Jacques Chirac s’est invité ce soir au journal télévisé de France 2. Le président de la République, étonnamment « absent » des grands sujets de politique intérieure, voire des problèmes de société et de ses convulsions, aurait-il choisi de faire des grandes annonces ou déclarations ? Du style changement de Premier ministre ou doublement du Smic ? Dissolution de l’Assemblée ou décision de se représenter ? Rien de tout cela, en vérité. Ce soir, le chef de l’Etat va sans doute faire un bilan auto-satisfait des réformes engagées et, surtout, exhorter les Français à lui laisser finir son mandat en paix. Il en profitera donc pour appeler à l’union de toutes les bonnes volontés pour triompher du chômage, pour convaincre industriels et patrons de respecter une certaine éthique et pour inciter les Français à tous se rassembler derrière l’équipe de France qui dispute le Mondial de football. En fait, à l’aube des vacances d’été, il va vouloir « disperser » la morosité ambiante et donner une image positive du pays. Histoire sans doute de redonner du punch à la bande à Zidane à la veille d’un France-Espagne de tous les dangers.
Cette intervention, qu’il aurait pu conduire en maillot tricolore, lui servira en quelque sorte de répétition générale avant son allocution du 14 juillet. Mais le Président peut-il encore prétendre entraîner la nation derrière lui ? Toute la question est là. Jacques Chirac a tellement promis depuis 11 ans, tellement assuré et tellement déçu que sa parole n’est plus écoutée avec la même attention. Son obstination à imposer Dominique de Villepin, sa propension à donner des leçons à l’ensemble du monde civilisé, tout en négligeant la pauvreté chez lui, en ont fait un chantre de l’autisme et de l’utopie. Ce soir, le Président va, dit-on, « répondre aux questions d’actualité » et « définir l’action qu’il entend conduire avec le gouvernement et la majorité dans les mois qui viennent ». Cette « transparence » est à saluer, en pleine dérive des institutions et de leur contrôle, tant sur le plan économique, avec la lancinante privatisation Suez-GDF et la crise EADS, que sur le plan judiciaire avec une réforme de la Justice qui tarde, des amnisties suspectes et un statut du chef de l’Etat tombé dans l’oubli.
Jacques Chirac veut-il montrer, à un an de la Présidentielle, qu’il a gardé de la mémoire ? A défaut, chacun pourra constater qu’il a de… l’aplomb.
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L’Allemagne est, certes, très heureuse de sa Coupe du monde, mais la ferveur des Allemands pour cette compétition sportive est plus qu’extraordinaire. A chaque match de la Mannschaft, ils sont ainsi des millions à brandir drapeaux et calicots et à défiler dans les rues de Berlin, Cologne ou Francfort. Jeunes et vieux, filles et garçons portent fièrement le maillot de l’équipe nationale sans se poser de questions. Sans douter de leur sélection. Et cette liesse populaire, noir, rouge et or, contraste singulièrement avec la tiédeur tricolore. En fait, elle pourrait avoir deux explications. La première est que l’Allemagne n’a jamais été sans doute autant soudée par un évènement, 16 ans après une réunification espérée mais, ô combien, douloureuse. Alors que, dans le même temps, jamais la France n’aura autant apparu divisée. Après un quinquennat raté, malgré des élections pleines de promesses. Quant à la seconde explication du phénomène, elle tient sûrement à cette fibre patriotique et à ce sentiment d’appartenance identitaire toujours très vivace outre-Rhin qui, par comparaison, deviennent très fugitifs sur notre territoire. Le peuple allemand se reconnaît dans ses joueurs, dans tous ses joueurs, dans son hymne national et son drapeau, ce qui est loin d’être toujours le cas en France. Enfin, le peuple allemand s’identifie à son entraîneur, ce qui est impensable chez nous depuis Aimé Jacquet.
On croit marcher sur la tête. Arcelor serait en passe de se marier avec Mittal Steel. Ainsi, après cinq mois de conflit, d’OPA hostile et de contre OPA, de déclarations à l’emporte pièces de ministres et d’industriels, les deux géants de l’acier serait sur le point de conclure une paix des « braves », au détriment du troisième larron
Au pied du mur ! Les 24 acteurs français, dont le sélectionneur, de cette coupe du monde 2006 ont désormais le choix entre la qualification et l’humiliation. Entre le sursis et l’hallali. Ce soir, face au Togo, déjà éliminé, ils doivent non seulement gagner mais aussi l’emporter avec deux buts d’écart. En d’autres temps, la tâche aurait semblé facile. Aujourd’hui, elle apparaît démesurée tant les Bleus ont « brillé » jusque là par leur incapacité offensive et leur faiblesse collective. Face à la Suisse et à la Corée du sud, ils n’ont rien prouvé. Sinon qu’ils étaient fatigués, vaguement soudés, peu organisés et médiocrement motivés. On serait, bien sûr, tenté d’en accabler l’entraîneur dont les choix stratégiques ont été pour le moins incertains, variés et changeant avec chaque adversaire. Mais le mal est, semble-t-il, plus profond, né au cœur même d’une sélection de valeureux combattants usés peut-être par le temps. La France de 2006 n’est plus celle de 1998. Le football d’aujourd’hui non plus. N’en déplaise aux nostalgiques et aux raconteurs d’histoire.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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