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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Vendredi 22 septembre 2006

Nicolas Sarkozy a sûrement eu tort de dénoncer ainsi la “démission” de la justice à Bobigny, mais les magistrats n’ont pas plus raison de se draper dans leur dignité outragée. « Tous coupables » pourrait-on dire. « Tous coupables » de faire… semblant. Le ministre, d’abord, quand il laisse à penser que c’est en incarcérant des lampistes que l’on calmera les banlieues ou stoppera les violences. Les juges, ensuite, quand ils évoquent, pour se défendre, les prétendues mesures éducatives qu’ils prennent, alors qu’elles n’existent pas ou trop tard et que le suivi des primo délinquants n’est qu’une vue de l’esprit. Quand les hommes en noir se gargarisent d’enquêtes sociales qui ne sont, bien souvent, que des « pompes à fric » pour quelques cabinets bien en Cour. Quand, enfin, ils bâclent de longues enquêtes par vice de procédure ou les laissent dormir sur le coin d’une table, le temps d’obtenir leur nouvelle affectation.

Ce matin, «l’autorité judiciaire » va réclamer l’arbitrage du Président, de celui-là même qu’elle devrait mettre en examen plus d’une fois à la fin de son mandat. Aujourd’hui, le Premier président de la Cour de Cassation va demander au chef de l’Etat d’user de ses prérogatives et de calmer son ministre de l’Intérieur qui dit trop fort ce que tout le monde pense tout bas.

Guy Canivet n’abordera pas les problèmes au fond, mais il sera volontiers critique sur la forme. C’est d’ailleurs son rôle tout comme celui de son institution qui n’est pas un troisième degré de juridiction. Mais s’il avait été un homme « libre », il aurait pu dire que non, la Justice n’est pas pourrie, mais elle n’a toujours pas les moyens de ses ambitions. Non, la justice ne démissionne pas, mais nombre de ses représentants confondent devoirs et sentiments dans une totale impunité. Non, la justice n’est pas si mauvaise, mais quand des magistrats donnent une mauvais image d’elle-même, comme à Nice ou à Outreau, sans être sanctionnés, elle tend le dos pour se faire éclabousser. Non, la Justice ne passe plus quand victimes et policiers ont la sensation d’être délaissés, négligés, « snobés », toisés par de jeunes tourtereaux fiers et arrogants encore nourris du lait de leur faculté.

Nicolas Sarkozy, quant à lui, n’aurait jamais dû parler de « démission » à propos de la Justice de son pays. Il aurait dû parler de… maladie.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Jeudi 21 septembre 2006

L’hiver n’est pas encore arrivé, avec ses nuits trop longues, trop profondes et trop « complices » que, déjà, les banlieues « s’invitent » sur la scène politique. D’un côté, « on » publie un rapport préfectoral datant de trois mois. Ce qui prouve encore une fois que, dans notre République, les secrets sont toujours les moins bien gardés ou que le « préposé » à la réponse a préféré organiser la fuite pour détourner l’attention. De l’autre, deux CRS se font « tabasser » dans la cité des Tarterets sans que leurs supérieurs estiment que le quartier soit plus dangereux qu’ailleurs.

Alors, aussitôt, la polémique s’enfle et l’on cherche des coupables à tout prix et à tout va au lieu de s’attaquer aux causes du « délit ». Pour les uns, c’est la faute au manque de policiers, pour d’autres, c’est la faute aux juges. Comme s’il suffisait de multiplier par deux les effectifs de la maréchaussée ou même d’installer l’armée, avec chars et mitrailleuses, à Vénissieux, Pantin, Trappes, Strasbourg et autres « terres » de combats, pour solutionner le racket, la drogue, les violences urbaines, les vols de voitures, les tags, les insultes, les mobiliers dégradés, les boîtes aux lettres arrachées, les ascenseurs défoncés, les « tournantes », les cambriolages, les rixes, les overdoses et les petits trafics. Ou comme s’il suffisait de prononcer des peines de prison ferme et de remplir les cachots de Fleury, de la Santé, qui débordent déjà, avec de jeunes malfrats qui ne demandent pas moins que d’entrer en prison comme on entre en formation continue.

Une nouvelle fois, on cherche des lampistes par peur de désigner les coupables. Une fois encore, on détourne l’attention par peur de dire la vérité. Car répression et sanction n’ont jamais solutionné les problèmes d’éducation, de « rééducation » ou de rapports à l’autorité. Si, aujourd’hui, toute une génération semble sacrifiée et condamnée à errer, de petits boulots en chômage, si aujourd’hui les personnes âgées se font « piétiner », insulter et rançonner, ce n’est ni la faute à la justice, ni celle de la police. Ni même la faute, « ailleurs », à un problème d’effectifs. Qui ne sont tous que « pansements » sur jambe de bois. Le jour où tout le monde saura enfin s’en convaincre pour réfléchir et prendre les mesures adaptées, sans crainte de stériles luttes corporatistes dignes de petits boutiquiers, sera à marquer d’une grosse pierre blanche. Et ce sera, comme le jour où l’on a marché sur la lune, un petit pas pour l’homme et un grand pour… l’humanité.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mercredi 20 septembre 2006

On sait désormais, depuis hier, avec une quasi certitude, que tous ceux qui ont « manipulé » l’amiante, avant même son interdiction totale en 1997, sont ou seront condamnés. Moralement, pénalement ou… physiquement. La mise en examen hier de trois ex-directeurs de l’usine Ferodo de Condé-sur-Noireau vient, en effet, confirmer de fait les soupçons de « négligence coupable » de la part de dirigeants n’ayant pas tout mis en œuvre pour protéger leurs salariés. Mais, une fois de plus, comme dans l’affaire du sang contaminé, il y a lieu de s’interroger sur « certaines » absences.

Il n’est ainsi fait aucune mention des médecins du  travail salariés de l’usine en question. Peu importe d’ailleurs qu’ils aient agi dans le cadre d’un service médical autonome ou dans celui d’un service médical interentreprises. Les deux magistrats parisiens du pôle de santé publique, Marie-Odile Bertella-Geffroy et Didier Peltier, n’ont, pour l’heure, pas jugé utile de les interroger, ce qui est pour le moins surprenant après dix ans de procédure. A la décharge des juges, on doit cependant noter qu’ils n’ont « hérité » du dossier que depuis un an. Mais, à notre connaissance, le tribunal de Caen n’avait pas non plus brillé par sa sagacité en ce domaine. Ce qui pose, là encore, une autre question, sur l’incompétence, la négligence, voire la malveillance, en toute impunité, de certains serviteurs de la République sensés rendre le Droit et, surtout, le défendre.

Autres absents de « marque » dans ce dossier, les membres du CHSCT de cette usine depuis 1977, date des premières mesures restrictives sur l’amiante. Les Comités d’Hygiène et de Sécurité, nés en 1947, sont en effet obligatoirement constitués dans tous les établissements occupant au moins 50 salariés. Ce qui était le cas chez Ferodo qui employait, dans les années 1970, près de… 2800 personnes. Or le rôle de ces CHSCT est justement de veiller au respect des prescriptions légales et réglementaires en matière de santé. Par ailleurs, ils ont tout loisir d’analyser les risques professionnels, de faire appel à des experts, d’effectuer des enquêtes et ils disposent d’un droit d’alerte.

Dès lors, il semble nécessaire, pour le moins, de vérifier sur les rapports annuels de cette « institution » si des mesures de protection contre l’amiante ont été mises en place, au fur et à mesure de la connaissance de sa dangerosité. Et si les représentants des salariés ont, en l’espèce, joué leur rôle, tout leur rôle, dans cette affaire.

Sauf à devoir, hélas, déplorer que le scandale de l’amiante aurait vraiment tout contaminé, la santé, la justice et les… rapports sociaux.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 19 septembre 2006

Jacques Chirac n’a jamais autant travaillé. Après avoir passé des vacances de « pénitent », en sandalettes et robe de bure, sur les hauteurs de Brégançon. Il est désormais partout à la fois. A New York comme à Paris, à Téhéran comme à l’Elysée. Sur le théâtre des opérations extérieures comme sur la scène intérieure. Sur tous les fronts. Devant Ahmadinejad et contre Sarkozy. Passant avec une facilité déconcertante du dossier nucléaire iranien à la carte scolaire. Voulant apaiser la tension et ramener chacun à la raison. Déminant le terrain là où d’autres « impatients » ne rêvent que de le faire « exploser ».

Mais comment fait donc ce Président pour disparaître ainsi tous les cinq ou sept ans et réapparaître comme par magie la veille des élections ? Pour distribuer bons points et avertissements, sanctions et absolutions. On l’entend désormais partout, sur les ondes d’Europe 1 comme à la tribune de l’ONU. Mais le fin du fin est surtout qu’il n’est nulle part et jamais où on l’attend.

A voir ainsi cet homme porteur d’aussi bonnes idées, de tant de messages de paix et de fraternité, se démener de tous les côtés de la planète sans ménager son temps, ni sa santé, on en viendrait presque à regretter qu’il n’ait pas été élu… plus tôt. Au début d’un de ces siècles où les jours de travail des derniers monarques se comptaient encore sur les doigts. Car Jacques Chirac est plus qu’un chef d’Etat, c’est une dynastie à lui tout seul qui enfile les années, depuis 1958, comme des perles à son cou et cohabite sans sourciller dans tous les palais de la République. Ne dédaignant ni Matignon, ni l’Elysée, ni ministères ou Mairie de Paris. Choisissant voitures et chauffeurs avec précaution. Portant un soin tout particulier à la nourriture de ses invités et à leurs distractions de par le monde.

Le chef de l’Etat français est à l’image de ces Arts Premiers que l’on enterre trop vite dans les musées alors qu’ils sont la source de tant de découvertes, « d’émerveillements » et de « dialogue des cultures ». Il suffit d’ailleurs de l’entendre en parler pour en être persuadé. Et Il n’est qu’à lire le dernier livre de Jean Montaldo pour s’en convaincre.

Jacques Chirac ne redécouvre la politique qu’à bon escient. A l’économie ! Quand elle est plus que sa vie et son sang. Quand elle est aussi son meilleur… alibi.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 08 septembre 2008 : jury de recrutement Bac +5

 

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