal de ces parents qui laissent chaque soir leur progéniture courir les rues, incendier des bus, « caillasser » la police et se cacher le portrait derrière d’amples capuches. A l’égal de ces mégots que l’on jette négligemment sur les trottoirs ou dans les caniveaux.
David n’existe déjà pratiquement plus dans ce siècle d’indifférence où l’on surfe sans arrêt sur des nouvelles à chaque fois plus atroces. Mais a-t-il vraiment existé ? Est-il né ou n’a-t-il été qu’un simple jouet, représentation à peine réelle d’un fantasme virtuel ? Il est, en tout cas, l’illustration terrible de cette fausse « innocence » qui, jadis, protégeait nos enfants, contre eux et contre les autres, et qui, aujourd’hui, les accable. On leur pardonnait tout alors, parce qu’ils n’avaient rien, en fait, à se reprocher. On leur passe tout désormais parce qu’on ne peut ou l’on ne veut plus guère les juger. On les entourait alors d’affection et de tendresse, parce qu’ils ne méritaient pas plus, mais pas moins. On les « abandonne » aujourd’hui parce qu’ils dérangent à longueur de temps et réclament, à corps et à cris, leur part d’attention et de considération.
La drame de Redon est aussi le nôtre car, lorsqu’une société n’est plus capable de protéger ses enfants, de les éduquer, voire de les sanctionner, et de les accompagner, elle est vouée, comme David, à la disparition. Corps et… âme.
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La souffrance en direct ! En ce 1er novembre, Maud Fontenoy connaît son chemin de croix sur la route de l’atlantique sud. Hier, grâce au téléphone satellite, elle a pu confier au monde entier qu’elle se battait contre les éléments, affaiblie par deux fractures, l’une au pouce, l’autre au pied, et qu’elle avait beaucoup tremblé, ces jours derniers, « épuisée, en sueur, tremblante de peur »…
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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