L’Allemagne, dont on parle beaucoup moins depuis 15 ans, coût de la réunification oblige, est en train de reconquérir solidement sa place de leader en Europe. Elle a retrouvé tout son dynamisme de pays exportateur et multiplie les investissements. Enfin, ce n’est pas une surprise si le bruit court désormais que la ville d’Hambourg pourrait récupérer la totalité de la chaîne d’assemblage des avions monocouloirs de la gamme Airbus. Il y a certes dans cette opération une nette volonté de rationalisation de la production, après les problèmes de cet été, mais, aussi, semble-t-il, la reconnaissance de la qualité industrielle de nos voisins d’outre-rhin et, surtout, de leur valeur travail en hausse constante depuis plusieurs années.
L’an dernier, la croissance du produit intérieur brut de l’Allemagne aura atteint les 2,5%, soit près d’un demi point de plus que chez nous, et elle table encore, pour cette année, sur une progression de l’ordre de 2%, ce qui laisse rêveur. Quant au chômage, il a diminué de plus d’un million de personnes en trois ans pour se situer aujourd’hui juste en dessous de 4 millions.
Ainsi, sans bruit, sans tambours ni trompettes, la grande coalition d’Angéla Merkel entame sa reconquête de l’Europe. Ce qui ne va parfois sans douleurs. Actuellement, le pays doit absorber l’augmentation de 3 points de la TVA, de 16 à 19%, promise par la nouvelle chancelière lors de la campagne électorale, pour contribuer à l’assainissement des finances publiques et permettre une réduction des charges sociales. Cette augmentation, qui ne touche pas les produits de consommation courante, va cependant avoir des répercussions directes dans le domaine des transports et de l’énergie. Mais chacun sait que c’est pour la bonne cause. L’Allemagne, dont le déficit des finances publiques était encore de 3,7% en 2004 et de 3,5% en 2005, semble en effet retrouver un chemin plus vertueux. Alors que la France piétine encore sur les solutions à trouver.
La politique des petits pas, les fameux « kleine schritte », d’Angéla Merkel, n’a rien à voir avec le dogmatisme à la française. La Chancelière considère ainsi, par exemple, par simple pragmatisme, que seule une meilleure harmonisation entre l’Europe et les Etats-Unis, dans les mécanismes de régulation des marchés, des protections de brevets et de la définition des standards communs, peut renforcer les flux d’investissements et les échanges commerciaux. Bref, pour relever le défi de la mondialisation, elle semble plus croire en un grand marché transatlantique qu’en un seul marché unique. Et si c’était la grande idée de… demain !
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Et si l’on parlait désormais d’autre chose. Maintenant que le deux camps sont en place. Que Nicolas Sarkozy, comme Ségolène Royal il y trois semaines, ont installé leurs pions, leur chevaux, légers ou pas, leurs tours et leurs cavaliers sur l’échiquier. Maintenant que le chronomètre est prêt et que le compte à rebours va commencer. Il leur reste, certes, à déménager. A installer leur QG de campagne et à l’inaugurer. A peaufiner leurs affiches et leurs slogans. Mais le plus dur est fait. Tous deux, par des « primaires » qui n’en ont pas été vraiment, sont investis par leurs partis respectifs et ont pu se faire tailler leurs costumes de « Président ». Ségolène a choisi le blanc, Nicolas préfère le bleu. Les autres candidats n’auront que l’embarras du choix des couleurs restantes. Même si le rouge et le vert sont, semble-t-il, déjà pris, il leur appartiendra sûrement d’y apporter quelques nuances.
Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais il y a désormais urgence en France si l’on ne veut pas vieillir plus bête que l’ensemble de la moyenne. Et plus mal que l’ensemble de l’univers. Car, si l’on en croit la très sérieuse étude d’un institut canadien de recherche, le « Rotman Research Institute » de Toronto, la pratique du bilinguisme permet de retarder la sénilité bien mieux que les médicaments. Or, nous sommes, ici, toujours très loin du compte, question langues étrangères, malgré le déni séculaire des enseignants et les affirmations très satisfaites de l’Education nationale.
Michèle Alliot-Marie aurait mieux fait de rien dire, de se taire et de rentrer dans le rang. Car il est de ces ralliements qui font éclater de rire, de ces soutiens qui font froid dans le dos et de ces engagements de la « 25ème heure » qui sentent « la soupe populaire ». Au nom de la "realpolitik" bien sûr. Ainsi, la ministre de la Défense, après avoir fait monter la « mayonnaise » pendant des mois, exacerbé les tensions, alterné menaces et déclarations, affirme aujourd’hui qu’elle veut aider Nicolas Sarkozy à « rassembler ». Après avoir tout fait pour diviser. Et ses déclarations, hier soir, sur « France 2 », avaient un rien de pathétique. On y voyait cette femme d’appareil, tel un général assiégé et au bord du gouffre, dresser le drapeau blanc de la reddition en prétendant que sa stratégie avait payé. On y contemplait une femme dite « d’honneur » qui, faute d’avaler son chapeau, prétendait se sacrifier « pour servir l’intérêt général ». C’est beau comme de la menthe à l’eau ! « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » disait Lautréamont ! Beau comme la France ! Beau, mais si peu vrai, comme le pensait Boileau !
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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