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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur la Communicatio
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Mercredi 24 janvier 2007

L’enseignement dans nos écoles est-il devenu si « médiocre » qu’il s’écroule par pans entiers ? On serait tenté de le croire en voyant le ministre de l’Education s’attaquer désormais aux fondamentaux des mathématiques après avoir réformé la méthode d’apprentissage de la lecture et l’étude de la grammaire. Gilles de Robien estime en effet que l’exercice du calcul mental est une nécessité absolue dès le plus jeune âge et que la maîtrise des quatre opérations est du même ordre. Sous-entendu, nos enfants ne savent plus compter tout comme ils ne savent plus lire à leur entrée en sixième.

Bien sûr, il ne faut pas généraliser. Mais le ministre s’appuie tout autant sur une réflexion argumentée de l’Académie des Sciences que sur d’autres études très complètes, mais plus anonymes par peur sans doute des syndicats. Enfin, cette décision n’est pas vraiment une surprise puisque Gilles de Robien avait déclaré le 4 septembre dernier qu’il trouvait très anormal que de nombreux enfants soient atteints de dyscalculie en sixième et soient incapables de poser une division.

Depuis hier, un groupe d’experts travaille donc à l’élaboration d’un document de synthèse. Et ce document se traduira, début mars, par une circulaire ministérielle qui viendra préciser l’ampleur de cette réforme. Et pas question d’y couper ou de s’y « soustraire » car « elle viendra s’imposer à tous les enseignants ».

Pour une fois, un ministre aurait donc le courage de s’attaquer aux vrais problèmes sans céder au concert des lamentations. C’est tellement stupéfiant que l’on a encore du mal à le croire et que l’on y croira vraiment que lorsque l’on entendra nos enfants réciter d’un ton lancinant « deux fois deux quatre » etc…

Adieu donc calculette facile et retour obligatoire aux tables de multiplication. Mais pour une bonne nouvelle, c’est une bonne nouvelle.

Il sera toujours temps, après les élections, de s’attaquer à… l’histoire et à la géographie.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Mardi 23 janvier 2007

NEZ

Dans quelques jours, il ne fera pas bon fumer dans les lieux publics. Ni même dans les toilettes. Ce matin, Xavier Bertrand devrait révéler son plan de lutte contre le tabac avec, comme d’habitude en ce genre de circonstances, une première étape consacrée à la prévention avant l’heure de la grande répression, procès-verbaux à la clé. Près de 180.000 fonctionnaires seront ainsi mobilisés dès le 1er février par le ministre de la Santé qui veut mettre désormais les derniers inconditionnels « à la rue ». sans le moindre abri pour cacher leur « clope » ou leur « cibiche ».

La moindre fumée sera traquée sans pitié, dit-on, dans les administrations et les entreprises. Et lorsque l’on verra gendarmes ou policiers, ingénieurs du génie sanitaire, inspecteurs de l’action sanitaire et sociale, médecins inspecteurs de santé publique ou contrôleurs du travail, le nez en l’air, humer subitement l’air du temps, il faudra en déduire qu’ils sont sur une piste, voire en service commandé.

La nouvelle loi ne dit pas si l’on pourra, anonymement, dénoncer son petit camarade, celui qui fume en cachette et fait tousser son atelier. Elle ne précise pas non plus si l’on pourra verbaliser chefs d’entreprise ou fonctionnaires rien qu’à la perception d’une odeur suspecte. Car, alors, le délit ne sera plus flagrant, même s’il ne fait aucun qu’il ait pu être « consommé ». Mais tout porte à croire en fait, du moins pour l’instant, qu’il faudra être pris la main dans le cendrier pour être sanctionné.

Bref, cette histoire de cigarette risque de faire couler beaucoup d’encre et de diviser les Français au travail. Avant sans doute qu’ils ne s’habituent et décident de ne plus s’écharper et fumer qu’en privé. En toute… liberté.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Lundi 22 janvier 2007

Tout a été dit ou sera dit sur l’abbé Pierre, mort ce matin des suites d’une infection pulmonaire. Tout sauf peut-être deux choses. La première est que cette disparition est finalement une délivrance. Car, jamais sans doute homme de cet âge, en relative bonne santé, n’aura autant désiré mourir. Il en parlait tout le temps, aspirant comme il disait à ses « grandes vacances », et pestant contre ce Dieu d’amour qui le maintenait en vie. « Toute ma vie, j’ai souhaité mourir » disait-il en expliquant « c’est comme sortir de l’ombre pour entrer dans la lumière ». Enfin, la seconde et triste leçon que l’on peut tirer de cette disparition est qu’elle est plus porteuse d’inquiétude que de réconfort. Car l’abbé Pierre n’a pas vraiment de successeur ou d’élèves. Albert Jacquard, compagnon de la première heure, et Martin Hirsch n’ont pas, et ce n’est pas leur faire injure, le charisme négligé de ce petit homme noir à la voix chevrotante, au béret vissé sur la tête et aux amitiés parfois troublantes.

Ce Capucin, puis prêtre, puis député, ce « chiffonnier d’Emmaüs », qui rêvait jadis d’être marin, missionnaire ou brigand, était, en effet, plus qu’un homme. C’était à lui tout seul une image pieuse et une apparition rebelle. Il portait sur lui toute la misère des sans-abri et en lui toutes les révoltes du monde.

L’abbé Pierre était un résistant dans l’âme, après l’avoir été dans le Vercors, incapable de se satisfaire des vaines promesses. C’était en quelque sorte le Saint-Vincent-de-Paul de notre époque. Il en avait le style, l’apparence et les manières. On s’attendait chaque jour à le voir découper sa cape en deux, en trois, même en dix, pour en donner plus que la moitié à plus pauvre que lui. Mais il y a bien longtemps qu’il n’avait plus de cape. Ni d’illusions. Il en vivait pourtant. Sachant que son combat devait parfois se satisfaire de tout et de rien. D’honneurs comme de critiques. De fausses promesses et d’amitiés.

« Castor méditatif », Henri Groués de son vrai nom, a aujourd’hui rejoint « sa » lumière après avoir finalement bien gagné… sa vie.

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Dimanche 21 janvier 2007

Le plus remarquable en politique ces dernières années n’est pas tant que les femmes s’y investissent de plus en plus, mais qu’elles veuillent désormais y jouer les premiers rôles. Car ce qui est vrai aujourd’hui pour Ségolène Royal l’est déjà pour Angela Merkel et le sera demain pour Hillary Clinton. La femme de Bill Clinton, déjà Sénatrice, a en effet annoncé hier la création d’un comité exploratoire pour sa candidature à l’élection présidentielle de 2008.

Cette montée en puissance du « pouvoir » féminin est sans doute la double démonstration d’une prise de conscience et d’une mise en confiance. Les femmes politiques ont, semble-t-il, définitivement compris que les hommes, en France, ne leur laisseront jamais une vraie place, sauf s’ils y sont contraints, soit par la loi, soit par les urnes. Enfin, elles peuvent constater au jour le jour, au gré des défaillances des gouvernances et des gestions douteuses, qu’elles sont tout à fait capables de faire aussi bien que leurs homologues masculins, sinon mieux. D’autant qu’elles représentent aujourd’hui la moitié de la population active du pays. Et que leur niveau d’éducation est de plus en plus élevé et, désormais, supérieur en moyenne à celui des hommes.

Faut-il s’en réjouir ou faut-il s’en plaindre ? « Ni l’un, ni l’autre, mon général », pourrait-on être tenté de répondre. Car l’heure n’est plus à jouer les oppositions entre femmes au foyer et mari au travail. Ce n’est guère plus vrai et, surtout, ce n’est plus d’actualité en des temps où l’on prêche la co-responsabilité plus encore que le partage des rôles qui revenait à défendre le partage des tâches, soit le stylo pour l’un et le balai pour l’autre.

En fait, Margaret Thatcher a sans doute été une pionnière. Tant par sa poigne que par sa réussite. Car cette dame de fer, longtemps et longuement décriée, a su guérir l’Angleterre qui, à la fin des années 1970, était « l’homme malade de l’Europe ». Le pays était en crise économique, avec une croissance inférieure à 1,5%, en crise sociale avec un chômage de masse et des grèves à répétitions, et en crise politique avec ce terrible constat d’un Etat-providence en faillite complète.

« Toute ressemblance avec un pays existant serait purement fortuite… » selon la formule consacrée. Mais force est de constater que cette femme, plus « thatchériste » que conservatrice, a réussi à « sauver » la Grande-Bretagne en lui imposant des réformes structurelles qu’aucun homme n’était parvenu, jusque là, à appliquer. A tel point que, pour retrouver le pouvoir, les « travaillistes », après trois échecs successifs, durent promettre d’accepter les privatisations, de ne pas augmenter les impôts et de renoncer à la socialisation de l’économie.

Cette histoire de femme devrait aujourd’hui nous inspirer. Et surtout nous faire réfléchir à la seule question qui rétablit l’égalité entre hommes et femmes et transcende même les sexes dans notre pays ruiné. Prendre le pouvoir, oui, mais pour quoi… faire ?

par le blog-notes de Jean-Paul Busnel publié dans : jpbusnel
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Citation du jour

- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

Agenda

- Le 1er février - Media training à SciencesCom

- Les 4 et 5 février - Communication orale à SciencesCom

- Le 12 février - Communication de crise à Centrale

 

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