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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 19 décembre 2006

Le fin du fin de la réflexion, le summum de l’intelligence a sans doute été atteint hier par François Hollande, en pleine période troublée. Ce dernier a, en effet, annoncé que le PS « reviendra sur toutes les baisses d’impôts sur le revenu qui ont été accordées sur les tranches supérieures du barème » depuis 2002, s’il arrive au pouvoir en 2007. En clair, ce « Robin des Bois » de l’IRPP veut reprendre aux « riches » ce qu’ils ne donnent déjà pas aux pauvres mais à la dette publique, détruire le bouclier fiscal plafonnée pourtant à 60% et promet même qu’il ne sera pas question d’exonération fiscale, même partielle, de la résidence principale. Bref, le Premier secrétaire du parti semble avoir oublié quelle est la main qui lui verse ses confortables émoluments et les règles élémentaires d’une saine gestion qui passe d’abord par l’augmentation du nombre des assujettis plus que par l’assiette d’une contribution. Mais il a peut-être quelques excuses et il n’aime sans doute pas Johnny Hallyday.

Il reste à espérer que la compagne de celui qui n’est que la moitié d’une candidate aura plus de lucidité et un autre raisonnement comptable. Et qu’elle penchera d’abord sur une remise à plat des finances publiques qui représentent sans doute la pire des « évasions » fiscales et des injustices sociales.

Le problème devra pourtant bien, un jour, être traité avec courage et détermination. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, tant à droite qu’à gauche. Et ce qui n’est jamais le cas en période électorale. Chacun attend toujours en effet, surtout ceux qui payent, la baisse de 30% des impôts sur le revenu promise, dans un excès de démagogie, par Le Président Chirac. Enfin, nul n’est dupe de la déclaration « malhonnête » du ministre de l’Economie parlant, hier, du futur prélèvement à la source et annonçant pour 2008 une « année blanche sur le plan fiscal ». Car, en fait d’année blanche, chacun doit savoir qu’il paiera sur la base de ses impôts de l’année précédente.

Toutes ces déclarations électoralistes de « bas étage » montrent bien que, sur ce sujet, le niveau de réflexion au sommet de la société française n’a guère évolué. Les partis politiques font de la dissimulation et de la propagande là où il faudrait faire de la pédagogie et de la transparence. Ils rivalisent d’effets d’annonce et de dénonciations pour éviter finalement d’avoir à se prononcer sur une réforme en profondeur qui risquerait de leur… « péter » au nez.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 18 décembre 2006

La personnalité de l’année, c’est vous, c’est nous, c’est moi. Du moins pour le magazine américain Time qui parait aujourd’hui et qui considère, à juste titre, que la grand révolution de l’année passée a été la montée en puissance des sites internet alimentés par nous, les usagers.

C’est vrai ! Désormais, chacun « contrôle » son information, choisit celle qui l’intéresse et délaisse le reste. Notre ordinateur est le « miroir » de nos envies, le canal de nos besoins et le tuyau de nos échanges. C’est même tellement vrai que l’on peut désormais « poster » nos films vidéo, sur YouTube ou ailleurs, éditer nos blogs et nos idées ou vendre le peu de biens qui nous restent. Chacun peut ainsi construire son univers virtuel, y rencontrer l’âme sœur ou la femme de sa vie, y lire et copier les grands hommes ou y raconter les pires « cochonneries ». L’homme de l’année, c’est l’internaute que nous sommes et le « monde » que nous construisons autour de nous. Avec ou sans pseudo.

Mais, paradoxalement, cette pseudo ouverture vers les autres et vers la connaissance universelle nous renferme. Notre tête-à-tête avec internet limite notre sens critique en nous épargnant toute confrontation. Devant notre miroir, nous refusons la contestation et zappons tout ce qui nous dérange ou nous contredit. Nous rêvons alors d’un monde imaginaire où, seuls, les mégaoctets auraient le droit de le disputer aux kilobits sans que nous ne nous en rendions vraiment compte. L’essentiel devient « ailleurs ». Dans ce que nous voulons qu’il soit et non dans ce qu’il est réellement.

L’internaute que nous sommes est « plongé » dans un océan de bulles et d’idées reçues qui tend à faire croire que tout est gratuit, que tout s’échange et que tout est possible. Pour peu que l’on dispose d’un peu de temps et d’une connection ADSL haut-débit. L’imagination le dispute alors à l’ignorance, chacun voulant oublier que l’internet n’est, en réalité, que le miroir que l’on alimente en savoir et en mensonges.

On en viendrait presque à rêver d’une autre personnalité pour l’année 2007 avec, pour une fois, un ordinateur qui sache dire… « non ».

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 17 décembre 2006

Principe de précaution oblige, les cellules de dégrisement vont bientôt déborder de fêtards alcoolisés, les urgences des hôpitaux vont crouler sous les admissions surnuméraires, les églises et les évêchés vont tenir table ouverte à chaque coup de sonnette. Sinon, la loi, dans toute sa rigueur et son humanité de circonstance, aura vocation à s’appliquer pour peu que le « désespéré » s’en aille noyer son chagrin dans le cours d’eau voisin. Aucun pompier, aucun ambulancier, aucun fonctionnaire de service public, de préfecture ou de mairie ne pourra plus bientôt croiser un « poivrot » sans s’arrêter. Sous peine d’encourir le risque d’être un jour accusé de « non assistance à personne à danger ». Dès lors que l’on reconstituera toutes ses rencontres et tout son emploi du temps par GPS et vidéo interposés.

Certes, on ne parlera pas, comme à Nantes, de « faux témoignage » et de « délaissement », mais le résultat sera le même.

La société doit donc s’habituer à devoir protéger ses membres non seulement contre les autres, mais aussi contre eux-mêmes. Que ce soit à titre définitif ou à titre provisoire. Quitte à multiplier cellules et structures d’enfermement, fourrières pour les voitures et ceux qui les conduisent.

Finalement, l’histoire de ces trois policiers nantais mis en examen pour avoir laissé dans un lieu quelconque « une personne incapable de se protéger compte tenu de son état physique » risque de faire couler beaucoup d’encre, à défaut de faire, en deux mots, « juris prudence ». Car cette catégorie de « personne » fait légion dans la jungle urbaine. Et il n’y a même pas besoin de faire la sortie des bistrots pour les rencontrer. Ce principe, appliqué tout bêtement, aboutira tout bonnement à vouloir désormais interdire les bords de Seine ou de Loire à tous les handicapés, adultes ou enfants, à priver toutes les femmes de jogging au bois à partir de 18 h 30, à démonter tous les jeux d’enfants dans tous les parcs et tous les jardins publics et privés. Pour ne prendre aucun risque.

Reste qu’il y a sûrement un distinguo à faire entre les incapables « structurels » et les incapables « conjoncturels ». Entre ceux que la nature a défavorisé et ceux qui mettent artificiellement leur vie en péril. Mais comment ? Alors que la société peine déjà à distinguer ceux qui n’en peuvent mais de ceux qui… n’en peuvent plus !

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 16 décembre 2006

Roberto Alagna et Sami Naceri n’en sont pas à leur première fausse note. Pourtant la sanction qui les frappe aujourd’hui, et qui n’a rien d’une injustice, semble les étonner. Le premier, exclu de la Scala de Milan pour avoir « insulté » son public en quittant la scène le poing levé avant la fin de la représentation, ne comprend pas que l’on puisse considérer désormais que son contrat est rompu. Et il s’apprête même à demander des dommages et intérêts. Quand au second, déjà condamné sept fois, qui ne s’explique pas ses violences à répétition et plaide en quelque sorte un dédoublement de personnalité, il semble abasourdi de devoir encore rendre des comptes et pouvoir faire six mois de prison alors qu’il s’est excusé, d’excuses « les plus plates », auprès des policiers.

Pour ces deux hommes, vedettes préfabriquées au talent contrasté, la société n’est qu’une « bonniche » à leur service qui ne peut et ne doit rien leur refuser. Et c’est vrai qu’elle en donne parfois l’exemple, avec une indulgence« coupable », envers les grands de ce monde ou les petits délinquants. Parce que les uns ont sans doute trop de relations ou d’argent tandis que les autres ont, ou prétendent avoir, l’excuse de la pauvreté.Toutes les règles, dès lors, se délitent et sont peu ou prou respectées.

Tout devient trop souvent caprice de star ou délire d’adolescent. L’alcool, la drogue, les médicaments, les désamours et autres chamailleries sont, aux yeux de certains, tout autant de bonnes raisons pour s’absoudre de gestes ou de comportements que l’on s’interdisait jadis. Il est désormais de bon ton de frapper d’abord et de s’expliquer ensuite. Pour revendiquer aussitôt le droit à l’erreur ou à l’excuse absolue. Exigeant presque que l’on tourne la page sans plus tenir compte des victimes. En fait, on a même changé la signification de ce dernier mot. Les victimes ne sont plus celles qui sont lésées ou blessées par des comportements asociaux, mais ce sont d’abord ceux qui sont poursuivis par la police, condamnés par la justice et enfermés contre leur gré. Les autres ne sont que des « coupables » qui s’ignorent, honteux et contrits, qui ont eu la « grossièreté »  d’avoir porté plainte et réclamé que cela cesse.

Alors, au travers des condamnations de Sami Naceri et de Roberto Alagna, il est somme toute réconfortant de voir se rebiffer cette société de pénitence et de contrition rassemblées qui n’en peut plus, parfois, de devoir demander… pardon.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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