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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 16 janvier 2007

L’Allemagne, dont on parle beaucoup moins depuis 15 ans, coût de la réunification oblige, est en train de reconquérir solidement sa place de leader en Europe. Elle a retrouvé tout son dynamisme de pays exportateur et multiplie les investissements. Enfin, ce n’est pas une surprise si le bruit court désormais que la ville d’Hambourg pourrait récupérer la totalité de la chaîne d’assemblage des avions monocouloirs de la gamme Airbus. Il y a certes dans cette opération une nette volonté de rationalisation de la production, après les problèmes de cet été, mais, aussi, semble-t-il, la reconnaissance de la qualité industrielle de nos voisins d’outre-rhin et, surtout, de leur valeur travail en hausse constante depuis plusieurs années.

L’an dernier, la croissance du produit intérieur brut de l’Allemagne aura atteint les 2,5%, soit près d’un demi point de plus que chez nous, et elle table encore, pour cette année, sur une progression de l’ordre de 2%, ce qui laisse rêveur. Quant au chômage, il a diminué de plus d’un million de personnes en trois ans pour se situer aujourd’hui juste en dessous de 4 millions.

Ainsi, sans bruit, sans tambours ni trompettes, la grande coalition d’Angéla Merkel entame sa reconquête de l’Europe. Ce qui ne va parfois sans douleurs. Actuellement, le pays doit absorber l’augmentation de 3 points de la TVA, de 16 à 19%, promise par la nouvelle chancelière lors de la campagne électorale, pour contribuer à l’assainissement des finances publiques et permettre une réduction des charges sociales. Cette augmentation, qui ne touche pas les produits de consommation courante, va cependant avoir des répercussions directes dans le domaine des transports et de l’énergie. Mais chacun sait que c’est pour la bonne cause. L’Allemagne, dont le déficit des finances publiques était encore de 3,7% en 2004 et de 3,5% en 2005, semble en effet retrouver un chemin plus vertueux. Alors que la France piétine encore sur les solutions à trouver.

La politique des petits pas, les fameux « kleine schritte », d’Angéla Merkel, n’a rien à voir avec le dogmatisme à la française. La Chancelière considère ainsi, par exemple, par simple pragmatisme, que seule une meilleure harmonisation entre l’Europe et les Etats-Unis, dans les mécanismes de régulation des marchés, des protections de brevets et de la définition des standards communs, peut renforcer les flux d’investissements et les échanges commerciaux. Bref, pour relever le défi de la mondialisation, elle semble plus croire en un grand marché transatlantique qu’en un seul marché unique. Et si c’était la grande idée de… demain !

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 15 janvier 2007

Et si l’on parlait désormais d’autre chose. Maintenant que le deux camps sont en place. Que Nicolas Sarkozy, comme Ségolène Royal il y trois semaines, ont installé leurs pions, leur chevaux, légers ou pas, leurs tours et leurs cavaliers sur l’échiquier. Maintenant que le chronomètre est prêt et que le compte à rebours va commencer. Il leur reste, certes, à déménager. A installer leur QG de campagne et à l’inaugurer. A peaufiner leurs affiches et leurs slogans. Mais le plus dur est fait. Tous deux, par des « primaires » qui n’en ont pas été vraiment, sont investis par leurs partis respectifs et ont pu se faire tailler leurs costumes de « Président ». Ségolène a choisi le blanc, Nicolas préfère le bleu. Les autres candidats n’auront que l’embarras du choix des couleurs restantes. Même si le rouge et le vert sont, semble-t-il, déjà pris, il leur appartiendra sûrement d’y apporter quelques nuances.

En attendant, les slogans commencent à fleurir. Mais entre le « pour que ça change fort » de l’une et le « ensemble, tout devient possible » de l’autre, il ne va pas rester beaucoup d’espace pour les derniers optimistes, ceux qui prédisent autre chose que les incantations au poing levé ou la simple réflexion sur les vertus du rassemblement. Quant à ceux qui annoncent périodiquement le grand soir et la révolution, il leur faudrait enfin interpeller les électeurs autrement que par des accents faussement amicaux de « camarades » ou de « travailleuses, travailleurs » pour pouvoir simplement être écoutés. Et pas seulement des oreilles écorchées.

Aujourd’hui, tout le monde va pouvoir gloser sur le « possible » ou le probable, sur le « ça » ou le moins que « ça ». Mais, pendant tout ce temps, la vie continue. Sans nuances. Avec ses hauts et ses bas, ces morts stupides sur la route près d’Amiens, ces enlèvements d’enfants à répétition, ses licenciements chez Arena ou ailleurs, ces promeneurs emportés par la tempête à la pointe du Raz. Mais peut-on encore parler de vie, de vraie vie quand on égrène les faits divers et les suppressions d’emploi comme le chemin de croix d’un long week-end en France. Et qu’on les met en perspective avec les 3,5 millions d’euros dépensés hier pour le demi-sacre d’un homme qui, seul candidat, n’en avait pas… besoin.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 14 janvier 2007

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais il y a désormais urgence en France si l’on ne veut pas vieillir plus bête que l’ensemble de la moyenne. Et plus mal que l’ensemble de l’univers. Car, si l’on en croit la très sérieuse étude d’un institut canadien de recherche, le « Rotman Research Institute » de Toronto, la pratique du bilinguisme permet de retarder la sénilité bien mieux que les médicaments. Or, nous sommes, ici, toujours très loin du compte, question langues étrangères, malgré le déni séculaire des enseignants et les affirmations très satisfaites de l’Education nationale.  D’ailleurs, en 2002, lors du dernier test d’évaluation réalisé dans sept pays européens auprès de 1.500 élèves de 15-16 ans, sur leur connaissances en Anglais, nos petits Français sont arrivés bons derniers. Bonnets d’âne derrière les Suédois, les Finlandais, les Norvégiens, les Hollandais, les Danois et même les Espagnols qui, pourtant, lors du précédent test en 1996, n’étaient guère meilleurs que nous.

Mais ce qui nous faisait et nous fait toujours un peu sourire, de médiocrité, risque désormais de nous préoccuper. Car si l’apprentissage des langues était, avant tout, un besoin culturel, il va devenir une urgence médicale. D’autant que l’observation de chercheurs canadiens, qui sera publiée en février dans la revue « Neuropsychologia », ne souffre d’aucune ambiguïté. Ils se sont en effet aperçus, après observation d’un groupe de près de 200 personnes venues consulter pour des troubles cognitifs, que les symptômes de sénilité apparaissaient quatre ans plus tôt, soit vers 71 ans, chez les personnes ne parlant qu’une langue que chez les bilingues. Et ceci, quels que soient leur niveau d’étude, leur sexe, leur milieu social ou leur pays d’appartenance !

Les plus fainéants d’entre nous diront que, contrairement aux apparences, nous sommes bien en avance. Car à défaut de parler couramment la langue de Shakespeare et la langue de Goethe, nous sommes passés maîtres, depuis des décennies, dans la pratique de la langue de bois. Tandis que d’autres, plus cruels encore, « langues de vipères » sans doute, ajouteront qu’avant d’apprendre à parler « étranger », il vaudrait d’abord mieux savoir… lire et écrire en français.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 13 janvier 2007

Michèle Alliot-Marie aurait mieux fait de rien dire, de se taire et de rentrer dans le rang. Car il est de ces ralliements qui font éclater de rire, de ces soutiens qui font froid dans le dos et de ces engagements de la « 25ème heure » qui sentent « la soupe populaire ». Au nom de la "realpolitik" bien sûr. Ainsi, la ministre de la Défense, après avoir fait monter la « mayonnaise » pendant des mois, exacerbé les tensions, alterné menaces et déclarations, affirme aujourd’hui qu’elle veut aider Nicolas Sarkozy à « rassembler ». Après avoir tout fait pour diviser. Et ses déclarations, hier soir, sur « France 2 », avaient un rien de pathétique. On y voyait cette femme d’appareil, tel un général assiégé et au bord du gouffre, dresser le drapeau blanc de la reddition en prétendant que sa stratégie avait payé. On y contemplait une femme dite « d’honneur » qui, faute d’avaler son chapeau, prétendait se sacrifier « pour servir l’intérêt général ». C’est beau comme de la menthe à l’eau ! « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » disait Lautréamont ! Beau comme la France ! Beau, mais si peu vrai, comme le pensait Boileau !

Voilà donc un nouveau discours à « installer » demain porte de Versailles, mais qui n’est pas plus crédible que l’ancien. Et qui, en définitive, pourrait même être embarrassant.

Car comment faire confiance à de tels politiques qui aiguisent les poignards en coulisses et, faute d’exécutants, finissent par s’embrasser à qui mieux mieux en se tapant dans le dos ? Comment croire demain à leurs discours de la morale et aux intentions pures.

L’élection présidentielle a toujours ceci d’intéressant qu’elle révèle les tempéraments, qu’elle montre les caractères trempés et qu’elle douche les autres. Elle a toujours excité les appétits, mais elle nécessite surtout des estomacs au dessus de la moyenne tant elle oblige les candidats à avaler des couleuvres. Et ce serait encore bien pire si l’on devait parler des… électeurs.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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