Mercredi 27 décembre 2006
C’était une dictature, c’est devenu une poudrière. Et ce n’est pas la mort annoncée de Saddam Hussein qui risque de changer les choses. L’Irak est à feu à sang. Sunnites et Chiites se renvoient coups pour coups, sous forme d’attentats sanglants. Et les armées américaines et britanniques sont désormais confinées au rôle de spectateurs impuissants d’une guerre qui les dépasse et les déchire. Washington a échoué dans sa tactique pour sécuriser Bagdad. Et ce malgré de réelles avancées, comme l’élection du Parlement il y a tout juste un an. Mais ce n’est pas suffisant et cela n’a pas empêché les fanatiques de déposer leurs bombes.
Le jour n’est pas si lointain où Américains et Britanniques devront prendre la décision de partir pour éviter de continuer à y mourir. Bêtement, au coin d’une rue ou d’une avenue, en « libérateurs » assassinés. Comme ce week-end de Noël où seize soldats américains ont encore perdu la vie. Mais le pire serait de partir maintenant et de laisser le pays aux mains des factions et extrémistes de tous bords. Avec la loi du sang, de la Charia, de la vengeance et de l’amertume en prime. Et le sourire de contentement de deux pays prédateurs qui s’agitent peu dans l’ombre mais n’en agissent pas moins pour autant, l’Iran et la Syrie.
L’Histoire exigera bien un jour que l’on se repose les vraies questions, même si elles dérangent. Fallait-il intervenir en Irak pour mettre à bas ce dictateur qui, certes, dirigeait le pays d’une main de fer depuis 1979, mais maintenait dans ce recoin du monde un fragile équilibre entre l’Iran des mollah et l’Arabie saoudite des fidèles ? Fallait-il, au nom des droits de l’homme, livrer un homme et un régime à la vindicte publique alors que le chaos est aujourd’hui cent fois plus meurtrier ? Fallait-il enfin rester dans le pays pour tenter d’y installer par la force un ersatz de démocratie à l’occidentale ? Oubliant ainsi que, dans cette partie d’orient compliqué, pas un seul régime ne trouve réellement et historiquement sa légitimité par les urnes ?
La réponse aura sûrement mauvais goût de pétrole, sur fond d’armes de destruction massives jamais trouvées. Mais en attendant, il faut trouver une solution. Ce qui, certes, préoccupe les Etats-Unis, mais pourrait bien aussi, demain, alimenter les cauchemars des… Nations unies.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
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I
l y a quand même une certaine incohérence à souhaiter de bonnes fêtes de Noël et de fin d’année à Oussama ben Laden. Et il n’est pas sûr que ce comportement ne soit pas punissable sous nos latitudes, s’apparentant à l’apologie de crime ou à l’encouragement. Pourtant, José Ramos-Horta, Premier ministre du Timor, n’a pas hésité une seconde à franchir le pas. Mais, outre son message très « fraternel » au chef intégriste terroriste, le prix Nobel de la paix a sans doute poussé le « bouchon un peu loin » en affirmant comprendre les griefs de ben Laden. « à l’encontre de ceux responsables de siècles de souffrances aux musulmans ». Sauf qu’ Oussama ben Laden n’a rien d’un sauveur de l’islam. Il est ainsi responsable de la mort de centaines de musulmans dans ses attentats de Bali ou dans les tours jumelles.
Le prix Nobel de la paix a malheureusement oublié que ben Laden fut, l’espace d’une décennie, le meilleur allié des Etats-Unis contre l’URSS, notamment quand il mis en place avec l’aide de la CIA en 1980, des camps d’entraînement à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Il ne se souvient plus que la haine d’Oussama ben Laden envers les Etats-Unis remonte à la guerre du Golfe et qu’elle traduit plus un état pathologique incertain qu’un raisonnement proprement spirituel.
Enfin José Ramos-Horta fait silence sur les multiples activités du milliardaire saoudien, qui lui ont fait tout autant cultiver la drogue et le pavot qu’alimenter de curieux montages offshores, pour ne retenir que sa prétendue « solidarité », son « amitié » et son amour envers les Palestiniens et souhaiter qu’il les « étende » au reste du monde.
José Ramos-Horta a certes obtenu le prix Nobel de la paix avec l’évêque Carlos Filipe Ximenes Belo. Mais ce n’est sans doute pas une raison suffisante pour en partager la « charité chrétienne » ou… l’aveuglement.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
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Quand le dogmatisme le dispute à l’humanité, la veillée de Noël peut être un peu gâchée.C’est sans doute ce que doivent penser des millions d’Italiens qui ont appris, hier, que l’Eglise catholique avait refusé des obsèques religieuses à Piergiorgio Welby mort mercredi dernier grâce à l’assistance d’un des ses médecins qui a débranché le respirateur artificiel. Ainsi, cet homme de 60 ans, atteint d’une dystrophie musculaire, qui souffrait le martyre, ne pouvait plus marcher, ni se nourrir ou respirer de façon autonome, a été rejeté symboliquement par sa communauté. Renvoyé au purgatoire pour l’éternité. Comme au bon vieux temps de l’ignorance et de l’inquisition !
L’enfer est certes pavé de bonnes intentions. Et Piergiorgio Welby y trouvera sans doute l’apaisement. Reste que si l’on peut admettre que l’Eglise refuse d’apporter sa caution à quelqu’un qui avait manifesté sa volonté de mettre fin à sa vie, on ne peut comprendre cette absence d’humanité dès lors que le sort de ce malade a été « réglé » par quelqu’un d’autre. On peut admettre que la hiérarchie catholique, le Pape en tête, se refuse à « légaliser » le suicide, fut-il motivé par la souffrance et l’impuissance, mais on ne peut que déplorer qu’elle ne sache pas « pardonner » au vu des circonstances. On peut, enfin, entendre Benoît XVI quand il réaffirme l’importance de la vie humaine, « de son premier instant à son issue naturelle », mais on aurait sans doute aimé, en ce soir de Noël, qu’il admette que le maintien en vie de Piergiorgio Welby n’avait rien de naturel, ni même de surnaturel et qu’il n’était que souffrance alimentée de façon artificielle.
Le cercueil de Piergiorgio aura tout juste eu le droit de faire un tour devant l’église Saint-Jean Bosco sous les applaudissements de centaines de personnes émues jusqu’aux larmes. Cet homme n’aura donc pas connu le paradis sur terre, mais nul, ni le dogme, ni la « doctrine », ne peut encore savoir, Dieu merci, s’il ne l’a déjà pas gagné… au-delà.
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Dimanche 24 décembre 2006
Noël, ce sont des milliers de sourires de par le monde. Mais certains sont, parfois, plus importants que d’autres car ils sont tout à la fois annonciateurs de fin de souffrances et porteurs d’espoirs. Deux bonnes nouvelles sont ainsi arrivées juste à temps pour les fêtes. L’une aura permis à Nathalie Gettliffe de sortir de prison pour retrouver sa famille, après huit mois d’enfermement au Canada pour rapt d’enfants. Il reste à espérer que la jeune femme saura désormais trouver cette paix intérieure qui lui sera nécessaire pour bâtir l’avenir avec tous ses enfants. L’autre bonne nouvelle aura redonné un peu d’espoir à cette Palestine déchirée de l’intérieur depuis l’arrivée du Hamas au pouvoir. La poignée de mains entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert symbolise, après six mois de brouille et de silence, et à défaut de mieux, une reprise du processus de paix et une volonté d’apaisement de part et d’autre. Il suffirait sans doute de peu de chose, de la libération du soldat Shalit contre quelques dizaines de prisonniers palestiniens par exemple, pour que la fête soit complète.
Finalement, la situation n’est jamais désespérée et il n’y a pas de cause perdue d’avance. « Le temps est un grand maître, il règle bien des choses » disait Corneille dans Sertorius. Mais qu’il est long parfois pour des calvaires qui n’en finissent pas. Pour ces infirmières bulgares condamnées à mort et à tort en Lybie. Pour Ingrid Betancourt qui va bientôt entamer sa sixième année de détention dans la jungle colombienne, loin des siens. Pour ces sinistrés d’Asie du sud-est qui, déjà éprouvés par le tsunami, n’en finissent pas de lutter contre les éléments et, plus précisément, contre ces pluies de mousson qui ont fait des centaines de morts. Pour tous ceux, enfin, que l’on hésite à… dénombrer, de peur d’en oublier.
Pourtant, Noël représente pour eux, comme pour nous, cette étoile inaccessible que chantait merveilleusement Jacques Brel quand il célébrait la quête. Car elle brille encore, au milieu des tempêtes, et entretient l’espoir. Trait d’union entre l’orient et l’occident, elle luit contre vents et marées. Elle est à la fois, pour parodier Verlaine, ce « brin de paille dans l’étable » et ce « caillou dans un creux ». A condition, bien sûr, d’y… croire.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
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