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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Dimanche 27 août 2006

Ah quel orgueil, ou quelle fierté, il a fallu à cette homme pour refuser pendant quatre ans d’avouer qu’il avait agi au mieux pour le PS ! Pour taire qu’il avait volontairement sacrifié sa propre personne pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être, à savoir les élections législatives à suivre. Quel sens de l’honneur de vouloir ainsi protéger ses troupes du mauvais sort, évitant plus de morts au « champ d’honneur », quitte à être mal compris ! Mais quel dépit aussi, pour lui, de s’apercevoir que personne n’avait compris son geste ! Ni ses ennemis, trop heureux de l’enterrer, ni ses amis, qui n’ont jamais réussi à faire passer le message. A moins, finalement, que ce retrait ne les ait tous arrangés. Eliminant ainsi le « meilleur » d’entre eux pour laisser place à tous les appétits de l’ombre, à tous ces seconds couteaux qui attendent éternellement dans l’antichambre la moindre maladresse et la plus petite indigestion.

Hier soir, Lionel Jospin avait des larmes dans les yeux. Seul dans la tempête de 2002, il est resté seul dans la défaite. Hanté de longues années et condamné à purger sa peine. Accusé jadis de désertion, d’abandon, victime expiatoire de tant de désillusions, il est sorti hier, de son silence, comme on sort de sa retraite, sans recul, ni protection. Comme on sort du bagne, blanchi, osseux et un peu désabusé. L’émotion était si forte qu’elle a submergé les militants et éclairé l’homme d’une nouvelle dimension. Celle d’un être sage, juste et honnête, qui ne sourit pas d’un rire niais, ne compose pas avec « l’ennemi », refuse de trahir ses convictions et ne parle pas pour ne rien dire.

Hier soir, Lionel Jospin a « tétanisé » le PS. Les jeunes élèves socialistes de l’université d’été se sont aperçus qu’il existait encore des professeurs et des maîtres à penser. Hier toujours, les vrais militants ont appris que la politique n’était pas science exacte, que même les plus grands théoriciens pouvaient se tromper et que les meilleurs n’étaient pas à l’abri des erreurs. Hier enfin, les électeurs auront compris qu’une élection n’était pas un diplôme de plus à conquérir, une élection des Miss à réussir ou un titre du Rotary à faire valoir. Tous auront senti sans doute qu’une candidature suprême ne se déclarait pas à main levée, qu’elle ne se décrétait pas à l’arraché ou à la faveur d’une empoignade. Qu’elle n’était ni question de pesée ou de parité, mais de larmes et de sang, de doutes et d’espérances, d’abnégation et de souffrances, de vocation et de désintéressement. Cherchez « l’erreur » !…

Grâce à La Rochelle, l’histoire retiendra désormais que Lionel Jospin s’était sacrifié pour le parti. Ce qui ne veut pas dire, bien sûr, que le parti d’aujourd’hui veuille maintenant se sacrifier… pour lui.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 26 août 2006

« Amis pour la vie »… En posant ainsi, jeudi dernier, sur le balcon de la fédération socialiste de Charente, à la Rochelle, on se demande bien quelle image ont voulu donner les prétendants socialistes ? Car nul ne peut croire vraiment à cette fraternité délicate et affichée, à ces sourires de façade, à cette main sur l’épaule négligemment posée… Trois anciens ministres pour la même ambition. Il ne manquait plus sur la photo que l’ex-Premier d’entre eux, Laurent Fabius, pour figurer cette belle brochette de « Présidents » à l’affiche du menu de l’université d’été. Quatre spécimens de premier choix en guise de poisson dans l’assiette. Mais pas du menu fretin, rien que du requin certifié Atlantique et contemporain.

Chacun d’entre eux se voit très à l’aise dans le costume de l’Elysée, au milieu des ors de la République et des coussins de l’Empire. Ni trop au large, ni étriqué. Ce qui prouve bien que, avec le temps et l’usure des institutions, la fonction a largement perdu de sa superbe. Car enfin, quelle est la personnalité qui, parmi celles auto-désignées ici même, a « révolutionné » la façon de penser de l’opposition. Quelle idée vraiment nouvelle a été apportée au fil des défilés et manifestations ? Quelle générosité s’est dessinée au cours des derniers mois et des dernières semaines ? Quel projet se profile à l’horizon des nouvelles générations ?

Ce sera fort justement le sujet de La Rochelle. Mais il flotte ici comme un parfum de petites trahisons, de chausse-trappes entre amis, pour l’éclosion d’un vrai programme de rassemblement. Bien sûr, chacun se veut du bien, mais évite surtout d’en dire. On ne se veut pas de mal, mais on ne peut tout exiger des autres. On chuchote dans tous les salons, mais uniquement pour ne pas troubler le débat. Car, en démocratie de l’audimat et du sondage star’Ac, c’est toujours le dernier qui parle qui a raison. Bref, les états-majors se toisent et s’entrecroisent, se constituent et s’entretuent. Chacun complote à sa façon et s’évite sans contrefaçon.

Jadis, Le PS était affaire de courants. Aujourd’hui, il est submergé par des vagues de fonds. Et quand, ce soir, le dernier café de la Marine aura fermé, à l’heure où l’on cherche vainement dans le port quelques vestiges sous-marins, la ville résonnera encore de Lionel Jospin et de sa dernière contribution. Sans savoir, pour autant, qui aura décroché… le pompon.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Vendredi 25 août 2006

Il n’est jamais trop tard, dit-on, pour bien faire. Pas si sûr ! Car désormais le monde entier aura compris que la France n’a plus les moyens de ses ambitions. Et ce ne sont pas les 1.600 soldats supplémentaires que Jacques Chirac a finalement décidé, hier soir, d’envoyer au Liban qui  changeront fondamentalement la donne. Enfin, nous sommes encore loin des 3.500 hommes qui devaient être déployés de toute urgence par la communauté internationale avant… demain. Quant à parler d’une Finul élargie de 15.000 hommes pour remplacer tous les combattants israéliens sur le théâtre des opérations, il est sans doute encore trop tôt, hélas, pour en dessiner les contours. Paris envoie donc un renfort « à l’économie » après avoir prétendument obtenu d’Israël et du Liban les « garanties » et les « clarifications nécessaires » au déploiement de la force. Ce qui est sans doute vrai « sur le papier », mais ne sert à rien sur le terrain puisque le vrai danger vient quasi exclusivement du Hezbollah.

Le chef de l’Etat est apparu un peu contraint et forcé. En tout cas, il n’a pas eu d’accent gaullien, hier soir, dans son intervention. Il s’est voulu justifiant plus que convaincant. Et, en brandissant une fois de plus le mythe des liens unissant la France au pays du Cèdre, il n’a trompé que… lui-même.

Le Liban est, en effet, sorti depuis très longtemps de l’orbite hexagonal. Nous ne sommes plus au temps où Napoléon III dépêchait sur place un corps expéditionnaire pour protéger les chrétiens. Si Paris a pu, certes, rêver un moment, après la « victoire » de 1918, de garder son mandat sur le Grand-Liban, en vertu des accords Sykes-Picot, ce fut bien éphémère. Par la faute sans doute au confessionnalisme et à l’hégémonisme maronite. Par la faute aussi au régime de Vichy et à la Syrie. Mais quand l’indépendance fut proclamée en 1943, alors que le Liban était déjà occupé depuis deux ans par la Grande-Bretagne, elle le fut sur les « cendres » des liens historiques avec la France. Par le biais du « pacte national » selon lequel , entre autres, les chrétiens renonçaient à la protection française.

Jacques Chirac semble avoir fait du Liban, depuis l’assassinat de Rafic Hariri, son affaire personnelle, oubliant que ce pays, en raison de la consolidation du confessionnalisme, est devenu, depuis plus de 20 ans, la proie des milices. Cette affection sincère ne devrait pas, pour autant, l’aveugler au point de croire que l’on pourra les désarmer d’un seul coup de cuillère à pot. Or il n’y a pas, dans la résolution 1701, de référence au chapitre VII de la charte de l’ONU permettant de recourir à la force. Pas plus hier soir que la semaine dernière.

Le chef de l’Etat espère cependant que son « geste » aura un effet d’entraînement sur les autres gouvernements européens. L’espoir fait vivre. C’est sans doute aussi ce que doivent souhaiter tous les soldats français en route… pour Beyrouth. 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 24 août 2006

Finalement, Dominique de Villepin et Jacques Chirac ne sont jamais aussi populaires que quand ils ne font « rien ». Les vacances leur profitent et leur redonnent des couleurs, au propre comme au figuré, dans les reportages photos comme dans les études d’opinion. C’est ainsi que, selon le baromètre Ipsos-Le Point, le chef de l’Etat a gagné trois points en août tandis que le chef du gouvernement a enregistré deux points de bonus. Le président de la République profite un peu plus de ce mois d’été car il a eu « l’audace » de beaucoup s’avancer sur la guerre du Liban. Et, s’il n’est pas allé à Beyrouth, il a multiplié les petits sauts d’hélicoptère, à quelques kilomètres de Brégançon, pour dire au monde entier sa façon de penser. Qu’importent d’ailleurs que les actes ne suivent pas. Car, pour les Français, ce sont d’abord les intentions et les effets d’annonce qui comptent. Le « reste » n’est que du domaine de la simple exécution. Même si « ce reste » ne voit jamais le jour, à l’image de certains décrets d’application qui dorment dans les cartons depuis des décennies.

De la même manière, les congés bretons du Premier ministre ont requinqué sa « popularité ». N’ayant rien fait qui puisse contrarier les Français, ni pris des initiatives extravagantes, ni impulsé de nouveaux dossiers brûlants, ni réveillé le CPE, Dominique de Villepin a enregistré sa meilleure côte de satisfaction depuis des mois. Moralité, ne rien dire, ne rien faire, ne rien entendre et bronzer en paix seraient peut-être la meilleure des recettes pour obtenir les faveurs de l’opinion.

Ce matin, à l’Elysée, pour le premier Conseil des ministres de la rentrée, les deux têtes de l’exécutif ont, semble-t-il, décidé de « surfer » ensemble sur les bonnes nouvelles. Seront ainsi confirmées la reprise économique, l’allocation de rentrée universitaire, la baisse du nombre des demandeurs d’emploi et la réflexion au sujet d’un chèque transport. Quant aux sujets qui fâchent, le projet de loi sur la fusion Gdf-Suez et le très probable resserrement des crédits budgétaires, il seront réservés au 7 septembre, jour de rentrée parlementaire.

Dommage que l’été soit déjà presque terminé. On finissait par s’habituer à parler de la croissance sans en percevoir les fruits, à contempler la courbe du chômage sans exiger celle des radiés et à soutenir ardemment le Liban, sans jamais… y aller.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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