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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Jeudi 2 novembre 2006

La disparition, dans la nuit de lundi à mardi, d’un petit David de 14 mois est à l’image de notre société d’aujourd’hui. Inexplicable et inexpliquée. Inexplicable d’abord, parce que chacun devine bien qu’un nourrisson ne peut voler ou « s’envoler » de ses propres ailes. Tout comme on ne peut comprendre qu’une société puisse progresser sans règles et sans modèle. Inexpliquée, enfin, car, quels que soient les « alibis » de la mère, et sans vouloir déjà « l’accuser », on ne peut excuser la légèreté avec laquelle elle semblait s’occuper de son enfant. Tout comme on ne peut accepter de légitimer, un jour de plus, la violence ordinaire à l’intérieur de nos cités.

Mais, visiblement, le petit gosse de Redon ne valait guère plus qu’une poubelle et encore moins qu’une cigarette. Couché tout habillé à 18 h 30 et « oublié » toute une nuit. A l’égal de ces parents qui laissent chaque soir leur progéniture courir les rues, incendier des bus, « caillasser » la police et se cacher le portrait derrière d’amples capuches. A l’égal de ces mégots que l’on jette négligemment sur les trottoirs ou dans les caniveaux.

David n’existe déjà pratiquement plus dans ce siècle d’indifférence où l’on surfe sans arrêt sur des nouvelles à chaque fois plus atroces. Mais a-t-il vraiment existé ? Est-il né ou n’a-t-il été qu’un simple jouet, représentation à peine réelle d’un fantasme virtuel ? Il est, en tout cas, l’illustration terrible de cette fausse « innocence » qui, jadis, protégeait nos enfants, contre eux et contre les autres, et qui, aujourd’hui, les accable. On leur pardonnait tout alors, parce qu’ils n’avaient rien, en fait, à se reprocher. On leur passe tout désormais parce qu’on ne peut ou l’on ne veut plus guère les juger. On les entourait alors d’affection et de tendresse, parce qu’ils ne méritaient pas plus, mais pas moins. On les « abandonne » aujourd’hui parce qu’ils dérangent à longueur de temps et réclament, à corps et à cris, leur part d’attention et de considération.

La drame de Redon est aussi le nôtre car, lorsqu’une société n’est plus capable de protéger ses enfants, de les éduquer, voire de les sanctionner, et de les accompagner, elle est vouée, comme David, à la disparition. Corps et… âme.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 1 novembre 2006

La souffrance en direct ! En ce 1er novembre, Maud Fontenoy connaît son chemin de croix sur la route de l’atlantique sud. Hier, grâce au téléphone satellite, elle a pu confier au monde entier qu’elle se battait contre les éléments, affaiblie par deux fractures, l’une au pouce, l’autre au pied, et qu’elle avait beaucoup tremblé, ces jours derniers, « épuisée, en sueur, tremblante de peur »…

Mais, tant qu’elle ne criera pas grâce, pas question d’aller la secourir, ni de mettre fin à son calvaire. On se contentera de l’entendre pleurer, de lire son carnet de bord « effrayant » et de l’écouter marmonner son « supplice ». On fera mine de croire au miracle qui voudrait que sur la route du cap Horn, elle trouve enfin l’apaisement. Alors que l’on sait fort bien que c’est la tempête et l’hiver austral qui l’attendent de pied ferme, « souriant » d’avance à l’idée de secouer son « petit » bateau d’aluminium de 80 pieds comme un cocotier.

Maud Fontenoy, la petite rameuse de l’Atlantique et du Pacifique réunis, ne veut pas décevoir, ni ses « jeunes marins briards », association dont elle s’occupe activement, ni les « petits aventuriers », son projet pédagogique écologique, ni même son sponsor « L’Oréal » qui serait sans doute effrayé de l’état de son « image ». Mais, justement, d’image, il n’y en a pas. Et c’est cette absence qui nous « sauve » de la pitié et qui « l’enferme » dans son exploit. Vaincre ou mourir à 29 ans ! Mais il faut croire que « cela n’est rien ». « Mourir la belle affaire » disait Jacques Brel, « mais vieillir… ô vieillir ».

Maud Fontenoy a choisi sa vie et son destin, refusant en quelque sorte tout l’amour qu’on lui porte, excluant toute idée de « mourir insignifiant, au fond d’une tisane, entre un médicament et un fruit qui se fane »…

Mais quelle drôle d’idée de vouloir, ainsi, s’offrir le monde à l’envers ! Quelle faute pourrait donc vouloir expier cette jeune femme pour s’imposer, en « pénitence », les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants ! Est-elle « descendue » sur mer pour racheter nos péchés ? Toutes ces questions ne méritent pas réponse et encore moins réflexion. Car il est du propre des aventuriers de ne jamais savoir dans quel guêpier ils se sont fourrés, laissant aux autres, à tous les autres, le soin de s’épuiser… à les analyser.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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