Et deux de plus ! L’Europe n’a pas encore de Constitution, mais elle enfle d’importance. Elle ne sait pas encore comment gérer son marché du travail, la libre circulation des biens et des personnes, et instituer une vraie justice communautaire, mais elle accueille à bras « plus ou moins ouverts » Bulgarie et Roumanie, deux pays champions de la corruption. Elle peine à se protéger contre les risques sanitaires, mais elle intègre deux Etats où la peste porcine fait encore des ravages. Bref, elle n’est qu’une enveloppe vide qui survit grâce à Erasmus, la PAC et l’Euro, mais elle tente encore de se donner cette grande image de « marque » d’ersatz de grand continent.
Ainsi, aujourd’hui, Bruxelles va donner son feu vert, dans l’indifférence générale, à l’entrée de deux nouveaux pays dans la grande famille de l’Europe à compter du 1er janvier prochain. Et, demain, nous serons 27 à espérer parler la même langue sans pour autant vivre mieux ou parier sur un avenir commun.
Mais, quelle est donc cette fuite en avant qui pousse la Commission européenne à accueillir de nouveaux membres avant même que les plus récents soient encore totalement « digérés » ? Est-ce l’illustration de cette politique des petits projets, chère à José-Manuel Barroso, qui vise à se substituer aux grandes ambitions freinées par les « non » français et néerlandais au traité constitutionnel ?
Tout cela semble bien triste, un an avant les 50 ans du traité de Rome, et préfigure sans doute une politique de simple gestion des affaires courantes jusqu’à la mi-2007. D’autant que les changements politiques en cours, tant en France qu’en Grande-Bretagne, n’incitent pas les députés européens à engager la réforme des institutions prévue pourtant depuis 2004.
Mais il y a quand même un paradoxe à vouloir nous expliquer, d’un côté, qu’il est urgent d’attendre en ce qui concerne les Institutions et, de l’autre, qu’il est urgent d’intégrer, même sous… conditions.
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Le sujet est certes délicat. Mais il n’est pas non plus à l’honneur d’un pays réputé pour son bon vivre, sa richesse et sa légendaire neutralité. La réalité est pourtant là, crue et sans appel. La Suisse a décidé, depuis hier, de fermer progressivement sa porte aux étrangers non européens et
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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