Bonne année ! Puissions-nous tout oublier de 2006, jusqu’au discours convenu de Jacques Chirac, hier soir, pour repartir enfin du bon pied ! Et aborder l’année nouvelle avec un tas de bonnes résolutions. Comme ne plus fumer, par exemple, avant que la loi ne nous l’interdise. Comme ne plus dépasser la vitesse autorisée avant qu’un PV ne nous sanctionne. Comme, enfin, travailler à la sueur de son front, avant que « les 35 heures » ne nous fassent crier grâce.
Chacun attend beaucoup de 2007. Des allocations, des promesses et du pouvoir d’achat. Du travail, moins d’impôts, moins d’Etat et des retraites. Reste à savoir ce que chacun est prêt à donner en échange. Un peu de temps, de la solidarité et de la citoyenneté ? Ce ne serait pas si cher payé finalement. Si encore, chacun prenait l’engagement, ce matin, au-dessous du gui, après la bise aux enfants et aux grands-parents, d’aller voter au printemps. Au deux tours de scrutin, bien sûr. Et pas « blanc », bien évidemment, puisque cela ne sert à rien et n’est même pas comptabilisé. Alors là, ce serait vraiment une bonne année. Une très bonne année. Qu’importe d’ailleurs le Président élu. Car il faudra bien qu’il gouverne au centre s’il veut rassembler.
Rassembler, le mot est à la mode. Il fait même peur tellement il est à la mode. On l’entend crier de tous côtés, depuis des lustres et une éternité, mais on ne voit rien venir. C’est pour « demain » peut-être. Pour quand les enfants seront grands. Pour quand la gérontocratie politique française aura « fait ses valises ». Pour quand « les poules auront des dents » comme on l’apprend à l’école. A quelle école ? Celle de la République ou celle des cités ? Celle où l’on rackette ou celle où l’on voudrait tous aller, sans carte scolaire ou carte d’identité ? Celle où l’on n’apprend plus à lire, mais à « fumer » et à jouir, enfin pour ceux qui le peuvent encore, ou celle toute mélangée des chef-lieu de canton, faite d’humilité et d’ancestrales traces de doigt sur les tableaux ? Parlons d’autre chose…
Car 2007, c’est déjà beau comme l’espoir et long comme l’espérance. Rien que de prononcer le dernier chiffre sept ne peut présager rien de mauvais. Il symbolise tous les jours de la semaine et les pétales de rose. Il est tout à la fois la clé de l’apocalypse et de l’Evangile selon Saint-Jean. Mais s’il n’était que cela, ce millésime 2007 serait bien pauvre. L’année 2007 est plus qu’un chiffre, plus qu’un Champagne qui pétille, plus qu’un numéro de funambule. C’est aussi tout un programme. Il ne reste plus qu’à le… demander.
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Le monde soi-disant civilisé n’aura rien trouvé de mieux que de pendre Saddam Hussein haut et court en ce premier jour de la fête musulmane de l’Aïd el-Kébir. Ce ne sont certes pas les Américains qui ont tendu la corde du gibet, mais ils en ont donné l’aval et sans doute précipité l’exécution. Ainsi donc, après une parodie de justice, des avocats de la Défense assassinés à répétition et tout un milliard de vraies-fausses bonnes raisons, le coup de grâce d’une hypothétique réconciliation irakienne a été donné par un sacrilège, une tâche sur une fête religieuse sacrée et consacrée au pardon. Tout en ménageant cependant un peu plus, et ce n’est certainement pas une coïncidence, la communauté chiite qui fête l’Aïd avec un jour de retard. Soit seulement à partir d’aujourd’hui.
Deux jours encore pour épuiser 2006 et tout ce qui s’ensuit ! Factures et tout le reste. Deux jours encore à attendre 2007 qui nous promet nouveau Président et beaucoup d’argent ! Le temps est long pourtant qui nous sépare de l’autre rive et de ses larges horizons ! Mais… rêvons encore, rêvons toujours. Tels ces poètes des rues qui chantent et s’entendent Bécaud ou ces filles de petites vertus qui, en belles de nuit, se prennent toutes pour Bardot ! Songeons un peu, songeons beaucoup. A ce réveillon de chimères et d’illusions que le petit Prince, ou son aviateur favori, a préparé pour nous. A ce carrefour des âges que les moins de sept ans peuvent partager sans complexes avec le siècle dernier. A cette histoire de gui et de lauriers que l’on porte sur la tête ou les parvis sans toujours parvenir à s’embrasser.
« Nous avons un thermomètre dont nous communiquons tous les éléments tous les mois de manière transparente ». La réponse de Jean-Louis Borloo à un « collectif » baptisé « les autres chiffres du chômage » est un peu courte, sans doute de bonne foi, mais indigne d’un homme d’Etat. Car le ministre se contente seulement d’indiquer que « les règles de la comptabilisation sont les mêmes depuis 1995, ce sont celles du BIT » sans jamais réfuter les arguments développés par l’association. Pourtant, tout le monde a entendu parler des stages « bidon », des radiations forcées, des temps partiels oubliés, des absents « maladies » et autres laissés pour compte des statistiques. Ces « chômeurs » sont devenus eux aussi « transparents », invisibles pour le ministre et la société. Non indemnisés ou en fin de droits, ils ne méritent même plus d’être comptabilisés. Ils disparaissent dans la nature, « expulsés » des données publiques, permettant au gouvernement d’arborer fièrement une feuille de route de 15% de chômeurs en moins en 18 mois et de moins 10% en un an. Ce qui nous prédit, par cette magie des vases communicants, le plein emploi en moins de dix ans et dix fois plus d’exclus, dans le même temps. La « panacée » comptable et le désastre social.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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