Alors que chacun se faisait une joie de se mettre à l’heure olympique, et que la fête s’annonçait belle entre Turin et Sestrières, l’ombre de l’EPO est déjà venue ternir la cérémonie d’ouverture des XXème Jeux d’hiver. Certes, le responsable du ministère italien, en révélant hier que des athlètes avaient été contrôlés positifs lors de tests inopinés, n’a donné ni les noms ni leur nombre, mais on ne se s’empêchera pas de penser que certaines médailles auront des goûts de pharmacopée. Et comme si la coupe n’était pas déjà pleine, on a appris également que huit membres des équipes de ski nordique seront absents, ce matin, des compétitions. Un Français, un Canadien, deux Biélorusses, une Russe, deux Américains et une Allemande médaillée d’or en 2002 ont été priés d’aller se rhabiller pendant cinq jours pour… raison de santé. Ratant ainsi les premières épreuves sans être sûrs de pouvoir disputer les secondes.
Officiellement, il ne s’agit que d’une « mesure sanitaire », une de ces mesures de « protection des athlètes » qui fleure bon la suspicion et entretient le suspense sur des taux d’hémoglobine trop élevés. Mais on a beau savoir que le taux d’hémoglobine peut varier avec l’entraînement en altitude ou s’aggraver avec la prise d’autres agents, on ne peut s’empêcher d’extrapoler. Et, alors que l’on voudrait saluer ce geste tout à la fois prudent et courageux de la fédération internationale de ski, on n’éprouve finalement que tristesse et déception.
Avec ces révélations, les Jeux d’hiver de Turin ne pouvaient débuter de pire manière. Elles prouvent que la compétition fait toujours rage entre produits dopants et produits masquants et que la palme de la victoire peut revenir au plus « intelligent » des compétiteurs, à défaut de revenir au plus ardent. Elles ruinent la confiance dans les performances et les exploits physiques en démêlant difficilement les athlètes authentiques des authentiques tricheurs.
Bref, elles montrent que, pour avoir laissé trop longtemps les apprentis sorciers du sport confondre les ampoules, on en est aujourd’hui réduit à tenter de rallumer la flamme en soufflant sur… la braise.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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