L’enseignement dans nos écoles est-il devenu si « médiocre » qu’il s’écroule par pans entiers ? On serait tenté de le croire en voyant le ministre de l’Education s’attaquer désormais aux fondamentaux des mathématiques après avoir réformé la méthode d’apprentissage de la lecture et l’étude de la grammaire. Gilles de Robien estime en effet que l’exercice du calcul mental est une nécessité absolue dès le plus jeune âge et que la maîtrise des quatre opérations est du même ordre. Sous-entendu, nos enfants ne savent plus compter tout comme ils ne savent plus lire à leur entrée en sixième.
Bien sûr, il ne faut pas généraliser. Mais le ministre s’appuie tout autant sur une réflexion argumentée de l’Académie des Sciences que sur d’autres études très complètes, mais plus anonymes par peur sans doute des syndicats. Enfin, cette décision n’est pas vraiment une surprise puisque Gilles de Robien avait déclaré le 4 septembre dernier qu’il trouvait très anormal que de nombreux enfants soient atteints de dyscalculie en sixième et soient incapables de poser une division.
Depuis hier, un groupe d’experts travaille donc à l’élaboration d’un document de synthèse. Et ce document se traduira, début mars, par une circulaire ministérielle qui viendra préciser l’ampleur de cette réforme. Et pas question d’y couper ou de s’y « soustraire » car « elle viendra s’imposer à tous les enseignants ».
Pour une fois, un ministre aurait donc le courage de s’attaquer aux vrais problèmes sans céder au concert des lamentations. C’est tellement stupéfiant que l’on a encore du mal à le croire et que l’on y croira vraiment que lorsque l’on entendra nos enfants réciter d’un ton lancinant « deux fois deux quatre » etc…
Adieu donc calculette facile et retour obligatoire aux tables de multiplication. Mais pour une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle.
Il sera toujours temps, après les élections, de s’attaquer à… l’histoire et à la géographie.
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Dans quelques jours, il ne fera pas bon fumer dans les lieux publics. Ni même dans les toilettes. Ce matin, Xavier Bertrand devrait révéler son plan de lutte contre le tabac avec, comme d’habitude en ce genre de circonstances, une première étape consacrée à la prévention avant l’heure de la grande répression, procès-verbaux à la clé. Près de 180.000 fonctionnaires seront ainsi mobilisés dès le 1er février par le ministre de la Santé qui veut mettre désormais les derniers inconditionnels « à la rue ». sans le moindre abri pour cacher leur « clope » ou leur « cibiche ».
Tout a été dit ou sera dit sur l’abbé Pierre, mort ce matin des suites d’une infection pulmonaire. Tout sauf peut-être deux choses. La première est que cette disparition est finalement une délivrance. Car, jamais sans doute homme de cet âge, en relative bonne santé, n’aura autant désiré mourir. Il en parlait tout le temps, aspirant comme il disait à ses « grandes vacances », et pestant contre ce Dieu d’amour qui le maintenait en vie. « Toute ma vie, j’ai souhaité mourir » disait-il en expliquant « c’est comme sortir de l’ombre pour entrer dans la lumière ». Enfin, la seconde et triste leçon que l’on peut tirer de cette disparition est qu’elle est plus porteuse d’inquiétude que de réconfort. Car l’abbé Pierre n’a pas vraiment de successeur ou d’élèves. Albert Jacquard, compagnon de la première heure, et Martin Hirsch n’ont pas, et ce n’est pas leur faire injure, le charisme négligé de ce petit homme noir à la voix chevrotante, au béret vissé sur la tête et aux amitiés parfois troublantes.
Le plus remarquable en politique ces dernières années n’est pas tant que les femmes s’y investissent de plus en plus, mais qu’elles veuillent désormais y jouer les premiers rôles. Car ce qui est vrai aujourd’hui pour Ségolène Royal l’est déjà pour Angela Merkel et le sera demain pour Hillary Clinton. La femme de Bill Clinton, déjà Sénatrice, a en effet annoncé hier la création d’un comité exploratoire pour sa candidature à l’élection présidentielle de 2008.
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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