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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mardi 21 février 2006

Le Gouvernement s’évertue, par la voix de ses ministres de la Santé et de l’Agriculture, à vouloir rassurer tant les consommateurs que les producteurs de la filière avicole alors qu’il serait sans doute temps, enfin, de vraiment « communiquer » sur le Virus H5N1. C’est-à-dire d’indiquer les précautions à prendre pour acheter ou consommer sain et sauf. Et, en cas de besoin, savoir comment se protéger ? Les questions alimentaires sont, en effet, multiples et toujours, pour l’instant, mal traitées. Comment manger le canard ou le préparer ? Quelle cuisson pour déguster le poulet en toute tranquillité ? Peut-on encore manger des œufs mollets ? Ou du magret de canard en provenance d’Italie ? C’est vrai, il s’agit d’informations basiques, mais ce sont sûrement celles qui conviennent le mieux en de telles circonstances. En tout cas, ce sont celles qui intéressent en premier lieu les consommateurs, plutôt que les grandes incantations du style « mangez du poulet ».

Il en est de même pour les mesures d’hygiène. Car il ne faut pas croire que l’on fera déplacer les pompiers à chaque animal mort signalé. Alors comment faire ? Et, à défaut d’attendre une éternité qu’on vienne les récupérer, faut-il enterrer les oiseaux ainsi trouvés, les mettre à la poubelle ou faut-il les brûler ? Par ailleurs, chacun voudrait bien savoir ce qu’il en est des autres animaux domestiques. On sait déjà que la grippe aviaire du poulet peut se transmettre aux chats. Alors, peut-on encore sans risque caresser son minet favori, celui du voisin ou celui de la gouttière ? Les enfants doivent-ils être protégés de tout contact et porter des gants ? La grippe est-elle dans l’air ou dans l’eau ? Peut-elle se propager aux porcs, aux ovins ou aux bovins ? Par la chaîne alimentaire ou par une simple blessure?

Enfin, en ce qui concerne les professionnels de la filière, il serait sans doute temps que le gouvernement arrête de tout promettre de l’Europe avant même d’en avoir obtenu l’autorisation. Le beurre et l’argent du beurre. Des indemnités, des subventions de solidarité et des vaccinations à tout va qui pourraient tuer nos exportations. Ce qui s’appelle rassurer gratis ou simple effet d’annonce. Car Bruxelles a déjà fait savoir, hier, que l’on n’était pas dans le cas d’indemnisations prévues pour abattages « sanitaires » ou élevages contaminés et que la Commission ne pouvait guère donner son accord à des subventions d’Etat pour lutter contre la baisse des prix ou de la… consommation.

En fait, le gouvernement recherche vainement une communication « Virus mode d’emploi ». Qui n’est, hélas, ni au programme de Sciences Po, ni à celui de l’ENA. Et il s’entremêle entre principe de précaution et anticipation, entre pédagogie et démagogie, alors qu’on lui demande juste de l’information. De la vrai, de la pure, de la solide, de la logique et de la pragmatique, le reste n’étant que rideau de fumée et envolée de… Bussereau.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 20 février 2006

Ingrid Betancourt « fêtera » dans quelques jours ses quatre ans de captivité en Colombie. Et, ce soir, au Bataclan, le tout-paris médiatique et politique en fera de nouveau un symbole de l’oppression et de la privation de liberté en Amérique latine. Ailleurs, hélas, son triste sort n’empêchera pas le monde de tourner, mais il devrait au moins l’amener à s’interroger un peu plus sur les péripéties de ce dossier. Car rien n’est vraiment très clair au royaume de Bogota, des Forces Armées révolutionnaires colombiennes et de Paris. Si l’on peut, en effet, comprendre qu’Ingrid Betancourt dérangeait en 2002, en tant que candidate à la Présidentielle, on peut tout aussi estimer qu’elle n’est plus d’aucune "utilité" aujourd’hui. Tant pour les rebelles que pour les autorités.

Reste que la France persiste à balbutier sa diplomatie dans cette affaire qui, pour certains de ses proches, a fait d’Ingrid Betancourt l’otage d’une « guérilla romantique », comme l’écrivait « Le Monde » le mois dernier. Il est vrai que le Premier ministre Dominique de Villepin est désormais bien embarrassé. S’étant fait remarquer d’étrange manière, en juillet 2003, quand, alors ministre des Affaires Etrangères, il avait affrété secrètement un « avion sanitaire » pour aller libérer son amie, il hésite à présent à prendre des initiatives. Quant à son successeur, Philippe Douste-Blazy, qui sera sans doute ce soir au Bataclan, il ne semble disposer d’aucun plan pour faire avancer le dossier. Il a tout juste en main le livre de Jacques Thomet, ancien directeur de l’AFP à Bogota, très critique envers la jeune et jolie franco-colombienne et les autorités françaises, mais pas vraiment générateur de solutions.

Ingrid Betancourt n’est pas le seul otage des FARC en Colombie. Elle partage le quotidien de près de 4.000 civils prisonniers de la jungle qui font, pour partie d’entre eux, l’objet d’un chantage à la libération de combattants et à la mise en place d’un territoire démilitarisé. Du moins tel qu’il est écrit officiellement puisque le Président Uribe n’hésite pas à rendre public le projet secret élaboré par la France, l’Espagne et la Suisse.

Il est vrai que le président Uribe n’entretient de liens d’amitié ni avec Ingrid ni avec les autres otages moins médiatisés. Il ne semble, par ailleurs, plus aussi pressé de négocier dès lors que sa réélection en mai prochain est… quasi-assurée. Qu’importe alors Ingrid Betancourt ou la guérilla !

 

 

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 19 février 2006

On attendait les grandes pointures et ce sont finalement les sans-grades qui ont fait, jusqu’ici, flotter les couleurs bleu-blanc-rouge lors de ces XXème Jeux d’hiver de Turin. On comptait sur les Joubert, Vittoz, Poirée, Montillet, Ruby et autres médaillés, et on a trouvé les Dénériaz, Defrasne, Baverel, Laoura et autres De Le Rue. D’authentiques champions, certes, mais revenus de blessures ou du diable vauvert par on ne sait quelle magie olympique.

Il n’est jamais bon d’être favori chez les Français. Car, alors, on n’en finit plus d’être harcelé, épié, interrogé. On ne parvient plus à s’isoler, à se préparer et à se concentrer correctement. Et que ce soit la faute des copains, des télés ou de la Fédé, le résultat est toujours le même. Décevant.

La France est ainsi faite, de dossards, de vantards et de "sacrifiants". Elle se cherche toujours des idoles et prétend à tous vents qu’elles le resteront éternellement. Elle rêve de grands espaces, de grandes choses et de grands hommes, s’imaginant toujours que lorsqu’un titre est conquis, il l’est pour la vie.

Il en est ainsi de la gloire comme des… avantages acquis. On s’y accroche même parfois par désespoir.

Heureusement, la flamme olympique n’aura pas que brûlé des illusions et consumé des ambitions. Elle aura aussi affûté des tempéraments, multiplié des énergies et révélé de vrais talents. Loin des projecteurs éphémères d’une notoriété incertaine et de leurs officiants qui, jamais, n’admettront leurs errements.

Et tandis que les lumières de la piste se détournent des vaincus pour illuminer les vainqueurs, d’autres savourent dans l’ombre la joie d’être à leur tour oubliés, de pouvoir s’entraîner en paix, et d’espérer, un jour, gagner la célébrité, à défaut de… l’éternité.

 

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Samedi 18 février 2006

Le conseil supérieur de la magistrature fait une lecture très personnelle des principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance des juges quand il estime que la commission d’enquête parlementaire a outrepassé son rôle dans l’affaire d’Outreau. Il fait de plus une interprétation très étroite de la théorie classique élaborée par le philosophe John Locke et Montesquieu. Mais c’est de bonne guerre. En interpellant, hier le Président de la République, le CSM exprime ainsi au grand jour le « traumatisme » des magistrats après les auditions du juge Burgaud et du procureur Lesigne. Et il rejoint les plaintes déjà exprimées par les deux syndicats de la corporation et par le premier président de la Cour de Cassation, Guy Canivet. Tous, en fait, manifestent leur crainte de voir la Commission Parlementaire se substituer à eux pour juger les dysfonctionnements d’Outreau et les erreurs manifestes des magistrats. Mais, ce faisant, tous, sans, semble-t-il, s’en rendre vraiment compte, mettent aussi en lumière l’ambiguïté de leur statut et l’impossibilité de se réformer eux-mêmes. Car de pouvoir judiciaire, en fait, il n’y a jamais eu en France depuis la Révolution. Pour la simple raison que tout Pouvoir, au sens constitutionnel du terme, ne peut procéder que du peuple souverain par la voie des urnes. Or les juges ne sont pas élus. C’est tout autant leur spécificité que le défaut de leur cuirasse. Dès lors, la Justice en France n’est qu’une autorité, une « autorité judiciaire », qui ne tire sa légitimité que des autres, du serment qu’elle prête et de sa nomination par décret par le Président de la république. Ce qui, somme toute, est un peu juste pour prétendre juger « au nom du peuple français » et refuser tout contrôle de ses vrais représentants, en l’occurrence les Parlementaires.

Le système judiciaire ne peut donc plus rester en l’état, s’il veut être tout à la fois compris et admis par le citoyen. Et si l’on ne veut pas de juges élus comme aux Etats-Unis, on doit alors accepter le contrôle d’élus.

Il n’y  pas si longtemps, mais il y a déjà six ans, Jean-François Burgelin,  Procureur général près la Cour de Cassation, admettait devant l’académie des Sciences morales et Politiques que le système français ne pouvait plus « être perçu en lui-même» et il plaidait pour « un pouvoir judiciaire crédible, c’est-à-dire ayant de solides bases démocratique et intellectuelle ». Il rappelait que seule l’onction populaire légitime l’exercice d’un pouvoir et il proposait, dès lors, de réformer le Conseil supérieur de la Magistrature afin qu’il soit composé de personnalités « élues au suffrage universel ».

On comprend, dès lors, que la protestation du CSM, hier, au président de la République, apparaît d’autant plus mal venue qu’elle le disqualifie de façon encore plus visible pour juger du désastre d’Outreau, tant sur le plan procédural que sur le plan disciplinaire. Et que, en réalité, il aurait mieux fait de se taire. Car si l’esprit de corps est admissible, il n’en est pas de même de l’esprit… partisan.

 

 

 

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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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