Nicolas Sarkozy a sûrement eu tort de dénoncer ainsi la “démission” de la justice à Bobigny, mais les magistrats n’ont pas plus raison de se draper dans leur dignité outragée. « Tous coupables » pourrait-on dire. « Tous coupables » de faire… semblant. Le ministre, d’abord, quand il laisse à penser que c’est en incarcérant des lampistes que l’on calmera les banlieues ou stoppera les violences. Les juges, ensuite, quand ils évoquent, pour se défendre, les prétendues mesures éducatives qu’ils prennent, alors qu’elles n’existent pas ou trop tard et que le suivi des primo délinquants n’est qu’une vue de l’esprit. Quand les hommes en noir se gargarisent d’enquêtes sociales qui ne sont, bien souvent, que des « pompes à fric » pour quelques cabinets bien en Cour. Quand, enfin, ils bâclent de longues enquêtes par vice de procédure ou les laissent dormir sur le coin d’une table, le temps d’obtenir leur nouvelle affectation.
Ce matin, «l’autorité judiciaire » va réclamer l’arbitrage du Président, de celui-là même qu’elle devrait mettre en examen plus d’une fois à la fin de son mandat. Aujourd’hui, le Premier président de la Cour de Cassation va demander au chef de l’Etat d’user de ses prérogatives et de calmer son ministre de l’Intérieur qui dit trop fort ce que tout le monde pense tout bas.
Guy Canivet n’abordera pas les problèmes au fond, mais il sera volontiers critique sur la forme. C’est d’ailleurs son rôle tout comme celui de son institution qui n’est pas un troisième degré de juridiction. Mais s’il avait été un homme « libre », il aurait pu dire que non, la Justice n’est pas pourrie, mais elle n’a toujours pas les moyens de ses ambitions. Non, la justice ne démissionne pas, mais nombre de ses représentants confondent devoirs et sentiments dans une totale impunité. Non, la justice n’est pas si mauvaise, mais quand des magistrats donnent une mauvais image d’elle-même, comme à Nice ou à Outreau, sans être sanctionnés, elle tend le dos pour se faire éclabousser. Non, la Justice ne passe plus quand victimes et policiers ont la sensation d’être délaissés, négligés, « snobés », toisés par de jeunes tourtereaux fiers et arrogants encore nourris du lait de leur faculté.
Nicolas Sarkozy, quant à lui, n’aurait jamais dû parler de « démission » à propos de la Justice de son pays. Il aurait dû parler de… maladie.
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L’hiver n’est pas encore arrivé, avec ses nuits trop longues, trop profondes et trop « complices » que, déjà, les banlieues « s’invitent » sur la scène politique. D’un côté, « on » publie un rapport préfectoral datant de trois mois. Ce qui prouve encore une fois que, dans notre République, les secrets sont toujours les moins bien gardés ou que le « préposé » à la réponse a préféré organiser la fuite pour détourner l’attention. De l’autre, deux CRS se font « tabasser » dans la cité des Tarterets sans que leurs supérieurs estiment que le quartier soit plus dangereux qu’ailleurs.
On sait désormais, depuis hier, avec une quasi certitude, que tous ceux qui ont « manipulé » l’amiante, avant même son interdiction totale en 1997, sont ou seront condamnés. Moralement, pénalement ou… physiquement. La mise en examen hier de trois ex-directeurs de l’usine Ferodo de Condé-sur-Noireau vient, en effet, confirmer de fait les soupçons de « négligence coupable » de la part de dirigeants n’ayant pas tout mis en œuvre pour protéger leurs salariés. Mais, une fois de plus, comme dans l’affaire du sang contaminé, il y a lieu de s’interroger sur « certaines » absences.
Jacques Chirac n’a jamais autant travaillé. Après avoir passé des vacances de « pénitent », en sandalettes et robe de bure, sur les hauteurs de Brégançon. Il est désormais partout à la fois. A New York comme à Paris, à Téhéran comme à l’Elysée. Sur le théâtre des opérations extérieures comme sur la scène intérieure. Sur tous les fronts. Devant Ahmadinejad et contre Sarkozy. Passant avec une facilité déconcertante du dossier nucléaire iranien à la carte scolaire. Voulant apaiser la tension et ramener chacun à la raison. Déminant le terrain là où d’autres « impatients » ne rêvent que de le faire « exploser ».
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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