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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mercredi 15 février 2006

Darry Cowl est mort hier à Neuilly, banalement, des suites d’une longue maladie. Son décès ne fera sans doute pas les grands titres aujourd’hui. Pourtant, son départ sonne aussi comme celui d’un morceau de notre vie. Nos enfants n’en ont sans doute jamais entendu parler ou si peu. Ils ne veulent même pas regarder « Le Triporteur » en dvd avec nous, « petits canaillous ». Il est vrai qu’André Darricau, tout comme ses réparties, avait un peu vieilli…

Oh! ce n’était ni un « monstre sacré », ni un grand homme. Ni modèle, ni élégant, ni prix Nobel, ni chien savant. Mais, avec son air ahuri et son bégaiement, il incarnait le rire populaire, franc et gaulois, à la Fernandel et à la Guitry, laissant à d’autres le second ou le troisième « niveau », nouvelle vague ou génération Bardot. Darry Cowl aurait pu tout aussi bien incarner le cinéma muet tant sa seule bobine suffisait à éclairer les visages. A faire rêver le comptable, à dérider le patron et à débrider l’ouvrier. On en oubliait les horaires postés, les rayons pas livrés et le salaire de misère. Il réconciliait en quelque sorte les classes sociales avec ses grimaces, son mégot au bout des lèvres et ses répliques à quatre francs six sous.

C’est vrai,  Darry Cowl ne mérite pas, sans doute, de si grands éloges ou de multiples compliments. Mais sa disparition fait naître tellement de nostalgie qu’il n’était pas si mal finalement.

Et la mort de ce comédien, coincée aujourd’hui entre une grippe aviaire qui menace et un Clémenceau qui recule, c’est aussi la fin d’une certaine France et d’une certaine idée de l’insouciance, la même que celle qui lui faisait jadis accepter de jouer n’importe quel navet pour assouvir sa passion du jeu. La mort de Darry Cowl, c’est la mort d’un artiste qui, après un émouvant dernier tour de piste, s’en va nous zozotant… « Banco! l'un perd et passe, c’est aussi ça la…vie ».

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 14 février 2006

Le « Tigre » risque de s’en retourner dans sa tombe. Comment ! Le bateau qui porte son nom obligé de battre en retraite! Une pirouette de 32.000 tonnes et puis s’en va… La figure ne serait pas glorieuse. Elle n’est pas encore certaine, mais elle se profile à l’horizon depuis que la Cour Suprême indienne a décidé, hier, d’interdire ses eaux territoriales au porte-avions Clemenceau, le temps d’une nouvelle expertise.

D’ores et déjà, et quelle que soit la décision finale, la France est disqualifiée dans cette affaire. Non seulement le ministère de la Défense a fait preuve d’une légèreté coupable dans ce dossier, mais il s’est en plus empêtré dans de sombres calculs de tonnage et de disparition d’amiante. Au point de passer pour un interlocuteur peu sérieux et, surtout, peu crédible.

Enfin, et pour enfoncer le clou, le Conseil d’Etat, qui doit se prononcer jeudi après avoir été saisi par plusieurs associations, devrait suivre les recommandations du Commissaire du gouvernement qui, hier, a demandé la suspension pure et simple du transfert en Inde de l’ancien fleuron de la flotte française. Finalement, ce serait d’ailleurs la meilleure décision et la meilleure solution pour permettre à la France de sauver la face. Cela éviterait même à Jacques Chirac, attendu dimanche à New Delhi, de faire valoir, en coulisses, quelques intérêts bilatéraux bien compris pour forcer la main de « nos amis » indiens.

Voilà en tout cas une affaire qui arrive fort mal à propos pour Michèle Alliot-Marie qui rêvait d’un destin national et qui se retrouve à faire des ronds dans l’eau. Pour n’avoir, sans doute, pas su méditer et retenir cette phrase du grand Georges Clemenceau « l’homme absurde est celui qui ne change jamais ». Pour n’avoir surtout pas admis que le seul avenir promis aux ouvriers d’Alang, dans les conditions actuelles, était de souffrir d’asbestose ou de mourir de mésothéliome. La vraie grandeur serait de faire demi-tour dès aujourd’hui et de se débarrasser ainsi d’un dossier empoisonné et empoisonnant. Moins sans doute pour les relations franco-indiennes que plus sûrement pour… les travailleurs indiens.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 13 février 2006

L’heure n’est plus aux demi-mesures avec l’arrivée de la grippe aviaire, plus particulièrement du virus H5N1, en Grèce et en Italie, et la mort de plusieurs cygnes sauvages, ainsi que l’annonce de cas suspects humains au Nigeria. L’Europe s’apprête donc à prendre des mesures énergiques pour parer à toute éventualité. Et si l’Italie envisage même d’interdire complètement le transport des animaux dans un rayon plus large auprès des zones concernées, la France ne devrait pas être en reste. Il faut donc s’attendre, aujourd’hui ou demain, à l’annonce de mesures de confinement des volailles plus drastiques. Ce qui veut dire, en clair, un confinement des élevages étendu à l’ensemble du territoire national et non plus seulement à 58 départements.

Le problème, avec les autorités, est que plus elles dépensent d’énergie pour vouloir rassurer, plus elles… interpellent. Quant à la population, déjà échaudée par le fameux nuage de Tchernobyl qui devait s’arrêter aux frontières, elle n’ignore pas, quand même, que le propre des oiseaux est de pouvoir se déplacer. Sans égards pour les cordons sanitaires. Dès lors, tous les discours apparaissent une fois de plus très décalés. D’autant que l’agitation des autorités est plus que manifeste. Bref, si l’on voulait vraiment inquiéter, on ne s’y prendrait pas autrement. Tous les ministres sont de sortie, tant le ministre de l’Agriculture que celui de la Santé et celui des Affaires étrangères. C’est à qui aura sa petite phrase ambiguë, du style « il faut garder une vraie sérénité » de Xavier Bertrand à « il n’y a pas de raison d’être inquiet » de Dominique Bussereau. Quant à Philippe Douste-Blazy, il créé une force d’action rapide franco-allemande pour intervenir en Afrique…Car si le dogme est de rappeler que la contamination d’homme à homme ne s’est jamais produite « sur la planète », il n’en reste pas moins que des cas mortels du H5N1 chez l'homme ont déjà été diagnostiqués, notamment en Turquie et en Indonésie.

La grippe aviaire s’annonce déjà comme une calamité. Et de voir les ministres manger du poulet en public ne sera d’aucune utilité tant que nul ne sera en mesure de résoudre l’équation : comment protéger les humains sans risque pour la filière ? Ou... l'inverse.

 

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 12 février 2006

Sept opérations en cinq semaines !  Et aujourd’hui le colon amputé après avoir eu le cerveau trituré. Ariel Sharon n’est plus, désormais, que l’ombre de lui-même et il se débat de scanners en interventions sans jamais quitter un coma « presque » dépassé depuis le 4 janvier. Décidemment, cet homme aura été de tous les combats. Dans la vie comme dans la maladie. Mais on se prend quand même à s’interroger devant tant d’acharnement et si peu de pitié.

Qu’importe que le Premier ministre israélien ait toujours fait cavalier seul. Qu’on l’ait affublé jadis du titre de faucon ou de colombe pour mieux pouvoir le critiquer. Qu’on l’ait accusé de tous les crimes et même surnommé « le boucher de Beyrouth » pour avoir laissé les phalanges chrétiennes de Béchir Gemayel massacrer les camps de Sabra et Chatila, il mérite cependant de mourir dans la dignité.

Qu’importe qu’il représente encore l’ébauche d’une troisième voie au Proche-Orient, entre un Likoud extrême et des travaillistes tempérés, et que son évocation seule puisse décider du sort des élections du mois prochain, il y a quelque chose d’indécent à vouloir le faire ainsi peser dans l’urne. A le rendre arbitre malgré lui d’un scrutin sans merci entre Benyamin Nétanyahou, Amir Peretz et… Shimon Pérès son ami.

Ariel Sharon était un combattant. Mais pour quel profit lui fait-on, semble-t-il, aujourd’hui disputer la bataille de trop ? Celle d’une marionnette qu’il n’a jamais été ou celle d’un moribond qui n’en peut mais ?

Le Premier ministre israélien ne pouvait certes pas s’éteindre un jour de Sabbat, mais, quels que soient ses péchés, il est sans doute temps, désormais,  qu’il puisse mourir… en paix.

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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