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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 26 septembre 2006

Et deux de plus ! L’Europe n’a pas encore de Constitution, mais elle enfle d’importance. Elle ne sait pas encore comment gérer son marché du travail, la libre circulation des biens et des personnes, et instituer une vraie justice communautaire, mais elle accueille à bras «  plus ou moins ouverts » Bulgarie et Roumanie, deux pays champions de la corruption. Elle peine à se protéger contre les risques sanitaires, mais elle intègre deux Etats où la peste porcine fait encore des ravages. Bref, elle n’est qu’une enveloppe vide qui survit grâce à Erasmus, la PAC et l’Euro, mais elle tente encore de se donner cette grande image de « marque » d’ersatz de grand continent.

Ainsi, aujourd’hui, Bruxelles va donner son feu vert, dans l’indifférence générale, à l’entrée de deux nouveaux pays dans la grande famille de l’Europe à compter du 1er janvier prochain. Et, demain, nous serons 27 à espérer parler la même langue sans pour autant vivre mieux ou parier sur un avenir commun.

Mais, quelle est donc cette fuite en avant qui pousse la Commission européenne à accueillir de nouveaux membres avant même que les plus récents soient encore totalement « digérés » ? Est-ce l’illustration de cette politique des petits projets, chère à José-Manuel Barroso, qui vise à se substituer aux grandes ambitions freinées par les « non » français et néerlandais au traité constitutionnel ?

Tout cela semble bien triste, un an avant les 50 ans du traité de Rome, et préfigure sans doute une politique de simple gestion des affaires courantes jusqu’à la mi-2007. D’autant que les changements politiques en cours, tant en France qu’en Grande-Bretagne, n’incitent pas les députés européens à engager la réforme des institutions prévue pourtant depuis 2004.

Mais il y a quand même un paradoxe à vouloir nous expliquer, d’un côté, qu’il est urgent d’attendre en ce qui concerne les Institutions et, de l’autre, qu’il est urgent d’intégrer, même sous… conditions.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 25 septembre 2006

Le sujet est certes délicat. Mais il n’est pas non plus à l’honneur d’un pays réputé pour son bon vivre, sa richesse et sa légendaire neutralité. La réalité est pourtant là, crue et sans appel. La Suisse a décidé, depuis hier, de fermer progressivement sa porte aux étrangers non européens et  définitivement à tous les sans-papiers de la terre, ainsi que de réserver ses emplois en priorité à ses nationaux ou à ceux des pays voisins. Les scores de ce référendum ne font même pas discussion puisque 68% des Suisses se sont prononcés pour plus de sévérité sur l’immigration et 67,8% se sont déclarés favorables au durcissement des conditions d’accès au droit d’asile.

Ce triomphe dans tous les cantons de que l’on appelle, du nom du président de l’Union démocratique du Centre (UDC), les « lois Blocher » ne doit rien au hasard. Cela fait désormais quinze ans que les électeurs sont régulièrement appelés à se prononcer sur des lois plus restrictives de liberté en ce qui concerne les étrangers. Et ce n’est pas fini puisque l’UDC prévoit désormais de s’attaquer aux abus de « naturalisation », exigeant au préalable que les candidats au passeport suisse reconnaissent « sans réserve » la Constitution et « l’ordre juridique » de la Confédération helvétique. Avec cette ultime précision selon laquelle cette exigence « vaut notamment pour les musulmans candidats à la naturalisation », alors qu’elle les concerne surtout.

La Suisse, petit pays de près de 8 millions d’habitants, dont 21% d’étrangers, serait-elle donc devenue xénophobe ? Pour la plupart des observateurs, la réponse est négative, mais le peuple aurait décidé une fois pour toutes de mettre fin aux « abus », quatre lettres qui furent d’ailleurs un slogan de campagne. Ce vote montre en tout cas le grand décalage existant désormais entre la majeure partie des élites intellectuelles, culturelles et religieuses, tous les médias romands, mobilisés contre les lois, et la nation. Quant à l’explication d’un juriste à l’Organisation d’aide aux réfugiés, selon laquelle « le peuple préfère d’abord serrer la vis, quitte à se montrer plus ouvert par la suite », elle n’est guère convaincante. Car ce vote prouve surtout que les « peurs » de l’opinion publique suisse l’ont libérée de ses choix partisans. Cette dernière est désormais en quête d’autorité et de repères. Ici comme ailleurs. Au regard d’une actualité que plus personne ne maîtrise et d’un avenir que tout un chacun… redoute.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 24 septembre 2006

« On ne peut pas simplement utiliser la colère du peuple pour s’exonérer de ses propres choix » déclarait hier François Hollande. Mais, en disant cela, le Premier secrétaire du PS semble vouloir tout à la fois stigmatiser l’attitude de Nicolas Sarkozy et s’affranchir du peuple en refusant son message prétendument « téléguidé ». Alors que  l’Histoire aurait dû lui apprendre que le peuple n’est jamais si fort que lorsqu’il est méprisé. « Lorsqu’un homme a perdu toute responsabilité dans l’espace social et économique, il entre dans une spirale de marginalisation » écrivait Alain Etchegoyen dans « le temps des responsables ». C’est tout le drame du citoyen inconnu en France. Que l’on dorlote, que l’on assiste, que l’on représente et que l’on… oublie.

La société des énarques, des bien-pensants et des « bien-nourris » de la politique a cru qu’elle pouvait se développer sans les hommes, par la vertu des grands équilibres et des valeurs marchandes. Force lui est de faire ou d’essayer de faire, aujourd’hui, machine arrière. Mais elle ne sait pas trop comment s’y prendre. Alors qu’il lui suffirait bien souvent de regarder autour d’elle, en Europe, pour trouver des exemples profitables. Quitte à mettre à mal le mythe de « l’exception française » qui survit à coups de corporatisme et de guerre scolaire.

Mais le veut-elle vraiment ? La question des antagonismes mérite elle-même d’être posée. Car les partis de gauche et de droite recèlent trop d’intelligence pour ne pas avoir, enfin, compris que les « bonnes solutions » n’ont que faire des étiquettes.

Les sondages de la semaine passée montrent au grand jour que la France a plus besoin de réformes que de plates-formes. Et qu’elle mérite d’imaginer son avenir en dehors des discours militants ou partisans. Trois thèmes doivent alors être au centre du débat, éducation, justice et sécurité. Et deux mots d’ordre l’illustrer : participation et imagination. Toute le reste n’est que littérature, caricature d’une société qui vieillit mal et semble vouloir emporter avec elle regrets et désillusions.

La campagne électorale qui s’annonce devra prendre en compte toutes ces aspirations. En passant par la réconciliation des citoyens que le chômage a divisé, que l’égoïsme a enterré et que la fatalité a envahi. Car le découragement n’est jamais porteur d’histoire. Il n’est qu’un rendez-vous raté. Quant au chômage, il n’est que la négation de la création et de la solidarité des hommes ainsi que la démission coupable des institutions qui préfèrent le nourrir que le combattre.

Reste le plus difficile à faire. Sortir de cette carapace d’ « homme moyen » qui, comme l’écrivait Jean-Paul Sartre, se perd « exprès dans l’infini des moyens pour ne pas regarder la fin en face »...

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 23 septembre 2006

« L’ordre juste » ne fait visiblement pas recette, si l’on en croit le dernier sondage Ifop. Seuls, en effet, 16% des sondés estiment que Ségolène Royal est la mieux placée pour lutter contre la délinquance et l’insécurité, contre 77% pour Nicolas Sarkozy. Mais, plus qu’un enseignement politique, ce sont  trois avertissements terribles qu’il convient de tirer de cette « photographie » de l’opinion. 74% des Français veulent ainsi que l’on donne « plus de pouvoir à la police pour lutter contre la délinquance des jeunes dans les cités ». 77% estiment que « la Justice n’est pas assez sévère avec les jeunes délinquants ». Enfin, 88% d’entre eux pensent que « les délinquants multirécidivistes devraient se voir infliger, à chaque nouvelle infraction, une peine plancher automatique ».

Voilà qui se passe de commentaires, même si cette enquête a été réalisée dans « l’émotion » après l’agression de deux CRS aux Tarterets, et montre que le discours sécuritaire sera sans doute au cœur des prochaines élections. C’est d’ailleurs souhaitable pour éviter la multiplication des crises entre police et justice, l’incompréhension grandissante entre les générations et, surtout, la récupération de ce débat par les extrêmes.

L’autisme dans ce domaine des partis traditionnels n’est plus permis aujourd’hui. Quant au recours aux belles formules, il est tout autant dérisoire que pitoyable. Car la France a désormais besoin d’un sursaut républicain dans nombre de domaines pour rétablir l’équité, la liberté, la fraternité et la sécurité. La montée des corporatismes et des injustices, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel, favorise depuis déjà trop longtemps les explosions de colère ou de violence. Même indirectement.

La société française est malade et a besoin de traitement. Chaque jour nous en apporte une preuve supplémentaire. Le refus continuel des contraintes, prôné par une certaine gauche « caviar » et encouragé par les libertaires de tous poils, conduit aujourd’hui certains jeunes à refuser toute idée de devoir ou de service. Qu’il s’agisse de ceux faits à la maison après la classe ou du projet de service civil obligatoire ou même du vote obligatoire. A ce propos, le détail du sondage d’hier dans « 20 minutes » est signifiant puisqu’il nous apprend que 70,3% des jeunes entre 25 et 34 ans sont opposés à cette mesure. Ainsi donc, selon certains, nous serions entrés définitivement dans une ère de droits sans contreparties : droit au logement, droit au travail, droit aux allocations, droit aux vacances, droit à la retraite, droit du sol, etc… Bref, au droit de tout avoir sans jamais rien donner. Ce qui nous conduit inexorablement au droit de tout prendre sans jamais rien respecter. Et ce qui, tout en nous rapprochant de la tyrannie, nous éloigne de la démocratie, tout en nous berçant… d’illusions.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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