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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 15 décembre 2006

Tout le monde est avec Nicolas Hulot ! Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marie-George Buffet, Dominique Voynet. Tous vont signer le « pacte écologiste » de l’animateur-producteur-journaliste avec une telle unanimité que cela en devient presque risible. Voire suspect. Même Jacques Chirac, qui ne s’est pas encore déclaré officiellement, ne jure que par ce jeune homme de 51 ans qui a tout fait, tout vu, beaucoup raté, mais souvent compris. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, l’outsider de l’UMP, il a déjà prévenu qu’il en ferait, s’il gagnait, son ministre de l’Environnement et de l’Equipement.

L’animateur est, il est vrai, éminemment sympathique, mais, surtout, il représente 10% des voix selon un sondage Ipsos-Le Point réalisé au mois de novembre. Il rassemble sur son nom des bulletins de vote potentiels que les grands candidats ne peuvent plus désormais se permettre de perdre ou de négliger. L’écologiste d’Ushuaia « prendrait » ainsi 3% des voix chez Ségolène, 2% chez Nicolas et 1 point chez François. Ce qui peut, bien sûr, faire la différence au premier tour de la Présidentielle.

Les candidats ont compris que l’on ne pouvait plus désormais ignorer quelqu’un qui s’impose en tête des personnalités politiques les plus populaires avec, excusez du peu, 87% d’opinions favorables selon le baromètre Ifop Paris-Match du 07 décembre. Plus fort que Zizou ou l’abbé Pierre.

Nicolas Hulot, lui-même, s’il est honnête, et il l’est bien souvent, n’en revient pas. Celui qui écrivait avec grandiloquence, en 1986, à la veille d’une expédition vers le pôle nord, sur un petit papier au fond d’un tiroir, « si je meurs, c’est Molière qui meurt en scène. Ne pleurez pas », savoure sa bonne fortune du jour. Qui le fait courtiser par les puissants et aduler par les  «sans-grade ». Qui le fait incarner, tel une autre Madone dans un autre registre, l’écologie à l’état pur. Lui le fou de moto et de Formule 1, le parfois « halluciné » de l’extrême, le casse-cou sympathique, le concurrent malheureux d’un Paris-Dakar qui abandonne sa voiture sur place, devient une référence, un exemple, un modèle, un parangon de vertu. Il a, certes, depuis plus de dix ans, trouvé la foi et conquis enfin son royaume, au milieu des gaz à effet de serre et du réchauffement de la planète.

Désormais, ce nouveau Don Quichotte, qui s’agite aux quatre vents, réclame un vice Premier Ministre, une « taxe carbone », et bouscule le paysage politique. Mais, heureux de faire entendre sa voix, il la disperse parfois dans tous les camps, laissant à d’autres le soin de la partager et, surtout de la… compter.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 14 décembre 2006

Ah si j’étais riche !… Je ne suis pas sûr que, tel Johnny, j’accepterais facilement que 40% de mes rémunérations tombent dans l’escarcelle de l’IRPP et que 60% au total de mes revenus servent à nourrir l’ensemble de la dépense publique. On a beau être Français, patriote, cocardier à l’extrême et parfois chauvin, on peut aussi raisonnablement s’interroger sur le racket fiscal de notre pays et sur l’utilisation de l’argent public. Ainsi que sur la fâcheuse tendance de la France à décourager les grandes fortunes de demeurer sur place. En quelque sorte à décourager « Neuilly » pour, soi-disant, plaire à Bobigny, ce qui n’est qu’un contresens économique. Car l’opulence ne peut naître que de la multiplication de richesses et non le contraire. La consommation devient alors redistributive, ce qui n’est pas le cas de la pauvreté.

Jean-Philippe Smet, qui attend la rénovation de son chalet à Gstaad pour, semble-t-il, s’y installer « avec Laeticia et bagages » n’est pas le premier à franchir le pas et à préférer ainsi dormir sur un oreiller d’euros en Suisse, en Belgique ou ailleurs. Une heure d’avion quotidienne coûte en effet beaucoup moins cher qu’un redressement, surtout si l’on peut l’inclure dans ses frais de déplacement. Mais son entêtement à vouloir quitter la France, après s’être reconnu « Belge » il n’y a plus si longtemps, est révélateur du malaise qui ne cesse de se creuser entre la « privilégiature » et le bas peuple.

Il y aura toujours de bonnes âmes pour déclarer « bon débarras » et condamner une attitude si peu « citoyenne ». Mais, les autres, ceux qui réfléchissent et comptent aussi leur sous, devraient s’interroger plus en profondeur sur un système fiscal devenu tellement compliqué qu’il génère nombre d’injustices et de paradis, favorise plus les revenus du capital que ceux du travail, dépouille les petits commerçants de la plus-value d’une vie d’effort et ignore superbement, en ce qui concerne l’impôt sur le revenu, 49 à 51% de nos compatriotes. A ces derniers, il n’est même pas exigé l’euro « symbolique » de participation à la vie de l’Etat. Alors, question « citoyenneté », cela s’arrête plutôt là.

Hier, Jean-François Copé, le ministre du Budget, a rappelé les efforts du gouvernement pour  « harmoniser »  le système fiscal français avec celui des autres pays « les plus dynamiques ». Mais ces « efforts » durent déjà depuis plus de 20 ans. Sans aucun résultat. Sinon celle d’une gestion en « mauvais » père de famille. Le prélèvement à la source reste une Chimère au pays de Molière qui dépense toujours plus qu’il n’a d’argent et « s’épanouit » dans le surendettement. Quant à l’Europe de la fiscalité, elle reste une mosaïque d’opportunités avec, ici ou là, peu ou prou d’ISF et encore moins d’égalité. Alors, quitte à demander à Johnny d’être vertueux, nos politiques devraient déjà avoir le courage de montrer… l’exemple.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 13 décembre 2006

On parlera justice, droits de la défense, détention provisoire et réforme, ce soir, à l’Assemblée nationale. Enfin, si peu… Car, à la lecture du projet présenté aux députés, chacun se rend bien compte que le texte concocté par le Garde des Sceaux, après le rapport sur le scandale d’Outreau, est un projet « a minima ». Pascal Clément, lui-même, a reconnu qu’il s’agissait d’une « première étape ». En fait, tout porte à croire que le gouvernement, soucieux dans l’urgence de juste satisfaire une promesse démagogique de Jacques Chirac, n’a pas voulu, en prime, se mettre les magistrats à dos à quelques semaines de l’élection Présidentielle.

Dès lors, on cherchera en vain certaines propositions ambitieuses de la commission d’enquête parlementaire, notamment sur la saisine directe du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), via le Médiateur, par des justiciables s’estimant gravement lésés. On regrettera également la disparition, corps et âme, de la réforme de la composition « corporatiste » du CSM. On ne pourra que déplorer enfin « l’enterrement » prématuré du projet d’instauration d’une faute disciplinaire pour « violation délibérée de la procédure pénale ».

On retiendra certes que la commission des lois a voté, la semaine dernière, plusieurs amendements dont l’un porte sur le serment du magistrat et vise à qualifier  de « faute disciplinaire » tout manquement à cette nouvelle obligation. Mais il n’est pas sûr du tout que le gouvernement, nullement « tenu » par les avis de cette commission, défende ces amendements dans son texte définitif. Bien au contraire d’ailleurs.

Le Garde des Sceaux aura, certes, beau jeu de se féliciter du projet d’enregistrement des gardes à vue et des auditions devant les juges d’instruction en matière criminelle. Sauf que personne n’a encore vraiment défini les coûts et les moyens de cette réforme, ni même indiqué qui devra changer la… cassette, charger le disque numérique ou archiver les DVD.

Dès lors, les Français devront admettre que la rénovation de notre Justice attendra encore. Et que les 24 propositions concrètes adoptées après le scandale d’Outreau par la commission d’enquête parlementaire, pourtant consensuelles, devront être défendus par un autre exécutif, à défaut d’être enterrées à jamais. Ce qui n’est que la triste démonstration que le « pouvoir » judiciaire a su, dans l’ombre des prétoires, faire preuve d’autorité là où le gouvernement en a sûrement… manqué.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 12 décembre 2006

Il y en a partout !  Sur tous les sols, sous les ponts, dans tous les joints et toutes les gaines. Sur 17 kilomètres de tuyaux et plus de 6.000 mètres carrés d’isolation. Dans toutes les peintures. En fait, rien n’échappe ou presque à la contamination. Le Clemenceau est en réalité un « porte-amiante » ambulant qui, jusque là, « s’ignorait ». Du moins si l’on se rappelle les déclarations outragées du ministère de la Défense et de sa ministre vertueuse, Michèle Alliot-Marie.

Tecnitas, filiale du bureau Véritas nous a ôté, hier, nos dernières illusions tout en gardant secret, cependant, le tonnage précis du matériau incriminé. Sans même se risquer à la moindre estimation, la jugeant aujourd’hui impossible quand, hier, on en était presque au kilo près. Histoire peut-être de ne pas « effrayer la ménagère » et, sans doute, de préserver un peu la dignité des donneurs d’ordre. Qui se font aujourd’hui plus discrets après avoir beaucoup menti aux Français et voulu « empoisonner », même si c’est « à l’insu de leur plein gré », des milliers de travailleurs indiens.

Michèle Alliot-Marie, la première, doit regretter ses affirmations péremptoires délivrées notamment au Sénat le 7 février dernier. Quand elle déclarait que seules 46 tonnes pouvaient rester dans le navire, éparpillées « dans les parties inaccessibles ». Ou quand elle affirmait solennellement : « il n’y a pas d’amiante dans les planchers et dalles de sol ».

Tout désormais prouve le contraire, sur 14 ponts, 261 mètres de long, 51 mètres de large et 2800 locaux, et confirme la légèreté « coupable » avec laquelle ce dossier a été mené. Même le « désamiantage » de Toulon semble avoir été bâclé dans ses grandes largeurs. Seule, finalement, la facture, déjà lourde de plus de 12 millions d’euros, prend une consistance incontestable, augmentant chaque jour durant. De quoi donner des cauchemars aux plus intègres des contribuables.

Mais, hier, c’est un simple capitaine de frégate qui est monté au front. Tant pour préciser le rapport rendu « public » vendredi dernier que pour annoncer crânement que plusieurs entreprises françaises et européennes étaient intéressées par le démantèlement. Le tout, bien sûr, dans le cadre d’un appel à candidatures volontairement limité aux chantiers européens pour garantir une déconstruction «  dans le respect des conditions HSCT, dans le respect de l’environnement ». Mieux vaut tard que jamais ! Encore un petit effort, et, à ce train là, on finira par nous faire croire que cette bonne « affaire » a encore été traitée de manière… exemplaire.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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