L’homme ne manque pas d’aplomb, mais le procédé est détestable. Non content d’avoir manqué de souffle, pour le moins, lors de son quinquennat, le président de la République a délivré, hier, un véritable discours-programme lors de ses vœux aux forces vives de la Nation. Et, en puisant sans vergogne dans les idées des uns et des autres, de la baisse de l’impôt sur les sociétés à la sécurité sociale professionnelle en passant par la participation des salariés, il a renvoyé socialisme et libéralisme dos à dos. Faisant un peu comme s’il voulait tracer une feuille de route impérative à ses successeurs. Qu’ils soient d’ailleurs de gauche ou de droite. Donneur de leçons à l’éternité des candidats sans jamais avoir eu le courage, en douze ans, de les mettre en œuvre ou de les appliquer.
D’aucuns diront que Jacques Chirac prépare sa sortie, mais on ne peut d’abord que regretter qu’il n’ait pas réussi son entrée. Et qu’il n’ait pas eu toutes ces bonnes idées plus tôt. Mais ne soyons pas dupes. Toutes ces « élucubrations » ne sont que baratin et poudre au yeux destinés aussi bien à contrer Ségolène qu’à mordre Nicolas. Le Président « mine » en quelque sorte le terrain, entretenant le suspense sur son éventuelle candidature, à 74 ans, et le mystère sur le bulletin qu’il déposera dans l’urne. En digne cousin ou petit neveu de Machiavel.
Jacques Chirac ne se fait pas, semble-t-il, à l’idée d’être hors-jeu dans la campagne présidentielle qui s’annonce. Ni d’être le spectateur de son propre déclin. Alors, tel un politicien « éclairé », le Président délivre des messages, philosophe à l’envi sur la société et ses évolutions possibles, plaide pour plus de justice et de modernité et cherche à « baliser » le terrain à quatre mois de l’échéance finale.
« Plus socialiste que lui, tu meurs » pourrait-on dire à entendre Jacques Chirac évoquer la nécessité pour les salariés de bénéficier des profits qu’ils ont contribué à créer et à prendre des « engagements » pour cinq ans. Mais il est bien tard, en cette fin de règne, pour redécouvrir le gaullisme et la participation, le socialisme de Jaurès et le pragmatisme à la Angela Merkel.
Le Président donne finalement l’image de quelqu’un qui ne supporterait pas qu’un autre que lui réussisse à sa place. Alors, il place la barre très haut, assigne des objectifs, stimule tous les appétits et multiplie les promesses. Sans ne plus tenir compte de rien, ni de la « faillite » du pays, ni de l’état désastreux de son service public. Sans se préoccuper de savoir si l’ensemble est réaliste ou si tout n’est qu’utopie. Il lui importe seulement de prendre le peuple à témoin. Histoire de pouvoir dire… demain qu’il était bien le meilleur… aujourd’hui.
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Il est des combats « dérisoires » qui font sourire, mais qui réconcilient avec le genre humain. Ils montrent en tout cas que la mondialisation peut parfois avoir ses limites dès lors qu’elle touche à la fierté, voire à l’orgueil national. Il en est ainsi avec l’affaire Burberry qui, de l’autre côté de la Manche, tourne désormais à l’affaire d’Etat. Avec comparution en février devant une commission de la Chambre des Communes, menaces à peine voilées de « bannissement » et mobilisation quasi générale des « enfants de la marque ».
Une nouvelle fois, la Cour des Comptes met en lumière l’extrême différence entre la générosité des donateurs et l’emploi de leurs dons. Et, surtout, le manque criant d’information des donateurs. Mais, pire encore, après examen des comptes de 32 organismes ayant concouru à l’aide aux victimes du tsunami, elle constate que moins de la moitié de ces organisations méritent un satisfecit. Principales critiques : affectation top lente des dons et financement d’opérations… sans lien avec la catastrophe.
Le plus dur, les premiers jours, c’est de changer de date sans se tromper de chiffres. C’est d’être obligé de réfléchir là où l’on s’était habitué à ne plus penser. 2006, cela faisait parfois plus jeune, plus riche et plus facile. Il en est toujours ainsi avec les années paires. Avec 2007, il va falloir tout réactualiser, les CV, les présentations, les contrats, les négociations et les calendriers. Et puis s’habituer… A la hausse du forfait journalier hospitalier comme aux nouveaux tarifs des cliniques privées. A la refonte du barème de l’impôt sur le revenu comme à la hausse programmée de l’assurance habitation. Mais, paradoxalement, la liste des augmentations est un peu plus courte que d’habitude, enfin moins importante que prévu. Rien du côté de la Poste. Rien non plus question SNCF ou question métro. Aucun frémissement en provenance de gaz de France ou d’EDF. Il y a bien un bruit qui court sur l’augmentation possible du prix de l’abonnement France Telecom, mais personne n’a encore eu le courage de le confirmer. Et la redevance télé, hein ! Aucun bruit non plus de ce côté-là. C’en est même inquiétant. Enfin, question Sécu, pas trop d’inquiétude sinon la satisfaction relative de voir le plafond augmenter.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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