On ne peut qu’être révolté par la découverte en Lozère, hier, de poules pondeuses suspectes. Car les volatiles ont été retrouvés morts sur une aire de pique-nique, sur la commune de… Chirac, sans doute « abandonnés » par un éleveur ou un particulier soucieux de brouiller les pistes. Ou de faire dans la provocation. Au grand dam du département concerné et des autorités qui craignent de devoir tout surveiller, routes et poulaillers. Il n’en reste pas moins acquis qu’il va falloir éviter toute propagation du virus, tant par accident que par… malversation. Et sans demi-mesure. D’autant que, une fois de plus, la contamination a déjà déjoué toutes les prévisions géographiques. Ainsi, alors que l’on attendait la grippe aviaire dans le grand ouest, tous les regards concentrés sur les Landes, la Loire-Atlantique et la Vendée, elle est d’abord arrivée par l’est. Et en force. Et si le communiqué du ministère a fait état pudiquement d’une « forte mortalité », la réalité est encore plus sérieuse puisque plusieurs rumeurs ont déjà fait état d’une mortalité de plus de 80% dans cet élevage de l’Ain qui comptait près de 11.000 dindes. La totalité a d’ailleurs été détruite hier sans délai. Il reste que, aujourd’hui, à défaut d’être totalement sous contrôle, ce dernier département est désormais sous complète surveillance.Tant d’ailleurs pour ses canards, ses poules et ses œufs que pour ses dindes. Et l’on parle déjà d’étendre la vaccination au poulet de Bresse.
Mais, à ce propos, faut-il protéger ou détruire ? Il est des questions qui dérangent. Ainsi, alors que le gouvernement français, par la voix de son ministre Dominique Bussereau, s’est battu pour que l’Europe donne son feu vert à une vaccination, sous conditions, des volailles de quelques zones humides, certains éleveurs haussent la voix pour décliner la piqûre et lui préférer le confinement. Il fallait s’en douter. Car ces éleveurs craignent non seulement que le vaccin « tue » les exportations, mais qu’il puisse également tuer la… commercialisation en France. Car qui voudra, demain, consommer un poulet vacciné ? Qui voudra déguster des œufs de même provenance ? Avec grippe aviaire adoucie garantie, label de qualité et certificat vétérinaire approprié.
Les Français ont en effet retenu, depuis Pasteur, que le vaccin est « une culture microbienne à virulence atténuée que l’on inocule à un individu ou à un animal pour l’immuniser ». Alors, s’ils se félicitent que l’on songe ainsi à protéger les volailles, ils savent bien que ce n’est pas par pure générosité et pourraient redouter que cela n’aboutisse, comme en Lozère, qu’à brouiller… les pistes.
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr.
Commentaires