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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 28 février 2006

Après réflexion, l’expulsion de Philippe de Villiers, dimanche, lors de la manifestation contre le racisme et l’antisémitisme, a quelque chose d’imbécile et d’indécent. Imbécile parce que la rue n’appartient à personne, pas plus à « SOS racisme » qu’au Front National ou au Parti Communiste, et pas moins non plus. Imbécile aussi parce que l’on ne peut pas appeler « tous les citoyens français à marquer leur rejet de l’antisémitisme et du racisme » pour ensuite vouloir les « sélectionner » ou les trier. Imbécile enfin parce que l’on doit toujours savoir pardonner à la « brebis égarée » si elle a décidé de rentrer dans le rang. A moins de considérer que tel autre parti, hier élitiste ou stalinien, doive le rester pour l’éternité. Cette mise à l’écart est également indécente parce qu’elle fait fi de la mémoire et que si l’on veut toujours respecter l’Histoire, il aurait fallu expulser nombre de donneurs de leçons oublieux de leurs propres persécutions.Tant chez les militants présents qu’au sein des partisans criants.

Bref, cette triste aventure rappelle finalement la répartie pleine d’humour que Roberto Benigni faisait à son fils, dans le film « La vie est belle », en voyant l’ignoble affiche « interdit aux juifs et aux chiens », et que l’on pourrait ainsi plagier : la manif de dimanche dernier était interdite aux araignées, aux Wisigoths et au de Villiers. Par la volonté souveraine de quelques petits chefs et de quelques autres mouvements habilités à décerner par on ne sait quelle autorité, qui un certificat de bonne moralité, qui un permis de bien manifester.

Mais la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, c’est bien plus qu’un défilé et que des paumes ouvertes « touche pas à mon pote » comme publicité. C’est plus qu’un slogan, c’est bien moins qu’une vengeance, ce sont des actes plutôt que des cris. C’est une manière de penser, d’être et d’exister.

D’aucuns diront, à tort ou à raison, que Philippe de Villiers n’était là que pour parader et se servir de cette manifestation comme tribune. Mais c’était aussi le cas de toutes les personnalités présentes, de Nicolas Sarkozy, « interdit » il n’y a pas si longtemps de Martinique, à Lionel Jospin, en passant par Françoise de Panafieu et tant d’autres. Il fallait d’abord être vu, même si l’on était venu parce que l’on était convaincu ou l’inverse.

On peut ne pas être d’accord avec Philippe de Villiers. On peut ne pas l’aimer. Mais on n’a pas le droit d’en faire stupidement un paria de la liberté. Aussi, s’il est un reproche qu’il faut faire également à toutes les autres personnalités de ce défilé, c’est sans doute de ne pas avoir su aller le chercher. De ne pas avoir voulu l’intégrer. Car, dans cette histoire, au lieu de se grandir, ils se sont tous « écrasés ».

A confondre sectarisme et humanisme, on se trompe de combat. A opposer aujourd’hui nationalisme et communautarisme, on ne sert que l’extrémisme de demain, qu’il soit costumé ou… encapuchonné. 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 27 février 2006

Près de 63 millions d’euros pour la filière avicole victime de la grippe aviaire. Et ce n’est sans doute qu’un premier geste. Il faut y rajouter la lutte contre le chikungunya avec 4 millions d’euros pour les Réunionnais les plus vulnérables. 22 millions pour la réponse sanitaire et la prévention et 60 millions pour les entreprises nécessiteuses de cette île de l’océan Indien. Bref, le portefeuille de l’Etat semble désormais grand ouvert. Et ce n’est plus un Premier ministre que l’on reçoit un peu partout, mais un Père Noël ambulant. Dominique de Villepin multiplie les euros comme un autre, jadis, multipliait les pains. Il sort de son panier des petites coupures par millions et les distribue au gré de ses déplacements. Quant à l’ampleur des sommes en question, « déguisée » et minimisée par la nouvelle parité, elle ne semble pas effrayer l’opinion.

Pourtant, voilà un homme généreux que les plus pauvres et les plus malheureux seraient bien inspirés d’inviter de toute urgence. Dans les Assedic de quartier comme dans les banlieues défavorisées, dans les zones inondées comme dans les régions asséchées. Qui ne rêverait pas, en effet, d’être désormais vacciné, piqué, voire décontaminé à coups de subventions, crédits à taux zéro et exemptions de charges ou d’impôts. Qu’ils s’agissent des chômeurs en fin de droit comme des petits employeurs étranglés, des vignerons en mal de surproduction comme des ostréiculteurs sinistrés.

Mais d’où vient cet argent ? De quel budget voté par l’Assemblée ou de quel fonds secrets ? Quelle est donc cette « cagnotte » qui n’attendait qu’une grippe et qu’un moustique pour être distribuée ? Et qui, en prime, au milieu de toute cette détresse, peut s’offrir des « danseuses » tel le tour du monde du Clemenceau.

Personne, bien sûr, ne peut reprocher à un Etat digne de ce nom de pratiquer la solidarité.De venir au secours de ses populations dans la détresse ou dans le besoin. A condition, toutefois, que cette solidarité soit réellement financée. Qu’elle ne soit pas un nouveau tour de passe-passe comptable ou le débit différé de promesses inconsidérées qu’il faudra bien un jour payer. Par taxation d’office, impôt ou autre CSG.

A un an de l’élection Présidentielle, cette débauche de moyens ne manque pas d’interroger quand on connaît l’état de nos finances publiques. Et cette distribution gratuite frise le surendettement quand on sait que, chaque année, désormais, le quatrième trimestre de l’Etat n’est plus… assuré, sauf par des emprunts bancaires.

Ce procès n’aurait sans doute pas lieu d’être si le gouvernement nous disait aujourd’hui ce qu’il compte économiser pour faire face à ces nouvelles « libéralités ». Sur quels crédits, la Recherche, la Défense ou l’Education, il compte rogner. Sur quelles priorités, il compte différer. Cela aurait au moins le mérite de la clarté, ne ferait sûrement pas plaisir à tout le monde, éviterait les grands écarts et donnerait un vrai sens à cette… générosité.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 26 février 2006

Le réveil a été difficile ce matin au Salon de l’Agriculture. Non pas tant parce que les exposants avaient la « gueule de bois » ou que les vaches et les taureaux étaient passablement énervés, mais parce que  tout ce beau monde était en retard sur l’horaire. Le coq n’avait pas chanté sur la Porte de Versailles et, pour la première fois de l’histoire de ce salon, le son de la pendule avait remplacé le caquetage des gallinacés.

Mais c’est ainsi. Pendant dix jours, il va falloir s’habituer à conjuguer veaux, vaches, cochons sans… couvées. A ignorer l’aviculture sans jamais cesser d’en parler. A manger des cuisses de poulet tout en se contentant de regarder les affiches.

Car, quoiqu’il arrive, et quelles que soient les performances de nos élevages de viande, la grippe aviaire sera au « menu » du salon. On l’a bien vu, hier, avec la visite du Président de la République qui a d’ailleurs été égal à lui-même. Compatissant pour l’Ain, encourageant pour les autres, Jacques Chirac a exhorté les Français à acheter du poulet, avec la même passion qui l’amena, jadis, via sa marionnette, à leur proposer des pommes. Il a ainsi distribué conseils culinaires et poignées de main salutaires, joignant le geste à la parole et consommant à pleine bouchée deux ou trois spécimens du pays de Bresse.

Plus vrai que vrai. On se serait cru chez les Guignols de l’Info.

Les professionnels vont devoir s’habituer à cette difficile absence aussi étrangement présente. Obligatoire à la pause déjeuner et inexistante dans les allées. Car, même s’ils voulaient l’oublier, ils seront, chaque jour, rattrapés par le poulet. Chacune des soixante personnalités annoncées voudra en effet y goûter et y aller de son propre couplet sur le sujet. On saura ainsi, par exemple, si Ségolène Royal préfère l’aile ou la cuisse, si Nicolas Sarkozy a une préférence ou non pour le croupion et si Jack Lang garde un faible pour la carcasse. Nul ne voudra être en reste. Nul ne sera avare de solutions. Et s’il y a fort à parier que, cette année, la croupe de la Charolaise sera un peu dédaignée, ce sera, espérons-le, pour la bonne cause, pour sauver tant la filière que... notre santé.

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 25 février 2006

Georges Frèche a finalement bien de la chance d’habiter le Languedoc-Roussillon et non pas le pays de la perfide Albion. Car il a pu ainsi insulter les harkis presqu’en toute impunité sans que nulle commission ne lui en demande raison ou ne lui inflige de punition. Alors que le maire de Londres, Ken Livingstone, lui aussi socialiste travailliste, exclu en 2000 puis réintégré en 2004, s’est fait suspendre un mois pour s’en être pris à un journaliste juif.

Certes, le Président de Région n‘en a pas vraiment fini avec cette affaire puisque le ministre délégué aux Anciens Combattants a saisi la Justice. Mais, d’ici quelques temps, ce dossier, si tant est qu’il soit jugé, sera oublié tout comme l’ont déjà été les multiples errements de ce Montpelliérain turbulent. Le bureau national du Parti socialiste a, bien sûr, condamné les propos « inacceptables » de Georges Frèche, mais avec une telle mollesse que cela frise parfois la dérision. Quant à parler d’exclusion, définitive ou temporaire, comme en Angleterre, cela relève encore de l’utopie dans notre pays. Même Maxime Gremetz, qui avait jadis fendu la foule avec sa voiture lors d’une réception en Picardie, avait été blanchi. Car, au royaume des élus, la France finit par tout pardonner, les condamnations comme les exactions, ou par tout oublier en vertu des intérêts supérieurs des… partis.

Il n’en est pas de même outre-manche où les Français ont découvert avec stupeur qu’il existait une Adjucation panel, sorte d’organisme indépendant chargé de juger le comportement des élus locaux. Et cette commission d’éthique a clairement et unanimement affirmé que le maire de Londres avait manqué de « sensibilité ». Ceci étant dit avec une pudeur toute britannique, mais avec une rigueur qui fait envie.

Car voir le baron Frèche s’esquiver après avoir traité les harkis de sous-hommes alors que Ken le Rouge écope d’un carton de la même couleur, pour avoir comparé un journaliste juif à un gardien de camp de concentration nazi, a quelque chose d’insultant pour l’esprit et la mémoire. Les deux propos sont, en effet, synonymes d’une même idéologie et ne méritent aucune excuse.

Il nous faut donc accepter, encore une fois, de recevoir une belle leçon de démocratie et de vrai respect républicain. Même si cela nous vient d’une… monarchie. 

 

 

 

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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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