Présentation

  • : La Communication de crise
  • jpbusnel
  • : Société
  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Calendrier

Avril 2006
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Commentaires

Mercredi 26 avril 2006

Tchernobyl, c’était aujourd’hui, il y a… vingt ans. Mais, comme une mauvaise farce, la plupart des journaux et médias ont devancé la date anniversaire, qui d’un jour, qui d’une semaine, voire d’un mois, comme si cette prétendue course tardive à l’information avait désormais une quelconque signification. On aurait aimé qu’ils aient été tout aussi prompts, jadis, à informer les citoyens quand le césium 137 envahissait les jardins.

Je m’en souviens très bien pour avoir été, à l’époque, un des rares à agiter le tocsin. A affirmer fort et clair dans les colonnes de « Presse-Océan » et de « L’Eclair », un mois après la catastrophe, que le nuage radioactif, loin de s’arrêter à la frontière, avait déversé son poison sur une langue de terre très large s’étendant de Strasbourg à Ajaccio. Je revenais alors d’une enquête en Allemagne fédérale sur les opposants au nucléaire et j’avais été frappé par la réactivité des autorités sitôt la catastrophe connue. Tout avait été mesuré, étudié, noté et comparé, avec précaution et prudence, pragmatisme et méticulosité. Le phénomène avait été expliqué et commenté et j’avais pu ainsi écrire que les particules de césium 137, en se répandant sur notre sol, commençaient par s’enfouir profondément avant de remonter progressivement. Ce qui laissait présager, à terme, une forte contamination alimentaire par les racines, par l’herbe, par les champignons, puis par le lait...

Mais, contrairement à la RFA qui « fourmillait » de précautions, la France, telle la cigale, s’enivrait de déclarations apaisantes. Le professeur Pellerin, directeur du service central de protection contre les rayonnements ionisants, claironnait que la croissance de la radioactivité restait bien inférieure aux valeurs dangereuses en produisant des données incomplètes. Quant au ministre de l’Industrie du gouvernement Chirac de l’époque, Alain Madelin, il plastronnait de suffisance et d’assurance, avec toute l’autorité que confère l’ignorance.

Aujourd’hui, vingt ans après, tandis que le césium 137, dont la nocivité disparaît au bout de trente ans, est toujours à cinq centimètres de la litière végétale et empoisonne racines et champignons,  la France n’a encore fait ni lumière, ni justice sur ses dysfonctionnements. On ne sait toujours pas si ce sont les scientifiques d’Etat qui ont failli ou leurs supérieurs politiques. Si ce sont les uns qui se sont trompés ou les autres qui les ont muselés. Toujours est-il que les affections de la thyroïde, elles, se sont multipliées de façon anormale dans certains secteurs de l’hexagone, comme en Corse, et qu’elles sont encore sûres, hélas, de progresser. Pas comme… la vérité.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 25 avril 2006

C’est une bien triste révolution qui est en marche au Népal. Sur fond de cruauté, de massacres et d’ignorance. Et plus rien ne semble pouvoir l’arrêter. Ni les balles réelles de forces de police, ni les promesses évasives et tardives du roi Gyanendra. Et hier, tandis que les Etats-Unis ordonnaient à leurs ressortissants de quitter le pays, le sang coulait de nouveau dans la banlieue de Katmandou, faisant craindre le pire pour aujourd’hui. Le peuple n’a en effet plus rien à perdre ou à gagner dans ce petit pays déchiré par 10 ans de guérilla avec les rebelles maoïstes. Alors qu’il vivait déjà de pauvreté, il souffre désormais de pénurie depuis le début du mois. De pénurie d’essence, d’aliments et de médicaments. De pénurie de tout, de liberté comme d’espérance et de bons sentiments. Et il sera encore dans les rues, ce mardi, à l’appel des partis de l’opposition, pour réclamer le rétablissement de la démocratie pluraliste. Un slogan bien trop grand pour lui qui sait à peine parler le népalais, qui est analphabète à 50% et plus pauvre que son voisin du Bangladesh. Alors, il marche sur le palais, comme Forrest Gump courait, sans illusions ni convictions, éternellement écartelé entre opposition et rébellion. Otage et victime de tous les « pouvoirs » ou potentats. Souffrant toujours de n’avoir pu faire le deuil du roi Birendra et ne comprenant rien aux arcanes politiques et idéologiques.

L’armée, seule, permet encore à la dynastie des Shah, qui gouverne le pays depuis 240 ans, de tenir bon. Mais pour combien de temps ? Jusqu’où soutiendra-t-elle Gyanendra, devenu roi par hasard, sinon par trahison, après l’assassinat de son frère, mais se comportant comme un monarque de droit divin ? Ce nouveau roi, cupide et arrogant, a poussé la bêtise jusqu’à supprimer la démocratie parlementaire, péniblement instituée en 1990, et la remplacer l’an dernier par une sorte de monarchie absolue, autoritaire et sanguinaire. Il n’aura réussi finalement qu’à réconcilier entre eux les sept principaux partis politiques et les amener à faire alliance avec la rébellion. Otant ainsi les dernières illusions d’un  peuple racketté et manipulé de tous les côtés.

Quatre fois plus petit que la France, avec une espérance de vie qui ne dépasse pas 62 ans, mais dominant le monde par ses sommets, le Népal n’en peut plus d’espérer que l’on respecte enfin son nom qui signifie « le début d’une nouvelle ère ». 

 

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 24 avril 2006

Le congrès de la CGT, qui s’ouvre ce matin à Lille, aura tout à la fois des airs de fêtes et des allures de règlements de comptes, dans le sens propre du mot. Mais Bernard Thibault espère quand même que la grande victoire contre le CPE mettra un peu en sourdine les revendications à propos des cotisations. Rien n’est moins sûr. Car la CGT a besoin d’unités, « sonnantes et trébuchantes », pour se centraliser ou, plutôt se « confédéraliser » selon le terme choisi. Et si la réforme de Villepin est arrivée fort à point pour occuper pendant deux mois syndicats, fédérations, unions locales et départementales, et les détourner de leurs contestations financières, et si chacun aura encore à cœur de fêter la victoire, il n’est pas sûr que le défunt contrat première embauche parvienne à calmer tous les grincements de dents.

Pourtant, la « révolution » budgétaire qui s’annonce à la CGT a une noble ambition. Il s’agit, comme partout, de prendre aux riches pour donner aux pauvres. De permettre aux fédérations mieux loties de financer des secteurs dégarnis. De « déshabiller » la SNCF et la Métallurgie pour relooker les PME-PMI. En clair, la direction souhaite que les cotisations des membres ne soient plus dictées par chaque syndicat en fonction des reversements qu’il doit effectuer, mais rassemblées et fixées par Paris. Au final, le syndicat de base ne gardera que 33% de la cotisation des adhérents et reversera le « reste » à un organisme chargé de le repartir à son tour entre la confédération et les organisations professionnelles. Il n’aura, dès lors, plus vraiment d’autonomie budgétaire, ni d’autonomie tout court, mais il sera assisté comme un grand, pour le bien de tous. Et pour que tout soit bien clair, même si officiellement ce sont pour des raisons d’abonnement, chaque syndicat devra fournir la liste nominative et l’adresse de ses adhérents pour pouvoir recevoir la publication confédérale mensuelle. Histoire de déjouer les plans malins que l’organisation, forte de nombreuses années de résistance, de militantisme et de débrouillardise en entreprise, ne manquerait pas d’inventer.

Fini donc le « chacun chez soi » et bienvenue aux « tous chez les autres ».

On peut comprendre combien cette réforme fait hurler dans certains secteurs traditionnellement voués à la syndicalisation forcée. Car cette mutation, si elle est acceptée dans son intégralité, devrait mettre à mal certains trésors de guerre et redonner plus de réalité à certains chiffres d’adhérents exagérés. On retiendra seulement qu’elle permettra enfin, peut-être, de vraiment les… compter.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 23 avril 2006

Caprice des Dieux ? Toujours est-il que deux de nos superstars du moment envisagent de prendre leur retraite. L’un, toujours assis, qu’il pleuve ou qu’il vente, en aurait marre de tourner en rond tandis que l’autre, toujours debout, qu’il vente ou qu’il pleuve, ne prendrait plus plaisir à taper dans un ballon. C’est du moins ce que disent les gazettes. On en saura plus pour l’un aujourd’hui, tandis que, pour l’autre, il faudra attendre mercredi.

Ainsi, cet après-midi, sur le circuit d’Imola, Ferrari sera confrontée à un double défi : redonner confiance à ses supporteurs et, surtout, convaincre et rassurer Schumacher en fin de contrat. La Scudéria doit en effet prouver à son pilote qu’elle a les moyens de gagner le championnat et de lui offrir une huitième couronne. Sinon ce dernier aurait de quoi s’interroger. A quoi bon s’installer dans un étroit baquet pour amuser le public. Prendre des risques pour gagner quelques points ou quelque argent. Etre pris tous les dimanches pour jouer les utilités. Bref, faire la saison de trop pour n’avoir pas su s’arrêter. On peut comprendre que Michael Schumacher commence à être un peu blasé. A 37 ans, il a tout gagné, sept titres de champion du monde et, depuis hier, 66 pôles position.

Zidane, quant à lui, est beaucoup plus jeune. Il n’est âgé que de 34 ans et doit encore un an de contrat à son club. Mais, après cinq ans au Real Madrid, on le sent lassé. Il ne court plus comme avant et, surtout, il a, semble-t-il, abandonné tout espoir de gagner un nouveau titre de la Ligue des Champions. Alors il lui reste la Coupe du Monde pour rêver un peu. Quoique, là aussi, il ait fallu le forcer pour le faire sortir de sa retraite internationale décidée en 2004.

Les héros sont fatigués. Immensément riches et épuisés. Eternellement jalousés et toujours obligés de se dépasser. Jadis, dans les cruels jeux du stade, ils étaient éliminés au fil des ans par une sorte de sélection naturelle, blessures ou accidents. On ne se posait guère la question de leur durée. Nul n’ignorait la cruauté de leur situation, faits pour gagner (beaucoup) ou destinés à disparaître. Mais, désormais, grâce aux progrès de la médecine, de la chirurgie et des nouveaux matériaux, chacun, même si le silence est de rigueur, est amené à s’interroger sur leur coûteuse… longévité. 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

.

Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

blog annuaire sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus