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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 24 février 2006

On ne peut qu’être révolté par la découverte en Lozère, hier, de poules pondeuses suspectes. Car les volatiles ont été retrouvés morts sur une aire de pique-nique, sur la commune de… Chirac, sans doute « abandonnés » par un éleveur ou un particulier soucieux de brouiller les pistes. Ou de faire dans la provocation. Au grand dam du département concerné et des autorités qui craignent de devoir tout surveiller, routes et poulaillers. Il n’en reste pas moins acquis qu’il va falloir éviter toute propagation du virus, tant par accident que par… malversation. Et sans demi-mesure. D’autant que, une fois de plus, la contamination a déjà déjoué toutes les prévisions géographiques. Ainsi, alors que l’on attendait la grippe aviaire dans le grand ouest, tous les regards concentrés sur les Landes, la Loire-Atlantique et la Vendée, elle est d’abord arrivée par l’est. Et en force. Et si le communiqué du ministère a fait état pudiquement d’une « forte mortalité », la réalité est encore plus sérieuse puisque plusieurs rumeurs ont déjà fait état d’une mortalité de plus de 80% dans cet élevage de l’Ain qui comptait près de 11.000 dindes. La totalité a d’ailleurs été détruite hier sans délai. Il reste que, aujourd’hui, à défaut d’être totalement sous contrôle, ce dernier département est désormais sous complète surveillance.Tant d’ailleurs pour ses canards, ses poules et ses œufs que pour ses dindes. Et l’on parle déjà d’étendre la vaccination au poulet de Bresse.

Mais, à ce propos, faut-il protéger ou détruire ? Il est des questions qui dérangent. Ainsi, alors que le gouvernement français, par la voix de son ministre Dominique Bussereau, s’est battu pour que l’Europe donne son feu vert à une vaccination, sous conditions, des volailles de quelques zones humides, certains éleveurs haussent la voix pour décliner la piqûre et lui préférer le confinement. Il fallait s’en douter. Car ces éleveurs craignent non seulement que le vaccin « tue » les exportations, mais qu’il puisse également tuer la… commercialisation en France. Car qui voudra, demain, consommer un poulet vacciné ? Qui voudra déguster des œufs de même provenance ? Avec grippe aviaire adoucie garantie, label de qualité et certificat vétérinaire approprié.

Les Français ont en effet retenu, depuis Pasteur, que le vaccin est « une culture microbienne à virulence atténuée que l’on inocule à un individu ou à un animal pour l’immuniser ». Alors, s’ils se félicitent que l’on songe ainsi à protéger les volailles, ils savent bien que ce n’est pas par pure générosité et pourraient redouter que cela n’aboutisse, comme en Lozère, qu’à brouiller… les pistes.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 23 février 2006

Ilan Halimi et Raphaël Clin sont morts pour rien. Mais si l’un bénéficie désormais de la compassion nationale, l’autre n’a même pas droit de citer sur les antennes ou si peu. L’un était jeune, aimait les jolies filles et la téléphonie, l’autre était sportif, aimait sa femme et la gendarmerie. L’un a été torturé sauvagement pendant trois semaines dans un appartement HLM de Bagneux, l’autre a agonisé plusieurs heures sur une route piratée des Caraïbes.

Tous deux ont été victimes de barbares sans pitié ni humanité. Antisémites peut-être, racistes sûrement et assassins au bout du chemin. Et la seule différence entre ces nouveaux scories du genre humain est sans doute que les uns ont pris une part active au drame alors que les autres ont attendu, voire souhaité, qu’il se produise. Dans un cas, ils ont tué et torturé volontairement, dans l’autre, ils ont assisté au « spectacle » et l’ont même encouragé. Qu’importe la couleur de leur peau ou l’alibi de leur communauté.

Mais, ce soir, alors que Dominique de Villepin et Jacques Chirac se rendront en délégation à la grande synagogue de la Victoire à Paris pour entourer la famille Halimi, Stéphanie Clin pleurera toute seule à Saint-Martin Marigot, avec sa fillette de 4 ans, la mort de son mari de 31 ans. Comme si l’indignation collective pouvait encore être sélective devant tant de sauvagerie. Et comme si l’on pouvait mettre en balance d’un côté le poids de l’intolérable antisémitisme primaire à Paris et, de l’autre, la légèreté du racisme « ordinaire » outre-mer.

Cette dernière banalisation n’est pas acceptable. Comme il n’est pas acceptable qu’il ait fallu neuf jours à notre Ministre de la Défense pour s’indigner publiquement, par un communiqué de presse, de la mort et des conditions de l’agonie de ce gendarme de la brigade de Marigot. Et comme il est inquiétant qu’il ait fallu toute l’émotion et les protestations d’une jeune veuve pour que la France métropolitaine puisse enfin apprendre, pour les plus attentifs, que Raphaël Clin était mort pour rien, sous les injures et les applaudissements d’une quarantaine de nos concitoyens des Caraïbes.

On savait déjà que racisme et barbarie étaient de toutes les couleurs et de tous les pays. On ignorait encore qu’ils pouvaient être distingués ou étouffés dans la même patrie, par crainte ou par… diplomatie.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 22 février 2006

Entre grippe aviaire et chasse au « barbare », toute autre information apparaît bien dérisoire. Et pourtant ! Hier, hors des caméras et des effets de manche, l’Assemblée a voté à l’unanimité la proposition de loi sénatoriale renforçant la lutte contre les violences conjugales. Et ce texte qui concerne près de 2 millions de femmes en France, soit une sur sept, prend toute sa dimension quand on sait que, dans notre pays, une femme meurt tous les quatre jours des suites de violences au sein du couple. Comme Julia, morte sur le campus d’Orléans, Marie Trintignant, Sohane Benziane et tant d’autres… Ainsi, et définitivement, n’en déplaise à l’ancien Iman de Vénissieux, il ne sera plus considéré comme « normal » de battre son épouse, sa concubine ou même son ancienne conjointe. Certes, les violences entre époux étaient déjà condamnables, mais, cette fois, leur contexte « familial » sera en plus considéré comme circonstance aggravante.

Mais plus encore que le vote de ce texte, déjà évoqué en première lecture et « réajusté » selon le principe de la navette parlementaire, il nous faut retenir une petite révolution. Tous les députés présents ont en effet salué l’ajout par les sénateurs du terme « respect » dans la phrase traditionnelle, prononcée lors des mariages par les maires, stipulant que les époux se doivent mutuellement « secours, fidélité et assistance ». Car cet ajout, qui ne sera officiel qu’après examen par une commission mixte paritaire et nouveau vote au printemps, constitue en quelque sorte un aveu. Le respect n’allait donc pas de soi dans un couple, qu’il soit marié ou pacsé...

En fait, chacun sait bien qu’il ne va de soi nulle part dans la société actuelle.

Dès lors, on peut considérer que c’est un progrès. Presque un pas de géant. Ainsi, pour la première fois depuis bien longtemps, on va oser demander aux adultes ce que l’on désespère de faire entendre aux enfants. C’est un peu comme si la représentation nationale avait découvert que l’incivilité de la jeunesse passait d’abord, et en priorité, par l’éducation de leurs parents. Et non le contraire...

La société serait-elle en train de changer ? On peut désormais l’espérer. Reste à souhaiter que la loi soit rapidement votée et que l’on se donne aussi les moyens de la faire… respecter.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 21 février 2006

Le Gouvernement s’évertue, par la voix de ses ministres de la Santé et de l’Agriculture, à vouloir rassurer tant les consommateurs que les producteurs de la filière avicole alors qu’il serait sans doute temps, enfin, de vraiment « communiquer » sur le Virus H5N1. C’est-à-dire d’indiquer les précautions à prendre pour acheter ou consommer sain et sauf. Et, en cas de besoin, savoir comment se protéger ? Les questions alimentaires sont, en effet, multiples et toujours, pour l’instant, mal traitées. Comment manger le canard ou le préparer ? Quelle cuisson pour déguster le poulet en toute tranquillité ? Peut-on encore manger des œufs mollets ? Ou du magret de canard en provenance d’Italie ? C’est vrai, il s’agit d’informations basiques, mais ce sont sûrement celles qui conviennent le mieux en de telles circonstances. En tout cas, ce sont celles qui intéressent en premier lieu les consommateurs, plutôt que les grandes incantations du style « mangez du poulet ».

Il en est de même pour les mesures d’hygiène. Car il ne faut pas croire que l’on fera déplacer les pompiers à chaque animal mort signalé. Alors comment faire ? Et, à défaut d’attendre une éternité qu’on vienne les récupérer, faut-il enterrer les oiseaux ainsi trouvés, les mettre à la poubelle ou faut-il les brûler ? Par ailleurs, chacun voudrait bien savoir ce qu’il en est des autres animaux domestiques. On sait déjà que la grippe aviaire du poulet peut se transmettre aux chats. Alors, peut-on encore sans risque caresser son minet favori, celui du voisin ou celui de la gouttière ? Les enfants doivent-ils être protégés de tout contact et porter des gants ? La grippe est-elle dans l’air ou dans l’eau ? Peut-elle se propager aux porcs, aux ovins ou aux bovins ? Par la chaîne alimentaire ou par une simple blessure?

Enfin, en ce qui concerne les professionnels de la filière, il serait sans doute temps que le gouvernement arrête de tout promettre de l’Europe avant même d’en avoir obtenu l’autorisation. Le beurre et l’argent du beurre. Des indemnités, des subventions de solidarité et des vaccinations à tout va qui pourraient tuer nos exportations. Ce qui s’appelle rassurer gratis ou simple effet d’annonce. Car Bruxelles a déjà fait savoir, hier, que l’on n’était pas dans le cas d’indemnisations prévues pour abattages « sanitaires » ou élevages contaminés et que la Commission ne pouvait guère donner son accord à des subventions d’Etat pour lutter contre la baisse des prix ou de la… consommation.

En fait, le gouvernement recherche vainement une communication « Virus mode d’emploi ». Qui n’est, hélas, ni au programme de Sciences Po, ni à celui de l’ENA. Et il s’entremêle entre principe de précaution et anticipation, entre pédagogie et démagogie, alors qu’on lui demande juste de l’information. De la vrai, de la pure, de la solide, de la logique et de la pragmatique, le reste n’étant que rideau de fumée et envolée de… Bussereau.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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