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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Lundi 1 janvier 2007

Bonne année ! Puissions-nous tout oublier de 2006, jusqu’au discours convenu de Jacques Chirac, hier soir, pour repartir enfin du bon pied ! Et aborder l’année nouvelle avec un tas de bonnes résolutions. Comme ne plus fumer, par exemple, avant que la loi ne nous l’interdise. Comme ne plus dépasser la vitesse autorisée avant qu’un PV ne nous sanctionne. Comme, enfin, travailler à la sueur de son front, avant que « les 35 heures » ne nous fassent crier grâce.

Chacun attend beaucoup de 2007. Des allocations, des promesses et du pouvoir d’achat. Du travail, moins d’impôts, moins d’Etat et des retraites. Reste à savoir ce que chacun est prêt à donner en échange. Un peu de temps, de la solidarité et de la citoyenneté ? Ce ne serait pas si cher payé finalement. Si encore, chacun prenait l’engagement, ce matin, au-dessous du gui, après la bise aux enfants et aux grands-parents, d’aller voter au printemps. Au deux tours de scrutin, bien sûr. Et pas « blanc », bien évidemment, puisque cela ne sert à rien et n’est même pas comptabilisé. Alors là, ce serait vraiment une bonne année. Une très bonne année. Qu’importe d’ailleurs le Président élu. Car il faudra bien qu’il gouverne au centre s’il veut rassembler.

Rassembler, le mot est à la mode. Il fait même peur tellement il est à la mode. On l’entend crier de tous côtés, depuis des lustres et une éternité, mais on ne voit rien venir. C’est pour « demain » peut-être. Pour quand les enfants seront grands. Pour quand la gérontocratie politique française aura « fait ses valises ». Pour quand « les poules auront des dents » comme on l’apprend à l’école. A quelle école ? Celle de la République ou celle des cités ? Celle où l’on rackette ou celle où l’on voudrait tous aller, sans carte scolaire ou carte d’identité ? Celle où l’on n’apprend plus à lire, mais à « fumer » et à jouir, enfin pour ceux qui le peuvent encore, ou celle toute mélangée des chef-lieu de canton, faite d’humilité et d’ancestrales traces de doigt sur les tableaux ? Parlons d’autre chose…

Car 2007, c’est déjà beau comme l’espoir et long comme l’espérance. Rien que de prononcer le dernier chiffre sept ne peut présager rien de mauvais. Il symbolise tous les jours de la semaine et les pétales de rose. Il est tout à la fois la clé de l’apocalypse et de l’Evangile selon Saint-Jean. Mais s’il n’était que cela, ce millésime 2007 serait bien pauvre. L’année 2007 est plus qu’un chiffre, plus qu’un Champagne qui pétille, plus qu’un numéro de funambule. C’est aussi tout un programme. Il ne reste plus qu’à le… demander.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 31 décembre 2006

Le monde soi-disant civilisé n’aura rien trouvé de mieux que de pendre Saddam Hussein haut et court en ce premier jour de la fête musulmane de l’Aïd el-Kébir. Ce ne sont certes pas les Américains qui ont tendu la corde du gibet, mais ils en ont donné l’aval et sans doute précipité l’exécution. Ainsi donc, après une parodie de justice, des avocats de la Défense assassinés à répétition et tout un milliard de vraies-fausses bonnes raisons, le coup de grâce d’une hypothétique réconciliation irakienne a été donné par un sacrilège, une tâche sur une fête religieuse sacrée et consacrée au pardon. Tout en ménageant cependant un peu plus, et ce n’est certainement pas une coïncidence, la communauté chiite qui fête l’Aïd avec un jour de retard. Soit seulement à partir d’aujourd’hui.

Le pays va pouvoir se plonger désormais, se vautrer même, dans la haine ordinaire entre deux communautés ayant chacune leurs martyrs, le Raïs pour les Sunnites et tous les autres pour les Chiites. Quant aux Kurdes, ils sont une nouvelle fois orphelins d’un procès qu’ils réclamaient et d’une tribune qui leur aurait bien servis, tant d’ailleurs pour dénoncer Saddam que leurs voisins Turcs. Tous vont bientôt pouvoir maudire en chœur ces Occidentaux qui leur ont volé leur espérance, leur vengeance ou leur dignité.

Et, comme en écho, ce sont hier, quatre attentats sanglants qui ont salué l’étrange nouvelle, faisant un peu moins d’une centaine de morts dans la ville chiite de Koufa et dans deux quartiers du nord-ouest de Bagdad.

Il est tout de même étrange que, seuls, les Etats-Unis, Israël et l’Iran, ennemis jurés, semblent se réjouir ouvertement de l’exécution du tyran. Les premiers parce qu’ils espèrent peut-être que cette disparition définitive va effacer cinq ans d’erreurs successives sur le terrain, le dernier parce qu’il ne voit désormais plus vraiment d’obstacle désigné à la montée de son fanatisme et de son intégrisme dans cette partie du monde.

Saddam Hussein a sans doute eu ce qu’il méritait, mais il était sûrement plus « utile » vivant que mort, plus dérangeant à vie comme prisonnier pour l’éternité des geôles irakiennes que comme victime sacrificielle. Car, en répondant à la barbarie par la barbarie, la pax americana n’a fait en réalité qu’alimenter, par bêtise interposée et faute de calendrier, le sentiment qu’ont tous les Irakiens de vivre en pays… téléguidé.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 30 décembre 2006

Deux jours encore pour épuiser 2006 et tout ce qui s’ensuit ! Factures et tout le reste. Deux jours encore à attendre 2007 qui nous promet nouveau Président et beaucoup d’argent ! Le temps est long pourtant qui nous sépare de l’autre rive et de ses larges horizons ! Mais… rêvons encore, rêvons toujours. Tels ces poètes des rues qui chantent et s’entendent Bécaud ou ces filles de petites vertus qui, en belles de nuit, se prennent toutes pour Bardot ! Songeons un peu, songeons beaucoup. A ce réveillon de chimères et d’illusions que le petit Prince, ou son aviateur favori, a préparé pour nous. A ce carrefour des âges que les moins de sept ans peuvent partager sans complexes avec le siècle dernier. A cette histoire de gui et de lauriers que l’on porte sur la tête ou les parvis sans toujours parvenir à s’embrasser.

Aujourd’hui et demain, tous les délires nous sont permis. « On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère » disait Jean-Jacques Rousseau. Alors, jouissons ! Faisons provision de ce que nous n’avons pas ou de ce que nous avons perdu. Du travail qui nous boude ou de la fiancée qui nous manque, ou l’inverse. Ou les deux à la fois. Laissons place à l’imagination qui voudrait que 2007 soit une année d’opulence. Où la misère n’aurait plus droit de citer au bord du canal Saint-Martin. Où Dominique de Villepin viendrait nous annoncer une grave pénurie de chômeurs. Où Ségolène Royal déciderait de se désister pour Nicolas Sarkozy. Ou bien le contraire. Ou tout bonnement décideraient-ils tous les deux de s’associer. Pourquoi pas ? Le bien de la France et le bonheur des gens méritent bien quelques sacrifices ou maroquins. Et s’ils étaient faits pour vivre ensemble ?

Soyons fous ces deux derniers jours et crions, avec Shakespeare que « c’est perdre la vie que l’acheter par trop de soucis ». Jouons au loto, sortons Champagne et petits gâteaux, portons « nœud pap » et grand chapeau. Rêvons quoi ! D’une année de lumière avec plein d’étoiles de toutes les races et de toutes les religions. D’un ciel d’équilibre entre sécheresse et moussons. De nuages de bonheur et de cumulo-nimbus de gratifications.

Mais, méfions-nous tout de même. Albert Camus nous l’avait enseigné et nous ne l’avons pas cru, « tout le malheur des hommes vient de l’espérance ». Alors gardons-là enfouie au plus profond de nous jusqu’aux douze coups de minuit. Pour pouvoir prétendre ensuite n’y avoir jamais songé. Et ainsi  recommencer… chaque année.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 29 décembre 2006

« Nous avons un thermomètre dont nous communiquons tous les éléments tous les mois de manière transparente ». La réponse de Jean-Louis Borloo à un « collectif » baptisé « les autres chiffres du chômage » est un peu courte, sans doute de bonne foi, mais indigne d’un homme d’Etat. Car le ministre se contente seulement d’indiquer que « les règles de la comptabilisation sont les mêmes depuis 1995, ce sont celles du BIT » sans jamais réfuter les arguments développés par l’association. Pourtant, tout le monde a entendu parler des stages « bidon », des radiations forcées, des temps partiels oubliés, des absents « maladies » et autres laissés pour compte des statistiques. Ces « chômeurs » sont devenus eux aussi « transparents », invisibles pour le ministre et la société. Non indemnisés ou en fin de droits, ils ne méritent même plus d’être comptabilisés. Ils disparaissent dans la nature, « expulsés » des données publiques, permettant au gouvernement d’arborer fièrement une feuille de route de 15% de chômeurs en moins en 18 mois et de moins 10% en un an. Ce qui nous prédit, par cette magie des vases communicants, le plein emploi en moins de dix ans et dix fois plus d’exclus, dans le même temps. La « panacée » comptable et le désastre social.

L’Anpe, tout autant que le ministre, a intérêt à présenter un tel bilan. De plus en plus contestée en externe, et en interne, elle veut désormais présenter aux « usagers » un panel de solutions plus que d’interrogations. Elle doit, en outre, subir depuis peu la concurrence de cabinets privés. Tout en sachant que, en procédant de la sorte, elle se condamne elle-même. Car, elle a le triste paradoxe de ne devoir sa survie qu’à l’échec des mesures pour l’emploi. Mais force est de reconnaître qu’elle se montre bien mieux armée, en vérité, pour radier les inscrits que pour vraiment les réinsérer. Ce qu’elle assume fort bien au demeurant.

Le chômeur « invisible », quant à lui, ne souhaite qu’une chose en cette fin d’année. Que le « thermomètre » soit réparé ou qu’il soit définitivement rangé au rang des accessoires « stupides » qui ne servent à mesurer une moyenne trafiquée. Il cherche encore tout autant l’emploi caché qu’il pourrait mériter que l’aide publique qu’on lui fait benoîtement miroiter. Il rêve peut-être d’un autre indicateur qui obligerait par exemple industriels et administrations à annoncer sur un site unique, dans chaque région, toutes les créations ou disponibilités d’emplois. Ce qui pourrait l’inciter plus fortement et plus directement à y… postuler.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 1er février - Media training à SciencesCom

- Les 4 et 5 février - Communication orale à SciencesCom

- Le 12 février - Communication de crise à Centrale

 

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