Mercredi 25 janvier 2006
La démocratie a toujours été un pari courageux, mais un pari risqué. Nous en avons, toutes proportions gardées, deux exemples criants dans l'actualité avec, d'un côté, la crise européenne sur la TVA et, de l'autre, les élections législatives palestiniennes. Clemenceau disait d'ailleurs que c'était "le pouvoir pour les poux de manger les lions".
L'illustration en est flagrante en ce qui concerne l'Europe. Trois pays, la Tchéquie, la Pologne et Chypre tiennent la communauté en haleine parce qu'une des rares dispositions du traité sur la fiscalité veut que toutes les décisions concernant la TVA se prennent à l'unanimité... des 25 membres. Comme quoi, la technocratie en est émouvante d'aveuglement et de démagogie. Au moins, les petits Français vont-ils, à l'occasion de cette crise, faire des progrès en géographie et chercher notamment Chypre sur la carte. Ils apprendront ainsi à mesurer la puissance d'un tel Etat qui, du haut de ses 650.000 habitants, met en péril les équilibres économiques d'au moins autant d'entreprises.
Au Proche-Orient, l'heure est beaucoup plus grave puisque, sous "prétexte" de démocratie, les élections législatives palestiniennes tournent à l'affrontement dans les urnes entre le Hamas et le Fatah. D'un côté, un mouvement terroriste et de l'autre, le Fatah plus "respectable" de Yasser Arafat.
L'Europe a soutenu le processus voulu par Mahmoud Abbas et poussé le Hamas à participer à ces élections en considérant que, en s'intégrant à la vie politique institutionnelle, il renoncerait d'autant plus facilement à la violence. Un pari risqué, basé certes sur les 40% obtenus par ce mouvement aux élections municipales, mais qui veut faire croire à l'homogénéité de la lutte armée, fait fi de l'effroyable expérience algérienne et, surtout, semble oublier la terrible filiation du Hamas avec les Frères musulmans.
L'Europe est comme cela, pleine de bonne volonté et parfois d'une clairvoyance qui confine à la naïveté.
Mais si, d'un côté, l'on ne risque qu'une petite crise institutionnelle, de l'autre, on peut s'engager vers une nouvelle... guerre civile larvée.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
publié dans :
jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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