Youssouf Fofana semble couler des jours « heureux » à Abidjan. En tout cas moins risqués qu’à Paris. Le « Barbare » de Bagneux, qu’il faut appeler comme tel et non plus « présumé » puisqu’il a reconnu les faits avec sérénité, semble désormais partager son temps entre interview à la télévision, déjeuner avec sa compagne et discussion courtoise avec la Direction de la police judiciaire ivoirienne. On attendait son retour en France sous 48 heures, puis sous un ou deux jours. On nous promet désormais quelques semaines. Il semble qu’il faille attendre encore plus longtemps, en dépit des affirmations rassurantes et diplomatiques des autorités des deux pays.
Youssouf Fofana est bien, en effet, Ivoirien malgré son passeport français. Même si personne n’ose encore le dire ou l’affirmer. Car le code de la nationalité de ce pays mélange adroitement droit du sol et droit du sang. Permettant ainsi d’employer l’un quand il arrange et l’autre quand il dérange. Cette « complémentarité » fut même source de la quasi-guerre civile des dernières élections. Or l’article 7 de ce code, de par la loi du 14 décembre 1961 modifiée par la loi du 21 décembre 1972, ratifiée par le Parlement en décembre 2004 dans le cadre des accords de paix de Marcoussis, prévoit explicitement que « est Ivoirien, l’enfant légitime ou légitimé né à l’étranger d’un parent ivoirien ». Et pour enfoncer le clou, si besoin, l’article 82 de ce même code prévoit que « tout individu peut intenter devant la juridiction compétente une action dont l’objet principal et direct est de faire juger qu’il a ou qu’il n’a pas la nationalité ivoirienne ». Autant dire que Youssouf Fofana, ressortissant français, mais naturellement Ivoirien, ne va pas se priver de la protection inespérée de sa bi nationalité. Même s’il l’ignorait sans doute lui-même avant d’être arrêté. Mais, depuis hier, nombre d’avocats du barreau d’Abidjan se sont empressés de l’en informer. Il ne reste plus à Youssouf Fofana qu’à en saisir le Procureur de la République. Ce qu’il devrait faire d’autant plus rapidement qu’il entretient déjà des rapports de proximité très étroits avec la justice ivoirienne et que, non jugé donc non coupable présumé, il peut difficilement être extradé.
On aurait tort de croire que tout cela n’est que vile procédure et que Laurent Gbagbo est étranger à ce gigantesque pied de nez, ou bras d’honneur, qui se profile. Le Président « socialiste » peut trouver en effet dans cette affaire l’occasion rêvée d’exalter cette « ivoirité » qu’il revendique à tout propos et de justifier son surnom de « boulanger », dû à sa réputation de rouler ses adversaires dans la farine. Quant au racketteur criminel Youssouf Fofana, il est devenu à son tour, sans le savoir, en prévision de l’élection présidentielle d’octobre prochain, une simple… monnaie d’échange.
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Après réflexion, l’expulsion de Philippe de Villiers, dimanche, lors de la manifestation contre le racisme et l’antisémitisme, a quelque chose d’imbécile et d’indécent. Imbécile parce que la rue n’appartient à personne, pas plus à « SOS racisme » qu’au Front National ou au Parti Communiste, et pas moins non plus. Imbécile aussi parce que l’on ne peut pas appeler « tous les citoyens français à marquer leur rejet de l’antisémitisme et du racisme » pour ensuite vouloir les « sélectionner » ou les trier. Imbécile enfin parce que l’on doit toujours savoir pardonner à la « brebis égarée » si elle a décidé de rentrer dans le rang. A moins de considérer que tel autre parti, hier élitiste ou stalinien, doive le rester pour l’éternité. Cette mise à l’écart est également indécente parce qu’elle fait fi de la mémoire et que si l’on veut toujours respecter l’Histoire, il aurait fallu expulser nombre de donneurs de leçons oublieux de leurs propres persécutions.Tant chez les militants présents qu’au sein des partisans criants.
Près de 63 millions d’euros pour la filière avicole victime de la grippe aviaire. Et ce n’est sans doute qu’un premier geste. Il faut y rajouter la lutte contre le chikungunya avec 4 millions d’euros pour les Réunionnais les plus vulnérables. 22 millions pour la réponse sanitaire et la prévention et 60 millions pour les entreprises nécessiteuses de cette île de l’océan Indien. Bref, le portefeuille de l’Etat semble désormais grand ouvert. Et ce n’est plus un Premier ministre que l’on reçoit un peu partout, mais un Père Noël ambulant. Dominique de Villepin multiplie les euros comme un autre, jadis, multipliait les pains. Il sort de son panier des petites coupures par millions et les distribue au gré de ses déplacements. Quant à l’ampleur des sommes en question, « déguisée » et minimisée par la nouvelle parité, elle ne semble pas effrayer l’opinion.
Le réveil a été difficile ce matin au Salon de l’Agriculture. Non pas tant parce que les exposants avaient la « gueule de bois » ou que les vaches et les taureaux étaient passablement énervés, mais parce que
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
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