Tout le monde est avec Nicolas Hulot ! Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marie-George Buffet, Dominique Voynet. Tous vont signer le « pacte écologiste » de l’animateur-producteur-journaliste avec une telle unanimité que cela en devient presque risible. Voire suspect. Même Jacques Chirac, qui ne s’est pas encore déclaré officiellement, ne jure que par ce jeune homme de 51 ans qui a tout fait, tout vu, beaucoup raté, mais souvent compris. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, l’outsider de l’UMP, il a déjà prévenu qu’il en ferait, s’il gagnait, son ministre de l’Environnement et de l’Equipement.
L’animateur est, il est vrai, éminemment sympathique, mais, surtout, il représente 10% des voix selon un sondage Ipsos-Le Point réalisé au mois de novembre. Il rassemble sur son nom des bulletins de vote potentiels que les grands candidats ne peuvent plus désormais se permettre de perdre ou de négliger. L’écologiste d’Ushuaia « prendrait » ainsi 3% des voix chez Ségolène, 2% chez Nicolas et 1 point chez François. Ce qui peut, bien sûr, faire la différence au premier tour de la Présidentielle.
Les candidats ont compris que l’on ne pouvait plus désormais ignorer quelqu’un qui s’impose en tête des personnalités politiques les plus populaires avec, excusez du peu, 87% d’opinions favorables selon le baromètre Ifop Paris-Match du 07 décembre. Plus fort que Zizou ou l’abbé Pierre.
Nicolas Hulot, lui-même, s’il est honnête, et il l’est bien souvent, n’en revient pas. Celui qui écrivait avec grandiloquence, en 1986, à la veille d’une expédition vers le pôle nord, sur un petit papier au fond d’un tiroir, « si je meurs, c’est Molière qui meurt en scène. Ne pleurez pas », savoure sa bonne fortune du jour. Qui le fait courtiser par les puissants et aduler par les «sans-grade ». Qui le fait incarner, tel une autre Madone dans un autre registre, l’écologie à l’état pur. Lui le fou de moto et de Formule 1, le parfois « halluciné » de l’extrême, le casse-cou sympathique, le concurrent malheureux d’un Paris-Dakar qui abandonne sa voiture sur place, devient une référence, un exemple, un modèle, un parangon de vertu. Il a, certes, depuis plus de dix ans, trouvé la foi et conquis enfin son royaume, au milieu des gaz à effet de serre et du réchauffement de la planète.
Désormais, ce nouveau Don Quichotte, qui s’agite aux quatre vents, réclame un vice Premier Ministre, une « taxe carbone », et bouscule le paysage politique. Mais, heureux de faire entendre sa voix, il la disperse parfois dans tous les camps, laissant à d’autres le soin de la partager et, surtout de la… compter.
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Ah si j’étais riche !… Je ne suis pas sûr que, tel Johnny, j’accepterais facilement que 40% de mes rémunérations tombent dans l’escarcelle de l’IRPP et que 60% au total de mes revenus servent à nourrir l’ensemble de la dépense publique. On a beau être Français, patriote, cocardier à l’extrême et parfois chauvin, on peut aussi raisonnablement s’interroger sur le racket fiscal de notre pays et sur l’utilisation de l’argent public. Ainsi que sur la fâcheuse tendance de la France à décourager les grandes fortunes de demeurer sur place. En quelque sorte à décourager « Neuilly » pour, soi-disant, plaire à Bobigny, ce qui n’est qu’un contresens économique. Car l’opulence ne peut naître que de la multiplication de richesses et non le contraire. La consommation devient alors redistributive, ce qui n’est pas le cas de la pauvreté.
On parlera justice, droits de la défense, détention provisoire et réforme, ce soir, à l’Assemblée nationale. Enfin, si peu… Car, à la lecture du projet présenté aux députés, chacun se rend bien compte que le texte concocté par le Garde des Sceaux, après le rapport sur le scandale d’Outreau, est un projet « a minima ». Pascal Clément, lui-même, a reconnu qu’il s’agissait d’une « première étape ». En fait, tout porte à croire que le gouvernement, soucieux dans l’urgence de juste satisfaire une promesse démagogique de Jacques Chirac, n’a pas voulu, en prime, se mettre les magistrats à dos à quelques semaines de l’élection Présidentielle.
Il y en a partout !
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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