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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mercredi 23 août 2006

Le parti socialiste va devoir choisir entre l’apparence et la pertinence, la sympathie et l’intelligence, le star-system et le background, l’opinion et l’intérêt de la nation, le cœur et… la raison. C’est un choix déchirant. Que dis-je, déchirant ? Cornélien même ! Tant pour le Premier secrétaire du parti que pour l’ensemble des militants qui ont déjà l’œil de Chimène sur le grand pavois rose de La Rochelle. Mais, à deux jours de l’ouverture de la grande université d’été, il faut se garder d’illusions. Aucune fumée blanche ne sortira des deux tours historiques. Et la France des sympathisants sera encore condamnée à attendre le jugement dernier.

La division n’est-elle pas l’antichambre de la réconciliation ? Un psychiatre dirait que cette alternative cruelle nous révèle à nous-même l’opposition éternelle entre le lobe frontal et le thalamus. Et qu’il vaut mieux, dans cette affaire, séparer l’émotion de la vocation. Certains ténors du PS, ou d’ailleurs, estiment, pour leur part, que ce dilemme ne révèle que la part de féminité trop longtemps refoulée chez la plupart des hommes de gauche. Mais, observant le silence prudent de nombre de consoeurs de la Madone de Poitiers, ils font remarquer que l’on s’est peut-être trompé de « sujet ». Où sont, en effet, passées les Martine Aubry, Elisabeth Guigou, Anne Hidalgo, Annick Lepetit ? Elles réfléchissent… à l’avenir de la France, à cette passion soudaine des médias, des ménagères et des célébrités pour la belle guerrière et aux moyens de se sortir de ce guêpier.

Quant à la « belle » en question, elle semble claironner, telle Jeanne d’Arc, « En nom Dieu, je ne suis pas venue à Poitiers pour faire signe. Mais conduisez-moi à Orléans, je vous montrerais signe que je suis envoyée ». L’Histoire, celle qui fait foi mais ne se répète jamais, retient hélas que la Pucelle sauvera Orléans, mais échouera devant Paris. Mais les amoureux de l’utopie n’aiment pas que l’on détruise leurs rêves. Ils ne comprennent pas non plus que l’on puisse s’élever contre un étendard qui professe à tous les vents « un ordre juste » et une « sécurité durable ». Mais « juste » pour qui ? et « durable » combien de temps ? Ségolène Royal n’est pas née à Domrémy. Elle n’en demeure pas moins un symbole que, à défaut de brûler à Rouen, Laurent Fabius aimerait bien définitivement condamner. En attendant, l’ancien Premier ministre de la France a glissé perfidement, hier soir, qu’il préférait dire « voici mon projet » plutôt que « mon projet, c’est Voici ». Pas sûr que cela suffise pour faire… tourner la page.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 22 août 2006

A défaut d’aller au Liban pour désarmer le Hezbollah, l’armée française pourrait-elle se rendre en Corse pour désarmer le FLNC ? Même s’il n’est pas sûr que « l’entreprise » soit moins dangereuse, nos militaires pourraient au moins y aller pour « s’entraîner ». Et, en cas de problème, on sait déjà que l’on pourra appeler en renfort les Italiens. Car la situation est cocasse quand un pays qui se prétend gendarme du monde, membre éminent du Conseil de Sécurité et stratège en « résolution » de conflit , n’est pas maître chez lui. Comment peut-on alors espérer d’une nation qu’elle fasse respecter un embargo sur les armes en provenance de Syrie et d’Iran dans un pays ouvert à tous les vents, si elle n’est même pas capable d’empêcher les détonateurs de parvenir sur une île ? L’ONU a, dès lors, bien raison de se poser des questions et de vouloir changer de commandement.

Quant aux citoyens Français, ils commencent à en avoir marre d’entendre chaque matin, aux actualités, parler du plasticage de résidences en cours de construction ou d’actes de révolution. Il ne se passe guère une semaine, en effet, sans qu’une gendarmerie soit attaquée, une Direction de l’Equipement criblée de balle, une mairie mitraillée ou une maison dynamitée. Tout cela aux frais de l’Etat, c’est-à-dire, la plupart du temps, du contribuable. Derniers évènements en date le 23 juillet, le 5 août et le 14 août à Calvi, le 9 août à Ajaccio, le 5 août encore à Bastia, Corte, Porto-Vecchio et Pianotolli-Caldarello, près de Sartène. Bref, du nord au sud et d’est en ouest. A croire que les munitions circulent ici plus facilement que les touristes et que leur approvisionnement ne pâtit pas des grèves à répétition de la SNCM. L’on sait aussi, depuis l’affaire Pieri, que tous les « secteurs » de l’Ile sont touchés, du tourisme au football, en passant par le transport et le… BTP. Logique, car il faut bien… reconstruire. Bien sûr, le Préfet du coin condamne « avec fermeté » ces agissements mais, comme s’il craignait toujours de heurter une quelconque susceptibilité, il exprime aussitôt sa confiance en un improbable sursaut républicain. Rien n’aurait-il donc changé dans ce « pays » depuis l’assassinat du Préfet Claude Erignac, le 6 février 1998 ?

Hier matin, près de l’aérodrome de Corte, la police a retrouvé le corps de deux hommes tués dans l’explosion d’une bombe qu’ils transportaient. Un troisième homme est à l’hôpital, grièvement blessé et sous surveillance policière. Mais, pour « tuer » le terrorisme corse, on ne peut pas compter uniquement sur les… maladroits.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 21 août 2006

Cela sent vraiment l’heure de la rentrée. Avec les bouchons sur les routes et la chute des locations saisonnières. Avec les petits écoliers de Mailley-et-Chazelot, en Haute-Saône, qui ont retrouvé, ce matin, le chemin de l’école et ceux qui se préparent déjà pour jeudi. Avec la météo qui délire et se croit en janvier. Avec les sondages qui foisonnent comme aux plus beaux jours de l’automne. Avec cette agence de voyage qui laisse ses touristes en carafe à Roissy et en Turquie. Avec le réveil qui sonne et le jour qui tâtonne. Avec le chien qui aboie et le voisin qui klaxonne. Avec le temps qui fuit et qui s’en va.

Le mois d’août est pourtant loin d’être terminé. Mais le mal est fait. Il n’a pas plu sur juillet, et le ciel s’est vengé sur l’été. Question soleil, c’était trop ou pas assez. A l’image, finalement, d’une société qui ne sait plus trop comment s’orienter. Entre « Ségo » et « Sarko », Lang et Chirac, Buffet ou Besancenot. Un pas de danse, un pas de trop et c’est encore cinq ans de perdus.

La France, ce matin, traîne des pieds comme elle porte son chagrin des vacances écourtées. Elle affiche sa morosité à tous les carrefours, peste contre les feux et les retardataires, et secoue son parapluie en signe de colère. On lui a volé son été, on ne lui parle que d’hiver, de factures, de sans papiers, de CRS, de guerre, de terrorisme et d’élections.

Lumière, chauffage, café, foulard étaient des mots oubliés. Mais la trêve aura été de courte durée.

Le seul, finalement à se frotter les mains, c’est l’ancien maire de Frangy-en-Bresse. Depuis « sa » création, avec Pierre Joxe, de la fête de la Rose dans le patelin, son camping municipal n’a jamais autant fait le plein. Hier soir, à l’heure du bal populaire, il aurait même proposé au « Montebourg » du coin de créer un office du Tourisme et d’y faire poser une plaque du style « ici eut lieu l’appel de Frangy », à l’égal de celui de Cochin ou du 18 juin. Bref, il est au moins un homme heureux sur terre, même si la « madone de Poitiers » a refusé de… l’embrasser.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 20 août 2006

Si tout le monde sait que « Ségo » a été cambriolée, c’est la faute à « Sarko ». Si les squatteurs de Cachan ont été délogés de force, plus de deux ans après une décision de justice l’ordonnant, c’est un coup de pub de « Sarko ». Si le week-end du 15 août a été aussi meurtrier, c’est à cause du laxisme de Sarko. Bref, qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il fasse soleil ou canicule, le ministre de l’Intérieur est dans le collimateur de toute la France bien-pensante, des socialistes comme des Villepenistes, des souverainistes comme des communistes, des Pétainistes comme des Poujadistes. A croire vraiment qu’il dérange !

Qu’importe que Ségolène ne se soit rien fait voler, ce dont l’on doute un peu à en juger par toute l’histoire qu’elle en fait, la méthode accusatoire de la star des sondages est puérile et affligeante. La présidente de la région Poitou-Charentes a peut-être perdu quelques effets de valeur, mais elle devrait savoir, mieux que quiconque, que « les dessous chics », comme aurait dit Gainsbourg, « c’est ne rien dévoiler du tout, se dire que lorsqu‘on est à bout, c’est tabou »… « Les dessous chics, c’est des dentelles et des rubans d’amertume sur un paravent désolant »...

Quant à l’affaire de Cachan, elle est révélatrice du comportement de certaines associations qui poussent des pauvres gens à un « jusqu’auboutisme » désespérant. Qui obligent des enfants à passer d’un squat à l’air libre, puis à un gymnase alors que, quitte à « choisir » encore du provisoire, ils auraient quand même été mieux à l’hôtel. Dans cette histoire aussi, le ministre d’Etat est accusé de fermeté alors qu’il devrait, à tout le moins, être « condamné » pour avoir trop tardé à faire appliquer la loi et les décisions de justice, ayant ainsi pris le risque de mettre des centaines de personnes en danger.

La polémique est stérile quand elle est bêtement politicienne. Elle est aussi imbécile quand elle frise la mauvaise foi. Le squat de Cachan n’avait rien d’un lieu de villégiature et pouvait même être un piège mortel. Aussi, toutes les bonnes volontés doivent aujourd’hui se mobiliser pour proposer, le mois prochain, une alternative crédible à ces déracinés de la vie, hors des « y a qu’à » et des « faut qu’on ». Sauf si la solidarité des communautés se résume à… insulter et à vociférer. Car on ne décrète pas la construction immédiate de logements sociaux comme on réclame des régularisations massives. On n’attribue pas des toits, au détriment de ceux qui les attendent depuis des mois, au gré des évacuations des implantations sauvages. A force cris et manifestations. Avant de passer à autre chose et d’en accuser… Sarko.

 

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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