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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 5 janvier 2007

L’homme ne manque pas d’aplomb, mais le procédé est détestable. Non content d’avoir manqué de souffle, pour le moins, lors de son quinquennat, le président de la République a délivré, hier, un véritable discours-programme lors de ses vœux aux forces vives de la Nation. Et, en puisant sans vergogne dans les idées des uns et des autres, de la baisse de l’impôt sur les sociétés à la sécurité sociale professionnelle en passant par la participation des salariés, il a renvoyé socialisme et libéralisme dos à dos. Faisant un peu comme s’il voulait tracer une feuille de route impérative à ses successeurs. Qu’ils soient d’ailleurs de gauche ou de droite. Donneur de leçons à l’éternité des candidats sans jamais avoir eu le courage, en douze ans, de les mettre en œuvre ou de les appliquer.

D’aucuns diront que Jacques Chirac prépare sa sortie, mais on ne peut d’abord que regretter qu’il n’ait pas réussi son entrée. Et qu’il n’ait pas eu toutes ces bonnes idées plus tôt. Mais ne soyons pas dupes. Toutes ces « élucubrations » ne sont que baratin et poudre au yeux destinés aussi bien à contrer Ségolène qu’à mordre Nicolas. Le Président « mine » en quelque sorte le terrain, entretenant le suspense sur son éventuelle candidature, à 74 ans, et le mystère sur le bulletin qu’il déposera dans l’urne. En digne cousin ou petit neveu de Machiavel.

Jacques Chirac ne se fait pas, semble-t-il, à l’idée d’être hors-jeu dans la campagne présidentielle qui s’annonce. Ni d’être le spectateur de son propre déclin. Alors, tel un politicien « éclairé », le Président délivre des messages, philosophe à l’envi sur la société et ses évolutions possibles, plaide pour plus de justice et de modernité et cherche à « baliser » le terrain à quatre mois de l’échéance finale.

« Plus socialiste que lui, tu meurs » pourrait-on dire à entendre Jacques Chirac évoquer la nécessité pour les salariés de bénéficier des profits qu’ils ont contribué à créer et à prendre des « engagements » pour cinq ans. Mais il est bien tard, en cette fin de règne, pour redécouvrir le gaullisme et la participation, le socialisme de Jaurès et le pragmatisme à la Angela Merkel.

Le Président donne finalement l’image de quelqu’un qui ne supporterait pas qu’un autre que lui réussisse à sa place. Alors, il place la barre très haut, assigne des objectifs, stimule tous les appétits et multiplie les promesses. Sans ne plus tenir compte de rien, ni de la « faillite » du pays, ni de l’état désastreux de son service public. Sans se préoccuper de savoir si l’ensemble est réaliste ou si tout n’est qu’utopie. Il lui importe seulement de prendre le peuple à témoin. Histoire de pouvoir dire… demain qu’il était bien le meilleur… aujourd’hui.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 4 janvier 2007

Il est des combats « dérisoires » qui font sourire, mais qui réconcilient avec le genre humain. Ils montrent en tout cas que la mondialisation peut parfois avoir ses limites dès lors qu’elle touche à la fierté, voire à l’orgueil national. Il en est ainsi avec l’affaire Burberry qui, de l’autre côté de la Manche, tourne désormais à l’affaire d’Etat. Avec comparution en février devant une commission de la Chambre des Communes, menaces à peine voilées de « bannissement » et mobilisation quasi générale des « enfants de la marque ».

Thomas Burberry, le créateur, doit s’en retourner dans sa tombe. A double titre. L’apprenti-drapier de Basingstoke, n’aurait sans doute jamais imaginé un tel enracinement dans les consciences collectives, mais il n’aurait sans doute aussi jamais voulu, en 1856, s’installer en Chine. Comment aurait-il pu, en effet, songer, même l’espace d’un instant, faire fabriquer sa gabardine, son Tielocken, son trench et son tartan écossais dans l’Empire du Milieu ? Mais, les « héritiers » du groupe, qui ne sont ni les fils, jadis incapables, ni le groupe Great Universal stores, qui a désormais quitté la maison après 50 ans d’un actionnariat majoritaire fidèle, sont, semble-t-il, guidés par un mauvais génie. En l’occurrence, ils veulent délocaliser l’usine galloise de polos, installée àTreorchy . Avec, en prime, 300 ouvriers sur le carreau. L’affaire ne ferait pas si grand bruit si la firme n’avait fêté l’an dernier, avec faste, ses 150 ans d’existence. Et si elle n’était pas « fournisseur officiel » de la Reine, tout autant un label qu’une reconnaissance et une distinction.

Le projet de la direction a déjà été repoussé de trois mois, mais il menace encore. Alors, tout le monde fait pression, ouvriers, acteurs, comédiens et parlementaires. Même le Prince Charles est sorti de son flegme habituel pour s’enquérir de savoir si le gouvernement ne pouvait pas faire quelque chose. Enfin l’Eglise d’Angleterre « agite » ses millions d’actions comme autant de menaces face à ce crime de lèse-majesté qui choque tout autant le bas peuple que la royauté. La marque va devoir « prouver » qu’elle est déficitaire en restant au pays de Galles et non pas qu’elle peut gagner plus d’argent en vendant son âme à l’étranger. L’affaire est désormais devenue une question de déontologie. Mais tout porte à croire que « Burberry - London » ne sera jamais "Burberry - Pékin".

Et il y a quelque chose de réconfortant de voir que, comme nous, parfois, mieux que nous, souvent, les Anglais puissent être autant… cocardiers.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 3 janvier 2007

Une nouvelle fois, la Cour des Comptes met en lumière l’extrême différence entre la générosité des donateurs et l’emploi de leurs dons. Et, surtout, le manque criant d’information des donateurs. Mais, pire encore, après examen des comptes de 32 organismes ayant concouru à l’aide aux victimes du tsunami, elle constate que moins de la moitié de ces organisations méritent un satisfecit. Principales critiques : affectation top lente des dons et financement d’opérations… sans lien avec la catastrophe.

Certes, l’heure n’est plus à reprocher à certains de s’en mettre plein les poches ou de gaspiller l’argent dans des frais de fonctionnement douteux, comme jadis à l’Arc. Mais savoir, par exemple, que fin 2005, soit un an après la catastrophe, 85% des dons recueillis par la Croix-Rouge française n’avaient pas été utilisés est pour le moins inquiétant. D’autant qu’il en était autant, à 80%, pour le Secours Populaire. Ces deux organismes répondent, bien sûr, que des programmes ont été prévus jusqu’en 2010, et que la totalité des fonds recueillis sera employée, mais les Français avaient sûrement une autre notion de l’urgence quand ils avaient répondu en masse.

Apprendre également que Médecins du Monde a affecté, dès le départ, plus d’un quart des sommes recueillies par courrier pour le tsunami à d’autres causes est pour le moins choquant, sinon plus. Quant à l’ excuse suprême d’indiquer que les principaux donateurs ont été prévenus, un mois après, de cette décision, elle n’est pas acceptable et frise le détournement de fonds. Enfin on ne peut qu’approuver la Cour des Comptes quand elle fustige « Pompiers sans frontières » qui, sans vergogne, a réaffecté 24% des dons.

Ce rapport de la Cour des Comptes montre qu’il y a sans doute encore beaucoup de progrès à faire dans l’action humanitaire et qu’il ne suffit pas de vouloir aider, d’ouvrir un compte postal ou bancaire, pour être efficace et efficient. Il soulève aussi le problème du manque d’engagements clairs, précis et contraignants des organisations vis-à-vis des donateurs. Bref, il semble indiquer qu’il y a désormais urgence à instituer une sorte de code de bonne conduite, un label certifié, pour l’utilisation des fonds privés. Comme d’ailleurs pour l’utilisation des fonds publics. En clair, l’appel à la générosité doit avoir ses limites, sinon ses frontières, celles de… l’incompétence et du manque de transparence.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 2 janvier 2007

Le plus dur, les premiers jours, c’est de changer de date sans se tromper de chiffres. C’est d’être obligé de réfléchir là où l’on s’était habitué à ne plus penser. 2006, cela faisait parfois plus jeune, plus riche et plus facile. Il en est toujours ainsi avec les années paires. Avec 2007, il va falloir tout réactualiser, les CV, les présentations, les contrats, les négociations et les calendriers. Et puis s’habituer… A la hausse du forfait journalier hospitalier comme aux nouveaux tarifs des cliniques privées. A la refonte du barème de l’impôt sur le revenu comme à la hausse programmée de l’assurance habitation. Mais, paradoxalement, la liste des augmentations est un peu plus courte que d’habitude, enfin moins importante que prévu. Rien du côté de la Poste. Rien non plus question SNCF ou question métro. Aucun frémissement en provenance de gaz de France ou d’EDF. Il y a bien un bruit qui court sur l’augmentation possible du prix de l’abonnement France Telecom, mais personne n’a encore eu le courage de le confirmer. Et la redevance télé, hein ! Aucun bruit non plus de ce côté-là. C’en est même inquiétant. Enfin, question Sécu, pas trop d’inquiétude sinon la satisfaction relative de voir le plafond augmenter.

Bref, tout ce que notre petit monde français compte d’entreprises nationalisées, semi-nationalisées, publiques ou semi-publiques, « déguisées » privées ou en passe de l’être, semble se retenir et s’avouer finalement satisfait de son modeste pécule que l’on appelle aussi budget. C’est presque miraculeux. Mais cela n’a lieu que tous les cinq ans et n’a rien de vertueux.

Finalement, une année d’élection, c’est une année entre parenthèses. Les plans sociaux sont priés de se faire discrets ou d’attendre un peu. On y rase gratis ou presque. Personne ne touche aux impôts et nul ne s’avise à promettre misère. A quatre mois du scrutin, il ne faut désespérer ni Billancourt, ni Boulogne et Neuilly. Encore moins Narbonne ou Poissy. Car la victoire se gagne aussi en province et en banlieue. Par ces « petites choses » qui ne sont pas grand-chose, vues de Paris, mais qui représentent des tas de petites économies. Des petits tas comme des gros qui pèsent lourds dans la main qui vote.

A partir de maintenant, il va falloir promettre, mais pas trop, assurer, mais sans plus. Mais, surtout, il va falloir séduire, avec… excès.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 1er février - Media training à SciencesCom

- Les 4 et 5 février - Communication orale à SciencesCom

- Le 12 février - Communication de crise à Centrale

 

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