Jeudi 2 février 2006
La bataille de chiffres que se livre la classe politique en France au sujet du chômage devient désormais intolérable et inacceptable. Plus personne ne sait qui croire. Et plus personne ne fait plus confiance à... personne. Mardi, le gouvernement Villepin nous annonce un neuvième mois consécutif de baisse du chômage et 300.000 emplois CNE signés. Mais, hier, l'Office européen des statistiques tempère le "triomphalisme" ambiant en ne voyant dans ce recul qu'un effet du traitement social et du nettoyage statistique.
Qui a raison? L'Insee ou l'Eurostat ? C'est vrai qu'il y a de quoi s'interroger face à une baisse annoncée du chômage de 127.000 personnes contre seulement 42.000 emplois créés. Où est donc passée la différence ? Economistes et syndicats ont bien chacun, leur petite idée, mais elle n'est pas uniforme et les chiffres divergent encore. Quant à l'homme de la rue, s'il sent bien que le chômage persiste et que les créations d'emplois sont toutes relatives, il est bien incapable de faire la moindre... estimation.
Alors, il serait peut-être temps de donner les vrais chiffres. A l'heure de l'informatique, il devrait être possible de croiser les données des cotisations, retraites ou autres Urssaf, pour connaître le nombre exact des nouveaux emplois. A l'heure des Assedic et de l'ANPE, il devrait être enfantin de recenser, à l'individu près, le nombre des demandeurs d'emplois enregistrés. Sans "corrections" des variations... saisonnières ou autres "stupidités" qui ne servent qu'à masquer une triste réalité. Et en réintégrant, pour une fois, toutes ces radiations mathématiques qui n'ont pour seul but que de supprimer les indemnités.
La société de vérité réclame aujourd'hui un réel état des lieux, sans trucage ou dissimulation. Au risque d'être obligé de créer une commission d'enquête parlementaire sur le sujet. Avec audition publique des comptables et statisticiens qui, depuis des lustres, laissent, sans s'émouvoir outre mesure, leurs chiffres être triturés et... manipulés au gré des autorités.
par le blog-notes de Jean-Paul Busnel
publié dans :
jpbusnel
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- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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