On attendait les grandes pointures et ce sont finalement les sans-grades qui ont fait, jusqu’ici, flotter les couleurs bleu-blanc-rouge lors de ces XXème Jeux d’hiver de Turin. On comptait sur les Joubert, Vittoz, Poirée, Montillet, Ruby et autres médaillés, et on a trouvé les Dénériaz, Defrasne, Baverel, Laoura et autres De Le Rue. D’authentiques champions, certes, mais revenus de blessures ou du diable vauvert par on ne sait quelle magie olympique.
Il n’est jamais bon d’être favori chez les Français. Car, alors, on n’en finit plus d’être harcelé, épié, interrogé. On ne parvient plus à s’isoler, à se préparer et à se concentrer correctement. Et que ce soit la faute des copains, des télés ou de la Fédé, le résultat est toujours le même. Décevant.
La France est ainsi faite, de dossards, de vantards et de "sacrifiants". Elle se cherche toujours des idoles et prétend à tous vents qu’elles le resteront éternellement. Elle rêve de grands espaces, de grandes choses et de grands hommes, s’imaginant toujours que lorsqu’un titre est conquis, il l’est pour la vie.
Il en est ainsi de la gloire comme des… avantages acquis. On s’y accroche même parfois par désespoir.
Heureusement, la flamme olympique n’aura pas que brûlé des illusions et consumé des ambitions. Elle aura aussi affûté des tempéraments, multiplié des énergies et révélé de vrais talents. Loin des projecteurs éphémères d’une notoriété incertaine et de leurs officiants qui, jamais, n’admettront leurs errements.
Et tandis que les lumières de la piste se détournent des vaincus pour illuminer les vainqueurs, d’autres savourent dans l’ombre la joie d’être à leur tour oubliés, de pouvoir s’entraîner en paix, et d’espérer, un jour, gagner la célébrité, à défaut de… l’éternité.
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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